ÉTAT DES VASO-MOTEURS DANS CERTAINES PARALYSIES
quelques circonstances, une paralysie de tous les muscles placés sous la dépendance du radial. Dans cette paralysie, étudiée par M. Duchenne (de Boulogne), les muscles animés par le nerf radial possèdent encore leur contractiiité ; mais la volonté est impuissante à les mettre en action. Lorsque Tavant-bras est en pronation, la main est pendante comme dans la paralysie saturnine ; contrairement à ce qui a lieu dans cette paralysie toxique, le muscle long supinateur est frappé comme les autres muscles soumis au nerf radial. De plus, dans la paralysie saturnine, la contractiiité est abolie plus ou moins complètement dans les muscles paralysés, tandis qu'elle est conservée, comme nous venons de le dire, dans la paralysie radiale a frigore.
Dans un cas de paralysie radiale que j'ai eu récemment dans mon service, j'ai constaté, un certain temps il est vrai après le début de l'affection, que la faradisation du nerf radial n'avait aucune influence sur les muscles animés par ce nerf : ces muscles restaient inertes, ce qui contrastait d'une façon bien remarquable avec les fortes contractions que provoquait leur faradisation directe. Le nerf radial avait-il donc perdu toute conductibilité, ou toute excitabilité? 11 était facile de se convaincre qu'il n'en était rien, car toutes les régions de la peau, en relation avec les extrémités cutanées de ce nerf, avaient conservé leur sensibilité. Par conséquent les fibres sensitives du nerf étaient restées excitables et conductrices. D'autre part, et c'est là ce qui nous intéresse surtout ici, l'irritation de la peau dans ces mêmes régions, par des excitants mécaniques ou galvaniqueSy déterminait des contractions ou des dilatations vasculaires, qu'on ne saurait rapporter qu'à des actions vasomotrices réflexes. I>es fibres vaso-motrices contenues dans le nerf radial avaient donc conservé leur motricité. Il
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ressort de là quo le nerf, suivant toute vraisemblance, ae trouvait, par rapport aux muscles, dans les conditions où se trouvent les nerfs mixtes chez les animaux empoiaonné» par le curare. Le nerf avait conservé sa névriliié, tout comme le muscle avait conservé sa contractilité. Mais les fibres nerveuses musculo-motrices avaietit perdu leur aptitude normale à faire passer les faisceaux musculaires d% Tétat de repos à Télat d'activité, c'est-ànlire de contraction.
Je considère cette hypothèse comme d'autant plus acceptable que, dans le nerf radial , les fibres sensitives et les^ fibres vaso-motrices, comme je viens de le dire, avaient conservé leurs propriétés, et c(u'il ne saurait être admis qu'une cause générale, telle que le froid, aille démêler, dans l'épaisseur d'un nerf, les fibres motrices au milieu des autres fibres, pour les frapper seules. Nous voyons donc que, dans ce cas, les fibres vaso-motrices du nerf radial, comme les fibres sensitives, du reste, avaient échappé à l'action paralysante, exercée par le froid sur les extrémités terminales des fibres musculo-motrices de ce nerf, exactement comme les fibres vaso-motrices et sensitives d'un nerf mixte gardent leur pouvoir plus ou moins intact, lorsque ce nerf mixte est soumis à l'influence du curare.
J'ajouterai que, dans les paralysies saturnines, les fibivs vaso-motrices du nerf radial ont conservé aussi leurs propriétés et leurs fonctions, ce dont on peut facilement se convaincre. En effet, la peau de la face dorsale de l'avantbras et de la main possède encore sa coloration normale ; il n'y a, par conséquent, ni contracture, ni paralysie des vais^ seaux cutanés ; d'autre part, si Ton faradise la peau dans les parties animées par le nerf paralysé, à l'aide du pinceau