‹ Leçons sur l'art égyptienChapitre 34 sur 63 · Deuxième Partie · texte numérisé non relu

Deuxième Partie

Louksor. — Anion de Thèbes avait, à quelques kilomètres de Kainak, un second temple, appelé aujourd'hui le temple de Louksor. Ce sanctuaire devait servir à célébrer la fête de la nouvelle année, comme on peut le voir sur les bas-reliefs d'une des salles représentant la cérémonie de ce jour. La barque sacrée d'Amon quittait le tcniple de Karnak, s'embarquait sur le Nil et remontait le fleuve jusqu'à Louksor, Elle était alors portée par les prêtres qui la déposaient, pour un ou plusieiu's jours, dans le temple. Puis elle faisait la route en sens inverse et rentrait dans le grand sanctuaire. Il se pourrait qu'on profitait de l'absence du dieu pour la purification du temple principal. Nous verrons plus tard que, dans certains temples de l'époque grecque, il y a, à l'intérieur de l'édifice, une cour et une petite chapelle, que l'on appelle le temple du nouvel an. L'idole y était placée quelques jours avant la nouvelle année puis, après une procession, on la réinstallait dans le sanctuaire principal. Thèbes nous montre en deux édifices séparés ce qui sera réuni dans les temples de basse époque.

Le temple de Louksor, dans son état présent, ne remonte pas à une époque antérieure au règne d'Aménophis III. Cependant on sait qu'il remplace un monument plus ancien. Aménophis III construisit l'édifice sacré sur d'assez grandes dimensions : 190 mètres sur 55. Ramsès II l'agrandit en y ajoutant une cour et un pylône. Au cours de ces agrandissements ime chapelle de Thoutmès III, autrefois isolée, fut enclavée dans les constructions nouvelles. Il est assez curieux de constater que la partie ajoutée par Ramsès II, oui portait la longueur du temple de 190 mètres

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à 260, ne se trouve pas dans le aiêine axe que l'édifice d'Aménophis III.

Le grand pylône de Ranisès II, qui constitue la façade principale, était précédé de deux obélisques, dont l'un a été transporté à Paris. Contre les massifs du pylône sont adossés des colosses, un assis de chaque côté de la porte d'entrée, deux debout devant chacune des ailes. La porte du pylône franchie, on entre dans la cour de Ramsès II, mesurant 57 mètres de long sur 51 de large et comportant soixante-quatorze colonnes papyriformes à chapiteaux fermés. Le petit temple deThoutmès III que l'on rencontre à droite en entrant, est formé de chapelles consacrées respectivement à Amon, à Maut et à Khonsou. Cet édifice peut être comparé au petit temple de Séti II, que nous avons rencontré immédiatement à l'entrée de la cour des Bubastides au temple de Karnak. Des statues colossales, représentant le roi debout, étaient placées entre les colonnes de la partie postérieure de la cour. Deux statues du roi assis se trouvent des deux côtés de la porte ipii conduit dans la partie postérieure du temple.

A partir de cet endroit, nous entrons dans le temple d'Aménophis III. dn rencontre d'abord une salle étroite et profonde, dont le plafond est supporté par quatorze colonnes de 16 mètres de hauteur, du type papyriforme à eha})itéau ouvert. Cette partie du temple est souvent appelée « vestil)ule ou colonnade de Toutankh-Amon ou d'Horemhei) ». Cela provient de ce que, si la construction remonte proprement à Aménophis III, les inscriptions et les reliels sont au nom des deux autres rois. Le temple n'était pas achevé à la mort d' Aménophis III ; son fils Aménophis lY, l'auteur de la révolution « anti-amonicnnc >\ n'a eu cure de continuer les travaux et ceux-ci n'ont j)u être repris que par les rois qui, à la fin de la XVIII'' dynastie, rétablirent le culte d'Amon. On a souvent considéré cette partie du temple comme étant l'ébauche d'une salle hypostyle inachevée, dont on n'am-ait construit que les travées centrales. Cette hypothèse peut être abandonnée, aujourd'hui que nous connaissons le plan des temples de l'Ancien Empire. On se souviendra que dans les temples funéraires de la IV et de la Y'^ dynastie, on trouve, en effet, imc salle longue, au plafond supporté par des piliers ou des colonnes et qui précède immédiatement une cour à porticjue. C'est absolu-

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