MOUVEMENTS RBTTHII1QUE9 DES VAISSEAUX
<;ette moelle. Od arriverait au même résultat en sectionîianl les racines antérieures des dernières paires cervicales et des deux premières paires dcnrsales. L'artère reste alors dans un état de dilatation moyenne. Enfin, on obtiendrait les mêmes effets en coupant le cordon du grand sympathique au cou, ou en enlevant le ganglion cervical aupé* rieur.
Ces assertions ont quelque chose de vrai, mais eites sont un peu trop absolues. Si l'on coupe ie grand sympathique au cou, Tartère se dilate d'ordinaire aussitôt après Toperation et elle reste dilatée, de telle sorte qu'il est impossible d*apercevoir le mouvement rhythmique ; mais si l'on attend ^evx ou trois jours, la dilatation vasculaire étant alors diminuée ou ayant même complètement disparu, on voit les mouvements rhjthmiques reparaître dans toute leur plénitude. Quelquefois la réapparition des mouvements rfaytbmiquesa lieu dès le lendemain du jour de l'opération. Il en est de même lorsqu'on a enlevé le ganglion cervical supérieur du grand sympathique. J'ai signalé depuis longtemps ce fait (1); il a été constaté de nouveau tout récemment, en Allemagne, par M. Rœver.
n est probable que les autres indications données par M. SchifT ne sont pas non plus complètement exactes; du moins, on peut le présumer pour le résultat de la section des racines des nerfs cervicaux inférieurs et de celle des nerfs dorsaux supérieurs, car cette section ne peut abolir que l'action du grand sympathique cervical, et nous venons de voir que la destruction même du ganglion cervical supérieur ne fait pas cesser, d'une fieiçon durable, les mouvements de l'artère de l'oreille du lapin.
(!) Comptes rendus de la Société de biologie, 1858.
YULPIAH. 6
Le mouvement rhythmique de celte artère persiste après qu'on a coupé en travers le nerf cervico-auriculaîre antérieur et le nerf cervico-auriculaire postérieur, c'est-àdire un très-grand nombre des fibres sensilives de l'oreille. Il ne disparaît pas chez les animaux soumis, soit à Tinfluence du sulfate d'atropine, soit à celle du curare ei de la respiration artificielle.
On peut, sur le lapin, observer un autre phénomène de ce genre. Chez cet animal, en effet, la veine saphène est accompagnée d'une artère, l'artère saphène, sur laquelle M. Lovén a fait des expériences remarquables, dont je parlerai plus spécialenient a prdpos de la dilatation réflexe des vaisseaux. Cette artère, comme l'avait indiqué M. Lovén (1), offre des mouvements rhythmiques analogues à ceux de l'artère de l'oreille. Elle se dilate lentement, de la base du membre à son extrémité, puis elle se resserre plus rapidement, dans le même sens, et ce phénomène se produit une ou deux fois par minute.
Ces mouvements sont moins nombreux, moins régulièrement rhythmiques que ceux de l'artère de l'oreille. Depuis que M. Lovén les a fait connaître, ils ont été vus par tous les expérimentateurs. M. Riegel les a étudiés de nouveau dans un travail récent {i). J'ai pu assez facilement contrôler par moi-même les observations faites sur ces mouvements.
C^tte artère saphène est d'ailleurs très-propre aux études sur les effets des irritations locales. On peut la voir se resserrer sous l'influence d'excitations faibles, ou se dilater dans les points touchés, sous l'influence d'irritations plus
(1) ChrUt. Loîën, (Arbeilcn au8 dcr pbysiolog. Aostalt tu Leipiip, 1866» p. «).
(2) Op. cit., (PflOger's Archiv, 1871).