‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 25 sur 107 · MOUVEMENTS RHTTHMIQUES DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RHTTHMIQUES DES VAISSEAUX

à tort, comme je lai déjà dit, à propos de l'extrait de belladone et de l'atropine. Une pareille manière de raisonner serait, pour le moins, téméraire, et conduirait bien souvent à des présomptions inexactes ; car rien n'indique que les effets doivent être les mêmes, lorsque la substance active est mise directement, et tout d'un coup, en contact avec les vaisseaux, ou lorsqu'elle arrive jusqu'à eux par l'intermédiaire de la circulation, et qu'elle pénètre QK)lécule à molécule, pour ainsi dire, dans Tépaisseur de leurs parois, pour agir sfir les éléments musculaires ou sur les extrémités des fibres vaso-motrices.

Pour connaître les effets que produisent sur les vaisseaux les «i^ts toxiques et nédicamenteux, introduits dans la ciroulatioD par telle ou telle voie, il faut donc des expé* riences toutes spéciales. C'est là un sujet de recherches que nous ne poarroos aborder qu'après a^oir acquis des coonaissances plus étendues sur la physiologie des vaisseaux.

De rinfluence des nerfs vaso-moteurs sur les \aisseaui. — Étude spéciale de l'action du cordon cervical et du ganglion cervical supérieur du grand sympathique sur les vaisseaux. — Phénomènes produits par la section de ce nerf, par son excitation, — Action du galvanisme, du curare. •

Pendant la vie, la contractilité de la paroi musculaire dos vaisseaux, dans les conditions normales ou pathologiques, est mise en jeu presque exclusivement par l'intermédiaire du système nerveux. Les modifications du calibre des vaisseaux se produisent par suite de Texcitalion ou de la paralysie des nerfs v&so-moteurs. L'action de ces nerfs sur les vaisseaux n^a été définitivement admise, ainsi que nous lavons vu, qu'à dater des expériences de MM. Cl. Bernard et Brown-Séquard, bientôt suivies de celles de Waller, de Schiff, et de différents autres physiologistes dont nous aurons à exposer les travaux.

Les premières recherches de ces expérimentateurs ont fait connaître Tactiou de la partie cervicale du grand sympathique sur les vaisseaux de la tète. L'expérieuce qui consiste à pratiquer la section du grand sympathique cervical, ou mieux l'ablation du ganglion cervical supérieur, est si importante dans l'histoire des nerfs vaso-moteurs, qu'elle mérite bien que nous nous y arrêtions quelques instants. Je vais décrire les principaux phénomènes qui se

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manifestent à la suite de celte expérience, en vous mettant à même de les constater. Pour cela, je vous montre un lapin albinos, sur lequel M. Carville a arraché ce matin le ganglion cervical supérieur du côté droit.

Les phénomènes qui se produisent peuvent être divisés en trois groupes distincts.

a. — Ce sont d'abord les phénomènes oculo-pupillaires, vus en partie par Pourfour du Petit, et qui sont les plus faciles à constater.

La pupille se resserre. On peut remarquer, en outre, une rétraction assez considérable du globe oculaire vers le fond de Torbite. Il parait ainsi notablement plus enfoncé que celui du côté opposé. Les paupières se rapprochent un peu, par le fait de ce retrait de l'œil; Touverture palpébrale, par suite, est moindre que celle de Tautre côlé. La membrane clignotante s* avance de dedans en dehors sur Tœil, de façon à couvrir. la partie la plus interne de la cornée transparente. Pourfour du Petit avait môme cru que la cornée s'aplatit un peu à la suite de Topération ; mais il y a là vraisemblablement une erreur d'observation.

La constriction de la pupille s'explique par la paralysie des fibres rayonnées de Tiris. Les fibres circulaires, par suite de la paralysie de leurs antagonistes, se raccourcissent et déterminent ainsi le resserrement de Touverture pupillaire.

La rétraction du globe oculaire est due à la paralysie d'un muscle particulier, découvert par H. Mûller et décrit par lui sous le nom de muscle orbitaire. C'est un muscle à fibres lisses, situé dans la cavité orbitaire, au pourtour du globe oculaire. La contraction tonique normale de ce mus-

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de produit et maintient un oertain dcgrt de propuision ée Tœil : lorsqu'il est paralysé, le glot)c oculaire, tiré en arrièiY par la contraction tonique des muscles oculaires a fibres striées, subit un retrait vers le fond de l'orbile. H. Millier ayait déjà indiqué le rôle du œoscle orbitaire à fibres lisses. MM. J. L. Prévost et Jolyel ont confirmé, par des expériences très-décisives, les assertions de ce[ anatomiste (1).

Non-seulement Tonverture palpébrde se resserre, mai^i encore, comme Ta montré M. Cl. Bernard, ello devient plus elliptique et plus oblongue transversalemait. L'ouverture pupillaire se déforme aussi quelque peu ; elle ne reste plus parfaitement circnlaire.

n y a une augmentation tri's-uotable de la sécrétion des glandes de Meibomius, signalée d'abord par Pourfour du Petit et indiquée depuis par diflfërents observateurs. Mais ce phénomène ne peut se constater que quelque temps après que l'expérience a été faite. H est d'ailleurs loin d'être constant, même chez les chiens, sur lesquels il a été surtout remarqué. H est probable qu'il faut, pour qu'il se manifeste, que l'animal soit dans de mauvaises conditions hygiéniques. On a parlé aussi d'augmentation de h sécrétion lacrymale : c'est encoi*e un résultat qui fait soavent défaut. J'ajoute que, chez des chiens qui avaient subi une destruction complète du ganglion carvical supérieur gauche, j'ai vu, lorsque les animanx étaient curansés et soumis à la respiration artificielle, la sécrétion lacrymale

(1) J. L. PreTMt, fkeherehes anatmniquet et phytiotogiqmes sur te ^^nçho^ âpkémo-paiatin (AreMYM âê plifMtof ie iMCOMie el ptttelogiqut, iSM, p. tÈê et suiv.}. ^ J. L. Prévost el Jolyet. Soie sur le rôle physiologique de la paàmt fibro^museuiaire de t orbite {in Mémoires de la Société de biologie, 1867. p. 139 «i soir., et Comptes rendus de TAced. des sctenees, 18 mv. 1867).

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être plus abondante du côté droit (non opéré) que du côté gauche.

On constate encore, comme Ta dit M. Ci. Bernard, une diminution de Touverture de la narine du côté opéré; cette diminution est du reste peu accusée. De plus, ainsi que Ta noté a«ssi M. G. Bernard, Touverture buccale est un peu déformée du côté correspondant à la lésion.

b. — Outre les modifications oculaires que nous venons d'énufflérer, la section du cordon cervical du grand sympathique produit des changements remarquables de Tétat des ¥aia5eaux. Ces vaisseaux se dilatent d'une façon considérable.

L'artère médiane de Toreille du lapin offre alors une diastole permanente, soit pendant quelques heures, soit pendant quelques jours, et la dilatation est souvent telle, que Ton peut sentir le pouls artériel^ en prenant Toreille entre deux doigts au niveau de cette artère. Cet effet peut faire défaut : c'est ce qui arrive parfois, lorsque l'opération «si faite sur un animal maigre et affaibli ; ce résultat néga* tîf s'observe surtout lorsque, dans ces conditions, on se borne à couper le cordoo œr viciai du sympathique.

Non-seulement l'artère médiane de Toreille se dilate, mais toutes les branches de celte artère, ses rameaux et ses plus fins raimiscules s'injectent aussi. A l'aide d'une loupe, on peut distii^uer un graoïd nombre de ces vaisseaux niai n'étaient pas visibles auparavant Les effets de cette dikatatîott vasculââre se manifestent jusque dans les veines. On voit presque aussitôt les veines mai^ginales de l'oreiUe q«i s'étargissent ; des veinules, qu'on n'apercevait pas, deviennent apparentes. £a môme temps, le sang ¥eir neiix, VD par transparence, prend une coloration moins

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foncée. I/oreille tout entière, dans l'inlervalle des vaisseaux visibles, présente une coloration moins pâle qu'à l'état normal, ce qui indique que les capillaires sont parcourus par une plus grande quantité de sang.

Les mouvements alternatifs de diastole et de systole, décrits par M. Schifif et qui ont lieu à l'état normal dans Tarière médiane de l'oreille du lapin, ne peuvent plus être constatés, lorsque cette artère est dilatée, par suite de la section du cordon cervical du sympathique, ou par suite de Tarrachement du ganglion cervical supérieur. Quand cette dilatation cesse, au bout de quelques heures ou de quelques joui's, ces mouvements, comme nous Tavonsdéjà dit, se montrent de nouveau, tout aussi nets qu'avant Topération .

c. — La circulation de roreillc et de la moitié correspondante de la tête devient plus active ; on le prouve facilement (Aug. Waller) en faisant une incision sur l'un des bords de chacune des deux oreilles, au même niveau. On voit alors le sang s'écouler bien plus rapidement du côté où le sympathique a été coupé que du cAté opposé. Le sang est plus rouge aussi du côté de l'opération. Comme le phénomène de la dilatation des vaisseaux n'est pas borné à l'oreille, et comme il se manifeste dans toute la moitié correspondante de la face et de la tète, le sang de la jugulaire éprouve les mêmes modiflcations que celui des veines de Toreille et l'on peut, par une saignée de cette veine, de chaque côté, constater qu'il est plus rouge du côté opéré que de l'autre.

I^ différence de coloration n'est pas le seul changement observé dans le sang de la jugulaire du côté de Topération; sa composition, comme Ta fait voir M. Cl. Bernard» n'est

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