LIGNES SOUS-MARINES. I
La route à suivre par un câble sous-marin doit présenter des fonds aussi réguliers que possible. Dans les mers peu profondes et sur les côtes, on évitera les fonds rocheux, balayés par les vagues ou les courants sous-marins, sur lesquels les câbles s'useraient rapidement. On recherche, pour atterrir le câble, des anses peu fréquentées où la ligne ne court pas le risque d'être accrochée par les ancres de navire.
L'âme d'un câble conserve une composition constante sur toute
son étendue. Elle est unique dans les longs câbles télégraphiques,
attendu que Tinduction et la condensation électriques ne per-
J mettraient pas, dans ce cas, d'établir plusieurs communications
/ par des âmes juxtaposées. Dans les câbles courts traversant des bras
de mer, on peut, au contraire, employer plusieurs âmes contiguës.
Tel est le cas des câbles de la Manche et de la mer du Nord, qui
ont 4 âmes.
L'isolant usité dans la fabrication des âmes est la guetta-percha, sauf pour les câbles enfouis dans certaines mers tropicales, où la température atteint 3o® en quelques endroits, et où il est nécessaire de revêtir les conducteurs d'un mélange de caoutchouc et de gutta-percha.
L'armature d'un câble varie suivant que celui-ci doit être posé en mer profonde ou en mer peu profonde. Dans le premier cas, Tarmature permet au câble de supporter les efforts auxquels celui-ci est soumis pendant l'immersion. Elle est formée de fils d'acier galvanisé de 3,5 mm de diamètre. Dans le second cas, le câble peut être accroché par les ancres des navires ou les. filets des pêcheurs. Aussi les câbles des mers peu profondes et des côtes exigent une protection exceptionnelle. On peut, ou bien revêtir le câble armé de mer profonde d'une seconde armature en fils d'acier de 6 mm de diamètre, ou adopter une seule armature de fils de fer de ce diamètre.
Le câble est attaqué par différents petits animaux sous-marins qui pénètrent à travers les interstices de l'armature ; on préserve rame en la recouvrant d'un ruban de bronze dans les endroits particulièrement exposés.
Voici les conditions électriques exigées d'un câble posé récemment.
La résistance moyenne du conducteur doit être inférieure à 12 ohms, à 240 C, par mille marin (i852 m).
La résistance d'isolement de l'âme doit dépasser 3oo mégohms par mille, après 24 heures d'immersion dans Teau à 240 C. La mesure est faite 14 jours après le recouvrement des conducteurs et après 2 minutes d'électrisation.
550. — Immersion des câbles. — L'immersion des grands câbles sous-marins se fait en plusieurs fois par des navires de construction spéciale, possédant de grandes cuves pouvant recevoir des longueurs de câble considérables. Le câble tombe à la mer par
Fig. 33o.
l'arrière du navire , après avoir passé par un dynamomètre qui permet de mesurer la tension à bord et un frein qui sert à modifier cette tension en activant ou en ralentissant la chute du câble.
Le dynamomètre comprend deux poulies fixes P, P', distantes de 2/, sur lesquelles passe le câble, et une poulie P" mobile entre des guides verticaux et servant à appuyer sur le câble un poids Q qui détermine une tension t telle que
Q = 2 / sin a = 2/
d'où
La tension t peut être lue à chaque instant sur une échelle indiquant la hauteur du poids Q.
Le câble fait deux tours sur un tambour dont on peut enrayer plus ou moins la rotation à l'aide d'un frein Appold à sabots.