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FORMATION DE DÉPÔTS MÉTALLIQUES

777. — Dans les opérations électrolytiques comprises sous cette dénomination, la cathode, formée d'un objet de métal commun ou d'une substance peu résistante , telle que le plâtre , est recouverte d'un dépôt métallique destiné à la soustraire aux agents atmosphé-

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riques ou à lui donner un aspect décoratif. On fait grand usage des dépôts de métaux inoxydables en vue de préserver les métaux communs contre Faction des agents atmosphériques.

Les traitements que nous considérons sont souvent confondus avec ceux qui précèdent sous le nom de galvanoplastie.

Il est indispensable, pour assurer le succès du dépôt, que la surface à recouvrir ait une conductibilité bien uniforme. Pour cela, elle doit être parfaitement nette, exempte d'oxydes ou d'enduits gras, tels que celui que laisse le contact des doigts.

Les oxydes s'enlèvent par un bain de décapage, composé d'une solution sulfurique au dixième pour le fer et ses dérivés et d'une solution nitrique faible pour le cuivre et ses alliages. Les dépôts gras s'éliminent dans un bain de dégraissage contenant une lessive alcaline. Pour des objets récemment fabriqués, on se contente souvent d'un polissage à la brosse mécanique chargée d'émeri suivi d'un bain de dégraissage au carbonate de soude et d'un rinçage à l'eau claire; après quoi l'on a soin de ne plus toucher les objets avec les doigts.

Les observations faites au sujet de la galvanoplastie, en ce qui concerne la disposition des électrodes , des bains et la conduite des opérations, s'appliquent aux dépôts métalliques.

778. — Argenture. — L'industrie de l'argenture galvanique a pris un développement considérable. Suivant M. Bouilhet, le poids d'argent déposé annuellement par Télectrolyse dans le monde entier serait de i25 tonnes, représentant une valeur d'environ 23 millions de francs.

Après dégraissage, décapage , nettoyage et lavage, les objets de cuivre ou de laiton à argenter sont placés dans des bains contenant des anodes solubles en argent. Les bains connus sous le nom de bains de Ruolz contiennent un cyanure double de potassium et d'argent qu'on peut obtenir en précipitant le nitrate d'argent par du cyanure de potassium et en ajoutant un excès de ce dernier de manière à arriver à une redissolution du précipité et à une réaction alcaline. Le bain doit contenir environ 3o gr. d'argent par litre; la surface des anodes est égale à celle des objets à recouvrir et le courant d'électrolyse a une densité d'un tiers d'ampère par décimètre carré.

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On juge de l'épaisseur du dépôt par la quantité d'électricité utilisée dans le bain ou par une pesée.

Au sortir du bain , les pièces sont soumises au frottement d'une brosse mécanique circulaire , puis le polissage s'achève au moyen de brunissoirs en acier. On donne parfois au métal la couleur du vieil argent en passant sur la surface un pinceau humecté de sulfhydrate ammonique plus ou moins étendu, suivant la teinte cherchée.

77g. — Dorure. — On emploie pour la dorure comme pour l'argenture des bains de cyanure double renfermant moins de 2 grammes d'or par litre. La densité du courant ne doit pas dépasser 0,8 ampère par décimètre carré de surface de cathode.

Parfois, pour les petits objets, on opère à la température de jo^ à 80° C en se servant d'anodes insolubles en platine. La couleur du dépôt peut être variée du jaune pâle au rouge en faisant croître la densité du courant. On obtient des dépôts d'or vert ou d'or rouge en employant comme anodes des alliages d'or et d'argent ou d'or et de cuivre.

780. — Cuivrage. — Le cuivrage s'emploie pour donner un aspect artistique aux objets en fer, fonie, plâtre , zinc, plomb, et pour soustraire les premiers à l'action des agents atmosphériques. On cuivre également les objets en fer qui doivent être dorés ou argentés, parce que le fer décompose les bains d'argenture et de dorure.

Le bain de cuivrage varie avec la matière des objets à recouvrir ; on emploie fréquemment le cyanure double de potassium et de cuivre. M. Gaudoin recommande, pour le cuivrage du fer, une solution d'oxalate double de cuivre et d'ammoniaque avec excès d'acide oxalique et anode en cuivre. Lorsque le dépôt est commencé par ce procédé , on le termine dans un bain de sulfate de cuivre acide, beaucoup moins coûteux.

M. Oudry soustrait le fer à l'action de Tacide sulfurique contenu dans le bain de sulfate, en revêtant les objets d'une peinture au minium ou d'un vernis, la surface étant rendue conductrice par de la plombagine. On opère ensuite le dépôt dans un bain de sulfate de cuivre.

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781. — Nickelage. — Le nickelage, qui donna aux objets usuels un aspect agréable et une grande inaltérabilité, et qui a pris pour ces raisons beaucoup d'extension , s'obtient au moyen d'anodes en nickel pur et d'un bain de sulfate double de nickel et d'ammoniaque, marquant une densité de 1,06 environ. Il est nécessaire de maintenir la neutralité du bain, dont on s'assure par de fréquents essais au papier de tournesol. On chauffe généralement le bain vers 400 C. Les pièces de zinc ne peuvent être nickelées qu'après avoir été cuivrées ou encore après avoir été amalgamées légèrement à la surface par immersion dans une solution mercurielle.

782. — Cobaltage. — Le dépôt de cobalt a une teinte plus claire que celui de nickel. Il s'obtient, d'après M. S. Thompson, dans un bain composé de la manière suivante. On fait une solution au huitième de chlorure ou de sulfate de cobalt qu'on mélange à une solution au seizième de sulfate de magnésium. Le mélange est étendu de son volume d'eau et électrolysé avec une anode en cobalt-

783. — Platinage. — Pour obtenir un dépôt de platine, d'iridium ou de palladium, M. S. Thompson recommande un bain chauffe entre 60° et 90<> C et contenant 2 parties de chlorure du métal à déposer, 16 parties de borate sodique, 16 de carbonate sodique, 2 de sel ammoniaque et i5o d'eau. On ne peut entretenir la richesse du bain par une anode en platine, à cause de l'insolubilité de ce métal. Il en résulte que la liqueur s'appauvrit rapidement, ce qui rend le dépôt défectueux.

Pour remédier à ce défaut, M. Wahl a eu l'idée d'utiliser la solubilité de l'hydrate de platine dans les alcalis et les acides (potasse, acide oxalique ou phosphorique), en vue de maintenir constante la composition du bain. Celui-ci est, par exemple, formé de 5o gr. d'acide phosphorique sirupeux (^ := 1,7), de 12 à i5 gr. d'hydrate de platine et de i kg d'eau distillée. La dissolution est faite à lOO'^C. Des additions successives d'hydrate entretiennent la richesse de la liqueur. On se sert d'une anode en charbon ou en platine. Les objets en fer, en nickel ou en zinc doivent être cuivrés au préalable.

784. — Gravure et incrustation galvaniques. — Lorsque certaines parties des électrodes en cuivre d'un bain cuivrique sont enduites d'un vernis isolant, elles échappent à l'action de l'électrolyse qui,

RAFFINAGE DES METAUX. SjS

dans les parties non vernies, creuse Tanode et donne du relief aux cathodes.

On déduit de cette observation un moyen de graver, soit en creux, soit en relief. Ainsi, pour obtenir une planche en relief, il suffit de la recouvrir d'un vernis isolant, de tracer le dessin voulu avec un burin et de mettre la planche dans un bain où elle sert de cathode. Une autre application est le damasquinage des métaux. Si Ton réunît une plaque de cuivre , gravée en creux par le procédé précédent et encore recouverte de Tenduit isolant, à la cathode d'un bain d'argenture, l'argent se dépose dans le creux et reproduit le dessin en incrustation.

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