LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES SOUTERRAINES
moyen d^un bateau plat dirigé aussi normalement que possible par rapport aux rives.
Le câble reçoit souvent, en ces endroits, une seconde armature de fils de fer, qui lui permet de résister aux coups de gaffe et à la traction des ancres de bateau.
546. — Joints des câbles. — Les joints des câbles doivent être effectués d'une manière très soignée, si Ton veut éviter des défectuosités dont la réparation est toujours coûteuse. Leur exécution ne doit être confiée qu'à des hommes soigneux et exercés.
Ce qui suit peut s'appliquer aussi aux câbles sous-marins, dont il sera question ci-après.
Les deux âmes étant dénudées sur une longueur de 2 cm environ, on serre les cordes de cuivre entre deux paires de mâchoires montées sur un chevalet qui sert de siège au jointeur. Les bouts des conducteurs sont préparés à la résine et empâtés de soudure, de manière à former deux fils pleins dont on enlève les aspérités à la lime. Ces fils sont limés en sifflet, appliqués Tun sur Tauire et soudés. Par dessus la jonction, on enroule un fil mince de cuivre en spires serrées , qu'on empâte dans de la soudure.
Après avoir de nouveau limé les aspérités, on procède à la réfection de Tenveloppe isolante, qui doit comporter autant de couches de gutta qu'il y en a sur le câble normal. Les extrémités • de Tenveloppe, taillées comme un crayon pour éliminer les parties altérées par la soudure, sont réchauffées au dessus d'une lampe à alcool, sans toucher la flamme. Le conducteur ayant été enduit de chatterton également ramolli à la flamme, on ramène sur lui la gutta en la modelant à Taide des doigts humectés de salive. Cette couche est à son tour revêtue de chatterton que Ton égalise au fer chaud. On applique alors sur le joint une bande de gutta ramollie qu*on pétrit et qu'on soude sur les bords. L'excès de gutta est coupé avec une paire de ciseaux et le tout est poli au fer. On continue de la sorte de façon à reproduire l'enveloppe primitive. Le jointeur chauffe toujours les parties qu'il a touchées avec les doigts, afin de faire disparaître autant que possible toute trace d'humidité.
Lorsque le câble possède une armature en fils de fer, il faut faire l'épissure de celle-ci préalablement relevée sur une longueur con-
venable. On coupe les fils d'un des bouts à des longueurs décroissantes, les fils correspondants du bout voisin étant sectionnés à des longueurs complémentaires , de manière à ce que les fils ramenés sur le câble reconstituent Tarmature normale après que les différents brins ont été soudés deux à deux. Dans les câbles souterrains, on supprime cette dernière soudure en se contentant de serrer autour de Tépissure un fila ligature.
547. — Comparaison entre le prix des lignes télégraphiques aériennes et le prix des lignes souterraines à isolement de guttapercha. Emploi d^autres isolants. — D'après M. Delarge (*), le coût d'un kilomètre de ligne aérienne le long d'une voie ferrée peut s'évaluer comme suit :
1 3 poteaux à 9 francs fr. 117 »
iio kg de fil de fer de 4 mm » 38, 5o
Accessoires » 16
Salaires » 18 »
Total : fr. 189,50
La pose d'un fil supplémentaire entraîne les frais suivants :
no kg de fil de fer de 4 mm fr. 38, 5o
Accessoires d 16 »
Salaires )• 10»
Total : fr. 64,50
Il résulte de là qu'une ligne à 7 fils coûte environ 189,50 + 6 X 64,50 = 576,50 fr., soit moins de 100 fr. par fil. L'emploi du fil de bronze élève un peu le prix de la ligne à conductibilité égale, mais la durée du bronze est indéfinie, sauf accidents, tandis que le fil de fer galvanisé est hors de service après une quinzaine d'années. De plus, le fil de fer n'est pas tolérable si la ligne doit servir aux correspondances téléphoniques, comme on le verra plus loin.
( < ) F. Delarge, Notice sur le matériel des lignes télégraphiques belges, 1868.
LIGNES TÉLÉGRAPHIQVES SOUTERRAINES. 125
prix de revient d'un kilomètre de ligne souterraine française Te,
Le ^^les (9 conducteurs) s'établit comme suit :
j. ''ossements et pose des tuyaux fr. i 900
tSi^^^ « '755
2 ç^A^^port et distribution à pied d'œuvre .... » 320
^Vçs posés » 5 025
'^XoÀ^ de surveillance et réfection des chaussées . . » i 000
Total : fr. 10 000
Le prix des câbles allemands (7 conducteurs) armés, y compris les frais de pose, est estimé à 7 000 fr.
On voit que le coût des lignes souterraines de 7 à 9 conducteurs est environ dix fois supérieur à celui des lignes aériennes, ce qui explique le peu d'extension des premières. Ce n'est guère que dans les artères, où il est absolument indispensable de se ménager une réserve en cas d'interruption des lignes aériennes par les intempéries ou la malveillance , qu'on a recours aux lignes souterraines dont l'emploi n'est imposé que dans les grandes villes. Dans ces dernières, où le nombre des conducteurs tirés dans une même conduite est parfois très considérable, on peut diminuer le prix de revient par conducteur.
On a aussi proposé l'emploi d'isolants moins coûteux que la guttaperchadont l'usage est d'ailleurs impossible lorsque les câbles sont voisins de conduites de vapeur, ce qui se présente dans quelques villes. On peut alors faire usage de câbles de Berthoud, § 540.
M. Brooks a préconisé l'huile de pétrole comme isolant. Un isolant
liquide a l'avantage de remplir les cavités percées par une décharge
atmosphérique. Le câble, constitué par des conducteurs recouverts
de guipages de coton, est tiré dans une conduite en fer à joints
éianches. La conduite est ensuite remplie d'huile. Dans ce but,
les points de la canalisation au niveau le plus élevé sont reliés
à des réservoirs par lesquels on verse le pétrole. Lorsque le
remplissage est terminé, on maintient une certaine pression grâce
aux réservoirs, de manière à suppléer aux pertes occasionnées
parles fissures des tuyaux. Ce système ne s'est pas répandu par
suite des difficultés de pose et d'entretien résultant de ces
manipulations.
548. — Raccordem^it des lignes aéri^ines avec les câbles souterrains. — Ces raccordements se font, pour les câbles importants, dans une cabine'où l'on peut installer des appareils d'essai. Pour les câbles courts, on se contente d'établir le raccordement sur une planchette verticale maintenue contre un poteau au moyen d'une console. La planchette porte deux rangées de bornes sur ébonite, Tune des rangées servant à recevoir des fils isolés reliés aux fils aériens , l'autre rattachée aux conducteurs souterrains. Les bornes sont réunies deux à deux par des fils auxiliaires qui sont enlevés dans le cas où l'on veut faire l'essai d'une section de ligne défectueuse.
La planchette et les connexions qu'elle porte sont couvertes d'un chapeau métallique qui vient reposer sur la console et enferme complètement les raccords en les soustrayant à Thumidité.
Il est nécessaire d'intercaler des parafoudres aux points de raccordement pour éviter qu'une décharge atmosphérique suivant la ligne aérienne n'endommage le câble. Dans les cabines, on emploie des parafoudres à pointes ou à feuille de papier, § 478. On fait aussi usage des parafoudres Varley.
Pour les câbles importants, ces divers systèmes sont employés simultanément. On interpose même dans la ligne un fil préservateur mince qui fond lorsque le courant atteint une intensité supérieure à celle du courant de travail.
Lorsque le raccordement se fait sur un poteau , on utilise parfois, pour arrêter les lignes aériennes, des isolateurs spéciaux qui contiennent un paratonnerre à pointe.