ACTION DU SYMPATHIQUE SUR LA PIGMENTATION
tendent à devenir arrondies par suite du retrait de leurs prolongements ramifiés. Si Ton coupe ce même nerf, il y a, au contraire, paralysie des cellules pigmentaires dans la partie correspondante de la peau, de telle sorte que cette région offre une teinte plus foncée que les parties voisines. Lorsqu'on coupe les nerfs principaux d'un membre postérieur, la coloration de la peau de ce membre reste ou devient d'une teinte plus foncée que celle de la peau de l'autre membre. Il y a paralysie plus ou moins complète des cellules pigmentaires dans tout le membre dont les nerfs sont coupés; les prolongements de ces cellules restent plus ou moins étendus et ne se rétractent plus entièrement, pendant la vie de l'animal. Une paralysie plus ou moins complète des cellules pigmentaires s'observe dans les deux membres postérieurs, si Ton a coupé transversalement la moelle épinière en avant de l'origine des nerfs lombaires. Enfin, on sait aussi que l'on peut obtenir une paralysie généralisée des cellules pigmentaires du corps, en pratiquant une section transversale de la moelle épinière près du bec du calamus scriptorius. J'ai vu une grenouille, sur laquelle j'avais coupé la moelle dans ce point et qui a survécu pendant près de deux mois, offrir d'une façon permanente une teinte très-foncée de la peau, et cetle teinte ne variait pas d'une façon sensible suivant que l'animal était à sec .ou qu'il était humecté d'eau.
Enfin, si Ton enlève le ganglion cervical d'un côté sur des grenouilles rousses (l'expérience donne des résultats très-nets chez les animaux de cette espèce), on voit, au bout de quelques minutes, les taches pigmentées de la peau de la moitié correspondante de la tête, et celles du membre antérieur du môme côté, devenir moins foncées
que les taches du côté opposé. Cet état dure peu; il se fait bientôt une modification en sens inverse ; les taches susdites et la teinte générale de la peau de la roème région deviennent plus fortement colorées que celles du càk^ opposé. Cette dernière modification, qui est bien appréciable au bout d*un quart d'heure ou d'une demi-heiire, ert permanente et peut durer indéfiniment.
J'appelle, avec tous les auteurs, Tétat ramifié des cellofes pigmentairesdu nom de paralysie, bien qu'il y ait quelques réserves à faire sur l'exactitude de cette dénomination ; réserves fondées surtout sur ce fait, à savoir : que, après la mort, les cellules tendent toujours à se ramasser sous form* globuleuse, de telle sorte que la peau offre alors en génértl une teinte claire ; tandis que, théoriquement^ si l'état de paralysie complète était réellement caractérisé par Textension des prolongements des cellules, la peau, dans Télal cadavérique, devrait présenter une teinte plus ou moins foncée, soit immédiatement après la mort, soit au bout de quelques heures.
Mais laissons là cette difficulté. L'action du système veux sur la pigmentation des grenouilles, d'après M. ring et M. Goltz, ne serait pas entièrement directe. Ce> auteurs sont d'accord pour attribuer cette actîoo« co partie du moins, aux modifications que les lésions des neii^ ou de la moelle épiaière déterminent dans la circuIatMo de la peau.
J'ai d'abord voulu savoir à quoi m'en tenir sur la valeur de cette opinion de MM. Hering et Goltz. J'ai exdsé le cœur sur une grenouille; puis, après avoir laissé s'eitotuer Técoulement du sang pendant quelques minutes» j*ai arraché le ganglion cervical sympathique du oAlé gaodbe. Cette avulsion a eu pour premier effet la productiou d*uw