‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 67 sur 107 · INFL. DES CENTRES NERVEUX SUR LA PRESSION SANGUINE · texte numérisé non relu

INFL. DES CENTRES NERVEUX SUR LA PRESSION SANGUINE

lie cette influence ; je pourrai donc vous exposer rapidement ce qui est relatif à ce point de la physiologie de l'appareil vaso-moteur.

La pression sanguine intra-arlérielle est le produit de plusieurs facteurs : 1** de l'introduction sans cesse renouvelée d'ondées sanguines dans l'aorte, par les systoles veutriculaires ; 2^ de la résistance que le sang éprouve à traverser les petits vaisseaux, artérioles, capillaires et veinules, qui mettent les artères en communication avec les veines ; Si* de la réaction des parois élastiques, musculo-élastiques et musculaires des artères, sur le sang contenu dans ces vaisseaux.

Le volume des ondées sanguines lancées par le ventricule gauche peut varier ; la réaction des parois artérielles, du moins de celles qui contiennent des éléments musculaires, peut ofifrir une énergie plus ou moins grande, et ces variations peuvent évidemment avoir une action plus ou moins considérable sur la pression sanguine intra-artérielle ; mais le facteur le plus important est, sans contredit, la résistance opposée par les petits vaisseaux au cours du sang dans les artères, et cette résistance varie nécessairement suivant que les artérioles sont resserrées ou dilatées. Comme Tétat de leur calibre dépend essentiellement du degré d'activité de l'appareil vaso-moteur, on conçoit combien est grande l'influence de cet appareil sur la pression sanguine intra-artérielle.

Les lésions du centre bulbo-spinal doivent donc produire des modifications considérables de la tension artérielle, et, d'après ce que nous avons dit plus haut, il est clair que les mouvements du cœur doivent eux-mêmes être modifiés secondairement. C'est ce dernier eflet qui a été tout d'abord remarqué, et l'on conçoit bien qu'il

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ne pouvait en être autrement, à une époque où la physiologie de Tappareil vaso-moteur n'était pas encore née.

Ainsi, Legallois avait montré, qu'en détruisant une portion de la moelle épinière sur déjeunes lapins, soit la partie lombaire, soit la partie dorsale ou cervicale, on détermine un affaiblissement considérable des mouvements du cœur ; de telle sorte que la circulation générale devient tout à fait insuffisante pour entretenir la vie. Il avait vu que, si Ion coupe Tartère principale d'un des membres, chez les animaux ainsi opérés, le sang s'écoule lentement. Legallois (1) supposait que le résultat observé était dû à ce que la destruction de la moelle supprimait le centre nerveux où réside le principe des mouvements du cœur. Les expériences de Legallois furent confirmées par celles de divers physiologistes. Nasse (2), entre autres, a fait voir que si, sur un chien, dont on entretient la respiration artificiellement, on détruit toute la moelle, le sang qui sort ensuite des artères sectionnées s'en écoule en bavant, au lieu de s'échapper en jets saccadés,, comme à Tétat normal. Longet avait obtenu le même résultat, et constaté que la destruction de la moelle et du bulbe affaiblit notablement les battements du cœur (.3).

Ces auteurs, ainsi que vous le voyez, se sont surtout attachés à l'état du cœur. Et je n'insiste pas sur les détails de leurs expériences, parce que cela serait sans pro6t pour nos études actuelles. Ce qui nous intéresse, au cdd-

(1) LegalloU, CEuvret complètes^ édition de Pariset, 1830, t. I, p. 7S t sai?.

(2) Nasse, Untertuchungen lur Ubensnatur/ehre und zur HeHKwtde.

(3) Longet, Traité de physiologie, 3« édit., 1869, t. U, p. HA.

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traire, très-directement, c'est rinterprétation que Ton a donnée, dans ces derniers temps, de ces résultats expérimentaux.

M. Goltz a été conduit, par ses recherches sur le tonus vasculaire, à penser que les lésions de la moelle épinière et surtout les destructions de ce centre nerveux, telles que les pratiquaient Legallois et les physiologistes que nous venons de citer, agissent sur le cœur non pas directement, mais indirectement, par suite des modifications qu'elles déterminent dans l'état des petits vaisseaux.

D'après M. Goltz, lorsqu'on détruit une partie de la moelle épinière, il y a un afiaiblissement extrême ou même une abolition du tonus des vaisseaux qui sont en relation, |)ar leurs nerfs vaso-moteurs, avec la région supprimée de re centre nerveux. Si l'on a détruit la plus grande partie de la moelle, le tonus est aboli dans presque toute l'étendue du corps; les artérioles deviennent inertes; la pression sanguine s'abaisse à un degré extrême ; la vis a tergo diminue considérablement dans les vaisseaux veineux : en somme, la circulation capillaire devient très-languissante, le retour du sang au cœur a lieu lentement et en faible quantité ; les mouvements du cœur perdent leur énergie, et Ton voit se produire l'état de la circulation qui a été constaté par Legallois, Clift, Weilemeyer, Nasse, Longet et divers autres physiologistes.

M. Schiif a émis une idée analc^ue à celle de M. Goltz et il attribue l'afiTaiblissenient et le ralentissement des mouvements du cœur, après la section de la moelle épinière, dans la région cervicale, à l'état de vacuité relative où se trouve cet organe, par suite de la dilatation de tous les petits vaisseaux du corps. On peut, suivant lui, ramener le fonctionnement cardiaque à son état antérieur,

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par une injection de sang dans les vaisseaux de raoimaK de façon à augmenter la quantité de ce liquide qui arriTe au cœur. Et la pression artérielle pourrait même se reWver, sous Tinfluence de la transfusion, jusqu'au degré normal, au moins pendant un certain temps (1).

Ce résultat expérimental est intéressant; mais il n'autorise pas, je crois, M. Scbiff à conclure, comme il le fait, que raffaiblissement du mouvement du cœur, après une section de la moelle, vers le haut de la région cervicale, ne dépend en rien d'une influence nerveuse immédiate. M. Schiff coupait, il est vrai, les deux mrk vagues dans toutes ses expériences, avant toute autre opération. Mais il ne supprimait pas ainsi toutes les actioDs nerveuses réflexes possibles; car l'impression produite sur l'endocarde par la vacuité relative du cœur, après la section de la moelle cervicale, pouvait encore déterminer un affaiblissement et un ralentissement réflexes des mouvements cardiaques, par la médiation des ganglions du cœur et des flbres nerveuses qui vont de ces ganglioos au myocarde.

Je tiens à faire devant vous une expérience très-simple, qui vous permettra de constater, par vous-mêmes, Tio* fluence de la destruction de l'axe cérébro-spinal sur les mouvements du' cœur. .

On a mis à nu le cœur de deux grenouilles, placées à cAk l'une de l'autre, en ayant soin d'éviter autant que possible toute perte de sang. L'une d'elles va rester telle quelle, taudis que, sur l'autre, on va détruire complètement l'air

(1) Cenno sulU rkerche faite dal prof. M, Schiff nel ^aboratono dei m^*" di Firenxe durante i/2« trimestre 1872.... Antl. m ^CentnU)Utt..., I8T5. p. 3.

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