PRÉFACE. IX
toute la moitié correspondante de la langue, lorsque rexpérience est faite sur un animal soit absolument sain, soit curarisé et soumis à la respiration artificielle, soit morphinisé ou atropinisé.
Comment expliquer ce résultat? Assurément, ce n'est pas en admettant que le chloral paralyse les .fibres nerveuses Taso-constrictives de la langue et s^oppose, par suite, à une nouvelle action paralysante, c'est-à-dire à celle qu'exerce la faradisation des fibres vaso-dilatatrices contenuesdansle bout périphérique du nerf lingual. Il est facile, en effet, de démontrer, par Télectrisation du cordon cervical du grand sympathique, que les nerfs vaso-constricteurs, chez un animal profondément chloralisé, n'ont pas perdu toute excitabilité.
Le cbloral agirait-il d'une façon élective sur les nerfs vaso-dilatateurs, en détruisant leurs propriétés physiologiques? Mais une pareille action est bien peu probable. Nous savons qu'aucune substance, parmi celles qui ont été étudiées jusqu'ici, n'agit de cette façon sur des fibres nerveuses, à l'exclusion des autres fibres soumises à la même influence : nous ne connaissons pas, quoi qu'on en ait dit, de substances toxiques abolissant les propriétés physiologiques des fibres motrices et respectant celles des fibres sensitives, ou produisant des effets inverses (1). Pourquoi supposer qu'il pourrait en être autrement, lorsqu'il s'agit des fibres vaso-motrices, constrictives et dilatatrices?
On est conduit à penser que le chloral agit sur les ganglions nerveux, situés sur le trajet des nerfs vaso-
(1) J*ai explique ailleurs (Leçons sur la physiologie généi^le et comparée du tifttème nerveux, p. 186 et »uW.) comment on doit interpréter, sou» ce rapport, l'action du curare et de la strychnine.