‹ Leçons sur l'art égyptienChapitre 35 sur 63 · I.KS TK.MPLKS. II · texte numérisé non relu

I.KS TK.MPLKS. II

iiu'iit la iiu'-iiu' disposition iiur nous avons ici ;'i Louksor. où, iinnu'diatcnicnt au sortir de la salle longue, on entre dans une gigantesque eour de t") mètres sin- 51, dont les portiques, disposés sur trois côtés, comportent soixante colonnes (Art, pi. 57). Au fond de la cour, et apparemment sans mur de séparation, s'ouvre une salle hypostylc de quatre rangées de huit colonnes papyriformcs fasciculces à chapiteaux fermés. Ces trente-deux colonnes, toutes semblables, peuvent être considérées comme parfaites dans leur genre et aussi pures et classiques que les quatre colonnes de Thoutmès III au jardin i)otanique de Karnak. Le type architectural pai'aît avoir épuisé toutes ses ressources. C'est à partir de ce moment que les formes iront en s'atrophiant de plus en plus. Ranisès II, qui avait cependant ces excellents modèles sous les yeux, a employé dans la cour des colonnes dégénérées, où toutes les formes originaires sont masquées sous vme surface lisse.

Derrière la salle hypostyle, on rencontre successivement deux salles de plus en plus petites, puis le sanctuaire des barques oîi reposait l'arche d'Amon. Ce sanctuaire, de même que celui de Karnak d'ailleurs, est ime restauration du temps d'Alexandre. DeiTière le sanctuaire des barques, il y a encore une salle hypostylc et trois petites salles, à quatre colonnes pour l'une, et à deux coloimes pour les denx autres. Parmi les petites chambres à destination inconnue, situées sur les côtés de l'axe principal, on remarque celle qu'on appelle la <■ chambre de la naissance ». Les bas-reliefs qui ornent ses murs montrent les différents épisodes de la naissance divine du roi Aménophis III. Des représentations analogues existent au temple d'Hatshepsout, à Deir-el-Bahari. On ctinnaît un fragment d'une scène scmblal)le à Mcdinet-Habou. A l'épocjue iitolémaïque, à côté des temples principaux il y aura habituellement un petit temple, appelé Mammisi, spécialement consacré à la naissance du dieu fils et, en même temps, à la naissance du roi considéré comme mi rejeton divin.

Chaipie grande ville d'Egypte possédait un temple du dieu local ; mais si Thèbes nous a montré des édifices encore bien conservés, il n'en est malheureusement pas de même aillevu's. Le plus sovivent quelques blcjcs épars à la surface du sol marquent l'emplacement d'un tem])le ; parfois, grâce aux fouilles, on peut

déterminer les grandes lignes de son histoire. On en jugerait, par exemple, par ce qui reste du grand temple de Ptah à Memphis. L'auteur arabe Abdellatif, qui écrivait à la fin du XII^ siècle, assure que même, après avoir vu tout le reste de l'Egypte, les ruines de Memphis confondent l'intelligence par leur étendue et leurs merveilles. Et cependant aujourd'hui, à proximité du village de Mitrahiné, quelques pierres, émergeant d'une niare, sont les seuls témoins de cette époque de grandeur.

Au Soudan, à Soleb, il existe encore quelques vestiges d'un grand temple, érigé en l'honneur d'Amon par Aménophis III. Ses dimensions devaient égaler certainement celles du temple de Louksor. Celui d'Amada est encore relativement bien conservé. Il a été bâti par les premiers rois de la XYIII*^ dynastie et consacré au dieu Ra-Harmakhis. On peut distinguer deux étapes dans sa construction. Au fond, il y a un sanctuaire central avec deux petites chambres latérales ; puis, sur le même niveau, deux autres petites salles. Leurs portes, ainsi que celle du sanctuaire, s'ouvrent sur une même salle qui occupe toute la largeur de l'édifice. Devant cette salle, était un portique de quatre piliers polygonaux. Quant à la cour, dont ces portiques constituaient le fond, elle a été translormée en une nouvelle salle supportée par douze piliers carrés. Des murs latéraux s'appuient sur les piliers externes, ce qui eut pour résultat de déterminer des murs à panneaux et pilastres, disposition plutôt rare dans l'architecture égyptienne. Devant la salle à pihers s'élevait enfin, comme entrée du temple, un pylône dont la porte seule était en pierre, les deux massifs latéraux étant construits en briques.

Temples de Tell-el-Amarna. — Plusieurs tombeaux de la nécropole de Tell-el Amarna ont fourni des représentations du temple du dieu Aten, qu' Aménophis IV avait choisi pour remplacer Amon. Les plus importantes se trouvent dans le tombeau du grand prêtre Merira et dans celui du premier serviteur du temple, Panehesi. Heureusement que ces diverses représentations ne sont pas identiques et qu'elles nous apportent des variantes utiles, comparables à ce que nous avons rencontré pour le palais du roi. Chez Merira, on voit d'abord le temple, en face, puis sur le côté, l'entrée étant à droite et l'édifice se développant de droite à

gauche. Au tombeau de Panehesi, le temple est figuré l'eutréc à gauclie et les eonstructioiis se déveK)ppant vers la droite. L'explication ou la lecture de ces plans, dans tous leurs détails, offre de grandes diffieidtés. Cependant, si l'on s'en tient aux éléments essentiels, on peut arriver à se l'aire une idée de la manière dont l'édifice se présentait. Les Egyptiens, nous en avons déjà \ u des exemples, ne se souciaient pas de donner des indications très précises sur la grandeur relative des différentes parties de l'édifice. De fait, dans la vue de face, les divers pylônes ont des dimensions extrêmement variables. Dans une des vues latérales il en est de même, mais dans la seconde tous les pylônes ont la même hauteur. Les différents espaces sont également mesurés d'une autre manière dans les vues de face et les vues latérales. Ce que nous regardons comme une cour rectangulaire, étroite, dans une des vues, nous apparaît comme une vaste cour carrée dans une autre. Nous ne pouvons donc qu'essayer de reconnaître les différents éléments essentiels et spécifiques du temple d'Aten, sans nous occuper des proportions.

On remarque d'abord que tt)utes les constructions étaient enfei'mées dans une vaste enceinte rectangulaire. Sur trois des côtés il y avait, vers l'extérieur de cette enceinte, ce qu'on peut appeler un mur de ronde : nous rencontrerons quelque chose d'analogue au temple d'Edfou. La grande enceinte est divisée en deux parties inégales par un mur transversal ; les deux espaces déterminés de la sorte sont occupés par deux groupes différents de constructions, que l'on a dénommés le grand temple et le petit temple. Chacun de ces édifices se divise à son tour en un certain nombre d'éléments qui s'appuient les uns sur les autres, comme les pylônes, les salles et les cours de Karnak. Ici, les procédés de dessin nous laissent dans l'impossibilité de distinguer les espaces à ciel ouvert de ceux qui étaient fermes par des plafonds. Il semble que le grand temple ait été constitué de la manière suivante : d'abord un pylône, puis une cour ù colonnes au milieu de laquelle se trouve placé un autel avec rampe ou escalier d'accès. On rencontre ensuite une nouvelle cour sans colonnes, puis une autre avec colonnes, à moins qu'il ne s'agisse d'ime salle hypostyle. Viennent ensuite trois eoin-s (ou salles '?), dont les deux dernières contiennent au centre une sorte d'autel ou plutôt de grande corbeille remplie

d'ofl'randcs. A l'entour de ces cuurs à. CHjrbeilIc, il .semble Ijieii qu'il y avait toute une série de salles. Entre ehaeuu des éléments, on voit représenté lui pylône, sans toutefois qu'il l'aille prendre ce mot à la lettre, car en beaucoup d'endroits la construction massive, caraetcristique du pylône, devait être remplacée simplem^'ut par une porte plus ou moins monumentale.

Le petit temple comporte un pylône, une cour à colonnes, puis un pylône encore, enfin un vaste espace avec corbeille à offi'andes, entouré de nouveau d'une série de chambres. Entre le grand temple et le petit temple, de même que sui le côté et dans l'espace laissé libre entre les mûrs d'enceinte, on a dessiné des constructions diverses (stèles, statues, autels, abattoirs, bassins, etc.), mais ce qu'on ne rencontre nulle part, c'est un obélisque. Et la chose est certainement étrange, étant donné que le temple d'Aten s'appelait Hat-benben, qui est le même nom que le temple d'Héliopolis, s'éerivant avec un i)bélisque comme déterminatif.

Les représentatif)ns du tombeau de Houia, le surintendant de la reine Tiyi, nous font connaître un autre édifice religieux appelé <• l'ombre de Ra de Tiyi », qui semble entièrement construit suivant le modèle ordinaire des temples du Nouvel Empire. On peut, en effet, ramener assez facilement le plan figuré avix éléments suivants: pylône, cour à colonnes, salle hypostyle, sanctuaire central avec chambres annexes et, au fond, le saint des saints. Les fouilles faites à Tell-el-Amarna, surtout par Pétrie, ont fait découvrir quelques restes de temples, mais cependant trop peu nombreux pour permettre de reconstituer les édifices dont les murs des tombeaux avaient cherché à nous donner l'image. Aussi cette question fort compliquée demande-t-elle à être reprise et étudiée à fond avant qu'elle puisse recevoir une solution définitive, s'il est possible toutefois d'en tirer im des éléments que l'on possède.

Temples des rois morts. Deir-el-Bahari. - Le temple de Deir-el-Bahari a été construit par les premiers rois de la XVI] 1*-' dynastie et principalement par la grande reine Hatshepsout (Art, pi. 51). Il est disposé au fond d'un cirque de la montagne, connu sous le nom de cirque de Deir-el-Bahari, où nous avons étudié déjà l'édifice funéraire lie deux rois de la XI'' dynastie.

Des l'ouillcs récentes ont montré c|u"il y a\-ait. à pi'oximité de la vallée, un vestibule eon)parai)le au vestii)ule des temples funéraires des rois de l'Aneien Empire. Le temple proprement dit, s'appuyant sur la montagne, est disposé en plusieurs terrasses superposées : peut-être eette disposition a-t-elle été inspirée par les monimients voisins de la XI'' dynastie. Le l'roiit de eiiaeune des terrasses est orné d'ini portique à piliers. La terrasse centrale est soutenue du côté sud par un grand mur de pierre. On accède d'iuie terrasse à l'autre par de grandes rampes à pente assez douce, qui déterminent l'axe principal de l'édifice. Au niveau de la terrasse centrale, le pf)rtiquc nord de droite est connu sous le nom de portique de la naissance, pai'ce qu'on y voit des bas-reliefs relatifs à la descendance divine de la reine. Le portique de gauche s'appelle portique de Pount, parce que les représentations murales retracent les épisodes de l'expédition faite, sous les ordres de la reine, vers le pays de Pount. sur la côte orientale d'Afrique, dans la mer Rouge. Au niveau de eette terrasse centrale se trouvent, à droite et à gauche, deux temples accessoires auxquels nous reviendrons dans im instant. A la terrasse supérieure, on rencontrait d'abord un portique ; une porte de granit donnait accès dans une grande salle ou cour k colonnes au fond de laquelle s'ouvrait, par imc nouvelle porte de granit, le sanctuaire creusé dans la montagne même. De chaque côté, le mur du fond présente, au-dessus d'une espèce de banquette, une série de niches, les unes basses, les autres élevées et qui, autrefois, contenaient des statues. Vers le nord, il y a un petit temple complet, enclavé dans le grand édifice. Ce temple, d'un type particulier, comprenait un vestibule à colonnes, puis une cour à ciel ouvert dans laquelle se trouve un grand autel en pierre qui en occupe à peu près toute la surface. Un escalier en pente douce monte à l'autel, vaste plate-forme carrée, bordée d'une corniche. Un autel semblable est représenté dans la première cour du temple d'Aten, à Tell-el-Amarna. Cet édifice de Deir-el-Bahari est consacré au culte du dieu solaire Harmakhis. Sur le côté, s'ouvre imc petite chapelle consacrée à Thoutmès I".

A gauche, c'est-à-dire vers le sud, il y a également un édifice qui est plus particulièrement consacré au culte de la reine Hatslicpsinit. Vuu des salles, cjue l'on appelle la salle des

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offrandes, et dont le plafond est l'ormé d'une Causse voûte en encorbellement, contenait une grande stèle ou représentation de la niche n statue. Sur les murs, une nombreuse procession de porteurs d'offrandes se dirigent vers la sttle. C'est donc bien là l'équivalent de la chambre de la stèle des tombeaux d'Ancien Empire.

En redescendant sur la terrasse centrale, nous pouvons aller voir maintenant les temples accessoires qui se trouvent au nord et au sud. Au nord, c'est un sanctuaire du dieu funéraire à tête de chacal, Anubis (Art, pi. 52). Il comprend un vestibvde avec douze piliers polygonaux et trois chapelles qui sont creusées dans la montagne. Sur le côté, et s'appuyant au vestibule, se trouve une colonnade formée de piliers polygonaux et sous laquelle s'ouvraient quatre petites chambres dont la destination n'est pas connue (Art, pi. 147). Cet angle de la terrasse centrale, avec son portique d'Anubis et la colonnade adjacente, compte certainement parmi les productions les plus remarquables de l'architecture égyptienne. La régularité du travail, la simplicité des formes, l'analogie même des piliers polygonaux avec l'ordre dorique grec, rappellent immédiatement à l'esprit les monuments les plus beaux de l'architecture classique, et il n'est pas étonnant que des visiteurs non avertis appellent cette partie du temple égyptien de la XVIII^ dynastie, le temple grec.

Au sud, la déesse Hathor, dame ou maitresse de l'occident, le pays des morts, possède un petit temple avec deux portiques successifs, à colonnes et piliers hathoriques, suivis d'une petite salle à deux colonnes et enfin des sanctuaires. C'est autour de la porte d'un des sanctuaires de ce temple qu'est gravé l'intéressant décor architectural, avec des piliers polygonaux à masques hathoriques, que nous avons eu l'occasion d'analyser précédemment en étudiant l'architecture figvu'ée.

A peu de distance de là, vers le sud, on a découvert, en partie creusé et en partie construit devant la montagne, un autre sanctuaire d'Hathor, qui date de l'époque de Thoutmès III et d'Aménophis II. C'est là que se trouvait l'image en pierre de la vache sacrée de la déesse Hathor, connue sous le nom de vache de Deir-el-Bahari.

Abydos. Temple de Séti !''■'. — Le roi Séti I'"' avait plusieurs

temples l'iinéraires : un à Aleiiipliis cité par les textes, mais dont il ne reste aucune trace ; un autre à Abydos, un troisième à Thèbes. Le temple d'Abydos. de grandes dimensions, était enfermé dans une vaste enceinte dont on a pu retrouver le tracé. Le plan a ceci de particulier qu'il dessine un édifice construit non suivant im axe rectiligne, mais en forme d'équeiTc à angle droit, rappelant ainsi la disposition du temple de la pyramide du roi Ne-Ouser-Re, de la V'' dynastie. On a pu croire autrefois que cette disposition provenait de ce que la montagne avait empêché de développer tout l'édifice dans un même axe, mais or a reconnu depuis que la soi-disant montagne n'était qu'un monceau de débris.

Le temple de Séti I^"" comportait d'abord deux grands pylônes et deux cours, aujourd'hui détruits ; sa façade actuelle est le portique du fond de la seconde cour ; ce portique est surélevé, comme d'habitude, sur une terrasse avec rampe. Particularité remarquable, le mur du fond du portique était percé de sept portes. Cependant, quand Ramsès II s'occupa d'achever le temple funéraire de son père, il bloqua cinq portes sur sept et n'en laissa que deux vers le centre, bouleversant ainsi toute la disposition intérieure. En effet, l'édifice comportait, dans le sens de la largeur, sept sanctuaires au lieu d'un et les deux salles hypostyles qui les séparaient de la covu' étaient disposées de manière à déterminer sept passages, depuis les portes d'entrée jusqu'aux portes des sanctuaires. On pourrait donc considérer chacune des travées comme formant un temple séparé, auquel appartiennent les colonnes qui, dans les deux salles hypostyles, bordent l'allée d'acct's (Art, pi. 150).

La première salle hypostyle mesure 52 mètres sur 11 et renferme vingt-quatre colonnes du type papyriforme à chapiteaux fermés aiux formes atrophiées. La seconde salle hypostyle compte trentesix colonnes disposées en trois rangées, les deux premières du type papyriforme à chapiteaux fermés. La troisième rangée est composée de colonnes rondes, ou à peu près, ayant conservé quatre faces planes orientées. Ces colonnes de la troisième rangée sont à un niveau plus élevé que celles des deux rangées précédentes. Sept rampes, une poui chaque sanctuaire, rachètent la différence de niveau (Art, pi. 151). Une grande porte donne accès à chacune des chapelles : entre les portes, le mur est creusé de petites niches, destinées à contenir des statues.

L'examen des sanctuaires permet de reconnaître la raison probable de cette curieuse disposition de sept chapelles parallèles. Au centre, c'est le sanctuaire d'Amon. A gauche, on trouve un sanctuaire d'Harniakhis, puis celui de Ptah et enfin celui du roi : à droite, on a successivement lui sanctuaire d'Osiris, d'Isis et d'Horus. Au fond de chacun des sanctuaires, à l'exception du sanctuaire d'Osiris, il y a ime représentation d'une double stèle, surmontée d'une imitation d'un décor à claire-voie (Art, pi. I.ô2). C'est donc la copie d'un double édicule religieux. Il semble qu'on ait cherché à réunir dans le temple l'iméraire du roi les sanctuaires des divinités les plus importantes de l'Egypte ; ainsi le roi défunt pourrait continuer sou activité sacerdotale pendant toute l'éternité. C'est ce qui a déterminé du reste le choix des représentations des murailles. Amon, le grand dieu de Thèbes, Harmakhis, celui d'Héliopolis, Ptah, celui de Memphis, forment, à l'époque du Nouvel Empire, le groupement le plus important de dieux égyptiens. Quant à Osiris, Isis et Horus, ils constituent la triade du grand dieu des morts, dont le culte était devcjiu prépondérant à Abydos. Le sanctuaire d'Osiris n'est pas fermé dans le fond par ime stèle : on peut le traverser et l'on arrive alors dans un nouvel édifice, qui comporte deux salles à colonnes et six petites salles. Trois de celles-ci sont encore des sanctuaires consacrés à Osiris, Isis et Horus ; mais ici l'Osh-is adoré est le roi Séti I*"'', identifié au grand dieu d'Abydos.

Passons maintenant dans la partie du temple disposée latéralement, en angle droit. A côté de la porte du sanctuaire du roi, par conséquent dans l'angle de la seconde salle hypostyle, se trouve la porte d'un temple consacrera Sokaris, le dieu des morts de Memphis : il est composé d'une salle à trois colonnes, au fond de laquelle s'ouvi'cnt deux chambres. La première est particulièrement attribuée à Sokaris lui-même ; la seconde, au dieu fils de Memphis, Xefertoum. Un corridor, communiquant avec la seconde grande salle hypostyle, est connu sous le nom de « couloir des rois 11. C'est là que se trouve le célèbre bas-relief de la liste des rois, où l'on voit Séti I^^' et Ramsès II faisant offrande devant les noms de soixante-seize de leurs prédécesseurs. A côté, est la chambre appelée << salle des barques " ; elle est entourée d'une banquette où reposaient les barques de pi'ocession. Au lond du

T.ES TK.\(l'I.Ks. 11. ;V>1

fouloir (les rois s'oiui»- ciicuif uiu- porte conduisant dans une cour qui servait d'abattoir ))onr Us aniinaiix sacrifiés. De cette cour on passe dans une nouvelle série de chambres, à destination inconnue, et d'ailleurs pour la plupart inachevées. Vers le milieu du couloir des rois se détache enfin un autre couloir, dans la deuxième partie du(|uel se tr()U\e un escalier conduisant à l'extérieur (lu temple. .\ (pieUiue distance vers Tarrière. les fouilles exécutées dans les dernières années ont fait découvrir des chambres souterraines, appelées d'abord i'Osircion d'Atiydos et dans lesquelles N'avilie a voidu reconnaître le tombeau d'Osiris. Le résultat complet des touilles n'a pas encore été publié, mais il semble vraisemblalile qu'on se trouve plutôt en présence d'un tombeau ou, mieux encore, d'un cénotaphe de Séti I*"'' achevé par Merenptah. La véritable tombe de Séti l''"". celle qui a renfermé autrefois son corps, est à Thèbes. dans la vallée de Biban-el-Moulouk. Nous aurions ici un second tombeau du roi, ce qui rappelle les doubles sépultnies des rois de l'Ancien et du Mt)yen Empire. S'il en est ainsi, on voit qu'il n'est ])as tout à fait exact de dire que la tombe et le temple ont été complètement sépai'és au Nouvel Empire, puiscpi'ici. à Abydos. nous aurions un tombeau, vide il est vrai, mais mi tombeau cependant, en rapport immédiat avec le temple funt'raire et enfermé dans la même enceinte. Lorsqu'un roi de r.Vneien Empire avait deux pyramides, il va de soi qu'un des tombeaux n'était qu'un cénotaphe. On pounait se demander si les temples funéraires des rois du Nouvel Empire que l'on connaît à Thèbes n'étaient pas complétés par des appartements peut-être souterrains, à caractère nettement funéraire. Cependant, jusqu'à présent, au cours des fouilles et des déblaiements, on n'a rien trouvé de semblable.

Thèbes. Kourna. — Séti !•■' avait aussi un temple funéraire à Thèbes. C'est le monument connu sous le nom de temple de Kourna. Il est eu grande partie détruit. Comme le monument d'Abydos, il a perdu ses deux pylônes et ses deux cours, et commence au portique du fond de la seconde cour. Le plan montre un temple divisé en trois parties : au centre, il y a un premier temple, comportant une salle hypostyle, stir laquelle s'ouvrent latéralement trois petites chambres de chaque côté. Ensuite un

322 LEÇONS SUR 1,'art égyptien

saint des saints, avec appartements dana le fond, comme pour le sanctuaire d'Osiris, à Aliydos. De chaque côté du saint des saints se trouvent d'autres salles dont la destination ii'cst pas certaine. Cet édifice central n'a de communication avec le reste du temple que par deux petites portes latérales que nous pourrions appeler des portes de service. A droite et à gauche du temple central se trouvent deux autres édifices, qui ont chacun Iciu- porte d'entré<' sous le portique de la seconde cour. A gauche, c'est un petit temple, avec salle hypostylc à deux colonnes et trois chambres consacrées au cvdte de Ramsès P"", le père de Séti P''. La chambre centrale a le miu' du fond occupé par une double niche. A droite, au milieu d'une cour fermée de murailles, se trouvait im grand autel. C'est donc de nouveau un temple du type solaire. Derrière le temple solaire et derrière le temple du culte de Ramsès I^^'', il y a mie série de magasins, auxquels on arrive par des couloirs de dégagement. De mc7iie qu'à Abydos, Séti P'' n'a pu terminer le temple de Kourna et ce soin a été laissé à son lils et successeur, Ramsès TT.

l IIAIMTHE XXV

LES TEMPLES Troisième partie

Temple de Ramsès II à Abydos. — Ranisès II. successeur (le Séti !'■'■. nous a laissé, coiuuie son. père, deux teuiples Ituiéraircs : l"uti à .Mjydus. rautrc à Tlicbes. Celui d" Abydos a été mallieiueuseinent exploité eoninie carrière au eomnieiiceinent du dix-i\euvièi]ie siècle et, «juand Mariette en entama le déblaiement, il ne restait des murailles que le nécessaire pour assurer le relevé complet du plan. Des i iscriptions gravées sur les jambages des portes ont déterminé l'attribution de quelques salles. On rencontre d'abord un pylône (jui, semble-t-il. était le second du temple complet. La porte rranebie. <in entre dans nue cour à f)i]iers osiriaques. Le portique suri'levé au l'on<l fie la cour conduit, par une porte centrale, aux salles principales de l'édii'ice. Aux deux extrémités du portique s'ouvrent chaque fois deux petites salles. A droite, l'une d'entre elles nous montre sur le soubassement des murailles, à l'emplacement qui d'habitude est occupé par un lambris uni. des scènes identiques à celles des tombes royales : la litanie solaire, un fragment du I^ivre des portes et im chapitre du I-ivre des morts (le chapitre des vaches). Cette chambre avait un caractère funéraire nettement marqué. A gauche du portique, une des chambres comportait un bas-relief avec une liste de rois, semblable à celle du temple de Séti L'''. (Karnak aussi possédait dans les constructions de Thoutmès III une salle des ancêtres, conservée à la Bibliothèque Xationak' de Paris). lia liste de Ramsès II à Aliydos a été détruite; les fragments cpii subsistent sont actuellement au British ]\Iuseuin.

Le temple ])ossède deiix salles liypostylcs disposées rime di'rrière l'autre. Sur le côté, à droite, s'ouvrent des chapelles consacrées

aux fliciix Onoiiris. Tliot <-t Min : ù <iaii<-lu'. ce sont li-s niajfasins à étoffes, orncineuts et offrandes. Du fond du second hypostyle on entre dans tiois sanctuaires ; echii du centre, dont les parois étaient en all^âtre. contenait un groupe sculpté représentant Séti I"^"", une reine, H;iuisès II et Osiris. Le sanctuaire de droite était consacré à Thot : celui de gauche, à Horus vengeur. A droite et à gauche des trois sanctuaires, et sur le même plan.îse trouvent deux salles à pilier. Chacune d'elles compte neuf niches à statues creusées dans les murs et une lianquettc pour reposer les barques de processions, comme au temple de Séti I''"" à Abydos. Des banquettes analogues, à hauteur d'appui, j)our y recevoir les offrandes, se trouvent au fond dr la plupart des salles.

Ratnesseum à Thèbes. Le temple de Ramsès II à Thèbes était vui momunent île dimensions considérables, mais qui a extrêmement souffert. Il est n\êmc probable ipic les Egyptiens déjà en extrayaient des l)locs pour la construction du temple de Medinet-Habou. Le plan a pu cependant être relevé d'une manière assez précise. Derrière un grand pylône, se trouxait une première cour, ornée d'une statue colossale de Ramsès II et donnant accès à un palais appuyé contre le mur du sud. Suit une seconde cour, avec deux colosses et des piliers osiriacpies (.\rt. pi. l.'îS). De là, par trois rampes et trois portes, on pénèti'c dans la grande salle hypostyle. .Au delà, l'édifici- semble divisé en trois parties-: au centre le temple principal, et sur les côtés des sanctuaires accessoires. La salle hypostyle était conçue connue celle de Kaniak : bien que de moindres dimensions, elle peut compter cependant parmi les constructions les plus gigantesques dti Nouvel Empire. On est vraiment stupéfait de constater qu'à \\n même moment du règne de Ramsès II on achevait à Karnak la décoration de la grande salle, tandis que, sur l'autre rive du Nil, on édifiait une nouvelle salle, à peu près aussi colossale (pie la première. Le.s colonnes de la travée centrale sont à chapiteaux ouverts et celles des travées latérales, à chapiteaux fermés. La disposition était basilicale. les fenêtres étant disposées dans l'espace qui sépare les architraves des travées latérales des architraves des travées centrales.

Si la partie centrale, bâtie en pierre, a disparu en grande partie,

il ni'ii est pas d' iiirnic pour 1rs nnmbrcusrs C(iiistnK-tit)Hs w briqui-s qui cuinplétaient lo temple- l'unc-iaiir. Des déblaiements exécutés dans les dernières années ont montré que ces dépendanees avaient une extension relativement considérable. Lem- destination est dilïieile à préciser, quoique l'on ait reconnu (pielques magasins où se trouvaient des restes nombreux de jarres contenant du vin, avec des inscriptions détei minant l'année et le cru. Une partie de ces magasins étaient recouverts de belles voûtes en l)riqucs d'une régularité parfaite. Peut-être y a\ait-il là des babitations de prêtres, puis des chapelles consacrées au culte des membres de la iamille royale, même des écoles sacerdotales car on y a trouvé vuie grande quantité des textes, écrits sur papyrus et éclats (le poteries, qui sont iiianit'cstement des exercices littéraires.

Le Haniesseuni occupe à peu près le centre de la nécropole de Thèbes. juste à la lisière du désert. Des deux côtés, serrés les uns contre les autres, se trouvaient d'autres temples funéraires qui, mallieiu'eusement. ont été détruits d'une manière telle que seules des ff)uillcs profondes ont pu en révéler rexistence. On connaît ainsi l'emplacement de temples d'Aménopliis l", de Ramscs III. de Thoufmès III, de Siptah, d'Aménophis II, au nord du Ramesseum : puis de Tlioutmès IV, de la reine Teouosret, de Merenptab et d'Aménophis III. au sud. Les deux colosses fameux connus sous le nom de colosses de Memnou, se dressaient autrefois devant le temple funéraire, complètement disparu. dWménophis III. Enfin on arri\e au tomiile de Medinet-Habou.

Temple de Ranisès III à Medinet-Habou. — Ramsès III a choisi poiu' édiliei' son temple funéraire un emplacement consacré par un culte ancien. Nous aM)ns rencontré déjà à Medinet- Habou un petit temple chapelle de la XN'IIK dynastie " construit au milieu du bois sacré du nome thébain où croissait l'acacia seyal. On y adorait .\mon-Ra, roi des dieux, le maître de Thèbes à côté des huit dieux, dits élénieutaires, cpii a^•aient présidé à la création». (Daressy.)

C"c petit teni|)le de la XVTII*^ dynastie a été agrandi à plusieurs reprises, même au temps des empereurs romains, ce qui eut poui résultat de modifier la partie antérieure de l'édifice de Ramsès III.

326 LEçoxs SUR l'art égyptien

Il laiit (loue (juc nous tassions abstraction. j)om' le uionient, de toutes les constructions postérieures au coniniencement de la XX^ dynastie. A ce moment-là. Ramsès III avait construit une enceinte en i)riques pour isoler un vaste espace qui contenait notamment le temple de la XVÏIP dynastie, enfermé lui-même dans une seconde enceinte. On ne voit pas très bien pour quelles raisons la grande enceinte de Ramsès III n'est pas d'éqxierre avec l'enceinte du petit temple. Mais les questions d'orientation des édifices religieux égyptiens sont et resteront probablement toujours des jjhis mystérieuses. L"entrée principale, peut-être Tunique entrée de la grande enceinte, est foiméc par la haute toinà. caractère militaire que nous avons examinée précédemment. Exactement dans l'axe de celle-ci, se trouve le grand pylône. Dans la première cour, on rencontre, à droite, un portique ù piliers osiriaques. Les colosses osiriaques de la cour de Ramsès III montrent le roi sous l'aspect d'un être vivant, et non pas comme un mort enveloppé dans ses l>andelettes. Les détails du pagne royal sont soigneusement indiqués, les jambes sont séparées et, de chaque côté de la grande figure, de petits personnages représentent des prii\ces et des princesses. Ce qui différencie nettement ces colosses des statues royales placées entre des colonnes, comme à Louksor, c'est que le roi a les pieds joints au lieu d'avancer la jambe gauche, comme on le représente d'habitude. De plus, les bras sont croisés sur la poitrine, tenant le sceptre et le fouet ; le klaft est smnionté d'une couronne osiriaque. Le portique d'en face, montre des colonnes papyriformes à chapiteaux ouverts, dont l'espacement diminue depuis le centre jusqu'aux extrémités. Entre les colonnes du centre s'ouvre, à ime certaine hauteur, le balcon du palais royal. Le fond de la première cour est barré par un second pylône, suivi d'une seconde cour bordée de piliers osiriaques et de colonnes. Au portique du fond, surélevé, derrière la rangée de piliers osiriafjucs. se dresse mie rangée de colonnes l)apyriformes.

Si toute cette première partie du temple est remarquablement bien conservée, il n'en est maliieureusement pas de même pour la seconde, où les colonnes et les murs de la plupart des chambres n'ont gardé que les assises inférieures. Le plan tout au moins peut donc encf)re être établi avec la plu- grande précision et,

dv ])lilN. k's restes de reliil's et (l"iiiseri|jti(inN pernietteut de détiTiniiier l'usaife d'un certain noiiihro de salles. Ce temple de Medinet-Hahou fornie un enscnihle extrêinenient eoniple.xe. En effet, en comptant comme une unité cliaeime des tleux urrandcs cours, on arrive à déterminer cinquautc-tjuatre locaux. Sans entrer dans tous les détails, il sera eepeiulant intéressant de donner quelques indications sur leur destination. A {gauche de la première salle hypostyle, on rencontre tout d'abord cincj salles qui sont les trésors des matières précieuses : or. argent, j)ierreries, etc.; ensuite, une autre consacrée an culte de Ramsès II et, vers le fond, ;ï gauche, une salle consacrée au culte du dieu thébain Montou. A droite du premier li\ ])ostyle. on a successivement la salle de Ptah-Sokaris, le dieu des morts de Memphis, puis celles dos animaux sacrés, de Ptah et de Ramsès III. A proximité de cette première chambre du roi, il y a une petite cour destinée au sa<Tifice d'animaux, ce qui rappelle la cour abattoir du temple de Séti I*'' à Abydos. A gauche de la seconde salle hypostyle s'ouvre une série d'a])parteincnts du culte de Ramsès III. On y Noit, à la suite l'ime de l'autre et sans autre communication avec le reste de l'édifice, une salle à deux colonnes, puis ime chambre à trois naos et à banquettes à offrandes, une salle consacrée aux champs d'Ialou, une autre aux vaches célestes (chapitre 110 et 148 du Livre des morts) et enfin une salle voûtée au fond de laquelle se trouve une stèle double. Cette série d'appartements, rappelle, par sa décoration, la chambre à caractère funéraire du temple de Ramsès II à Abydos. A droite de la seconde salle hypostyle, on entre dans une cour, dont la partie postérieure a un portique supporté par un pilier carré, dcmnant accès à une chambre du dieu Ra-Harmakhis. C'est donc, de nouveau, un édifice de type solaire enclavé tlans le grand temple, connue on l'avait déjà pratitjué à Deir-el-Bahari et à Koiuna. ^'^■rs le fond de la troisième salle hypostyle se trouve, à droite, une salle à neuf naos, comme au temple de Ramsès II à Abydos, consacrée ici à la neuvaine des dieux héliopolitains. Après avoir traversé une salle supportée par quatre piliers, on pénètre dans une série de chambres disposées en deux rangées ])arallèlcs. Ce (]ue nous appelons le saint des saints renferme ûcxix niches, consacrées l'uiie à .\mon et l'autre à Harniakhis. Chose eiu'ieiise, eetti- salle n'est lias dans l'axe dv l'édifiée.

828 LEÇONS SUR l'akt égyptien

Les murs extérieurs du temple sont bien conservés, leur partie inférieure est renforcée par mi talus en pierre pour suppléer ou renforcer les fondations peu profondes dont se contentaient les Egyptiens. Entre le temple et le mur de la grande enceinte devaient se trouver des dépendances et des magasins, comme au Kames- .seum. I^a reconstitution du temple de Medinet-Habou, publiée par M. Hôlscher. sert à donner ime idée de l'aspect qm^ devaient présenter ces grands sanctuaires fvméraires de l'Egypte.

Les temples de Ramsès.II en Nubie. Il faut faire une catégorie spéciale des temples élevés en l'honnem- des rois divinisés et, par là même, en quelque sorte mis sur un pied d'égalité avec les grands dieux égyptiens. Ramsès H, particulièrement, a laissé en Nubie toute une série de mcmuments de ce genre, qui sont bien la manifestation la plus étrange de l'orgueil royal poussé à l'adoration de sa propre image. Quelques brèves explications caractériseront les temples de Beit-el-Ouali. Ckrf-Hf>usein. Ouady-es-Seboua, Derr et Abousimbel. Tous ces temples présentent cette caractéristique qu'ils sont en tout ou en partie creusés dans la montagne. Ce sont, par conséqiient, des héniispéos ou des spéos.

Beit-el-Ouali. — Le temple de Beit-el-Ouali est composé d'un portique à piliers, d'une chambre et d'un sanctuaire. Il n'y a que le vestibule qui soit partiellement construit en blocs de pierre. C'est dans la salle que se trouvent les deux piliers polygonaux d'un type spécial, cités précédemment, et qui comportent quatre faces orientées planes, assez larges, séparées par des cannelures.

Gcrf-Hoiisciu. — Le temple a été construit sous Ramsès II par Setaou, gouverneur d'F^thiopie, et consacré à. Ptali de Mempliis. Dans le vestibule, il y avait des colonnes et des piliers osiriaques. Deux des colonnes, chose digne de reiuarque, sont papyriformcs à chapiteaux ouverts. Les colonnes de ce type sont généralement réservées aux travées centrales des salles hypostyles. Sauf l'exception de la façade du palais, dans le temple de Medinet-Habou, c'est le seul cas où la colonne papyriforme à chapiteau ouvert ait été employée dans un portique. Il s'agit d'ailleurs d'une colonne

trapiu'. l'ompli-ttiiiciit (lt'-|)(pui\ ne d'iMcganfr. C'<-la IVapix- d'autant plus c|u\'lk' se trouve, coût raircincnt à l'usago, à côté d'une colonne papyriturnic à cliapiti'au l'ernié. plus grande qu'elle. La première salle, creusée dans le rocher, est ornée de six piliers carrés, flanqués de grandes statues osiriaques. disposées le long du passage. Sur les murs latéraux, et de manière à s'intercaler entre les piliers, s'ouvrent des niches (jui contiennent chacune, sculptées en haut relief, des figures du roi debout entre deux divinités. On y trouve Amon et Maut de Thcbes, trois Horus de trois localités de Nubie. Ptah-Tanen et Hathor à tête de vache, Ptah et Sekhmet de Mcniphis. On rencontre également C'hnoinn. Satet. .\nuke, les divinités de la région de la première cataracte, le dieu fils de Mcmphis. Nefertouni, Isis et enfin Uarniakhis et lousas, divinités d'HéliopoHs. C'est un \éritahle panthéon en raccourci. Derrière cette salle à sculptures, on entre dans une salle hypostyle à deux piliers, sur laquelle s'ouvrent einc) chambres. C'ellc du fond, qui est dans l'axe de l'édifice, est le sanctuaire proprement dit : on >• trouve encore un socle pour y poser la bar<]ue sacrée, et tout au fond, sculptée dans la nuiraille, une niche avec (piatre statues de Ptah. Hanisès déifié, l'tah-Tanen et Hathoi-.

()innl;i-cs-S(liiiiiii. t'e temple est, nous l'axons \ii. un exemple de construction en matériaux di\ers. En effet, toute la partie antérieure est construite en briques ; plus loin les murs sont en pierre et enfin les dernières salles sont creusées dans la montagne. Devant le premier pylône de briques se trouvent des sphinx et fies statues. Dans la première cour, le Wmg de l'allée centrale, il y a de chaque côté trois sphinx. Dans la seconde cour, de chaque côté, il y a deux sphinx. Ils sont d'assez grandes dimensions et il est possible qu'il faille les distinguer des statues analogues (pic nous avons vues alignées en grand nombre devant les édifices sacrés à Karnak. A gauche de la seconde cour se trouve une petite constructii)n qui pourrait bien correspondre à un temple solaire. A côté, s'ouvre un magasin dans lequel subsistent les assises inférieures de deux greniers circulaires en briques, forme que ni>us avons remarquée dans les hiérogly])hes architecturaux. .Vu fond de la seconde cour, une rampe avec marches conduit à une terrasse, sur lacpielle s'élève un pylou'' de pierre, devant lequel se tiressaient cpiatre

330 I,ECONS SUR L ART EtiYPTTKX

!>tatues colossales dont uiu' est eiioore debout. Ce pylône no possède pas les entailles lial)ituelles destinées à lojrcr les grands mâts à bandelettes. Dans la ef)ur qui suit oe pylône, les portiques sont flanqués de colosses osiriaques, dont les jambes, ici aussi, .sont séparées. Une autre rampe, divisée en deux parties de manière à laisser une glissière entre les séries de marches, conduit de nouveau à un niveau supérieur. Ici, le mur est formé à la partie inférieure par le rocher, et à la partie supérieure par des blcjcs rapportés. Siu' la plate-forme même, de chaque côté de la porte d'entrée, se trouve une banquette sur laquelle on déposait peut-être des offrandes. Le plan de la partie suivante reproduit, à pevi près sans modifications, la dispo.sition de Gerf-Housein. Le sanctuaire a un plafond imitant une voûte surbaissée ; il abritait autrefois dans sa niche trois statues : .Vmon, le roi et Harmakhis. Comme le temple de Ouady-es-Scboua a servi d'église à l'époque chrétienne, on a soigneusement effacé les idoles et, sur la niche ainsi ménagée et qui parait avoir servi d'autel, on a peint un grand Saint-Pierre. Cela ne manque pas de piquant de voir, actuellement, sur les murs latéi'aux, RamsèsII présentant des offrandes au chef des apôtres. Ces reliefs de Ramsès 11 démontrent que le roi était représenté faisant hommage à sa propre statue.

Dcrr. — Le temple de Derr était consacré au dieu Ra-Harmakhis. Le pyktne et la cour ont disparu; l'hypostyle est en partie faite en maçonnerie, en partie taillée dans le rocher. Une seconde salle, creusée elle aussi, est à piliers carrés. Les ouvriers qui exécutèrent ce travail ne devaient pas être habiles ; leurs mesures étant mal piises, les piliers ne sont pas alignés et par suite l'architrave a dû être incurvée. Dans le sanctuaire se trouvaient des statues de Ptah, Amon-Ra, Ramsès II déifié et Ra-Harmakhis. Les dieux eités constituent la grande trinité du Nouvel Empire : les théologiens de cette époque avaient en effet cherché à unifier l'action divine à travers les trois grandes divinités d'Héliopt)lis, de Memphis et de Thèbes. Un hynme de cette ép<jquc raconte comment l'ordre, venant du ciel, est entendu à Héliopolis, répété à Memphis où il est écrit par le dieu Thot et expédié ensuite à Thèbes où il est exécuté. C'est dire que Ptah. Amon et Harmakhis étaient les trois ])lus grandes divinités de l'Egypte ; néannioins le roi

Rani-ii's 11. pa^ plus fine les autres s<)u\'oiaiiis dr cette époque, n'éprouvait la nmindre ^êne à s'insérer dans i-ette société divine et à se l'aire représenter connue l'égal de chacun de se* nionihres.

.ihuiishiibil. Hanisès II est l'auteur de deux grands monuments dans cette localité voisine de la seconde cataracte. Ce que l'on apjiclle le ^rand spéos est un édifice dont la façade verticale est précédée de quatre grandes statues, de vingt mètres de hauteur (Art, pi. 15-t). Ceux-ci con-espondent aux colosses placés d'ordinaire devant les temples ; mais ici, le temple et des colosses sont entièrement sculptés dans la montagne. Au premier plan, il y a une petite terrasse avec rampe. Tout le long de la balustrade de cette terrasse se trouvent alignées des statues de faucons, alternant avec des statues d'Osiris. l'n dieu, à corps himiain et à tête de faucon. a\cc disque solaire, apparaît dans la niche au-dessus de la porte d'entrée. C'est que le temple est consacré au dieu Harmakhis. dont l'animal sacré est le faucon. Tout à fait vers le haut se trouve une frise de singes, adorateurs du soleil. A l'intérieur on rencontre d'abord une salle à piliers, à figin-es osiriaques regardant vers le passage, ce qui correspond en réalité — et la chose paraît ici plus claire que dans les autres moniiments — à la coin- des temples construits en plein air. On entre ensuite dans une salle supportée par quatre piliers. Ue là on passe encore dans un vestibule sur lequel s'ouvrent trois chambres dont la principale, qui est au centre, est le sanctuaire, avec socle pour la barque sacrée et une niche avec quatre statues. Ici aussi, c'est la trinité complète de Ptah, Amon et Harmakhis parmi laquelle le roi est intronisé. Comme le temple est tout entier en excavation dans la montagne, les magasins ont dû être creusés sur le côté, leurs portes s'ouvrant toutes dans la pl-emièrc salle, à pilier.s osiriaques.

Les déblaiements exécutés dans les dernières années ont révélé l'existence, à l'extérieur du temple, vers le nord, d'une petite chapelle fort curieuse qui s'appuie au rocher. Elle est composée d'une cour ouverte, à laquelle on accède par une rampe à degrés venant du sud. I.a murailU- extérieure, regardant \ers l'est, a la forme d'vui pylône mais sans ])orte. La cour est presque

332 LEÇoxs SUT! i.'akt koyptien

cntièrcmciit reniplii' par dc^ ohjtts de culte. Au i-(!iitrc. c'est un autel avec escalier montant du côte ouest, absolument conune à la coUr solaire de Dcir-el-Baliari. Sur l'autel même sont posées aux quatres coins des statues de singe deb<nit, les pattes de devant levées, dans la pose de l'adoration; deux d'entre eux sont tournés vers l'est et deux vers l'ouest. Ce sont les génies qui saluent le soleil à son lever et à son coucher. Vers la paroi est de la cour, de chaque côte de l'autel, se dressent deux obélisques, au nord et au sud. Du côté nord de la coin- enfin, se trouve in\ soele, de la même hauteur que l'autel, et sur lequel est jiosée ui\e chapelle ou naos, à l'intérieur de la(juelle il y a deux scul])tures : un grand scarabée, emblème solaire, et un singe ayant la tête surmontée d'un disque. Cet exemple d'une chapelle qui a conservé tous ses objets de culte est absohnnent iniique dans l'arehéologie égyptienne.

A queUpie distance du grand spéos se trou\e le petit spéos d'Hathor, consacré à cette déesse et en même temps à la reine Xet'ert-Ari. Les pilastres de la façade forment six niches, trois de chaque côté de la porte d'entrée, avec des statues colossales de dix mètres de hauteur. Quatre d'entre elles représentent le l'oi, et deux la reine. Elles ont aussi à leins côtés de petites figures des enfants royaux, comme aux piliers osiriaques de Medinet- IlalH.u.

Temples égyptiens en dehors de la vallée du Nil. - Les

rois ont construit parfois des temples à l'Étranger. C'est ainsi que dans le papyrus Harris, Ramsès III s'exprime comme suit en s'adressant au dieu : u J'ai construit pour toi la maison mystérieiisc dans le pays de Zabi, semblable à l'horizon céleste qui est dans les cieux, appelée la maison de Ramsès III de Pekanan. J'ai fait ta grande statue qui reste en elle, appelée Anion de Hpmsès III. Les Asiatiques de Retenou viennent à elle, apportant leur tribut devant elle, car elle est divine ". Ce fait est important à signaler, car il nous indique une des voies de pénétration de l'art égyptien vers les pa\'s voisins. Il existait un temple égyptien au Sinaï, à Sarabit-el-Kadem, auquel les rois du Nouvel Empire ont fait exécuter de nombreux travaux.

On de\rait citer peut-être encore, parmi les temples érigés en

LES TEMPLKS. lU. 333

dcliors ci<' la vallét- du Nil. \c teniplc de Redcsivi-, construit par Séti P"" dans le désert à l'est de la vallée du Nil. à Oiiady-Aljad (3ô milles anglais à l'est d'Edl'ou). Ce temple était situé sur la route des earavanes, entre le Nil et Béréniee. sur la Mer Rouge

( HAPITRE XXVI

On peut classer les statues du \ouvcl Kmjjiro ei\ quatre catégories prineipale;-' : les statues placées à côté de stèlcs-rr(.>nticres dans la région de Tell-el-Aniarna, les statues des temples, les statues des tombeaux et enl'in les statues placées dans les maisons ])ai'tieulières.

Stèles -frontières. — Lorsqu'Aménopliis IV décida de transportiT -a capitale dans la plfine, que l'on désigne actuellement sous le nom de Tell-el-.\marna, il fallut déterminer le domaine particulier de la nouvelle ville et en même temps celui du dieu Aten. Cela fut l'ait au moyen d'un certain nombre de stèles sculptées dans la montagne. Pelles lurent érigées l'an 4 et l'an 6 du règne. A proximité des stèles étaient disposés des groupes, réservés dans la nmraille, représentant le roi. la reine et deux des princesses. Xous les examinerons en étudiant les sculptures d'Aménophis \y.

Temples. — Le papyrus Hanis. inventaire des biens des temples h l'époque de Ramsès III. signale pour le grand temple de Karnak 27.50 statues. On a peine à imaginer le nombre réellement prodigieux de sculptures qui étaient placées dans les temples à Fépixpie du Xf)uvel Empire. Quand nous avons examiné les monuments du point de vue areliitectural, nous avons rencontré souvent de vastes espaces, cours ou salles, qui actuellement nous apparaissent entièrement vides. Dans l'antiquité elles contenaient une infinité de .statues en pierre, en métal, en bois, sans parler des tables d'offrandes. Il est probable que de temps en temps, lorsque les édifices étaient trop encombrés, les prêtres .se décidaient à faire un nettoyage, en mettant de côté les statues qui, par leur âge ou poiu" d'autres raisons, étaient jugées inutiles. Les fouilles

du Service des antiquités :"i Kainak ont lait déeouNrir, eu 1901 et 190."), une cachette dans laquelle étaient aeeinnulées des statues, jetées pêle-mêle vraisenil)lal)lenient à l'époque grecque, t'crtaincs séries de rois y sont abondamment représentées, tandis que d'autres manquent complètement, ce qui permet de supposer que des cachettes analogues peuvent exister à d'autres endroits de l'enceinte générale de Kaniak. Du 26 décembre 1903 au A juillet 1901. Legrain a tiré de la cachette 437 statues de pierres, 7 sphinx. ^ statues d'animaux sacrés et environ 8.000 statuettes en bronze. Du 1.') novembre 190-1 au 2.5 juillet 190.5 il en a extrait encore 200 statues et 8.000 ijronzes. ce (pii fait en deux ans près de 700 monuments en ])ierre et 16.000 en bronze, sans parler du nombre considérable de statues et de statuettes en bois qui n'ont pu être conservées. Il ne sera pas .sans intérêt de reproduire ici un passage caractéristicpie d'im des rapports de l'explorateur : I' Nous rencontrâmes dans la partie nord de la cachette im véri- )> table banc de meubles et de statues en bois, une dizaine de » mètres cubes environ. Tout cela était plus que pf)urri et c'était grande pitié, car quelques-unes des statuettes qui lurent ti'ou- » vées là, étaient dignes de figurer à côté des plus belles que nous » connaissons... .\u moment de la découverte des traces de crépi, ) et de feuilles d'or s'y voyaient encore. D'ailleurs je crois qvie tous « ces monuments ('taient couverts ainsi. La plus grande statue » de bois mesurait plus d'un mètre. Elle était couverte d'une )) épaisse couche d'or et représentait vm roi ou un .\mon assis. )i Elle était toute pomrie, presque informe. Nf>us avons trouvé » ainsi de grandes quantités de statuettes délicatement ouvrées. )) où quelques traits encore visibles montraient quelles merveilles » nous eussions pu conserver si elles avaient été déposées en terrain » sec ou dans quelque tombeau. Elles étaient, hélas ! si pourries » qu'il n'en restait aux doigts qu'une épaisse boue brune. La » seide chose qui m'en soit demeurée, c'est d'avoir pu deviner » quelques instants leur beauté d'antan et le regret de n'avoir pu » sauver ces fugitives merveilles du néant où elles sont aiissitôt « tombées >. (Recueil, t. 28. p. 14.5-1+6).

On comprendra, dans ces conditions, <pie si nous connaissons queïq\ies centaines de statues du Nouvel Empire, ce n'est qu'une intime partie de la production de l'époque et il serait hasardeux

LKS STATUES. GÉNPIRALITÉS 337

d'oser tirer, de niatériaiix aussi clairsemés, des eonolusions par trop rigoureuses.

Parmi les statues des teuiples, il eii est qui t'ont eu quelque sorte partie de l'arehiteeture. Filles sont en générai de dimensions eolossalcs. Uappeloiis d'abord les colosses de la faconde des temples d'Ibsanihoul (Art, pl.l.^J-). Au grand spéos, nous avons vu quatre colosses de près de vingt mètres de hauteur, disposés deux ])ar deux, de cliacpie côté de l'entrée ; mais si ces statues l'ont corps avec le monument, c'est parce que celui-ci est entièrement sculpté dans la montagne et les colosses d'Ibsamboul ne sont pas autre chose que la copie des grandes statues royales qu'on trouvait devant la façade des temples.

Il est j)lus difficile de décider s'il en est de même pour les colosses osiriaques, employés au moins depuis le Moyeu Empire. Kn d'autres termes, on peut se poser la question suivante : le colosse osiriaquc a-t-il \ui rôle architectural ou u'est-il que la reproduction d'une statue adossée à un pilier avec lequel le colosse a fini par faire corps ? Les plus anciennes figmes de ce type remontent, comme nous l'avons vu, à Sésostris I*""", à. Licht, Ce sont des statues dans des niches. Nous en avons rencontré d'autres à Karnak, entre les pylônes 4 et 5. Ce qui plaide encore en faveiu' de la thèse de la statue d'abord séparée du pilier, c'est le fait qie nous avons remarqué, par exemple dans le temple de Medinet-Habou, des colosses osiriaques d'un type qu'on pourrait appeler anormal, oîi le roi est représenté, non plus enveloppé dans les bandelettes funéraires, mais comme un vivant. Dans ce dernier cas on trouve même sur le côté des petites figures des membres de la famille royale. Les piliers de ce dernier type se rapprochent donc complètement des groupes isolés Enfin, nous avons relevé précédemment que dans les piliers osiriaques les figures, à l'inverse de la cariatide grecque, ne supportent pas l'entablement ; elles sont simplement adossées au pilier qui, seul, est l'organe de soutien.

Nous poiu'rions donc dire qu'il n'existe pas de statues faisant véritablement corps avec l'architecture, si l'on excepte les socles de statues engagés dans la muraille de la haute tour de Ramsès III

à Mcdinct-Habmi. Ceci est vrainunt (in cas de sculpture architecturale, mais il est unique dans l'art égyptien.

On ïie sait pas à quelle époque il convient de faire remonter l'usage de placer des statues colossales des rois devant la façade des temples. En tout cas, au Nouvel Empire, c'était devenu la coutiunc. Un bas-relief relatif à la dédicace du temple de Louksor, montre le pylône sur la face duquel ont été représentés les mâts, les obélisques et six statues colossales, deux assises de chaque côté de la porte et quatre debout, disposées par groupes de deux devant les tours du pylône. Plusievu's de ces colosses ont été retrouvés : les deux qui sont de chaque côté de la porte ont 14 mètres de hauteur. Karnak devait être rempli de statues de ce genre, car après toutes les destructions on en trouve encore bon nombre en place. Devant le pylône d'Hatshepsout, ce sont les colosses d'Aménophis I^'' et de Thoutmès II. Devant le pylône sud de Thoutmès III, à la face nord, on a retrouvé une nombreuse série de statues de roi.s du Moyen et du Nouvel Empire ; à la face sud se dressent les restes de colosses de Thoutmès III. Devant le ])remicr pylône d'Horemheb (lO"^), la face sud a conservé les socles et les l'cstes de colosses d'Aménoj)liis III el d'Horemheb ; à la lace nord il y a deux colosses au nom de lîamsès II. Devant le pylône de Ramsès I<^'', à l'entrée de la salle hypostyle, il y avait encore deux colosses de Ramsès II ; mais tandis que tous les précédents sont adossés au pylône, celui (jui suljsiste est disposé de manière à regarder vers le passage.

La plupart de ces statues sont posées sur des socles bas. Il n'en est pas de même au petit temple de Ramsès III, dans la cour des Eubastides, où les statues du roi étaient élevées sur des socles massifs.

Dans la nécropole de Thèl>es, sur la rive gauche du Nil. il faut citer d'abord les fameux colosses de Memnon, en réalité des statues d'Améuophis III, qui se dressaient autrefois devant le temple funéraire de ce souverain. " I>e colosse méridional est mieux « conservé que celui du nord. Hautem- de la figia'c : Lôn^QS; -> hauteur du socle sur lequel les pieds reposent : 3™97 : hauteur >i totale du monument : IP^'SO. Avec la couronne, tombée depuis » longtemps, le colosse devait mesurer 21 mètres de hauteur.

LES STATt^KS. nKXKRAMTÉS 339

> Les jaml)c's sont liantes de (> mètres do la p'aiite du ))ied jiis- )) qu'au genou ; cliaqne pied est li>njj de 3 '"20. I,es épaules sont » larges de 6"U7 ; le doigt du milieu de l'une des mains est long » de 1">38. La longueur du bout du doigt jus(pi'a\i eoude est de " ^niTB .. (Baedeker).

A quelcpie distance vers le noi-d, dans les ruines du Hamesseum, se trouve le grand colosse de Raïusès IL " Les savants de l'expé- » dition française de 1798 ont mesiuT exactement ses différentes » parties. La l()ngueur de l'oreille a 1"'0.^, la surface du visage d'iuie » oreille à l'autre 2"'08 ; celle de la pcitrine, d'une épaule à l'autre » T^Ul, inie ligne droite tirée d'une épaule à l'autre G^S^; cireon- » férence du bras au coude ,')'"33, diamètre du bras entre le eoude » et l'épaule f^Mî. longueur de l'index 1 mètre, longueur de " l'ongle du doigt du milieu 0"U9, largeur du pied du petit doigt » à l'orteil 1 "' tO. Sa hauteur totale a dû être, semble-t-il, de 17'".^0, » et son poids de })lus de vingt mille quintaux > (Baedeker).

C'est à Ranisès II également que sont attribués les deux colosses de Mitrahineh, (pii s'élevaient autrefois devant le grand temple de Ptah de Memphis. L'un d'eux mesure actuellement 8 mètres, sans compter les pieds qui ont dispaiu ; il faut de plus ajouter 2 mètres pour la couronne. L'autre mesurait 13 mètres de liant, ce qui correspond à peu près avec la donnée d'Hérodote rap,)ortant qu'ils étaient de trente coudées (Lt^T-ô). On peut se demander néanmoins .si ces colosses datent réellement du règne de Ramsès II ou s'ils ont été usurpés.

En différentes localités d'Egypte et de Nubie, on connaît encore plusieurs statues colossales, comme celles du premier pylône en pierre du temple de Ouady-es-Seboua.

Dans la cour de Ramsès II, à Louksor, entre les colonnes du portique, les grandes statvies portent des inscriptions au nom de Ramsès II. mais elles doivent être attribuées plutôt à Aménophis III, le constructem- de la partie principak' du temple de Louksor. Ramsès II, agrandissant l'édifice, s'est ai)propiié. semble-t-il. les statues qui se trouvaient devant l'entrée du temple d Aménophis III et les a utilisées dans l'ordonnance générale de la cour à colonnes.

Dans les représentations figurées des temples de Tell-el-Amarna

on voit (les statties, vraiscnil)ial)leni('nt de sijraïKles diinonsions, disposées également entre les enlonncs d'un portique.

Outre les grandes statues, d'autres, de dimensions diverses et de types extrêmement variés, étaient dispersées dans les salles et dans les cours. 11 est rare cependant qu'on en ait retrouvé dans des conditions telles que l'on puisse affirmer qu'elles occupent encore leur place originpire. iVinsi, au temple de Moût à Karnak, on peut assurer que certaines statues royales étaient disposées dans les cours à côté des statues de divinités dont il sera question plus loin. Entre les pylônes \ et r> du grand temple d'Amon de Karnak, les statues osiriaques de Thoutmès I*^"" sont encore à leur place antique, puisque leur pilier dorsal a l'inclinaison nécessaire pour s'adapter à la paroi du pylône.

Outre les statues du souverain seul, il va aussi des groupes de famille, dont les personnages sont disposés de façons diverses comme à l'Ancien F-mpire. Le roi et la reine sont représentés de grandeur égale, par exemple le groupe colossal d'.\ménophis III et de la reine Tii trouvé près de ^ledinet-Habou et reconstitué actuellement au Musée du Caire. Parfois, au contraire, la reine et les enfants royaux sont sculptés en proportions minuscules sur les côtés du siège ou debout à côté du roi. On en a vu des exemples au temple d'Ihsamboul et à Mc^dinet-Habou dans les colosses osiriacpies : il y en a aussi siu- le côté des colosses de Louksor.

Les statues de reines, assises ou debout, ne manquent pas non plus. Citons, pour le premier type, la reine Isis, mère de Thoutmès III, au Musée du Caire et. pour le second. Tuaa. mère de Ramsès II, au Vatican.

Peu de statues de divinités ont été trouvées à leur place originaire. Ceux qui, aux diverses époques, pillèrent les sanctuaires antiques se sont évidemment acharnés sur les images des dieux et l'on s'étonnerait ])lutôt que beaucoup aient échappé à la destruction. Citons l'exemple, d'ailleurs unique, des Sekhmet du temple de Maut ù Karnak. Dans cet édifice, qui mesurait une centaine de mètres de longueur, des statues de la déesse, à corps de femme mais à tcte de lionne, avaient été disposées par groupes

LES STATUES. GÉNÉRAUTÉS 341

dans les dfiix cours et dans chacun des couloirs latéraux. Mariette a compté 371^ statues dans la premièie eour, 50 dans la seconde. 74 dans chaque couloir, soit en tout .")72. Elles étaient placées en rangs serrés les unes à côté des autres et même sur deux lignes. Comment expliquer cette aeeuniulation de statues à peu près identiques ? On pourrait peut-être tiouver ui e réponse dans le l'ait que chacune d'elles poite une légende au nom de la déesse, mais avec des différences soit géographiques, soit relatives à une fonction particulière. On pourrait presque dire (pic les statues dans les cours constituaient une sorte de litanie de pierre, énumérant les qualités et les attributs de la déesse.

Le dégagement complet de la façade d'Ibsanihoul a fait apparaître une série de statues divines. Le long de la terrasse qui précède les colosses, on voit encore, dressées sur leur socle ancien, des statues d'Osiris alternant avec des statues de faucon, l'oiseau sacré du dieu Harmakhis. auquel le temple était consacré. Il y a aussi des faucons posés svu' les socles des colosses. A Ibsamboul encore, des figures de singes et de scarabées ont été retrouvées sur l'autel et dans la chapelle du petit temple du sud.

Dans la montagne de Deir-el-Bahari. entre le temple de la XI" dynastie et le grand temple d'Hatshepsout. N'avilie a retrouvé en place, dans la chapelle de la vache Hathor, la statue de la déesse.

On peut considérer les statues de divinités au point de vue de l'aspect donné au dieu. Les unes sont à formes humaines. On peut citer Amon, représenté généralement comme un vivant, par opposition à Ftah ou Khonsou. dont le corps est caché par des bandelettes étroitement serrées (Art, pi. Ki.'j). D'autres nous montrent une forme mixte, combinant im corps humain a\ ee mic tête d'animal. Le raccord, malaisé au premier abord, entre la tête d'animal et les épaides humaines est facilité par la eoiff\ire ; eailes dieux à tête d'animaux ont cependant la coitture humaine. Ce détail pourrait suffire à expliquer peut-être l'origine de cette combinaison : un être humain se couvrait la figure d'un masque d'animal. Citons quelques exemples : Horus à tête de faucon du Musée de Munich ; r.\nul}is d'Aménophis III au Musée de Copenhague, avec tête de chien ou de chacal (.\rt. pi. 101); les Sekhmet à tête de lionne debout ou assise, dont les spécimens, outre ceux

qui sont encore à Karnak, sont dispersés à travers toute l'Europe. Une dernière catégorie de divinités est constituée par les animaux sacrés. Ce sont des vaches, des singes, des faucons, etc., etc. C'est à cette catégorie qu'il y a lieu probablement de rattacher les statues de lions au nom d'Aménopliis III, au British Muséum. Remarquons, à propos de ces dernières statues, que le sculpteur égyptien a abandonné une des règles fondamentales de la sculpture ancienne, ce qu'on appelle la loi de frontalité. Dans la plupart des statues on peut tracer une ligne médiane de chaque côté de laquelle toute l'œuvre est équilibrée. Le buste est toujours droit sur les hanches, sans torsion ni à droite ni à gauche. La tête ne s'incline pas sur les épaules. (Nous verrons cependant qu'il y a des exceptions à cette règle). Dans les lions d'Aménophis III le corps est étendu, xu de profil, la poitrine se tourne en face et, très natui'ellement, la patte gauche, au lieu d'être posée à plat à côté de la droite, vient se poser sur celle-ci.

On peut rapprocher les sphinx des divinités animales. Les plus fréquents sont ù corps de lion et à tête royale. Ils représentent le plus souvent le dieu Atouni ou Khepra, deux formes du dieu solaire. Ils étaient disposés généralement devant la façade des édifices, parfois en rangées nombreuses. Les portes du vestibule du temple de Khéphren à Gizé étaient précédées chacune de deux sphinx, connue on le sait déjà. Dans les cours du temple de Ouady-es-Seboua, existent, encore sur leur socle antique, plusieurs sphinx, dont la tête est surmontée d'une haute courcjnne.

A Karnak, les sphinx des allées qui précèdent le temple sont d'une autre catégorie ; ils sont ce qu'on appelle des crio-sphinx, à corps de lion avec ime tête de bélier, l'animal sacré du dieu Anion. Une troisième catégorie nous uKmtre le sphinx, toujours à corps de lion, mais cette fois à tête de faucon : c'est ce qu'on appelle les sphinx hiéracoeéj)liales. Ils sont en relation avec le type du griffon. Quelques-uns des sphinx du temple de Ouady-cs-Seboua appartiennent à ce genre. D'autres sphinx nous montrent, entre les pattes, une petite figure royale dressée contre la poitrine sous la tête de l'animal. C'est le roi protégé par la divinité. On se rappellera que la belle statue de Khéphren du Musée du Caire montrait im faucon placé à la partie supérieure du siège royal et dont les ailes étendues enveloppaient la tête du roi. C'est la même idée

qui est traduite sous une l'oiiue peut-ttri' iikiIus iuiucuse dans les sphinx et dans une série d'autres monuments.

Parmi les statues d'animaux on peut eiter les béliers agenouillés, dont le Musée de Herlin possède un l)eau s])ceimen, au nom d'Améni»plns 111, provenant de Soleh.

Au Musée du taire un groupe eomi)ine une ligure d'Aménophis II avee un grand serpent dressé et (jui send)k' sortir d'un fourré de plantes. Les roseaux sont d'ailleurs employés comme support destiné à donner de la solidité aux cornes et au disque solaire qui se dressent sur la tête de la déesse représentée sous forme de serpent. Le même artifice de construction est employé dans la célèbre statue de vache de Deir-el-Bahari qui vient d'être citée. La vache est la déesse Hathor, dame de l'occident. Le roi Aménophis II est représenté debout, appuyé à son poitrail, la tête de la vache reposant sur le sommet de la tête du roi. Pour consolider les cornes et le disque solaire, surmonté à son tour de deux plumes, on a fait monter de chaque côté de l'encolure de la vache un groupe de roseaux qui se penchent en avant de manière à st)utenir la lourde coiffure. Mais ce détail n'est pas inventé uniquement poiu- les besoins de la cause. En effet, les représentations funéraires du Nouvel Empire montrent souvent la vache Hathor sortant de la montagne, au pied de laquelle croissent des papyrus. Le sculpteur n'a fait que traduire en pierre, aussi exactement qu'il le pouvait, l'image traditionnelle de la divinité. Remarquons encore que sur le côté de la vache de Deirel-Bahari, on voit une petite figui-e du roi, agenouillé, buvant, à même le pis, le lait de sa divine nourrice.

Après les statues des dieu.x, des rois, des animaux sacrés, nous mentionnerons quelques groupes formés du roi et des divinités. On peut en citer quelques exemples encore en place. Dans une des salles hypostyles de Medinet-Habou il y a deux groupes représentant, il droite, Ramsès III et le dieu Thot ; à gauche, le même roi et la déesse Maat. Il est assez curieu.x de constater que ces deux groupes sont insérés entre des colonnes, bloquant ainsi entièrement le passage. Dans une des salles d'Hatshepsout à Karnak on voit aussi un groujjc d' Aménophis II et d'Amon. La figure d'Amon cependant a été détruite. On trouve en effet de

temps en temps des groupes qui ont été l'objet de mutilations, puis ensuite de restaurations. Les mutilations rcnK)ntent généralement au temps d'Amcnophis IV. Citons un exemple typique du Musée du Caire. Thoutmès III était figuré assis sur un siège, à eôté d'Amon. L'Amon a été supprimé. Plus tard on a sculpté de nouveau, dans ee qui restait du bloc, le corps du dieu, nécessairement en retrait sur la figure primitive. Quant à la tête,' qui avait été violemment arrachée, elle avait été remise au moyen d'un bloc rapporté et fixé dans des encoches.

Les groupes du roi et de la divinité montrent toute une série de variantes. Tantôt ils sont assis comme on vient de le voir, tantôt ils sont debout tous deux, comme par exemple Ramsès II et Ptah du Musée de Copenhague. Quelquefois encore le dieu est assis et le roi debout. Dans ce cas, et suivant en cela l'habitude en usage dès l'Ancien Empire, les deux têtes sont à la même hauteur, ce qui donne aux deux figures des proportions assez différentes. Un des plus beaux exemples de ce type nous est fourni par le groupe d'Amon et d'Horemhcb au Musée de Turin.

Il existe aussi des gi-oupes qui combinent la figure royale avec celle de deux ou de plusieurs divinités, comme dans les temples de Ramsès II en \ubie. Une triade du Musée du Louvre montre au centre Osiris. à sa gauche Horus, à sa droite le roi. Les trois personnages sont debout ; Horus et le roi ont passé un bras derrière le dos d'Osiris, dans le geste affectueux qu'affectionnait déjà r.\ncien F,mpire.

Les temples ne contenaient ])as seulement des statues royales ou divines mais aussi des statues de personnages privés. Ce fut d'abord un privilège conféré par le roi que de pouvoir installer une statue dans un temple. Certains grands perst>nnages en avaient dans la plupart des sanctuaires principaux de l'Egypte. La formule de dédicace commence souvent par les mots c accordé par faveur i-oyalc «. La présence de la statue procurait d'ailleurs des avantages importants au liénéficiaire. Il devenait par le fait l'hôte du dieu et avait droit, comme le dit formellement le texte habituel, de participer à toutes les offrandes qui se faisaient sur la table du dieu. Sur une banquette épaisse, construite à hauteur d'appui contre le mur d'enceinte nord de la partie centrale

de Karnak. Mariette dit avoii' trouvé des statues assez iioiiibrouscs regardant vers le nord. Legrain fie son côté a troii\'é au pied d'un des colosses de Uanisès II. adossé au premier pylône d'Horenilicb, quatre statues de scribes. Elles représentent deux illustres personnages de la XVIll'" dynastie : l'un est .\menhotep l'ils de Hapi et l'autre Paramessou. Si nous ne connaissions la eoutunic de placer deux statues d'un même personnage l'une à côté de l'autre, nous serions surpris de voir ici deux statues identiques pour chacun des personnages. Legrain t'ait remarquer qu'on voit sur celles-ci de nombreuses traces d'usure, comme si les visiteurs du temple les touchaient respectueusement lors de leurs visites au sanctuaire. On peut noter ici que les innombrables statues de la cachette de Karnak devaient être disposées autrefois dans tous les endroits disponibles du temple.

Tombeaux. — En réalité, les statues privées placées dans les temples et même une partie des statues royales ne sont pas autre chose que des nioniuiients funéraires, destinés à servir de corps d'éternité pour le doiil)le du défunt. Dans le tombeau proprement dit.il devait se trouver une ou plusieurs statues, dont les effigies des temples n'étaient ()ue des répliques. De fait, dans certains tomi)eaux royaux on a retrouvé parfois de grandes statues de bois, par exemple au tombeau de Séti I®'^ et d'IIoremhei). Elles sont plus grandes que nature, faites en plusieurs morceaux de bois ajustés par des chevilles et enduites d'une couche de bitume destinée probablement à les conserver. Dans les sépultures royales on a également trouve des restes de statues et de statuettes de divinités et de génies funéraires.

Mentionnons aussi les têtes de eanopes qui, par leur perfection, méritent parfois d'être citées comme des chefs-d'(euvre. Les eanopes sont les vases destinés à contenir les viscères du mort ; ils étaient fermés par un couvercle en forme de tète. On peut citer les exemplaires attribués à Aménophis IV et ceux d'Horeniheb qui, par leur exéeiitinn. j^euvent être comparés aux statues les plus parfaites.

Dans les chapelles des toniijes prj\ées. on trouve des statues en pierre ou en bois. Souvent elles sont sculptées dans des niches, faisant corps avec la montagne elle-même. Il suffira de citer deux

exemples de Tell-el-Aniarna : au tombeau d'Ani la statue est dans une chambre, posée sur un suele et précédée d'un escalier. Au tombeau de Rames la chambre est supprimée et les statues du mort et de sa femme groupés s'enlèvent au fond d'une simple niche. Dans les tombeaux de Cheikh-abd-cl-Kourna, à Thèbes, on trouve souvent les i-estes i'ort mutilés de groupes de Camille sculptés dans le rocher et complétés au plâtre.

A propos de statues funéraires on peut signaler aussi une catégorie de petits monuments connus sous le nom d'Oushebtis ou Répondants. On les mettait en très grand nombre dans les tombeaux et, bien qu'ils se rattachent plutôt à l'art industriel, il en est d'un travail si achevé qu'on doit leur faire place dans la sculpture. Un exemple remarquable au Musée de Bruxelles est la statuette de Nefer-Renpet. (Recueil, pi. 83).

Maisons. — Les statues sont rares dans les ruines des maisons, mais on en a cependant cité un cas à Tell-el-Amarna. Des inscriptions du Nouvel Empire montrent que les favoris se vantaient d'avoir reçu en présent des statues de leur souverain ou de membres de sa famille, vraisemblablement à charge de leur rendre un culte. Parmi les présents d'Aménophis II à ses grands on cite, par exemple, treize statues du roi, sept portraits-sphinx du roi et une statue de la mère du roi. Des décrets religieux de basse époque réglementent le dn>it de posséder chez soi des statues du roi et de la reine.

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