‹ Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore annexé à l'Université de LiégeChapitre 49 sur 99 · TT · texte numérisé non relu

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qui se superpose au premier pour donner le courant résultant

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Le diagramme du courant résultant est obtenu en retranchant des ordonnées de la première courbe les ordonnées d'une courbe identique reculée vers la droite d'une longueur /'. On trouve

de cette manière la courbe descendante de la fig. 392. Elle se raccorde à la courbe montante pour figurer Tonde électrique reçue à Textrémité de la ligne.

Il est facile de voir que la durée de celte onde est plus considérable que la durée du signal transmis, laquelle est représentée par Tabscisse du point de soudure des deux courbes. La forme de Tonde reçue serait bien plus allongée encore si , au lieu de mettre la ligne sur terre après Tenvoi du courant , on Tisolait au poste de transmission , car alors toute Télectricité qui charge le câble devrait passer par le poste de réception, au lieu de s'écouler par les deux bouts.

Une onde ainsi allongée rendrait la transmission des signaux extrêmement lente. En effet , si le poste de départ transmettait une succession de courants à des intervalles rapprochés , il est aisé de comprendre que les ondes engendrées se fondraient dans la ligne et parviendraient sous forme d'une onde unique présentant des rides légères.

On peut hâter la décharge de la ligne en envoyant aussitôt après chaque courant un courant réduit de sens inverse. Le flux d'électricité ainsi transmis vient décharger le conducteur et accuser plus nettement les ondes reçues.

Sur les lignes aériennes , dont la capacité kilométrique n'est guère que o,o5 de celle des cables sous-marins et qui n'atteignent jamais une longueur aussi grande sans postes intermédiaires , les considérations précédentes'ont moins d'importance et la vitesse de transmission peut être notablement accrue.

SYSTEME TÉLÉGRAPHIQUE MORSE

637. — Transmetteur. — Le télégraphe Morses'est universellement répandu sur les lignes aériennes, grâce à la simplicité des appareils qu'il met en œuvre. Dans ce système , les lettres , les chiffres et les signes de ponctuation sont représentés par des combinaisons conventionnelles de points et de barres. La lettre a est figurée par un point suivi d'une barre; la lettre b par une barre suivie de trois points, et ainsi de suite. L'alphabet Morse utilisé en

SYSTÈUE TÉLÉGRAPHIQUE MORSE. 297

Europe présente quelques différences avec celui qu'emploient les Américains.

Les signaux conventionnel s sont transmis par l'intermédiaire de courants brefs et de courants longs, qu'on envoie par le manipulateur représenté dans la fig. ^g'i. Ct-t appareil se réduit à un levier métallique AB, oscillant autour d'un axe VV et relevé par un ressort R. En appuyant sur le bouton P, on amène le levier en contact avec le builoir E. En se relevant, le levier se met en contact avec le buttoir E'.

Fis- 393.

Dans chaque poste , le levier mobile est en communication permanente avec la ligne par son support. Le buttoir placé sous Je bouton est relié à une pile dont le second pôle est mis à la terre. Le buttoir de repos est également raccordé au sol par l'intermédiaire d'un appareil récepteur. En abaissant la manette, on produit des contacts longs ou brefs suivant le code Morse, et on envoie sur la ligne des courants de durées correspondantes, qui parviennent au récepteur du poste voisin. Les contacts du manipulateur, comme les contacts mobiles de tous les appareils télégraphiques, se font par l'intermédiaire de grains de platine, afin de ne pas ^ire altérés par les étincelles de rupture,

638. — Récepteur. — L'appareil récepteur est représenté dans la fig. 394. Il se compose essentiellement d'un électro-aimant en fer à cheval E et d'une armature A portée par un levier qui pivote autour d'un aie /'. Deux vis, v et v\ limitent les excursions du levier / de l'armature.

Quand un courant venant de la ligne traverse l'électro-aimant, l'armature est attirée vers le bas et le levier vient frapper contre le

buttoir inférieur. Lorsque le courant cesse , le ressort antagoniste R ramène brusquement le levier contre le buttoir supérieur.

Le bruit produit par ces chocs suffit à un employé exercé pour percevoir les signaux transmis.

On a adjoint à l'éleciro-aimant un enregistreur destiné à faciliter la réception et à conserver une trace des dépêches reçues.

Dans ce but, un mouvement d'horlogerie mû par un ressort et régularisé par un volant à ailettes est enfermé dans une boîte de laiton et entraîne une bande de papier par l'intermédiaire d'une sorte de laminoir formé par deux galets c, c'. Le mouvement d'horlogerie fait ainsi tourner une molette M, laquelle frotte sur un rouleau de feutre T' imbibé d'encre grasse. Au levier de l'a

Fig. 394.

est lixée une lame d'acier courbée C qui, lorsque l'armature est attirée , soulève la bande de papier et l'appuie légèrement contre la molette. Celle-ci imprime une trace dont la longueur est en rapport avec la durée du courant ; un courant bref produit un point, un courant long, une barre.

Les signaux envoyés par le poste transmetteur sont ainsi reproduits sur la bande de papier et l'employé du poste récepteur n'a qu'à traduire les signaux qui se déroulent sous ses yeux. Si, à un moment donné, il s'imprime un signal illisible, l'employé du

SYSTÈME TÉLÉGRAPHIQUE MORSE. 299

poste récepteur envoie aussitôt une série de points^ au moyen de son manipulateur. Parla, il transmet sur la ligne des courants dont une partie, traversant le récepteur du poste correspondant quand le manipulateur de celui-ci est relevé, avertît l'employé de ce poste de cesser la transmission.

Le récepteur comporte trois réglages principaux. Le buttoir d'en bas v' doit être descendu de telle sorte que, dans la position inférieure, Tarmature arrive près des noyaux de Télectro-aimant sans toucher ceux-ci. Lorsqu'il y a contact, la force coercitive du circuit magnétique fermé offre une grande résistance au retour de l'armature à sa position de repos.

On tend le ressort antagoniste R proportionnellement à l'aimantation de l'électro-aimant, pour que les mouvements de l'armature soient bien nets.

Enfin, on règle la position du couteau C de manière à ce qu'il presse contre la molette lorsqu'il est relevé, mais sans produire un frottement capable d'arrêter le mouvement du papier.

La clef o sert à remonter le ressort actionnant le mécanisme d'horlogerie ; la manette i permet d'enclencher ou de déclencher ce mécanisme.

639. — Parleur. — Le récepteur peut être réduit à l'électroaimant et à son armature ; la réception des signaux «e fait alors au son et l'appareil porte le nom de parleur, La fig. SgS représente un type de parleur.

Les armatures des parleurs sont plus lourdes que celles des enregistreurs, afin d'augmenter l'intensité du son parfois aussi accru par unt; caisse de résonnance dans laquelle on installe le récepteur et dont l'ouverture est dirigée vers l'opérateur.

La réception au son est généralisée en Amérique et en Angleterre, et tend à se répandre sur le continent.

Les parleurs permettent une grande vitesse de réception : remployé, écrivant sous la dictée de son correspondant, n'est pas obligé de partager son attention entre une bande portant les caractères Morse et le papier sur lequel il écrit, de plus, il est forcé de suivre son correspondant, tandis qu'avec la réception à la bande il peut attendre que la dépêche soit complètement enregistrée avant de la traduire, ce qui cause une perte de temps. Par contre, la

3oO TÉLÉGRAPHIE.

réception à la bande est plus facile et exige beaucoup moins d'habileté de la part du télégraphiste. En outre, l'enregistrement des dépêches fournit un moyen de contrôle.

Fig. 395.

640. — Relais. Translateurs. — Les courants transmis sur les lignes télégraphiques n'oni pas, au poste d'arrivée, une intensité suffisante pour attirer l'armature lourde d'un parleur. On installe près de ce dernier un électro-aimant à armature légère appelé relais, qui obéit aux courants faibles et relie le parleur à une pile locale. A cette fin, le buitoir inférieur de l'armature du relais communique avec un des pôles de cette pile et le pivot de l'armature avec l'autre pôle par l'intermédiaire du parleur.

Les lignes de très grande longueur sont partagées en plusieurs sections. Aux postes intermédiaires, on dispose des relais doubles appelés translateurs, qui permettent de correspondre dans les deux sens, comme on s'en rendra compte en suivant les connexions de la fig. 396. Le nombre d'éléments de pile employé sera proportionnel à la résistance de la ligne sur laquelle le courant'de relais est envoyé.

En disposant un nombre suffisant de postes de relais, on pourrait correspondre directement entre deux postes extrêmement éloignés. Mais la transmission devrait être très lente. Il faut remarquer,

SYSTÈME TI^:LÉGRAPHIQUE MORSE

3oi

en effet , que le courant fourni par un relais est en retard, sur le courant qui actionne ce dernier, du temps nécessaire pour que Tarmature effectue son excursion. Les deux courants cessant en

2C0kil

BureauB

300 kil.

Fig. 3 y 6.

même temps, il s'ensuit que les signaux sont raccourcis. Sur les lignes comprenant plusieurs sections, cet effet se répète à chaque relais , de sorte que la diminution de durée des courants devient très sensible à l'extrémité de la ligne et oblige d'allonger beaucoup les signaux transmis.

641. — Relais polarisés. — D'après les observations générales présentées à l'occasion de l'étude du magnétisme, il est aisé de se rendre compte que les relais précédents ne se prêtent pas à l'obtention de signaux rapides et réguliers. Si nous supposons, en effet, les noyaux à l'état neutre, les premières traces de courant n'exercent aucun effet attractif par suite de l'inflexion à l'origine de la courbe du magnétisme. Si, au contraire, l'électro-aimant a été traversé par un courant, il conserve une quantité de magnétisme rémanent variable avec l'état de stabilité du noyau , les vibrations pouvant éliminer l'aimantation acquise. Enfin Thystérésis du noyau occasionne des variations dans la sensibilité de l'appareil lorsqu'on intervertit le sens du courant.

On conçoit que ces circonstances amènent des irrégularités dans l'action d'appareils destinés à obéir à des courants laibles; aussi est-il désirable de placer les noyaux dans des conditions d'aimantation iniiiate constante. C'est là le but des électro-aimants pola-

Fig. 397-

risés, dans lesquels les noyaux reçoivent d'un aimant permanent une aimantation très supérieure à l'aimaniaiion rémanente que peut occasionner le courant. Ainsi les noyaux reviennent toujours au même état magnétique.

Le relais Siemens, représenté dans les lig. 397 et 398, est l'un des relais polarisés les plus usités. Les deux bobines de t'électro-aimant sont placées debout sur l'un des pôles d'un aimant permanent en équerre, N S, Il se forme deux pôles N dans les talons qui terminent les noyaux. Le courant traversant les bobines accroît l'aimantation de l'un des noyaux et diminue celle de l'autre.

Sur la branche verticale de l'aimant coudé oscille, entre deux butioirs, une armature en fer doux qui prend une polarité inverse de celle des pièces polaires. Chacune de ces dernières attire par conséquent l'armature et cela avec une force d'autant plus grande qu'elle en est plus rapprochée.

Il y a une position d'équilibre instable, correspondant sensiblement à l'axe de symétrie de l'appareil , dans laquelle l'armature est

SYSTEME TELEGRAPHIQUE MORSE.

également sollicitée dans les deux sens. On peut, au moyen des vis de réglage A, B, disposer les extrémités des buitoirs de deux manières différentes : i^ du même côté de Taxe de symétrie; 2° de part et d'autre de cet axe.

Fig. 398.

Dans le premier cas, Tarmature est appuyée au repos contre le buttoîr c le plus écarté de Taxe. Pour Tamener contre le buttoir opposé, en communication avec la pile de relais, il faut envoyer dans ce dernier un courant tel que Taimantation du noyau n! soit accrue, celle du noyau n diminuée. Un courant de sens contraire ne déplace pas Tarmature. Par conséquent, l'appareil réglé de cette manière n'agit que pour des courants d'un seul sens, déterminé par la liaison du relais avec la ligne. La position des talons n, n'est d'ailleurs variée suivant l'intensité du courant de travail.

Au contraire, avec la seconde disposition des buttoirs, l'armature peut obéir aux courants de l'un et l'autre sens, à condition toutefois qu'ils se succèdent alternativement; car une fois l'armature amenée par un courant contre l'un des buttoirs, il faut nécessairement un courant inverse pour l'en détacher. On a recours à cette disposition lorsque, comme dans certains systèmes télégraphiques que nous étudierons dans la suite, on correspond par courants alternés, courants de travail suivis de courants de repos de sens contraire.

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