TÉL1^PH0NES A PILE
D'un autre côté, le courant permanent qui traverse le récepteur attire le diaphragme et diminue la sensibilité de ce dernier.
M. Edison a porté remède à ces inconvénients grâce à l'emploi de la bobine d'induction, fig. 424. Dans le circuit primaire formé de gros fil , on intercale le microphone M et la pile P , tandis que les bouts de Tenroulement secondaire à fil fin sont reliés Tun à la ligne, Tautre à la terre, ou, s'il y a lieu , aux deux fils de la ligne. Par ce moyen, quelle que soit la longueur de celle-ci, les contacts micro* phoniques sont intercalés dans un circuit très peu résistant, et les variations de pression des contacts donnent lieu à des ondes électriques de grande amplitude dans le circuit primaire. Il se produit dans le circuit secondaire des forces électromotrices d'autant plus grandes que le nombre de spires induites est plus considérable. On peut développer ainsi des courants de tension suffisante pour franchir des lignes très résistantes.
Fig. 424.
On remarquera qu'on ne peut employer que des bobines d'induction à circuit magnétique ouvert, car la force coercitive d'un circuit fermé gênerait les variations du flux magnétique, § 170.
Voici quelques détails sur des appareils destinés aux communications à grande distance.
Le noyau de la bobine est formé de fils de fer droits, de o,55 mm de diamètre et 88 mm de longueur. Le diamètre du noyau mesure i5 mm. Le circuit primaire comprend 2 couches de fil isolé, de 1,2 mm de diamètre, ayant 0,12 ohm de résistance. Le fil secondaire, de 0,24 mm de diamètre, atteint une résistance de i25 à 25o ohms, suivant la longueur des circuits.
66g. — Transmetteurs à crayon de charbon. Microphones Ader et Dejongh. — Dans un grand nombre de transmetteurs, on
emploie, comme dans le microphone Hughes , des crayons en charbon artificiel dur placés entre des blocs de même substance fixÉs derrière une planchette mince en sapin devant laquelle on parle.
Fig. 4î5.
Fi«. 426.
Les crayons se disposent de diverses manières. M. Ader les groupe parallèlement sur deux rangées, entre trois prismes de charbon attachés à une planchette inclinée, fig. 425. D'autres inventeurs disposent les crayons microphoniques radialement entre un bloc central et un anneau concentrique.
Dans le microphone Dejongh la planchette fixée debout reçoit des rangées vcriicales de pastilles de charbon sur lesquelles appuient librement des crayons de même substance soutenus par des liges métalliques obliques, fig. 426.
L'avantage de ces transmetteurs est de n'esgiger aucun réglage. A la longue, les charbons s'usent et la voix est altérée ; mais quelques légers chocs donnés à l'appareil sufRsent pour renouveler les surfaces en contact. La multiplicité des contacts diminue parfois la netteté de l'articulation, parce que tous les contacts ne produisent pas des efl'eis concordants.
670. — Hicrophoiie Blake. — L'appareil Blake ne comporte qu'un seul contact microphonique qui a Heu entre une goutte de platine p et un bloc de charbon extrêmement dur c, portés tous
'télrphones a pilr. 35 1
deux par l'équerre L, au moyen de ressorts a, b. On agit sur le contact en parlant devant un diaphragme métallique I, encastré sur son pourtour dans un anneau de caoutchouc qui sert à amortir l'action sur le diaphragme des vibrations mécaniques extérieures.
Fig. 4Ï7-
L'appareil se règle au moyen de la vis V qui, en déplaçant l'équerre L suspendue au ressort r, modifie la pression des pièces en contact. On peut arriver à rendre la sensibilité telle qu'il est possible de correspondre en s'éloignant à plusieurs mètres du transmetteur. Mais le contact est alors très précaire et il s'ensuit des ruptures de circuit qui provoquent des bruits désagréables ( crachements j dans le récepteur. On règle généralement l'appareil de manière que la bouche doit être approchée à 20 cm de laplaque.
Les transmetteurs précédents sont moins sensibles et exigent , en général, qu'on parle contre le diaphragme.
671. — Microphones Edison et Htmnings. — On a vu que M. Edison a utilisé les variations de résistance de la poudre de charbon avec la pression pour modifier le courant microphonique. La fîg. 428 montre les détails de l'appareil. Les ondes sonores viennent frapper un diaphragme métallique L encastré sur son pourtour. Contre le centre appuie un piston qui agit sur une pastille de noir de fumée, placée entre deux disques de métal. Une vis, appuyant contre le disque postérieur, permet de régler à volonté la pression exercée par le diaphragme sur la pastille.
Dans cet appareil, les contacts microphoniques sont pariicii- Jaires. Dans le microphone Hunnings , qui présente quelque ana-
352 Tl^LI^PHONrE.
logie avec le précédent, l'inventeur a subsiitué au noir de fumée des granules, beaucoup plus mobiles, de charbon adamantin dont la masse peut varier de résistance entre des limites bien plus étendues.
Fig. 428.
Le courant entre par un bloc de charbon c, fïg. 429, et traverse les granules maintenues par un chapeau fixé au diaphragme D, par
Fig. 439.
lequel sort le courant. On peut régler le serrage de la masse pulvérulente à l'aide d'une vis v.
Une forte secousse suffit pour déplacer les granules et rafraîchir les contacts de celles-ci.
APPAREILS DIVERS
67a. — Condensateur récepteur. — On a imaginé des récepteurs téléphoniques basés sur des principes très différents de ceux du téléphone Bell. Nous passerons rapidement en revue quelques uns de ces appareils qui , bien qu'ils ne se soient pas répandus, offrent un intérêt théorique.
APPAREILS DIVERS. 353
En 1870, Varley observa qu'un condensateur rend un son quand les armatures sont soumises à des potentiels variables. Le fait s'explique par des charges et des décharges successives produisant des attractions entre les armatures , suivies de retours à la position d^équilibre. Ces vibrations se communiquent à Tair ambiant.
Cette découverte a été appliquée à la téléphonie par MM. Dolbear et Herz.
La fig. 430 montre la disposition des appareils adoptée par M. Herz. Le condensateur récepteur C, dont les armatures sont peu serrées afin d'être libres de vibrer, est chargé d'une manière permanente par la pile du poste de transmission. L'action du
Fig. 430.
microphone transmetteur m intercalé en dérivation par rapport à la pile fait varier le potentiel à l'extrémité de la ligne et, par suite, la charge des armatures et leur attraction mutuelle. Ces armatures, par leurs mouvements, reproduisent les ondes sonores.
La réception est moins nette que celle obtenue par le téléphone Bell, à cause des résonnances du condensateur.
Le condensateur doit être normalement chargé, comme l'indique le schéma, de même qu'un récepteur électromagnétique doit être aimanté au préalable : les variations de la force attractive qui s'exerce entre les armatures sont proportionnelles à la charge initiale.
673. — Thermophone de M. Preece. — Ce récepteur se compose d'une membrane métallique encastrée sur son pourtour et tendue normalement par un fil de platine fixé au centre du diaphragme. L'appareil est fixé sur une table d'harmonie. Toutes les modifications d'intensité du courant téléphonique qui traverse le fil de platine se traduisent par des variations de température et, par suite, de longueur du fil. Le diaphragme, obéissant à toutes ces fluctuations, communique à l'air des ondulations de même période
que celles du courant, et les sons transmis sont répétés, mais avec une amplitude extrêmement réduite qui rend impossible l'emploi pratique du récepteur.
674. — Récepteur chimique de M. Edison. — Une lame de ressort, communiquant avec la ligne L, est attachée à un disque de mica M et appuie, par son extrémité libre munie d'un froiteur de platine, sur un cylindre C relié à la terre. Ce cylindre est formé de papier imbibé d'hydrates de chaux et de potasse. Grâce à un moteur spécial , il tourne d'un mouvement régulier autour de son axe et, à cause de la friction qui s'exerce sur le frotteur, produit par l'intermédiaire du ressort une certaine traction sur le disque de mica.
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Fig. 43 1.
Dans les conditions normales , cette tension ne varie pas ; mais, lorsqu'une onde électrique est envoyée sur la ligne, le courant, en passant du frotteur au cylindre, altère chimiquement la surface de contact, de manière à modifier le frottement ; par suite, il y a variation de la traction exercée sur le diaphragme et celui-ci fléchit. La flexion est proportionnelle à la variation du coefficient de frottement, laquelle est elle-même en rapport avec la valeur du courant.
Ce récepteur est susceptible de reproduire avec une grande intensité, de manière à le faire entendre d'une salle entière, le chant émis devant un transmetteur microphonique. Mais il est incapable de donner les articulations de la parole.
APPELS ET POSTES TÉLÉPHONIQUES. 355
675. — Radiophone. — M. Bell a utilisé la variation de résistance électrique du sélénium cristallin sousTinfluencede la lumière pour obtenir un récepteur sensible à un faisceau lumineux dont rintcnsité est modifiée par la voix.
Imaginons un faisceau cylindrique de lumière envoyé sur un diaphragme argenté et réfléchi par un miroir parabolique qui concentre les rayons sur une pile de plaques de sélénium disposées en dérivation dans un circuit renfermant un générateur hydro-électrique et un téléphone électromagnétique.
En parlant derrière le diaphragme, on fait varier l'intensité du faisceau réfléchi et, par suite, la résistance des plaques de sélénium. Le courant ondulatoire qui en résulte actionne le téléphone. M. Bell a pu écarter le diaphragme transmetteur à deux kilomètres du sélénium récepteur.
APPELS ET POSTES TÉLÉPHONIQUES
676. -^ Appels. — Dans toute communication téléphonique établie entre deux postes, il est nécessaire qu^un dispositif spécial permette au poste qui désire transmettre de prévenir son correspondant ; ce dispositif porte le nom d'appel.
Avec certains téléphones électromagnétiques de grand modèle, on a tenté de faire Tappel au moyen des appareils mômes qui servent à la transmission et à la réception. Ainsi, sur le téléphone transmetteur de Siemens , § 666 , peut se placer un cornet à anche. En soufflant dans celui-ci, on engendre de fortes vibrations qui, reproduites dans le récepteur, donnent un son assez intense pour être entendu dans une chambre. Toutefois, un appel de cette nature est beaucoup moins distinct que celui des sonneries. A\issi, celles-ci sont-elles préférées. Elles peuvent être actionnées par une pile ou, ce qui est préférable au point de vue de l'entretien, par un petit générateur magnéto-électrique, une bobine induite de Siemens, par exemple, § 3i5, à laquelle on communique au moyen d'une manivelle un mouvement de rotation dans un champ magnétique permanent.
Si le générateur est une pile, on emploie la sonnerie trcmbleuse,
T^^LéPHONllî.
Dans le cas d'une magnéto produisant des. courants alternatifs , on utilise une sonnerie polarisée dont le diagramme est représenté par la fig. 432. Deux noyaux d'électro-aimant M et m, ainsi qu'une armature a, sont polarisés par un aimant recourbé NS. Les courants alternatifs qui traversent les bobines renforcent et réduisent alternativement le magnétisme des noyaux et sollicitent Tarmature,
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