PRÉFACE. VU
couvertes par M. Cl. Bernard. Tandis que des physiologistes éminenfs, M. Schiff entre autres, considèrent ces actions comme s'exerçant sur les parois mêmes des vaisseaux, et accordent à certains nerfs vaso-moteurs une intluence dilatatrice active sur les canaux vasculaires, d'autres physiologistes non moins haut placés dans la science, entre lesquels on. peut citer au premier rang M. Brown-Séquard, pensent qu'il s'agit là du résultat d'une suractivité du travail nutritif des éléments anatomiques, glandulaires ou autres, provoquée par l'excitation de certains nerfs qui leur sont destinés. D'après ces auteurs, la dilatation vasculaire serait la conséquence de l'exagération d'une sorte d'attraction, exercée sur le sang par les éléments anatomiques excités et devenus le siège d'un travail nutritif exalté. Pour M. Cl. Bernard, il s'agirait d'un phénomène analogue à celui qu'on étudie en physique sous le nom à' interférence^ et ce phénomène se manifesterait par suite de l'action des nerfs vaso-dilatateurs sur les nerfs vasoconstricteurs.
Des expériences multipliées m'ont conduit, ainsi qu'on peut le voir dans mes leçons, à une opinion qui se rapproche beaucoup de celle de iM. Cl. Bernard, comme aussi de celle qui a été émise par M. Ch. Rouget, dans son Introduction aux Leçons de M. Brown-Séquard sur le diagnostic et le traitement des principales formes de paralysie des membres inférieurs. Il m'a paru résulter de Tensemble des faits expérimentaux, relatifs à l'étude de ces actions vasodilatatrices, qu'elles s'effectuent toujours par l'intermédiaire de ganglions nerveux placés sur le trajet des nerfs vaso-constricteurs.
Les nerfs vaso-constricteurs sont dans un état d'activité permanente. Les vaisseaux sont donc dans un état continu
vin puéfacë.
de demi-resserrement qui coQslitue ce que Ton nomme le tonus vasculaire. Ce tonus cesse, les vaisseaux se dilatent, quand on coupe en travers leurs nerfs vaso-constricteurs. Ces nerfs doivent, par conséquent, leur état d'activité tonique à une excitation venue des centres nerveux vasomoteurs. Ce sont ces centres qui, en déGnitive, sont dans un état d'activité fonctionnelle continue : ce sont eux qui entretiennent le tonus vasculaire. Les ganglions nerveux, situés sur le trajet des nerfs vaso-constricteurs, paraissent jouer un rôle important , sous ce rapport. Or, on peut supposer que les Gbres nerveuses vaso-dilatatrices se terminent dans ces ganglions, et qu'elles peuvent, lorsqu'elles entrent en jeu, par suite d'une excitation directe ou réflexe, moditier de telle sorte l'état moléculaire des cellules de ces ganglions, que lexcitation entretenue par ces cellules dans les fibres vaso-constrictives cesse tout aussitôt. De là, nécessairement, suspension du tonus vasculaire^ et dilatation paralytique des vaisseaux.
Telle est l'hypothèse que j'ai développée dans mes leçons : mais je suis loin de lui attribuer une très-grande valeur; elle implique trop de suppositions secondaires pour qu'on puisse la considérer autrement que comme une interprétation provisoire. Depuis l'époque où j'exposais cette manière de voir, j'ai continué mes recherches sur ce poiut, et j'ai observé des faits dont il faudra évidemment tenir compte dans une discussion de cette interprétation. L'un de ces faits mérite d'être signalé ici.
J'ai constaté que, chez un chien chloralisé par injection iutra-veineuse jusqu a abolition complète delà sensibilité et de l'excitabilité réflexe, il est impossible de déterminer, par la faradisation du bout périphérique du nerf lingual coupé, les effets vaso-dilatateurs qui sont si marqués dans