Microphones Edison et Hunnings. — On a vu que
M. Edison a utilisé les variations de résistance de la poudre de charbon avec la pression pour modifier le courant mîcrophoniquc. La fig. 428 montre les détails de l'appareil. Les ondes sonores viennent frapper un diaphragme métallique L encastré sur son pourtour. Contre le centre appuie un piston qui agît sur une pastille de noir de fumée, placée entre deux disques de métal. Une vis, appuyant contre le disque postérieur, permet de régler à volonté la pression exercée par le diaphragme sur la pastille.
Dans cet appareil, les contacts microphoniques sont partîculaires. Dans le microphone Hunnings, qui présente quelque ana-
APPAREILS DIVERS
logie avec le précédent, l'inventeur a substitué au noir de fumée des granules, beaucoup plus mobiles, de charbon adamantin, dont la masse peut varier de résistance entre des limites bien plus étendues.
Le courant entre par un bloc de charbon c, tîg. 429, et traverse les granules maintenues par un chapeau Hxéau diaphragme D, par
e pul-
Fig. 429.
lequel sort le courant. On peut régler le serrage de la n vérulente à l'aide d'une vis v.
Une forte secousse suffit pour déplacer les granules et rafraîchir les contacts de celles-ci.
APPAREILS DIVERS
673. — Condensateur récepteur. — On a imaginé des récepteurs téléphoniques basés sur des principes très différents de ceux du téléphone Bell. Nous passerons rapidement en revue quelques uns de ces appareils qui, bien qu'ils ne se soient pas répandus, offrent un intérêt théorique.
En 187(5, Varley observa qu'un condensateur rend un son quand les armatures sont soumises à des potentiels variables. Le l'ail s'explique par des charges et des décharges successives produisant des attractions entre les armatures , suivies de retours à la position d'équilibre. Ces vibrations se communiquent à Pair ambiant.
Cette découverte a été appliquée à la téléphonie par MM. Dolbear et Herz.
La fig. 43o montre la disposition des appareils adoptée par M. Herz. Le condensateur récepteur C-, dont les armatures sont peu serrées afin d'être libres de vibrer , est chargé d'une manière permanente par la pile du poste de transmission. L'action du
Kig. 480.
microphone transmetteur m intercalé en dérivation par rapport à la pile fait varier le potentiel à l'extrémité de la ligne et , par suite, la charge des armatures et leur attraction mutuelle. Ces armatures, par leurs mouvements, reproduisent les ondes sonores.
La réception est moins nette que celle obtenue par le téléphone Bell , à cause des résonnances du condensateur.
Le condensateur doit être normalement chargé, comme Tindique le schéma, de môme qu'un récepteur électromagnétique doit être aimanté au préalable : les variations de la force attractive qui s'exerce entre les armatures sont proportionnelles à la charge initiale.
673. — Thermophone de M. Preece. — Ce récepteur se compose d'une membrane métallique encastrée sur son pourtour et tendue normalement par un fil de platine fixé au centre du diaphragme. L'appareil est fixé sur une table d'harmonie. Toutes les modifications d'intensité du courant téléphonique qui traverse le fil de platine se traduisent par des variations de température et , par suite, de longueur du fil. Le diaphragme, obéissant à toutes ces fluctuations, communique à l'air des ondulations de même période
APPAREILS DIVERS. $43
que celles du courant, et les sons transmis sont répétés, mais avec une amplitude extrêmement réduite qui rend impossible l'emploi pratique du récepteur.
p 674, — Réceptetir chimique de M. Edison. — Une lame de ressort, communiquant avec la ligne L, est attachée à un disque de inica M et appuie, par son extrémité libre munie d'un frotteur de platine, sur un cylindre C relié à la terre. Ce cylindre est formé de papier imbibé d'hydrates de chaux et de potasse. Grâce à un moteur spécial , il tourne d'un mouvement régulier autour de son axe et, à cause de la friction qui s'exerce sur le frotteur, produit par l'intermédiaire du ressort une certaine traction sur le disque de mica.
Fig. 43r-
Dans les conditions normales, cette tension ne varie pas ; mais, lorsqu'une onde électrique est envoyée sur la ligne, le courant, en passant du frotteur au cylindre, altère chimiquement la surface de contact, de manière à modifier le frottement ; par suite, il y a variation de la traction exercée sur le diaphragme et celui-ci fléchit. La flexion est proportionnelle à la variation du coefficient de frottenncnt, laquelle est elle-même en rapport avec la valeur du courant.
Ce récepteur est susceptible de reproduire avec une grande intensité, de manière à le faire entendre d'une salle entière, le chant émis devant un transmetteur microphonique. Mais il est incapable de donner les articulations de la parole.
675. — Radiophone. — M. Bell a utilisé la variation de résistance électrique du sélénium cristallin sous Tinfluence de la lumière pour obtenir un récepteur sensible à un faisceau lumineux dont rintensité est modifiée par la voix.
Imaginons un faisceau cylindrique de lumière envoyé sur un diaphragme argenté et réfléchi par un miroir parabolique qui concentre les rayons sur une pile de plaques de sélénium disposées en dérivation dans un circuit renfermant un Générateur hvdro-électrique et un téléphone électromagnétique.
En parlant derrière le diaphragme, on fait varier Tintensiié du faisceau réfléchi et par suite la résistance des plaques de sélénium. Le courant ondulatoire qui en résulte actionne le téléphone. M. Bell a pu écarter le diaphragme transmetteur à deux kilomètres du sélénium récepteur.
APPELS ET POSTES TELEPHONIQUES
676. — Appels. — Dans toute communication téléphonique établie entre deux postes, il est nécessaire qu'un dispositif spécial permette au poste qui désire transmettre de prévenir son correspondant; ce dispositif porte le nom d'appel.
Avec certains téléphones électromagnétiques de grand modèle, on a tenté de faire Tappel au moyen des appareils mêmes qui servent à la transmission et à la réception. Ainsi , sur le téléphone transmetteur de Siemens, § 666 , peut se placer un cornet à anche. En soufflant dans celui-ci, on engendre de fortes vibrations qui, reproduites dans le récepteur, donnent un son assez intense pour être entendu dans une chambre. Toutefois, un appel de cette nature est beaucoup moins distinct que celui des sonneries. Aussi , celles-ci sont-elles préférées. Elles peuvent être actionnées par une pile ou, ce qui est préférable au point de vue de l'entretien , par un petit générateur magnéto-électrique, une bobine induite de Siemens, par exemple, § 3i 5 , à laquelle on communique au moyen d'une manivelle un mouvement de rotation dans un champ magnétique permanent.
Si le générateur est une pile, on emploie la sonnerie trembleuse,
APPELS ET POSTES TELEPHONIQUES
Dans le cas d'une magnéto produisant des courants alternatifs , on utilise une sonnerie polarisée dont le diagramme est représenté par la tig. 432. Deux noyaux d'éleciro-aimant M et m, ainsi qu'une armature a, sont polarisés par un aimant recourbé NS. Les courants alternatifs qui traversent les bobines renforcent et réduisent alternativement le magnétisme des noyaux et sollicitent Tarmature ,
Fig. 482.
mobile autour d'un axe passant par son milieu , à se rapprocher successivement des deux noyaux en entraînant un battant b contre des timbres T, t. La séparation des noyaux des bobines réduit la scif-induction de celles-ci à une valeur assez faible pour qu'elles n''opposent pas une impédance trop grande aux courants alternatifs.
677. — Annonciateur. — On désigne sous ce nom un signal visible mû par un électro-aimant E qui, sous l'influence du courant
Fig. 433.
d'appel, attire une armature A repoussée par un ressort antagoniste R. Le mouvement de Tarmature dégage une plaque inclinée t qui bascule autour d'un axe en découvrant un numéro indicateur.
678. — Poste téléphonique. — La figure schématique 434 donne un exemple de la disposition des différents appareils que comporte un poste téléphonique. A l'entrée des fils de ligne ( nous suppo-
TÉLéPHONIE.
serons un circuit complètement métallique , sans retour par la terre) se trouve un parafoudre à pointes P. Lorsque les fils du téléphone sont voisins de conducteurs servant à l'éclairage ou à la traction cUectrique, il est bon de munir le poste de fils fusibles, afin qu'un contact accidentel ne puisse provoquer un courant dangereux pour les appareils téléphoniques. ATéiat normal, le téléphone récepteur T est suspendu à un levier basculant qu'un ressort tend à relever. Le poids du téléphone amène la tige contre un buttoir inférieur; par ce moyen , la ligne communique par le commutateur d avec la
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Fig. 434.
sonnerie s. Ainsi l'on peut recevoir le courant d'appel. Pour appeler, on tourne la manivelle de la magnéto , dont l'axe traverse d à frottement dur. On relie ainsi la ligne avec la bobine de Siemens B et Ton transmet des courants. Cette manœuvre terminée, le commutateur d revient sur son buttoir de repos grâce au ressort r. Lorsqu'on décroche alors le récepteur T, le levier réunit les buttoîrs supérieurs et ferme simultanément le circuit primaire comprenant la pile et le circuit secondaire de la bobine d'induction A. On peut alors transmettre par le microphone M ou recevoir par le téléphoneT. Sur les longues lignes, on utilise deux téléphones récepteurs placés en dérivation Tun par rapport à l'autre et qu'on applique contre les deux oreilles.
LIGNES TELEPHONIQUES.
679. — Considérations théoriques. — Les courants téléphoniques étant ondulatoires peuvent être représentés approximativement par