CANALISATIONS
477. — Coupe-circuits de sûreté. — Afin d'éviter qu'un courtcircuit n'échauffe les conducteurs au point de détériorer les isolants et de provoquer des dangers d'incendie, on peut intercaler en tout point de jonction entre des conducteurs d'inégales sections un fil ou une lame de sûreté traversée par le courant et susceptible de fondre avant que celui-ci ait atteint une intensité dangereuse pour le conducteur le plus faible.
Le plomb et l'étain sont les métaux les plus employés pour la confection des fils fusibles. Le premier a l'inconvénient de s'oxyder à l'air sous l'influence de réchauffement produit par le courant. L'étain n'est pas altéré dans les mêmes conditions, et, en outre, il fond aune température plus basse que le'plomb. L'alliage plombétain, à 33 pour 100 en poids de ce dernier métal, est très employé. La section des coupe-circuits est déterminée de manière à ce qu'ils fondent lorsque le courant dépasse une intensité donnée. Le courant capable d'amener la fusion des fils se calcule parfois par la formule empirique suivante, due à M. Precce, dans laquelle 1 exprime l'intensité du courant en ampères et d le diamètre du fil en millimètres.
APPAREILS DE SÉCORtTÉ. I t
Pour le plomb k = 10,8, pour l'éiain k = 12,8 et pour raUiage2 P*. i S., k= io,3.
Lorsque les conducteurs Tusibies sont très courts ou n'ont pas une section circulaire, il convient de déterminer le courant qui amène la fusion par des expériences directes effectuées à l'aide de I*apparei! de sûreté employé.
Les fils de sûreté doivent être enfermés dans des boîtes incombustibles. En outre, il est désirable de ménager un dispositif empêchant l'emploi d'un fil plus fort que ne le comporte le câble à protéger. Les ouvriers sont, en effet, tentés de placer des fils de sûreté trop gros de manière à ne pas être inquiétés par des interruptions de circuit. On enfermera, par exemple, le fil de sûreté dans une gaine de plâtre, les deux contacts extérieurs à l'aide desquels se fait le raccord avec la canalisation ayant des écanements différents suivant les types de câbles à protéger.
La fig. 267 montre un coupe circuit à lame de plomb que l'on insère entre des supports en relation avec les conducteurs et qu'on assujettit à l'aide de vis de serrage. La lame de plomb est soudée à deux pièces de cuivre servant à assurer le contact avec les supports.
Fig. 267. Fig. î68. Fig. 26y.
Pour les circuits traversés par des courants intenses, il est préférable de substituer aux fortes lames de plomb, dont la fusion entraîne des projections nuisibles, une série de fils d'<!tain disposés en dérivation. La fusion de ces fils s'opère successivement sans amener l'inconvénient signalé.
Les iig. 268 et 269 montrent des coupe-circuits Edison pour les branchements dérivés sur une conduite principale et traversés par des courants faibles. Les deux conducteurs principaux sont logés dans des rainures creusées dans une matière isolante et incombustible. Dans les branchements sont intercalées deux douilles Edison, et la continuité est établie par des fils fusibles logés
12 DISTRIBUTION DE l'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
dans des bouchons à visser sur les douilles. Le remplacementd'un bouchon s'opère aisément lorsque le lïl qu'il renferme est fondu.
Dans les circuits à haute tension, il convient d'employer des fils fusibles assez longi> pour qu'il ne se produise pas d'arc permanent lors de la rupture du fil. On contrarie la formation de l'arc en entourant le conducteur fusible d'un tube en verre ou en mica. Dans le même but, on fait parfois passer le fil à travers des trous percés dans des cloisons isolantes.
Dans les installations intérieures et pour des courants d'une intensité modérée, on peut faire usage d'un coupe-circuit électromagnétique, tel que celui de M. Cunnïnghamc, tig. 270. Le courant traverse un électro-aimant £, en passant par deux godets à mercure réunis par l'intermédiaire de l'armaiure A et de deux
Fig. 270.
pièces courbes attachées à celle-ci. Lorsque l'intensité dépasse une valeur déterminée, l'armature est attirée et rompt le circuit. L'écartement entre l'armature et les pôles, qui limite le courant maximum, peut être varié aisément à l'aide d'une vis de réglage. La fig. 271 montre les détails d'un coupe-circuit automatique imaginé par M. Dobrowolski. Les deux sections de conducteurs à relier aboutissent à deux paires de mâchoires à ressort qu'on peut réunir au moyen d'une lame de cuivre portée par un levier figuré à la gauche du dessin. Le couteau, qui est sollicité vers le bas par un ressort à boudin, se place entre les deux paires de mâchoires, oii il