MOUVEMENTS BHTTHMIQUES DES VAISSEAUX
fortes. Et lorsqu'on cherche à se rendre compte du mécanisme de ces effets, on est conduit à penser, qu'au moins dans le dernier cas, celui de la dilatation produite par irritation, il s'agit d'un phénomène d'action vaso-dilatatrice réflexe.
On a trouvé des mouvements rhythmiques spontanés dans d'autres vaisseaux. D'après Wharton Jones, dont j'ai déjà cité le travail, lorsqu'on observe au microscope la membrane interdigitale de la patte d'une grenouille, on voit se produire, dans les artères qu'elle contient, des alternatives de dilatation et de rétrécissement (1). Le resserrement va quelquefois jusqu'à réduire l'artère à la moitié ou au tiers de son volume, el même jusqu'à eifacer le calibre des petites artérioles. Ces mouvements sont tantôt bornés à un point trèS'Court du vaisseau, tantôt étendus à une grande partie de sa longueur ; ils sont séparés par des espaces de temps très-irréguliers, ordinairement assez longs, et ils n'ont, en aucune façon, le caractère des mouvements rhythmiques. Quelquefois deux modifications successives du calibre'd'une artère sont séparées par un intervalle de plusieurs minutes; d'autres fois, d'après le même observateur, quelques contractions successives seraient séparées par des intervalles de moins d'une minute.
Ces mouvements ont été revus par d'autres auteurs, et certains d'entre eux ont pensé, contrairement à l'opinion de Wharton Jones, qu'il y avait là de véritables mouvements rhythmiques; parmi ces auteurs, je citerai Gunning, Savîotti (â), de Bezold, dont j'aurai souvent à vous parler par la suite, et un de ses élèves, Gscbeidien.
(1) Wharlon Joncs, Op. cit,^ p. 7.
(2) Virchow*8 Archiv, Bd. L, 1870, p. r>92.
8ft
M. Iti6f;el a étvdîé ees raottf?eiDeDts àes «rtères de hi iBenbame inlerêkffàaie des grenouilles, et il assure, oomnM Ganoing Tarait déjà dit, et conttaiiemesot à rassertkn de Sarietfî, i|iie k section des ner& ssiatiqnes oe les abobl pas. I) aurait vu des contractions et des dilatations analogMes dMS tes artères da aésentère de ces batraeiess, nais ces phénomènes n'y seraient pas rliythmiqoes et seraient pk» obscurs que eei» des artères de la imnbrane i«lerdigîlale. JlîeD de seaoAAaUe n'aurait Heu daas les artères de ht kEngw. ifautte part, il a constaté des meowments do même genre, dans les artérioles sons-cutanées et mnascK lams sQperfkîeUeB des parois du tborax et es TabéMS» do lapin.
J'ai esaminé ssureni les vaisMaui de la membrane ia«« terdigîtale de la grenouille, povr cbercber i voir les nssifvemenls aUematifs de oonstriction et de diatation déerits par ces difi^eols auteurs. J'ai ru parfois des artères se rétréeir sur certains points, s'élargir sur d'autres, et mprendre ensuite leur calibre normal* Mais ce pUnomène est bien inconstant, bien irrégulier. On peut fixer ses regards sur une artère, pendant plusieurs minutes, sans y constater le moindre changement de calibre. Et si des modifications se produisent, elles sont le plus souvent si fiaibles, qu'on peut les mettre en doute ; de plus, les interalliés qui sépanmt deux raodificatMH» successi?es^ sent extrèmemeot inégaux. Évidemment, il k s'agit pas de véritafates mouvements rhythmiqnes ; il n'y i^ rien là ipû rappelle les msttx^easents de l'artère médiane de roraiUe du lapin. Quant aosx artères sMn-entanées de ce dernier animal, je les ai vues parfois se resserrer et s'élargir alter* nativenient; mais ces changements de calibre ne m'ont paru avoir lieu que dans les très-petites artérioles^ et ils
MOUVEMENTS aarroiBom; »es vaisseaux. SS
sont, il faut Um le dire, trèB^oeoBstanis, tréfr-kré^ntora, très-lents, très-peu pronoocés, tt, en siuntiie, asses diffii* €dmà oonriater , pour que leur réalité pause être contestée. Les veines et les capillaires ne présentent aueuoe oon«tractîon^ m daiBs la meffibram interdigîtaiede la gnonouille, ni dans les tissus sous^cntanés du lapÎR. J'ai examiné les ndaseni sous^celaDés cbes le chien, et je a'ai vu non pin aucun nMMurcuienL, ni dans les artères, ni dans les vemeB*
Les physiologistes se sont intéressés d'autant plus à oes phénomènes, qu'il s'agissait de savoir si ces oontractîeitt jouent xm rôle dans la cireulation du sang. Il est clair, en efet, que, si ces mouvements se faisaient paitout, s'ik étaient considérables, ils pourraient avoir im grande inflnence sur le mode de progression du sang dans les vaisseaux. Mais ces mouvements sont irréguUefô, incertains; on ne les observe guère que chez les grenouiMes et le lapin ; aussi est-il permis de douter de leur imfiortance physiologique. On ne peut même pas les invoqoer pour expliquer la progression du sang, qui, d'après certains auteurs, continuerait encore pendant quelque temps dans les artères de la grenouille, après la ligature du bulbe aertique. lie Csit de cette persistaooe dn mouvement de progression da sang est, par Uii-mènie, trèsncoolestable. Le «owvemenl, dans de telles conditions, ne dure que quelques instants, et même, il peut s'arrêter presque brusquement et définitivement, aussitôt après la ligature du bulbe aortiqoe. B'ailleurs il est facile de montrer que ce noovementy en supposant qu'il persiste encore momentanément, n'entretient pas alors, en réalité, la circulation, comme des physiologistes Font cru. M. E* Heubel a prouvé que, dans ces conditions, ni la strychnine, ni le curare.
injectés dans les sacs lymphatiques sous-cutanés, ne produisent leurs effets toxiques accoutumés (1).
Les mouvements spontanés des artères, rbytbmiques ou non, dont il a été question tout d'abord, n'ont donc pas une grande importance physiologique ; ils ne sont surtout pas accélérateurs du courant sanguin.
La circulation se fait beaucoup moins rapidement dans les organes à artères pourvues de mouvements rbytbmiques qu'ailleurs; c*est ce qu'il est facile de constater en observant ce qui a lieu dans Toreille du lapin. On doit donc regarder ces mouvements, bien plutôt comme une condition de relard de la circulation, que comme une cause d'accélération du cours du sang. Cest ainsi que les considèrent Donders, Hoppe, Yan der Beke Callenfels, Milne Edwards; et, sous ce rapports il est inexact de donner le nom de ccsurs artériels accessoires aux vaisseaux qui en sont doués.
Si nous n'admettons pas de vraies contractions rbytbmiques dans les petits vaisseaux, nous n'y admettons pas non plus de mouvements péristaltiques ou antipéristaltiques.
MM. Legros et Onimus pensent que les artères exécutent des mouvements péristaltiques, analogues à ceux de rintestin; et, d'après eux, ces mouvements pourraient avoir, sur la progression du sang, une action comparable à celle des parois intestinales, sur le cours des matières alimentaires.
Un pareil rapprochement ne me semble pas pouvoir être accepta. Il y a, sans doute, dans les artérioles, un mouve-
(1) E. Heubel, Ueber die Beziehungen der CentraltheUe des Nervensyiiemt zur Résorption (in Virchow's Archiv, 1872, LVK vol., p. 248 elsuW., et CeniralblaU , 1873, p. 71).