‹ Leçons sur l'électricitéChapitre 77 sur 112 · W" IL · texte numérisé non relu

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Talternateur et par V la tension secondaire de E , la différence de potentiel aux bornes de T est V — V; mais V'est proportionnelle au courant I fourni par Talternateur et traversant le primaire de E. En réglant convenablement la résistance R'", on peut faire en sorte que le facteur de proportionnalité soit précisément égal à la résistance R des feeders. Par suite, la tension utile aux bornes de T sera V — IR comme aux bornes des transformateurs des abonnés et les lampes ainsi que le voltmètre reliés au secondaire de T seront soumis à la même différence de potentiel que les lampes des abonnés.

Le voltmètre V indique donc la tension des lampes du réseau et la disposition différentielle évite le placement onéreux de tils pilotes.

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Aux bornes secondaires du transformateur T on a également relié un solénoîde régulateur dont on verra le détail au paragraphe suivant et qui a pour fonction d'introduire automatiquement des résistances dans le circuit des inducteurs de la machine excitatrice M , lorsque la tension utile augmente dans le réseau, et d'en retrancher au contraire, lorsque la tension diminue. En P sont les parafoudres à pointes servant à protéger les appareils de la station contre les décharges atmosphériques.

Dans la ville de Dieulefit, qui s'étend en longueur, on compte 6 transformateurs dérivés successivement sur la canalisation primaire. Afin d'éviter les différences de tension qui pourraient en résulter, les circuits induits des transformateurs sont réunis en dérivation. Par ce procédé, on égalise les tensions secondaires.

747. — Usine électrique de Rome. — La ville de Rome possède une usine à courants alternatifs installée par MM. Ganz et C»<^ pour le compte de la Société gazière de la ville et alimentant environ 2400 lampes à incandescence de 16 bougies et 200 lampes à arc.

Le réseau s'étend jusqu'à une distance de 5 kilomètres de la station, laquelle est en dehors de la ville, près des ruines du Colisée et à proximité du Tibre.

La canalisation primaire est formée de câbles concentriques, système Siemens et Halske, enfouis dans une conduite souterraine en bois remplie de ciment. Des feeders partent de l'usine dans les principales directions et alimentent en dérivation des transformateurs d'une puissance uniforme de 10 chevaux. La tension primaire de 2 000 volts est réduite à i ip volts dans les circuits secondaires. Lorsque ceux-ci comportent des lampes à arc, on emploie un conducteur intermédiaire de manière à obtenir 55 volts aux bornes des lampes mises en série avec des bobines à réaction servant de résistances additionnelles.

L'usine ne présente qu'un étage et contient de grandes dynamos de 320 kilowatts (2 000 volts et 160 ampères], attaquées directement par des machines Van den Kerchove marchant à i25 tours, et pourvues d'excitatrices spéciales à courant continu activées par des moteurs Westinghouse à grande vitesse.

La fig. 5oo montre la disposition de ces dynamos à courant

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continu, réunies en parallèle par rapport à la ligne d'excitation, sur laquelle se branchent les inducteurs des alternateurs. Chaque machine excitatrice possède un rhéosiat à main servant à régler le champ de ses inducteurs. En outre, un régulateur automatique à mercure permet de modifier l'excitation de Tensemble des machines continues. Dans ce but, un solénoïde S^ mis en dérivation sur la ligne d'excitation et traversé par un courant réglé à Taide de la résistance Ru,, attire un noyau équilibré par un flotteur inférieur plongeant dans un vase contenant de Teau. A la partie supérieure du noyau se trouve une cuvette remplie de mercure dans lequel baignent des fils de longueurs variables reliés à des résistances intercalées dans le circuit des inducteurs des machines excitatrices. Si la différence de potentiel diminue dans la ligne d'excitation par suite de Taddition d'un alternateur, le noyau est attire avec moins de force et la cuvette remonte ; le mercure' met un certain nombre de résistances en court-circuit et l'excitation des machines continues est accrue. Quand l'appareil automatique est arrivé au bout de sa course, on le ramène en arrière au moyen des rhéostats de réglage à main.

Le tableau de distribution, fig. 5oi et 5o2, mesure 2,40 m de hauteur sur 5 m de largeur. Il porte un certain nombre de barres doubles horizontales i, 2, 3, 4, 5, 6, isolées sur des rondelles en porcelaine et reliées aux couples de feeders quittant la station. De ces barres descendent des tiges verticales qu'on voit dans les élévations de face et de côté.

Le commutateur comporte autant de sections semblables à celle figurée qu'il y a d'alternateurs. Dans chaque section, deux barres marquées par les signes + et — sont connectées aux pôles d'un des alternateurs et supportent des tiges verticales descendant à la même hauteur que les tiges des feeders. Pour faire communiquer une des paires de feeders avec une des dynamos, il suffit de relever, à l'aide d'une manivelle B , une paire de godets à mercure C. La fig. 5oi montre trois couples de feeders ainsi reliés. Le but des transmissions A B E H est de permettre d'embrayer les mouvements des divers godets, de telle sorte que, parle déplacement de la manivelle L, on puisse connecter un ou plusieurs alternateurs avec les feeders, en môme temps qu'on rompt la communication de ceux-ci avec d'autres dynamos.

ECLAIRAGR ELECTRIQUE.

L'observation de la tension dans le réseau se fait à Taide du réducteur différentiel décrit au paragraphe précédent.

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Fig. Soi.

Fig. 5o2.

Les alternateurs sont associés en dérivation à mesure que la demande s'accroît. Avant d'ajouter un alternateur, on commence par le faire fonctionner sur des iampes ou des résistances disposées à Tusine et capables d'absorber sa puissance totale, Tinduit tournant à sa vitesse normale. On relie cet induit au primaire d'un transformateur voisin d'un second transformateur communiquant avec le réseau. Les secondaires de ces deux transformateurs sont mis en opposition dans un circuit contenant une couple de lampes. Selon que les phases de l'alternateur coïncident avec celles du réseau ou leur sont opposées, les lampes s'éteignent ou s'allument. On constate des périodes plus ou moins longues pendant lesquelles l'éclat des lampes témoins diminue jusqu'à l'extinction et remonte ensuite. On saisit le moment d'une extinction pour réunir l'alternateur au réseau. On retire alors graduellement les résistances auxiliaires reliées aux bornes de la machine.

Le service commence à une heure de relevée en hiver et à irais heures en été. Avant de mettre la première dynamo en marche, on la règle sur le grand rhéostat capable d'absorber toute sa puissance. Un ampèremètre Hummel marque l'intensité du courant et

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un voltmètre Cardew, relié au réducteur de la machine, indique la différence de potentiel. Lorsque la demande approche du débit maximum du premier alternateur, un second alternateur est réglé de la même manière que le premier et réuni en parallèle avec celui-ci au moment où l'indicateur de phases montre que les machines marchent en cadence.

Quand un théâtre ou un magasin utilise un nombre de lampes très considérable, il prévient Tusine par téléphone dix minutes avant Tallumage, de manière qu'on ait le temps de préparer un des alternateurs pour l'ajouter en parallèle.

La maison Ganz emploie des alternateurs ne produisant que 42 périodes par seconde. Ce degré de fréquence facilite le couplage en dérivation des machines et permet d'alimenter de petits moteurs téirapolaires ne faisant que i 25o tours par minute, alors que, si la fréquence était plus grande , il faudrait ou multiplier beaucoup les pôles, ce qui rendrait le moteur coûteux, ou adopter des vitesses angulaires exagérées.

Depuis 1892, la distribution électrique de Rome est alimentée par une partie de la puissance hydraulique des célèbres chutes de Tivoli, situées à 28 kilomètres de la capitale italienne. Six turbines de 33o chevaux actionnent des alternateurs à 5o2o volts ; trois turbines de 5o chevaux font tourner les excitatrices. La ligne aérienne, traversant la campagne de Rome, comporte 4 câbles de cuivre de 100 mm^ et donnant lieu à une chute de potentiel maxima de 1020 volts, soit 20 pour 100 de la tension totale. Les poteaux sont métalliques et écartés de 35 à 40 m. Le câble inférieur est à 7 m du sol. Les isolateurs sont à réservoir d'huile. A l'entrée dans Rome, unesous-staiicn de transformateurs ramène la tension de 4000 à 2000 volts, valeur adoptée dans le réseau primaire.

Depuis l'installation de ce transport d'énergie, on ne met en marche l'usine à vapeur décrite plus haut que lorsque la puissance hydraulique est insuffisante pour les besoins.

Il est à remarquer qu'on éclaire les rues au moyen de lampes à arc, mises en série et reliées directement à la distribution à 2000 volts. Les lignes correspondantes sont aériennes.

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