SYSTEMES DE CONDUCTEURS NUS. II
ferrures noyées dans le béton, supportent les cordes de cuivre du système de distribution à trois conducteurs. Ces cordes sont retenues dans des étrîers en fonte pénétrant par une queue dans les isolateurs.
Les fils pilotes sont soutenus par des isolateurs spéciaux. Les branchements vers les habitations se font par des fils sous plomb. Aux traversées de rues, les caniveaux sont arrêtés à des puits raccordés sous la voirie par une galerie dans laquelle un homme peut circuler. Les câbles descendent dans ces galeries par les puits. L'expérience a montré que les câbles sont exposés à une détérioration rapide par oxydation lorsque les conduites laissent pénétrer rhumidité. De plus, malgré de fréquents raccords à Tégout, les caniveaux laissent , en temps d'orage , s'accumuler de Teau qui vient en contact avec les conducteurs, ce qui produit des courtscircuits ou, tout au moins, un dégagement gazeux abondant par électrolyse. Il se forme ainsi des mélanges explosifs qu'une étincelle peut faire déflagrer. Actuellement, la Compagnie Edison revêt les conducteurs d'un enduit protecteur.
Dans le système de M. Crompton , qui a donné de bons résultats en Angleterre , les caniveaux sont également en béton et ils sont fermés par des voussures dont la distance au dallage des trottoirs varie entre 25 et 60 cm, suivant la position des canalisations existantes. Les caniveaux sont interrompus aux coins des rues et aux branchements principaux par des trous d'homme, en fonte. Ils contiennent des conducteurs se composant de barres plates en cuivre ayant 2,5 cm de largeur sur 0,6 cm d'épaisseur. Ces barres sont livrées par bouts de 210 m et posées à plat dans des fourchettes portées par des isolateurs en verre placés dans des regards écartés de 1 5 à 20 m. Ces barres peuvent être poussées dans les caniveaux entre deux regards successifs. On superpose des tronçons semblables jusqu'à ce qu'on ait obtenu la section totale de cuivre désirée. La flexibilité de ces conducteurs leur permet de supporter sans inconvénients les dilatations dues aux échauffements ; il se produit simplement une modification dans la flèche entre deux supports. Aux traversées des rues , les caniveaux sont remplacés par des tuyaux en fonte , dans lesquels on pousse les barres soutenues de distance en distance par des isolateurs montés sur des chariots mobiles dans les tuyaux.
120 CANALISATIONS ELECTRIQUES.
Les branchements vers les habitations sont formés par des câbles recouverts de caoutchouc et tirés dans des tuyaux en fonte qui réunissent les immeubles aux regards voisins. Le peu d'eau qui s'infiltre dans les conduites s'écoule vers les regards et est recueillie périodiquement à Taide de pompes.
A Berlin , la Société générale d'électricité a également essayé les barres de cuivre nu posées sur des isolateurs dans des caniveaux du système Monier. Ces caniveaux sont rectangulaires et leurs parois, composées de béton déciment, sont consolidées par une carcasse formée d'une grille de fils d'acier noyés dans l'épaisseur du ciment.
F'ig. 329.
Un système qui se rattache aux précédents et qui peut être employé pour les conducteurs intérieurs est celui de M. Fortin- Hermann, fig. 329 ; le conducteur est enfilé dans de petits cylindres en bois paraffinés et le tout est couvert d'une gaîne de plomb.
LIGNES TELEGRAPHIQUES SOUTERRAINES.
543. — Généralités. — Les lignes télégraphiques S2 posent généralement en terre dans les villes, vu la difficulté d'obtenir les autorisations nécessaires pour l'emploi de conducteurs aériens. Dans quelques pays, on a fait la dépense considérable de construire des lignes interrurbaines souterraines, afin d'éviter les ruptures que les ouragans et le givre causent chaque hiver dans les lignes aériennes.
Les câbles souterrains comprennent plusieurs conducteurs formés de cordes de 3 à 7 fils de cuivre. La subdivision du conducteur a pour but de lui donner de la souplesse et de supprimer les interruptions qu'occasionnerait le bris d'un fil unique. L'isolant généralement employé est la gutta-percha, dont l'imperméabilité est précieuse dans les terrains humides; les courants télégraphiques n'échauffent d'ailleurs jamais l'enveloppe au point de la ramollir.