LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES SOUTERRAINES
On corde ensemble un nombre d'âmes compris entre 3 et 7, en ayant soin d'interposer dans le câble des cordelettes de jute destinées à remplir les vides.
Les câbles sont protégés dans le sol , soit par des tuyaux en fonte dans lesquels ils sont tirés suivant le procédé décrit au § 535 , soit par une armature en fil de fer. Dans le premier cas, on les revêt de couches de fort ruban imprégné de tannin ou de goudron de bois, afin d'éviter qu'il ne s'éraiilent pendant le tirage dans les tuyaux. Dans le second cas, les câbles sont recouverts d'un matelas en jute goudronné ou tanné, puis d'une armature en fils de fer revêtue de jute imprégné d'un enduit préservateur.
544. — Lignes françaises. — Le câble adopté par l'Administration française des télégraphes pour les lignes souterraines interrurbaines possède 3 conducteurs. L'un d'eux à un diamètre plus fort que les autres. Il sert pour les transmissions à longues distances, les deux conducteurs voisins réunissant les postes télégraphiques intermédiaires. Les sections de lignes qui relient ces postes sont parcourues par des courants différents dont les effets d'induction se neutralisent en tout ou en partie.
Suivant un usage longtemps suivi dans la télégraphie sousmarine, on adopte des poids égaux pour les conducteurs et pour leurs revêtements de gutta-percha.
Le conducteur principal est formé d'un toron de 7 brins de cuivre de 0,75 mm de diamètre , recouvert de 3 couches de guttapercha, alternant avec 3 couches de composition Chatterton. Le diamètre total de Pâme est de 6,4 mm. Les 7 brins des conducteurs auxiliaires ont 0,6 mm et le diamètre des âmes mesure 5 mm.
Les trois âmes , câblées avec 3 torons de jute , sont recouvertes
d'un guipage de jute tanné , puis d'un ruban de coton goudronné et d'un ruban de coton tanné enroulés en sens inverses.
La résistance des conducteurs est, suivant leur diamètre, de 6,5 et 10 ohms par kilomètre , à 24» C.
Dans tous les cas, la résistance d'isolement, mesurée après 2 minutes d'électrisation et avec une pile donnant environ 100 volts de tension , doit être de 5oo mégohms par kilomètre, à 24° C, avec une tolérance de 25 pour 100 d'écart en plus ou en moins. L'isolement maximum est imposé en vue d'écarter les gu.ttas résineuses
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qui ne conservent pas la résistance spécifique élevée qu^elles présentent immédiatement après la fabrication.
La capacité des âmes ne doit pas dépasser o,25 microfarad par kilomètre.
Les qualités électriques des câbles sont garanties pendant un an par le constructeur. Durant ce délai, les variations ne peuvent pas excéder lo pour loo.
Les tuyaux en fonte servant à protéger les câbles ont une section variable avec le nombre de ceux-ci. Les tronçons, dont la longueur varie de 2 m à 2, 5o m, sont raccordés par des joints à emboîtement, matés au plomb pour assurer Tétanchéité de la conduite. De 5o m en 5o m, on intercale, dans la canalisation, un manchon qui peut glisser sur cette dernière , de manière à permettre la sur- \(eillance pendant le tirage des câbles et la visite des câbles tirés. Tous les 5oo m, la conduite pénètre dans une marmite en fonte pourvue de deux tubulures latérales où s'engagent les tuyaux. C'est par ces chambres que s'opère le tirage.
545. — Lignes souterraines utilisées en Allemagne et en Belgique. — Les Administrations télégraphiques allemande et belge font usage de câbles armés de fils de fer, simplement enfouis dans le sol. Voici la spécification d'un de ces câbles, qui contiennent 7 conducteurs.
Chaque âme comprend un toron de 7 brins de cuivre de 0,7 mm de diamètre, recouvert de 2 couches de gutta-percha alternant avec 2 couches de composition Chatterton. Le diamètre de l'âme est de 6 mm.
Les 7 âmes sont cordées avec interposition de fils de jute et munies d'un matelas de jute goudronné, sur lequel s'applique une armature de 20 fils de fer galvanisé, de 3,75 mm de diamètre. L'armature est elle même protégée par un guipage de jute goudronné revêtu d'un enduit bitumineux.
Les tranchées destinées à recevoir le câble ont i m de profondeur et o,5o m de largeur. Le câble est déposé dans cette tranchée et recouvert d'abord d^une couche de terre tamisée de 0,10 m, puis de terres de déblai damées par couches de o,3o m.
Pour la traversée des cours d'eau , on emploie toujours des câbles armés de fils de fer. Le câble est déroulé d'une rive à l'autre au