Qualités spéciales de Téclairage électrique. — Les
économistes ont remarqué qu'on peut mesurer le degré de civilisation d'un peuple à la façon dont il s'éclaire. Il est certain que l'industrie de Téclairage est une de celles qui contribuent le plus au bien-être et à l'hygiène et, à ce point de vue, il est incontestable que les lampes électriques réalisent un progrès considérable sur les autres illuminants.
Comparons ces systèmes au point de vue hygiénique. Une lampe à arc dégage, par heure et par 100 candies, o,oo3 mètre cube d'anhydride carbonique et une quantité de chaleur de 60 calories (kg-d). La lampe à incandescence ne dégage pas d'anhydride carbonique et la chaleur produite est de 3oo calories. En ce qui ccnccrne le gaz, le bec d'Argand et le bec Manchester donnent respectivement 0,46 et 1,14 mètre cube d'anhydride carbonique, 4860 et 12 i5o calories. La lampe Carcel dégage 0,61 mètre cube d'anhydride carbonique et produit 4 200 calories. Or Tanhydride carbonique est nuisible dès qu'il dépasse la proportion de 6 volumes pour 10 000 et occasionne des maux de tête violents lorsque la proportion atteint 3o volumes. 5 m^ de gaz exigeraient donc 10 000 m* d'air pour satisfaire aux lois de l'hygiène.
Ces chiffres montrent Tutiliic de Téclairage électrique pour éviter l^échaufFement et la viciation de Tair des locaux. C'est particulièrement pour les théâtres, les clubs, les cafés, les magasins que cet avantage de la lumière électrique est apprécié. D'après M. Mascart. un bec de gaz de 120 litres consomme autant d'oxygène que dix personnes adultes. Or, comme dans les salles de spectacle on compte environ un bec par personne , l'air respirable est aussi appauvri par l'éclairage au gaz que si l'on décuplait le nombre des spectateurs, sans compter que le gaz développe, par une combustion incomplète, de l'acétylène et d'autres produits délétères.
Une atmosphère viciée par le gaz rend pénible le travail cérébral, ainsi que le travail physique. Il est incontestable que l'emploi de la lumière électrique dans les bureaux et les ateliers contribue à accroître la besogne effectuée par les employés et les ouvriers. D'après M . Preece, à la Savings Bank de Londres, où 1 200 personnes sont employées et où Ton a substitué l'électricité au gaz, la diminution des absences pour maladie a été assez grande pour que l'augmentation du travail fourni par le personnel payât le supplément de frais d'éclairage occasionné par la substitution. Outre leur action nuisible sur l'organisme, les produits de la combustion, particulièrement de celle du gaz, altèrent les peintures, les décorations et les tentures.
L'avantage que présente l'arc voltaïque de conserver aux objets leurs tons naturels désigne ce système d'éclairage pour les industries où l'on doit discerner les couleurs : blanchiment du papier, triage des tissus, impression en couleurs, etc.
On reproche parfois à l'arc voltaïque de donner une teinte blafarde aux objets, parce qu'on prend pour terme de comparaison la lumière rougeàtre des flammes. Mais la lumière de l'arc est la seule capable de réaliser pratiquement un éclairement 'analogue, comme puissance et comme teinte, à celui de la lumière diffuse du jour.
Les lampes à arc conviennent tout particulièrement pour l'éclairage des grands espaces libres ou couverts. Il faut avoir soin de multiplier les foyers, de manière à évitîîr les ombres portées trop crues et à dissimuler les petites irrégularités dues à des défauts
des régulateurs ou des charbons. Ces lampes s'accommodent des moteurs employés dans les usines.
Les lampes à incandescence sa prêtent mieux à la division de la lumière dans les appartements. Elles n'exigent aucun entrelien, mais elles demandent une constance de courant plus grande que les lampes à arc et doivent, par suite, être alimentées par des moteurs spéciaux, à moins qu'on n'utilise des accumulateurs pour régulariser le courant, J^ 5o5. Lorsqu'on dispose des lampes à arc et des lampes à incandescence sur un même circuit alimenté par un générateur peu puissant, des précautions doivent être prises pour éviter que les irrégularités des premières n'occasionnent des vacillations dans l'éclat des secondes. Généralement, on dispose les lampes en dérivation et on les soumet à une différence de potentiel da 65 à 70 volts, qui permet d'ajouter une forte résistance additionnelle à la suite des arcs.
740. — Règles générales présidant à rétablissement des usines électriques. — Les applications de l'éclairage par rélectriciié se multiplient rapidement dans les villes , grâce aux distributions d'énergie électrique. Ces applications, qui se sont surtout développées aux Etats-Unis, où le prix élevé du gaz facilite la lutte sur le terrain économique, se répandent depuis quelques années en Europe, où il est peu de grandes villes qui ne possèdent ou ne projettent des usines électriques.
Les distributions d'énergie électrique p .^uvent aussi être utilisées à l'alimentation des moteurs domestiques et des moteurs industriels.
Les deux applications se complètent très heureusement au point de vue de l'utilisation des usines électriques qui, lorsqu'on n'emploie pas les accumulateurs, doivent produire l'énergie électrique au fur et à mesure de la demande Les moteurs sont des clients du jour, tandis que les lampes sont des clients du soir et de la nuit.
Aux Etats-Unis, où les moteurs électriques sont déjà très répandus, la demande moyenne d'énergie électrique pendant les 24 heures de la journée atteint parfois 40 pour 100 de la demande
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inaxima. Dans les usines européennes , la moyenne dépasse rarement 20 pour 100 du plus grand débit. Pour favoriser les clients du jour, il est recommandable de vendre l'énergie électrique à prix réduit en dehors des heures d'éclairage, ce qui permet de diminuer l'importance des frais généraux.
Bâtiments. Il est bon d'estimer très largement la surface de terrain nécessaire à l'établissement d'une station centrale , car la demande d'énergie électrique suit ordinairement une progression rapide et les agrandissements sont toujours très coûteux. Les bâtiments de la station doivent être écartés des habitations voisines, afin d'empêcher la propagation des vibrations par les murs et de soustraire éventuellement ces habitations aux dangersd'incendie. Les usines électriques sont construites en matériaux incombustibles. Il convient d'employer des châssis de fenêtre en fer , carie bois se déforme par la chaleur humide. Cependant, dans les salles renfermant des dynamos à haute tension, on fait usage de planchers en bois, afin d'isoler les ouvriers chargés de l'entretien de ces dernières.
A cause de la cherté du terrain à l'intérieur des villes, on est p'arfois obligé de disposer les machines à divers étages des bâtiments. A New- York, on est arrivé de la sorte à n'occuper que 0,18 m^de terrain par cheval. Toutefois, cette solution n'est qu'un pis aller. Il est bien préférable de disposer les machines et les générateurs de vapeur dans deux halles contiguës qu'on peut aérer cl ventiler avec soin. Le toit de la halle des machines doit être assez élevé pour que le pont roulant qui y est établi puisse transporter les pièces de machine au-dessus des moteurs existants. On dispose généralement, en annexe aux bâtiments de la puissance motrice, des bureaux, des magasins, ainsi qu'un atelier de réparation pourvu de quelques machines-outils.
Lorsque l'emplacement fait défaut, on peat installer la salle de chauffe au-dessus de celle des machines, mais il ne faut en aucun cas mettre les machines au-dessus des chaudières, car la chaleur et la vapeur perdue rendent alors l'entretien des moteurs et des dynamos très difficile!
Générateurs de vapeur. Les générateurs de vapeur du type multitubulaire sont généralement prescrits par les règlements urbains, pour diminuer le danger des explosions. Ils permettent
une mise en pression rapide et une production de vapeur ires active aux moments de la journée où la demande de courant est maxima. A Berlin, les chaudières Steinmuller, chaudes encore de la veille, peuvent être mises en pression en 20 minutes, lorsqiie le foyer est rempli de déchets de tissus imbibés de pétrole. Les chaudières multitubulaires occupent peu de place en surface, circonstance importante dans les locaux où l'espace est restreint. On observe une certaine tendance, particulièrement en Angleterre, à adopter des chaudières à foyers intérieurs. Ces générateurs réduisent les pertes par rayonnement et procurent de ce chef une économie notable de combustible. Au besoin , on emploie des ventilateurs soufflant sous les grilles pour activer les foyers et brûler plus complètement le combustible.
Les chaudières sont établies en batterie devant le dépôt de charbon. Elles sont souvent en contrebas de la rue pour qu'on puisse verser le combustible dans des soutes au niveau des grilles. Sous celles-ci sont disposés des wagonnets recevant les cendres et circulant dans un couloir souterrain d'où les résidus sont repris par un monte-charge. A l'intérieur des villes, de grandes précautions doivent être prises pour diminuer les fumées. Il convient de brûler des charbons secs ou anihraciteux. Les systèmes fumivorcs ont eu peu de succès jusqu'à présent. Le plus employé sert en même temps d'économiseur pour réchauffer l'eau d'alimentation : on fait passer les fumées entre des tuyaux traversés par l'eau arrivant aux chaudières ; cette eau s'échauffe et les poussières en suspension dans les ^az de la combustion se déposent. On réduit 1 entraînement de matières solides, qui se produit surtout lors du chargement, par l'emploi de chargeurs automatiques qui déterminent une combustion graduée du charbon. Ces appareils diminuent aussi la main-d'œuvre, mais ils ne permettent pas de pousser les feux aux moments du besoin, comme le chargement à la main.
Eau, Il est important de s'assurer une quantité d'eau suffisante pour l'alimentation ainsi que pour la condensation. Celle-ci ne procure pas seulement une économie de combustible, mais elle écarte la gêne occasionnée dans le voisinage de l'usine par la vapeur de décharge. Si l'on n'est pas à proximité d'une rivière
à laquelle on peut se relier par une conduite, on cherchera à obtenir Peau par des puits. A l'usine de Tavenue Trudaine , à Paris, on a creusé dans ce but un puits artésien de 1 37 m de profondeur. Si la station est en dehors de la ville, il est possible d'économiser Teau de condensation en la faisant resservir après refroidissement à Tair libre (systèmes Sée, etc.). Si la vapeur de décharge n'est pas condensée, on la fait passer, dans des réchauffeurs d'eau d'alimentation , autour de tuyaux traversés par l'eau à laquelle elle cède une partie de sa chaleur.
On recommande de disposer à l'usine un réservoir contenant la quantité d'eau nécessaire pour une journée de fonctionnement des chaudières. Si l'eau est impure, elle doit passer dans des épurateurs.
L'alimentation peut être rendue automatique de la manière suivante. Les deux pompes alimentaires , dont une de réserve, envoient l'eau dans un accumulateur hydraulique relié aux chaudières au moyen de tuyaux fermés par des valves. Chaque générateur contient un flotteur qui ouvre la valve d'alimentation lorsque le niveau s'abaisse. L'accumulateur, en descendant, met la pompe en marche au moment opportun.
Moteurs et dynamos. On divise la puissance motrice en un certain nombre d'unités ; chaque unité comprend un moteur à vapeur attaquant une dynamo dans le cas d'une distribution à deux fils, et deux dynamos en série dans le cas d'une distribution à trois fils. Pour cette dernière application, on emploie communément des machines excitées en dérivation et simplement mises en tension , sans précaution spéciale. Le dispositif décrit au § 386 ne permettrait pas , en effet, de modifier séparément l'excitation de chaque dynamo pour faire face aux variations de la demande. Actuellement, en Angleterre, les distributions à trois fils, à 220 volts, utilisent des machines donnant directement cette tension et reliées aux conducteurs extrêmes. L'usine comporte, en outre, de petites dynamos à 1 10 volts qu'on introduit au moment du besoin dans celui des deux circuits le plus chargé , afin d'égaliser les tensions des deux branches. Le même résultat est obtenu en mettant des accumulateurs en dérivation sur les deux circuits et en faisant varier le nombre des éléments de manière à maintenir la même tension de part et d'autre.
On choisit la grandeur des unités motrices de manière à ne devoir mettre en marche que le nombre de machines strictement nécessaire et à faire fonctionner celles-ci dans des conditions de rendement maximum. Ce résultat est atteint lorsqu'une unitécorrespond au travail minimum demandé à Tusine. Les unités motricesont une puissance variant de 3oo à i 000 chevaux suivant les usines.
Les opinions sont divisées sur le type des machines à adopter. Les moteurs à grande vitesse (200 à 3oo tours par minute) permettent une réduction de poids et, par suite, de prix des machines et diminuent l'importance des transmissions ou. en cas d'attaque directe des dynamos, simplifient la construction de ces dernières. De nombreux électriciens sont cependant partisans des moteurs à faible vitesse ( 5o à 1 00 tours par minute ), dont la marche est plus sûre et qui donnent lieu à moins de trépidations. Au point de vue de la dépense de combustible par cheval-heure indiqué, il y a un léger avantage en faveur des faibles vitesses. Ainsi, les machines Van den Kerchove et C'S de Gand, fournies à Tusine de la Spandauerstrassc de Berlin , donnent i 000 chevaux à yS tours et dépensent 6,5 kg de vapeur par cheval indiqué. Les machines Bail, livrées à la station Edison de Brooklyn, développent 3oo chevaux indiqués à 25o tours et consomment 7,5 kg de vapeur par cheval. Les deux systèmes sont du typecompound à condensation. Il faut, toutefois , remarquer que les frottements sont moindres dans les machines à grande vitesse , ce qui réduit la différence si Ton considère les travaux effectifs au lieu des travaux indiqués. La grande majorité des usines électriques de Londres utilisent les machines Willans à double et à triple expansion et à grande vitesse qui, couplées directement aux dynamos, donnent jusque 87 pour 1 00 pour le rapport de la puissance électrique utile à la puissance indiquée aux cylindres. La consommation de vapeur ne dépasse pas 6,8 kg par cheval indiqué. De telles machines peuvent se loger dans les espaces limités dont on dispose à l'intérieur des villes, fig. 493.
On cherche, autant que possible, à supprimer les courroies et les transmissions intermédiaires, qui absorbent inutilement une partie de la puissance motrice et exposent à des arrêts. L'ensemble d'un moteur et d'une dynamo sans transmission s'appelle dynamo à vapeur.
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Les grandes machines Van den Kerchove spécitiées ci-dessus commandent deux dynamos mulupolaires Siemens disposées sur le prolongement de leurs arbres. De lellcs dynamos à faible vitesse sont nécessairement plus coûteuses que les dynamos des types courants.
En cas d'attaque directe par un moteur compound à cylindres séparés, la dynamo peut être placée sur le prolongement de l'arbre ou servir de volant et être disposée entre les deux manivelles. La seconde combinaison évite des paliers supplémentaires. Lorsque le couplage n'est pas effectué par un lien élastique, tel que le joint RatTard , ci qu'il existe des volants , il faut éviter de caler ceux-ci ; on les chasse sur l'arbre à la pression hydraulique de manière à leur permettre de tourner si l'arbre vient à s'arrêter brusquement par suite d'un coun-circuii.
On se rappellera ici ce que nous avons dit au sujet des moteurs deslincs aux stations de tramways. Si la demande d'énergie est sujette à des variations considérables et fréquentes , les moteurs à un cylindre sont préférables. Mais , dans les grandes usines pour l'éclairage, les variations sont lenios et l'on adopte d'ordinaire les types à double ou à triple expansion, chaque unité fonctionnant avec le degré de détente le plus économique.
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On exige que les volants des moteurs soient suffisants pour éviter une variation de vitesse dans le tour supérieure à i pour 100. La vitesse ne doit pas varier de plus de 2 à 3 pour 100 entre le régime de marche à vide et la marche en pleine charge, le changement de régime devant se faire, sans oscillations, en 10 tours au plus.
Condenseurs, Les machines à faible vitesse sont généralement munies de leurs condenseurs. Les machines à grande vitesse, ne pouvant actionner une pompe sont pourvues de condenseurs indépendants. Deux condenseurs, dont un de réserve, servent alors popr une batterie de moteurs. Cette disposition a l'avantage de permettre de condenser dès la mise en marche des machines.
Graissage, Dans les usines électriques , les huiles, graisses, etc. constituent une dépense importante. Lorsque le type des machines s'y prête, on se trouve bien de la distribution de l'huile par des branchements établis entre un réservoir situé à un niveau supérieur à celui des moteurs et un réservoir situé à un niveau inférieur. L'huile, après avoir lubrifié les coussinets, tombe dans le second réservoir et, après filtration , est pompée dans le premier. Cette circulation continue favorise le bon emploi du lubrifiant. Comme un branchement peut s'obstruer , il convient de prévoir un graissage de secours.
Tableau de distribution. Le tableau de distribution doit dominer les machines, afin de permettre à l'électricien d'embrasser l'ensemble de celles-ci d'un coup d'œil. Il se compose généralement d'appareils fixés à des panneaux en ardoise ou en marbre soutenus eux-mêmes dans un châssis métallique. Il faut avoir soin de permettre les dilatations. Les pièces des rhéostats susceptibles de s'échauffer sont écartées des panneaux. Le tableau doit être suffisamment éloigné du mur d'appui pour qu'un homme puisse circuler librement derrière lui pour établir les connexions.
Parmi les appareils indispensables, notons les ampèremètres et voltmètres bien en vue, les interrupteurs, les rhéostats de réglage des machines, les adducteurs pour accumulateurs , les indicateurs de terre, les plaques de sûreté, les parafoudres, etc. Les pièces en cuivre sont souvent sans vernis et frottées de manière à conserver leur brillant. Les plaques de sûreté et les vis de serrage doivent être
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fréquemment visitées pour empêcher les mauvais contacts de se produire.
Pour éviter les tableaux, souvent encombrants et coûteux, on peut commander les rhéostats et interrupteurs au moyen de leviers ou de manivelles reliés par des tringles à ces appareils, qui sont alors étalés sur le sol derrière un panneau. On verra dans la description de Tusine de Cologne un modèle de ce mode de commande. Cetie disposition permet de mettre à Tabri toutes les pièces qui doivent rester hors de la portée des ouvriers , d'éloigner des instruments de mesure les conducteurs qui sont susceptibles d'altérer les indications de ceux-ci et, sunout, de concentrer les appareils de manœuvre dans un espace très restreint.
741. — Usines électriques de Paris. — La ville de Paris a concédé Téclairage électrique à des compagnies dont chacune a obtenu une surface à éclairer correspondant à peu près à un secteur ayant son sommet vers le centre de la ville et sa base aux fortifications.
Les conditions du problème qu'avaient à résoudre les sociétés concessionnaires étaient à très peu près semblables ; cependant, comme on va le voir, les solutions adoptées ne manquent pas d'éclectisme.
La Compagnie Edison a établi, vers le centre de la ville, 3 usines desservant par des feeders un réseau à trois conducteurs. Ceux-ci sont des câbles nus poses dans des caniveaux et décrits au § 542. Les chaudières employées dans les stations sont des types multitubulaires Belleville ou Babcock et Wilcox. Les dernières machines sont des dynamos à vapeur Weyher et Richemond-Edison à triple expansion, faisant 3oo tours par minute.
La Société pour l'éclairage et la force par l'électricité possède à rintérieur de la ville 5 stations alimentant des réseaux restreints par le système de distribution directe à deux conducteurs. En outre, elle a monté à Saint-Ouen une usine où des dynamos à courant continu de 2 400 volts produisent Ténergie destinée à activer des transformateurs rotatifs disposés dans certaines des stations urbaines. Le réseau à basse tension est composé de cables nus posés dans des caniveaux. Les chaudières adoptées par la Société sont surtout du type Belleville, les moteurs des systèmes Lecouteux et Garnier ou Weyher et Richemond , les
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dynamos des modèles Deprez , Edison ou Desroziers. Les stations urbaines utilisent le secours d'accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux (Laurent Cély),
La Compagnie parisienne de iair comprimé possède, au boulevard Richard Lenoir, une usine pourvue de dynamos à vapeur Weyher et Richemond-Desroziers, lesquelles chargent en série des accumulateurs distribués dans des sous-staiions situées vers le centre de la ville, § Sog. Chacune de ces stations possède deux batteries chargées successivement et déchargées simultanément aux heures de grand débit. La canalisation est formée de câbles isolés au caoutchouc et tirés dans des caniveaux en fonte divisés par des cloisons en bois.
Une importante usine située à l'extrémité du secteur renferme des compresseurs destinés à produire Tair comprimé nécessaire à Talimentation de moteurs à air distribués dans la ville et servant à mouvoir des dynamos ou d'autres machines.
L'usine unique de la Société du secteur de Clichy distribue Ténergie électrique par le système à cinq conducteurs, §5o8. La station comprend des dynamos à vapeur Corliss-Siemens à 5oo volts et des générateurs De Naeyer. Les câbles sont du système Siemens. La tension est régularisée dans les quatre circuits par des égalisateurs et par des accumulateurs.
Enfin, la Société du secteur des Champs-Elysées a installé une usine en dehors des fortifications, où des dynamos à vapeur Farcoi- Hillairet produisent des courants alternatifs à 3 000 volts. Les chaudières sont du type Galloway. Des câbles concentriques, du système Berihoud-Borel, alimentent les transformateurs placés chez les abonnés.
742. — Station Edison, à New- York. — La fig. 494 donne une coupe d'une station construite par la Compagnie Edison à New- York. Le bâtiment, limité par des murs épais, présente une étendue de 3o m sur 17m. Des charpentes et des pilastres massifs en fer et en fonte le divisent en 4 étages et un sous-sol. Tout le bâtiment est à répreuve du feu par l'emploi exclusif de matériaux incombustibles, tels que briques, tôles et béton.
Les moteurs à vapeur, placés dans le sous-sol afin de restreindre les vibrations, attaquent, à l'aide de courroies, les dynamos D D'
BiquFS,
situées au rez-de-chaussée. Les chaudières sont disposées au
deuxiÈmc éiage ; les foyers débouchent dans un couloir central qui constitue la chambre de chauffe. Au-dessous, au premier étage, de vastes carneaux de fumée F conduisent les produits de la combustion vers deux cheminées établies aux extrémités du bâtiment. A
^■iéî■ 494-
ctiié des carneaux , des votes de service sont parcourues par des wagonnets V destinés à l'enlèvement des scories et des cendres qui lombcni par les trémies T. Au troisième êiage sont des réservoirs dVaa R et des soutes à charbon. Celles-ci sont alimentées par des
4^'8 ÉCI-AIRAOR ÉLKCTRIQUE.
voies de service situées au quatrième étage et aboutissant à des monte-charges qui élèvent les wagonnets remplis de houille. Trois escaliers en fer donnent accès aux divers étages.
Les moteurs Armington et Sims, au nombre de 14, fonctionnent à 200 tours par minute et ont une puissance totale de 2 800 chevaux. Ils sont alimentés par de la vapeur à la pression de 6,4 kg par cm*, le degré d'admission étant o,25. Il n'y a pas de condensation. Les machines reposent sur une fondation en briques et béton , dans laquelle passent les tuyaux de vapeur et d'échappement. De puissants ventilateurs V assurent le tirage forcé des foyers. Les tuyaux d'échappement E passent au milieu de réservoirs en tôle r qui servent de réchauffeurs pour l'eau d'alimentation.
Les dynamos, au nombre de 28, peuvent débiter 600 ampères à la tension de 140 volts , avec une vitesse de 65o tours par minute. Elles pèsent Ci^j tonnes chacune. Les murs du couloir central entre les dynamos sont occupés par le tableau de distribution comprenant les ampèremètres, les voltmètres et les régulateurs de champ magnétique.
Les chaudières multitubulaires , du type Babcock et Wilcox, sont alimentées par l'eau de la ville, pompée dans les réchauffeurs r et les réservoirs R. Les cheminées Ch., qui mesurent 5o mètres de hauteur à partir des carneaux F du premier étage , sont supportées à l'intérieur par d'énormes pilastres en fonte montant du sol Jusqu'au second étage.
L'usine peut fournir le courant simultanément à 35 000 lampes de 1 6 bougies et desservir, par suite, un réseau contenant environ 5o 000 lampes. Il est à remarquer que les abonnés emploient des lampes de diverses intensités, 10, 16, 25 et 32 bougies. On a ramené tous les foyers au taux uniforme de 16 bougies, par une proportion. En général , les deux tiers seulement du nombre total de lampes fonctionnent simultanément.
La distribution se fait par le système à trois conducteurs, §485, lesquels sont disposés dans des tubes de 6 mètres , reliés par des boîtes dans lesquelles s'opèrent les prises de courant pour les dérivations. Les conducteurs, disposés des deux côtés des rues afin de ne pas gêner la circulation lors de l'ouverture des tranchées , sont enfouis à 60 cm de profondeur. Les feeders se relient dans des boîtes spéciales avec le réseau de distribution.
USINES ÉLECrUIQUKS. 469
Dans une autre usine, construite plus récemment par la Compagnie Edison à Brooklyn , on a réduit notablement la hauteur des bâtiments, les chaudières ayant été disposées au rez-de-chaussée comme les machines à vapeur. Les dépôts de charbon et les réservoirs d'eau occupent le premier étage, de même que les dynamos ; tandis que les couloirs de dégagement des cendres et les pompes sont dans les caves. Un second étage sert pour les bureaux et les magasins de la Compagnie.
Le bâtiment, mesurant 23 m sur 3o m, peut contenir 12 moteurs de 3oo chevaux , 24 dynamos et alimenter 40 000 lampes de
16 bougies.
Dans la salle des dynamos, qui so trouve au-dessus de celle des moteurs, règne une galerie où Ton a placé le tableau de distribution. Un agent chargé de la manœuvre des appareils du tableau embrasse d'un coup d'œil les machines électriques. Un autre agent est préposé à l'entretien de ces dernières.
Le prix de la station de Brooklyn, de sa canalisation à trois conducteurs et des lampes est estimé à 3 200 000 fr. environ. Dans ce prix, le réseau souterrain, qui couvre un rectangle de i 600 m sur 2 400 m, intervient pour près de i 100 000 francs.
Le diagramme du débit de l'usine manifeste un courant moyen égal à 35 pour 100 du courant maximum.
743. — Usines centrales de Berlin. — Berlin compte un certain nombre de stations centrales , installées par une seule société et desservant un réseau de distribution à trois conducteurs, qui alimente environ i5o 000 lampes de 16 bougies.
Les câbles employés sont du modèle Siemens et Halske, § 539.
Dans la nouvelle station de la Spandauerstrasse , on a accumulé tous les perfectionnements suggérés par une expérience de plusieurs années. Une grande salle de 1 1 m de hauteur, située à 3 m en contrebas de la rue, contient les moteurs et les dynamos. Au-dessus est un entresol de 3, 60 m, puis vient la chambre de chauffe, laquelle a 7 m de hauteur. L'espace occupé par le bâtiment mesure
17 m sur 25 m.
Au lieu d'employer des machines de 200 à 25o chevaux et à grande vitesse, comme à New- York et comme on l'a fait antérieurement à Berlin, on installe actuellement des unités motrices de i 000 chevaux, à faible vitesse. MM. Van den Kerchove et C'*^, de Gand, ont
consiruii pour lu station d« la Spandauersirassc quatre machines venicales Corliss, du sysiéme compound à condensation, dovejoppani I ] 80 ciievaux indiqués et 1 000 chevaux effectifs à la vitesse de 75 tours. Ces moteurs sont construits de telle manière qu'un mécanicien peut effectuer d'un seul point toutes les 1 qu'entraîne une mactiine , y compris sa poin moteur de mise en marche.
L'eau de condensation des stations de Berlin est fournie par des puits et par des conduites reliées à la Sprée. L'arbre de chaque machine à vapeur entraide directement les induiis de deux grandes
à air et son servo