ILE
en bois mince. L'un des blocs de charbon est réuni au pôle d'une pile, l'autre à Tune des bornes d'un téléphone électromagnétique récepteur, et l'on complète le circuit en reliant la deuxième borne au pôle libre de la pile.
Fig.4î3.
L'appareil permet de percevoir au téléphone des trépidations excessivement légères , par exemple , le tic-iac d'une montre placée sur le socle de Tinstrument; de là le nom de microphone. Il faut remarquer que, dans cette expérience, ce n'est pas le bruit produit par la montre qui agit sur les charbons par l'intermédiaire d'ondes sonores, mais bien l'ébranlement mécanique communiqué par le support de l'appareil aux contacts mobiles dont la résistance est ainsi modifiée, ce qui fait naître dans le circuit des ondes électriques qu'accuse le récepteur.
Lorsqu'on parle devant l'appareil , les ondulations de l'air l'rappent la planchette et font vibrer les coniacis de charbon en déterminant des modifications corrélatives de résistance. Il en résulte un courant ondulatoire dans le circuit, et le téléphone récepteur reproduit les paroles prononcées.
On remarquera qu'il est nécessaire , pour que ce résultai soit atteint, que le courant ne soit pas interrompu, mais simplement altéré. Reis avait imaginé dès 1860 un transmetteur à contact mobile, formé par un diaphragme sur le centre duquel appuie un
ressort très flexible. Lorsqu'on parle devant cet appareil , le diaphragme quitte le ressort à chaque onde fondamentale de la voix, en rompant le circuii. Un tel dispositif ne peut reproduire que la musique et non la parole , car les sons harmoniques émis pendant rinterruption du courant ne sont pas reproduits.
D'une manière générale, il faut et il suffit, pour que Taciion microphonique se produise, qu'il y ait dans le circuit d'une pile un contact électrique permanent de résistance variable.
C'est ainsi que M. Hughes a pu transmettre la parole au moyen de deux clous chevauchant l'un sur l'autre et intercalés dans le circuit d'une pile et du récepteur : les vibrations de l'air faisaient varier la pression mutuelle des clous et modifiaient, par suitc^ l'intensité du courant produit par la pile.
668. — Qualités d'un bon transmetteur téléphonique. Emploi de la bobine d'induction. — Le carbone est la substance la plus convenable pour les contacts microphoniques. Son avantage sur les métaux et les composés métalliques semble ôtre de ne pas donner, sous l'influence de l'étincelle électrique, d'oxyde solide susceptible d'augmenter considérablement la résistance du contact.
Un transmetteur microphonique doit présenter une sensibiliic suffisante pour accuser les plus petites ondulations de Tair. Il convient toutefois que cette sensibilité ne résulte pas de la légèreté et de la mobilité excessives des pièces microphoniques , sans quoi ces pièces pourraient être projetées, sous l'action des grandes ondes sonores, de manière à rompre les contacts; il en résulterait des bruits intenses et désagréables à l'oreille.
Les microphones doivent d'autre part tfire peu sujets à se dérégler.
Ces deux qualités sont naturellement difficiles à concilier, et ce sont en général les appareils les plus sensibles qui se dérangent le plus aisément.
Pour renforcer la transmission, il semble naturel d'augmenter le nombre des contacts et d'accroître l'intensité du courant de la pile.
Le premier moyen est limité par le fait que les contacts écartés les uns des autres ne donnent pas toujours des effets concordants. Le timbre est d'autant plus net que les contacts sont plus rapprochés. L'énergie des ondes sonores ne permet d'ailleurs pas de mettre de grandes masses de charbon en mouvement et l'on conçoit que