K RAT
Cette disposition présente l'inconvénient que le défaut d'équilibre, de quelque côté qu'il ait lieu, produit toujours une attraction des feuilles d’or. Si on relie les plateaux À et B aux quadrants d’un électromètre dont l'aiguille communique avec le plateau C, il n'est plus nécessaire de relier d'abord ces plateaux avec le sol; l'aiguille reste au zéro si l'influence est la même de part et d'autre et, quel que soit le signe de l’électrisation, le sens de la déviation indique le côlé vers lequel a lieu le maximum d'influence.
Afin d'éliminer l'influence des corps extérieurs sur les plateaux À et B de Faraday et de réaliser, autant que pos-
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 923
sible, le cas de surfaces parallèles indéfinies, lord Kelvin et Maxwell ont donné l’idée générale d'une balance dont les 1ndications sont plus correctes. Les plateaux À et B, qui communiquent avec les quadrants d'un électromètre E (fig. 226), sont placés dans les intervalles de trois plateaux C, À, et B, de dimensions plus grandes ; les plateaux extérieurs A, et B, sont réunis entre eux et le plateau intermédiaire communique avec l'aiguille de l'électromètre (1).
Une fois l'équilibre établi, l'aiguille doit rester immobile, quelle que soit la différence de potentiel établie entre les conducteurs C et A,B,, si le système est entièrement symétrique.
Fig. 226.
L'un des plateaux extrêmes A, est muni d’une vis de rappel M qui permet de le déplacer parallèlement à lui-même, jusqu à ce que la condition soit réalisée.
On introduit entre À, et À une plaque diélectrique D d’épaisseur e, et on mesure avec la vis micrométrique M le déplacement e’ du plateau A, nécessaire pour rétablir l'équilibre, ce qui donne le pouvoir inducteur spécifique.
Comme ce pouvoir inducteur est une fonction du temps de charge, on mel les conducteurs C et A,B, en communication avec les pôles d’une bobine d’induction dont le courant inducteur est interrompu par une lame vibrante ou par un appareil électromagnétique à rotation qui peut donner jusqu’à 12 000 interruptions par seconde.
(1) J. E. H. Gornow, Phil. Trans. L. R.S.; 1879, p. 417. — Traité exp. d’Élect. et de Magn. Traduction française, t. [, p. 171.
M. Gordon a constaté que pour les verres, en particulier, la manière dont on nettoie les surfaces joue un rôle important et que leur altération spontanée se manifeste par un accroissement notable du pouvoir inducteur.
Pour le mica, M. Bouty place en cascade sur le circuit d’une pile E un condensateur de faible capacité C avec un microfarad F. Le courant étant fermé pendant un temps très court ?, le microfarad prend une différence de potentiel # et le condensateur E —», ce qui donne C(E—+) Fr. On en déduit le pouvoir inducteur par surface et l'épaisseur du mica.
Ces expériences d'équilibre électrostatique conduisent presque toujours à des valeurs de beaucoup supérieures aux carrés des indices de réfraction.
M. Pellat (*) utilise le changement qu'éprouve l'attraction des plateaux par l'introduction du diélectrique.
Deux électromètres absolus sont disposés l’un au-dessus de l’autre, en sens inverse, les plaques mobiles & et a étant portées par un fléau de balance; on équilibre le système de manière que ces plaques occupent chacune leur position normale dans le plan des anneaux de garde. Le plateau attractif B' de l’électromètre inférieur est fixe et à une distance constante 4” de sa plaque mobile. Le plateau supérieur B peut être déplacé par une vis micrométrique.
Les plaques à et a’, avec les anneaux de garde, sont reliées au sol; les plateaux attractifs B et B' sont aussi reliés entr'eux et peuvent être électrisés au même potentiel. L'action exercée sur chacune des plaques est proportionnelle à leur surface et au carré du champ.
Quand on électrise l'appareil, on ramène les plaques dans leur position primitive par l'ajustement de la distance d de l'électromètre supérieur. Si alors on introduit entre les armatures une lame diélectrique d'épaisseur e, l'équilibre n'existe plus; on le rétablit en éloignant le plateau B d’une quantité
/ e ; . : Lac - As e —e—;ÿ;cest une variante de l'expérience qui précède.
On peut ici éliminer l'influence du temps et de l'électricité
libre qui pourrait se trouver sur le diélectrique en donnant au
(1) PELLAT, Journ. de Phys. [3], t: IV, p. 501 ;:1895.
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 529
potentiel des valeurs égales et contraires ; 1l suffit, pour cela, de relier les armatures au fil induit d’une bobine dont le fil primaire est parcouru par un courant alternalif.
148. Décharges oscillantes. — M. Schiller (!) a recours aux décharges oscillantes produites dans le fil secondaire d'une bobine d'induction par la rupture du cireuit primaire.
Les armatures du condensateur communiquent, d'une part avec les extrémités du fil, de l’autre avec les quadrants d’un électromètre, l'un de ces quadrants étant au sol. Le mouvement d’un pendule (650) rompt d'abord le circuit primaire, puis la communication de l’armature isolée avec le fil mduit. L'électromètre donne la différence de potentiel des armatures au moment de cette seconde interruption. Une vis micrométrique permet de régler l'intervalle des opérations du pendule jusqu'à 107% seconde.
On dispose l'expérience de manière que l’électromètre reste au zéro pour deux intervalles successifs, dont la différence est la moitié de la période des oscillations.
En désignant par r et L les constantes du cireuit et par C la capacité totale, la période T est donnée par la relation
et 1l est facile de choisir des conditions expérimentales telles que le second terme soit négligeable.
On fait trois séries d'expériences : l’une avec le fil induit seul, les deux autres avec un condensateur à plateaux comprenant un diélectrique ou une couche d'air.
Désignant par #4, T et T'les trois périodes obtenues, par c, c+ KC et c+C les capacités correspondantes du système, on en déduit
ee RKCHL EC 2
Le pouvoir inducteur correspond à une durée très courte,
les périodes étant de l’ordre de 0°,00005.
(1) Scnizzer, Pogg. Ann., t. CLII, p. 535: 1874.
749. Action sur une sphère diélectrique. — Si l’on considère une sphère diélectrique de volume s située dans un champ non uniforme (429), elle subit une action dont la composante parallèle à l'axe des x a pour expression
He.0F2p15 KE AN0E; INTER ANNE Era PRE a — —— RICE E 2 4x K+2 dx
L'action X, qui s’exercerait sur une sphère conductrice
d'égal volume s'obtiendra en faisant K — & ; il en résulte
MES [Xi EX NON ue A X5 EX
M. Boltzmann (') applique cette méthode par deux dispositions expérimentales différentes.
Dans l’une d'elles, le rapport des actions X et X, est déterminé par les déviations de la verticale. Deux balles sphériques de soufre, par exemple, l’une rendue conductrice par une feuille d'or, avaient o°,7 de diamètre et étaient suspendues à la distance de 9 centimètres à deux fils de 2 mètres situés en face d’une échelle divisée. Quand on introduit entre elles une boule métallique électrisée de 2°,6 de diamètre, les balles sont attirées inégalement; si on règle l'expérience de façon que la boule active reste au milieu de l'intervalle des balles mobiles, le rapport des attractions est égal au rapport des déviations, qu'on observe au microscope, ou, plus généralement, au produit du rapport des déviations par le rapport des poids des balles. Il est difficile, dans ce cas, d'assurer l'égalité des distances et d'éviter l’action des courants d'air.
Dans d’autres expériences, la balle mobile B est attachée par deux fils à l'extrémité d'une tige métallique (fig. 229), portée elle-même par une suspension bifilaire F, de manière à constituer une petite balance de torsion; un miroir M sert à mesurer les déviations; l'aiguille de cette balance est protégée par une enveloppe contre les courants d'air. La boule active communique avec une bouteille de Leyde à laquelle on donne une charge déterminée au moyen d'un électromètre
1) BozTzMaANN, Wiener Silz. herichte, t. LX VIII, part. II, p. 81; 1873 et t. LXX ( , >] :] , , partll, p: 342:51874:
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 927
à décharges (612); on vérifie d’ailleurs par une balance de torsion conductrice et communiquant au sol, analogue à la première, que le potentiel de la bouteille de Leyde reprend la même valeur dans les expériences successives.
Si la balle mobile est formée alternativement d'un diélectrique et d'un conducteur, le rapport des déviations est égal au rapport des attractions correspondantes. Toutefois il reste à faire de petites corrections qui tiennent, soit à la différence
de volume des balles, soit au changement de distance produit par les attractions inégales.
Comme les actions qu'on observe sont toujours attractives, quel que soit l’état électrique de la bouteille de Leyde, on peut répéter l'expérience en opérant à la main un certain nombre de charges et de décharges successives, ou même en alternant les signes par le jeu d'une lame qui vibre entre les armatures de deux batteries électrisées en sens contraires. On détermine ainsi l'influence de la durée de charge sur le pouvoir inducteur spécifique.
Dans ces expériences d'attraction, le phénomène dépend de la masse entière du corps électrisé par influence, et non pas seulement de la surface, comme pour les conducteurs ; MM. Romich et Fajdiga (!) l'ont vérifié sur des balles de soufre recouvertes de paraffine ou de gomme laque.
(1) Romicu et FaspiGa, Wiener Silz. berichle, t. LXX, part. II, p. 367; 1874.
La méthode présente surtout l'avantage de n’exiger qu'un très petit volume du corps soumis à l'expérience et de pouvoir être appliquée aux cristaux (497).
En mesurant l'attraction exercée sur des sphères de soufre cristallisé, suivant des directions parallèles aux axes principaux, M. Boltzmann a obtenu trois valeurs très différentes du pouvoir inducteur spécifique, qui se rapprochent beaucoup des carrés des indices de réfraction correspondants, relatifs à la raie D :
Ki 0m K:=—5,950, K3=4,779.
n?==0 001: ME NI00 n?— 5,018.
En appliquant la même méthode à plusieurs corps isotropes ou cristallisés, MM. Romich et Nowak (!') ont fait varier la durée de la charge entre des limites très étendues. Les matières imparfaitement isolantes ne tardent pas à se comporter comme des conducteurs; même pour des durées très courtes, 1l devient alors difficile de constater une inégalité des pouvoirs inducteurs spécifiques suivant différentes directions.
Par une disposition analogue, M. Borel {?) a déterminé les constantes diélectriques principales de divers cristaux orthorhombiques ou clinorhombiques. Dans ce dernier cas, deux des axes principaux ne sont pas définis par la symétrie cristalline et ne peuvent avoir qu'une relation éloignée avec ceux des phénomènes optiques.
150. Liquides. — L'expérience présente ici des difficultés spéciales à cause des mouvements du liquide qui transporteut l'électricité par convection d'une armature sur l’autre. On sait, par exemple, qu'il est impossible de maintenir chargé un condensateur à diélectrique liquide.
Sous cette réserve, les méthodes précédentes peuvent être appliquées aux liquides ; il suffit de placer le liquide dans une cuve à faces parallèles et d'étudier séparément l'influence de la cuve vide ou pleine.
Si les appareils sont placés dans le liquide même, leur action réciproque est proportionnelle (96) au carré du champ
(1) Romicx et Nowax, Wiener Sits. berichte, t. LXX, part. II, p. 380; 1874. (2) Cu. Borez, Arch. de Genève, [3], t. XXX, p. 131; 1898. :
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 929
et en raison inverse du pouvoir inducteur, c’est-à-dire finalement proportionnelle au pouvoir inducteur lorsque la différence de potentiel est constante.
M. Silow (!) s'est servi d'un électromètre de forme particulière. Une lame d'étain, collée à l’intérieur d’un cylindre de verre, est divisée en quatre segments qui jouent le rôle des quadrants ; l'aiguille est remplacée par deux secteurs cylindriques de même axe. L’aiguille est en communication avec le sol et les deux systèmes de quadrants opposés avec les pôles d’une pile isolée dont le milieu est au sol. On mesure la déviation quand l'appareil est plein d'air, puis quand il est rempli d'un liquide, d'essence de térébenthine par exemple; pour une même différence de potentiel, la déviation est proportionnelle au pouvoir inducteur spécifique; on évite la lecture du zéro en renversant les communications des pôles avec les quadrants et mesurant la double déviation.
M. Pérot (?) emploie deux électromètres à quadrants superposés, dont les quadrants sont réduits à des secteurs plans au lieu d'appartenir à une boîte fermée. Les deux aiguilles sont solidaires, portées par la même suspension, et l’on fait en sorte que les deux couples auxquels elles sont soumises soient de sens contraires. La distance de l'aiguille inférieure à ses quadrants restant invariable, on équilibre les couples en modifiant la distance des quadrants de l'électromètre supérieur à l'aiguille correspondante. Supposons que l'appareil soit équilibré pour une distance d à l’électromètre supérieur, quand les aiguilles et deux des paires de quadrants sont électrisés, les autres quadrants étant au sol. Si on plonge l’électromètre inférieur dans un liquide, l'équilibre est troublé; on le rétablit en portant les quadrants supérieurs à la distance d’.
Pour déterminer le changement produit par le liquide, on charge seulement l’électromètre supérieur à un même potententiel et on mesure les déviations et à’ qui correspondent aux distances d et d'. Comme ces déviations sont respectivement proportionnelles aux couples électriques de l'électromètre et, par suite, à ceux qu éprouvait l'électromètre inférieur, à dislance constante, avant et après l'introduction du liquide, il
(1) Sizow, Pogg. Ann., t. CLVI, p. 389 ; 1875.
(2) A. PEror, Journ. de Phys. [2], t..X, p.149; 1891.
Électr. et Magn. — 11. 34
en résulte K—-<: Pour la benzine et l'essence de pétrole, les
pouvoirs inducteurs ainsi déterminés ont été très voisins du carré des indices de réfraction relatifs à la raie D :
Bénizine RM ENNENFE 2,209 520 Essence de pétrole. : 2,170 2,11
La même disposition permet d'étudier la variation du pouvoir inducteur spécifique avec le temps.
L'appareil de M. Pellat (747), qui repose sur le même principe, convient également aux liquides. On noie d'abord l'électromètre inférieur dans le liquide et on l'équilibre quand tout est à l’état neutre. La différence de potentiel étant établie, l'attraction sur le disque a’est devenue K fois plus grande; on compense cet effet en diminuant de x la distance primitive d de l’électromètre supérieur. Il en résulte
Si l’on fait a'—a et d'—d, il reste simplement
PAU NE k=(—):
Il est nécessaire de dégager le rôle que joue la conductibilité propre du liquide. M. Bouty, par exemple, met sur le circuit d’une pile E un microfarad F et un condensateur à liquide de capacité C beaucoup plus faible, dont la résistance r est très grande par rapport à celle du circuit. Pendant un temps t très court, réglé par un interrupteur à pendule, le débit d'élec-
tricité est Q=CE + Si on remplace le liquide par de l'air, la charge totale est J=KE: Le rapport des charges Q et 4 étant déterminé par
les différences de potentiel du microfarad, il en résulte
DORE NES KR 7 le Free ue Loi
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 931
in appelant S la surface du condensateur, e son épaisseur et la résistivité du liquide, on a
Ses e DE DCE DÉPIT os) Cr RATE Ts
Pour que l'expérience soit capable de donner en même temps
les valeurs de K et de p avec une exactitude suffisante, il faut K .
que le rapport ne soit de l’ordre de l'intervalle de temps 4,
lequel était compris entre o$,ooor et 0$,03.
On a ainsi obtenu, pour différents liquides, en évaluant la résistivité o en ohms,
K. 0 Sulfure de carbone...... PT LT TSTON Essence de thérébentine. . 3,314 TT MAN" FORZAIAC. (42902 ANT 2,21 000
Avec les mélanges de liquides, la résistivité diminue beaucoup et le pouvoir inducteur augmente.
151. Gaz. — L'objection relative au transport de l'électricité par les molécules n'a plus ici la même importance, puisque la charge d'un condensateur à gaz se conserve longtemps. Faraday, malgré de nombreux essais, ne put constater aucune différence entre les pouvoirs inducteurs spécifiques des gaz; M. Boltzmann et, plus tard, MM. Ayrton et Perry (‘) y ont réussi de la manière suivante.
Le condensateur de M. Boltzmann est formé de deux plateaux métalliques parallèles A et B, placés sous une cloche, et garantis par des plateaux plus larges contre toute influence extérieure. Le plateau A est relié d'une manière permanente au pôle positif d'une pile de 300 couples; le pôle négatif communique au sol et à une des paires de quadrants d’un électromètre dont l'aiguille est électrisée ; le plateau B est relié à l’autre paire de quadrants.
L'aiguille est ramenée d’abord au zéro par la mise au sol du
1) AyrTON et PERRY, Mem. lu à Soc. As. du Japon, Yokohama: 1877. ? 1 , ,
plateau B pendant un instant; quand on fait ensuite le vide dans la cloche ou qu'on remplace l'air par un autre gaz, il se produit une déviation.
Si V est la force électromotrice de la pile, K et K’ les pouvoirs inducteurs spécifiques des deux gaz, la différence de potentiel entre les plateaux, qui était d'abord égale à V dans
LR | lbs 3 r K la première expérience, devient dans le second cas V Kg (91);
puisque la charge du plateau B reste sensiblement la même. En désignant par ÔV la variation de potentiel qui correspond à la déviation de l’aiguille, on peut écrire
Comme l'électromètre doit être très sensible pour ce genre d'observations, on détermine le potentiel V par la déviation que produit un seul couple.
Par rapport au vide, tous les gaz ont un pouvoir inducteur spécifique plus grand que l'unité, moindre pour l'hydrogène que pour l'air. La variation de potentiel ÔV est donc négative quand on fait le vide sur un gaz ou qu'on remplace l'air par l'hydrogène.
MM. Ayrton et Perry comparent, au moyen de la balance des capacités (fig. 217), un étalon à air avec un condensateur lamellaire formé de douze plaques entre lesquelles on pouvait introduire un gaz quelconque ou faire le vide.
152. Capacité de polarisation. — La charge d’un condensateur et la polarisation des électrodes présentent une analogie très étroite (182). Toute quantité 4 d'électricité qui traverse un voltamètre, sans y provoquer aucun dégagement apparent de gaz, détermine entre les électrodes une différence de potentel e; si on pose g = ce, le facteur c peut être défini la capacité de polarisation de l’électrode. Le procédé le plus simple pour mesurer cette grandeur serait de mettre le voltamètre en relation avec une pile de force électromotrice connue, inférieure au maximum de polarisation, puis de mesurer la décharge obtenue en fermant le voltamètre par un galvanomètre (1). Toutefois,
(A Vanzer, Phil, Trans RASOIR D 4120-1871.
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. Ha l'expérience est complexe, parce que l'équilibre n'est pas instantané, à la charge ou à la décharge, et 1l y a une perte notable due à la dépolarisation par diffusion.
M. Blondlot (!) évite cette cause d'erreur en commençant par étudier comment s'établit la polarisation en fonction de la durée de la charge. Au moyen d'un interrupteur à pendule, il met le voltamètre en communication avec une force électromotrice donnée, pendant un temps très court, puis ferme le voltamètre sur lui-même par une résistance très faible, pour le dépolariser. La quantité d'électricité correspondant au courant de charge est mesurée par un galvanomètre balistique. En faisant varier la durée du contact, on peut construire la courbe des charges en fonction du temps. Cette courbe s’élève rapidement et, sans la déperdition, deviendrait bientôt horizontale ; en réalité elle tend à se confondre avec une droite inclinée AL (fig. 228) dont l'inclinaison sur l'axe des abscisses
een mn 0 0 mn me où 0 me 0 où té 1e @ mem me © en me 0 0e 1 on 1e M RU AE em ie un
représente la déperdition; l'ordonnée OK à l'origine mesure la charge vraie capable de donner aux électrodes une différence de potentiel égale à celle de la pile.
L'expérience étant répétée avec des forces électromotrices variables, on peut construire la courbe représentative des charges en fonction de la force électromotrice. Si la capacité était constante, cette courbe se réduirait à une droite passant par l’origine ; en réalité elle tourne sa convexité vers l'axe des
(1) Bcoxpcor, Journal de Physique, t. X, p. 277, 333, 434; 1881.
abscisses, autrement dit les charges croissent plus vite que les forces électromotrices. Le coefficient angulaire de la tangente représente en chaque point la capacité vraie ; on peut considérer comme capacilé initiale la valeur limite de ce coefficient quand la force électromotrice tend vers zéro.
La différence de potentiel des deux électrodes représente l'écart que la polarisation établit entre les forces électromomotrices de contact, originairement égales, des deux électrodes avec le liquide. Si la surface d’une des électrodes est très grande et commeinfinie par rapport à l’autre, on peut admettre que la surface de la première et, par suite, sa force électromotrice de contact n’est pas modifiée; la différence observée représente alors la variation de la force électromotrice de contact de la seconde. En prenant cette dernière alternativement comme anode ou cathode, c'est-à-dire en la chargeant d'oxygène ou d'hydrogène, l'expérience donne la même valeur pour la capacité initiale; celle-ci est donc indépendante du sens de la polarisation. Si on compte les forces électromotrices et les charges correspondantes comme positives ou négatives suivant que l’électrode active est elle-même anode ou cathode, on obtient deux courbes qui se raccordent à l'origine, comme on le voit dans la figure 229.
L'expérience montre que la capacité d'une électrode déter-
Fig. 220.
minée ne dépend que de la différence de potentiel qui existe entre celle électrode et le liquide en contact et non de la
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. 239
nature du liquide : c'est l'extension à une surface solide en contact avec un liquide de la loi signalée plus haut (196) pour le mercure. La courbe de la figure 229, relative à l’eau acidulée par l'acide sulfurique, convient donc pour tout électrolyte donnant de l'hydrogène et de l'oxygène.
Pour démontrer cette loi, M. Blondlot place les deux électrodes dans des liquides différents, séparés par une cloison poreuse. Les forces électromotrices de contact étant inégales, le système constitue un couple ; mais quand on ferme le circuit jusqu'à ce que le courant devienne nul, la polarisation a précisément pour effet de ramener à l'égalité les chutes de potentiel de part et d'autre. Si l’une des électrodes est très erande et reste sans allération sensible, la capacité initiale de la petite est alors la même que lorsqu'elle est plongée dans le même liquide que la grande. Si les électrodes ont des surfaces égales, M. Blondlot démontre que leurs capacités sont égales en s'appuyant sur la remarque suivante.
Soit e, à un instant donné, la différence de potentiel entre l'électrode et le liquide en contact; pendant le temps dé, cette différence éprouve une variation totale
de de de de dq dat a =(R +5 à) Le
ot 0q
Le premier terme correspond à la dépolarisation spontanée par diffusion, le second au passage d'une quantité dq d'électricité à travers l'électrode. Si on remarque que la dérivée
. de " 4: do partielle 5, "éprésente l'inverse de la capacité et le couq
rant : qui traverse l’électrode, on peut écrire
‘de Aa (1) de= (+ E) de
Quand on ferme le couple sur lui-même, il se produit un courant très faible et qui finit par devenir constant ; on a alors de — o et on peut écrire, pour chaque électrode,
Jeter de’
om Se = PU € De D de
; = = 0 ot c ot C'
Si les capacités e et c’ sont égales, comme le veut la loi, il résulte des équations précédentes
0(e+e) Wa OL
Quand on interrompt le circuit, la somme algébrique des deux forces électromotrices doit donc rester constante; en d’autres termes, ces forces électromotrices varient de quantités égales et de signes contraires.
On peut s’en assurer par une expérience directe, en reliant chacune des électrodes respectivement à l’armature intérieure de deux condensateurs identiques réunis par leurs armatures extérieures. La communication étant établie entre l'armature extérieure commune et le liquide qui entoure les électrodes, par l'intermédiaire d'un galvanomètre ou mieux d'un électromètre, on rompt le circuit dans lequel le couple était intercalé. Si les deux électrodes sont égales, l'aiguille reste immobile, d'où résulte que les armatures éprouvent des variations de potentiel égales et de signes contraires ; l'aiguille est déviée dans un sens ou dans l’autre dès qu'il existe une différence sensible entre les surfaces des deux électrodes.
Remarquons, en passant, que l'équation (1) fournirait un procédé pour mesurer la capacité c de polarisation. Le voltamètre étant relié à une pile de force électromotrice inférieure au maximum, on mesurerait le courant: de dépolarisation et, après avoir rompu la communication, la déperdition . de la force électromotrice par un électromètre.
Les expériences de M. Bouty (‘) ont été faites par une méthode différente. Un voltamètre de résistance r est intercalé dans un circuit renfermant une force électromotrice E très grande par rapport au maximum de polarisation et dont la résistance R est telle que le courant reste très faible et sensiblement uniforme. A la fermeture de ce circuit, le courant est 1, et la différence de potentiel des électrodes du voltamètre a pour expression
r N'ES — E RE
(t) E. Boury, Ann. de Ch. el de Phys. [7], t. II, p. 145; 1894.
CAPACITÉS ET DIÉLECTRIQUES. ais
Au bout du temps #, la polarisation est devenue e et la différence de potentiel des électrodes V; on a alors E—e
ss Fr | te R Vel) = ee] PE POS
Par un mouvement de pendule, on ferme d'abord le circuit principal; aussitôt après, le pendule relie les électrodes aux armatures d'un condensateur, pendant un temps de quelques centièmes de seconde suffisant pour établir l'équilibre, et répète le même contact un certain nombre de fois, à des intervalles +, par chacune de ses oscillations. La capacité + du condensateur peut être négligée par rapport à celle du voltamètre; on détermine la différence de potentiel initiale V, et sa valeur V au bout de temps {— n+7, soit par compensation, soit par un électromètre.
Le courant de décharge se mesure d'une manière analogue. Le voltamètre étant fermé par une résistance R, on détermine les différences de potentiel décroissantes V,, V;, …., V, aux époques 0, 7, …, n7, d'où l’on déduit les polarisations correspondantes 65, e1, ..…., er. 51 c, désigne la capacité pendant un des intervalles +, où la polarisation moyenne est Mer,
et g' la décharge qui en résulte, on a
En-1 + En+1 À
RE Sp à er M 2 R i
ai T TR SSSR
NE € Le 2(En— En) Fous