la
Fig. 432.
mobile autour d'un axe passant par son milieu, à se rapprocher successivement des deux noyaux en entraînant un battant b contre des timbres T , f. La séparation des noyaux des bobines réduit la self-induction de celles-ci à une valeur assez faible pour qu'elles n'opposent pas une impédance trop grande aux courants alternatifs.
677. — Annonciateur. — On désigne sous ce nom un signal visible mû par un électro-aimant E qui, sous l'influence du courant
Fig. 433.
d'appel, attire une armature A repoussée par un ressort antagoniste R. Le mouvement de l'armature dégage une plaque inclinée t qui bascule autour d'un axe en découvrant un numéro indicateur.
678. — Poste téléphonique. — La figure schématique 434 donne un exemple de la disposition des différents appareils que comporte un poste téléphonique. A l'entrée des fils de ligne ( nous suppo-
serons un circuit complètement métallique , sans retour par la terre) se trouve un parafoudre à pointes P. Lorsque les fils du téléphone sont voisins de conducteurs servant à Péclairage ou à la traction électrique, il est bon de munir le poste de fils fusibles, afin qu'un contact accidentel ne puisse provoquer un courant dangereux pour les appareils téléphoniques. A Tétat normal, le téléphone récepteur T est suspendu à un levier basculant qu'un ressort tend à relever. Le poids du téléphone amène la tige contre un buttoir inférieur; par ce moyen , la ligne communique par le commutateur d avec la
^AVAW 'O
Fig. 434.
sonneries. Ainsi Ton peut recevoir le courant d'appel. Pour appeler, on tourne la manivelle de la magnéto , dont Taxe traverse d à frottement dur. On relie ainsi la ligne avec la bobifie de Siemens B et Ton transmet des courants. Cette manœuvre terminée, le commutateur d revient sur son buttoir de repos grâce au ressort r. Lorsqu'on décroche alors le récepteur T, le levier réunit les buttoirs supérieurs et ferme simultanément le circuit primaire comprenant la pile et le circuit secondaire de la bobine d'induction A. On peut alors transmettre par le microphone M ou recevoir par le téléphone T. Sur les longues lignes, on utilise deux téléphones récepteurs placés en dérivation l'un par rapport à l'autre et qu'on applique contre les deux oreilles.
57g. — Considérations théoriques. — Les courants téléphoniques étant ondulatoires peuvent être représentés approximativement par
une fonction sinusoïdale du temps. On est donc fondé à leur appliquer les résultats trouvés pour les courants périodiques.
Si Ton se reporte à ces résultats, on voit que la self induction du circuit tend à provoquer une diminution et un retard de phase de rintensité du courant d'autant plus grands que la fréquence de celui-ci est plus considérable. Il s^ensuit que les sons aigus sont relativement plus affaiblis que les sons graves. En outre, ils tendent à retarder davantage, ce qui, dans le mélange de sons fondamentaux et de sons harmoniques que présente la parole , amène une déformation du timbre.
Il conviendra donc de diminuer autant que possible la self-induction des circuits, en évitant tout électro-aimant inutile et en employant sur les lignes des conducteurs non magnétiques.
La limite de la portée de la voix a été trouvée de 5oo km avec des lignes en fil de fer, tandis qu'on a pu correspondre à 3 ooo km par des fils de bronze.
M. Massin a trouvé £ = 0,0129 quadrant par km pour 2 fils de fer, de 3 mm de diamètre, distants de 40 cm et £ = o,oo25 pour des fils de bronze de 2,5 mm et de même écartement, soit le i/5« de la self-induction du fer.
Les lettres contenant des harmoniques très aiguës, les sifflantes ^, c, i par exemple , sont naturellement les plus déformées et sont difficiles à distinguer sur les lignes étendues.
On a songé à corriger les effets de la self-induction par un condensateur intercalé en série dans la ligne. On a vu, en effet, § 199, qu'une capacité joue le rôle d'un coefficient de self-induction négatif et tend à provoquer une avance de phase du courant. Lorsque la condition a?cZ = i est remplie, la neutralisation des effets est parfaite; mais il est à noter que cela n'est vrai que pour des sons d'une certaine hauteur.
On remarquera que la capacité des bobines dont les spires exercent des effets condensants les unes sur les autres est en série avec la ligne.
La capacité des lignes agissant comme un condensateur en dérivation exercera un effet absorbant très préjudiciable. Sur les lignes aériennes, dont la capacité est faible (0,01 microfarad par km environ), cet effet ne se fait sentir que sur les réseaux étendus, mais, avec les câbles souterrains et sous-marins, on arrive rapide-
LIGNES TCLitPHONIQUES. SSq
limite de la portée de la voix. Ce fait résulte de ce que
électriques sont absorbées par le câble et se fondent les
les autres. Nous avons vu, à propos de la transmission
MjLx télégraphiques, que les ondulations de Tintensité du
Tarrivée sont d'autant moins prononcées que les signaux
;mis plus rapidement. Or, les courants téléphoniques se
à des intervalles de temps extrêmement courts. L'effet
it marqué pour les sons élevés et les harmoniques qui
nt un grand nombre de vibrations.
len de la question par le calcul présente une grande
té et , en Tabsence de résultats théoriques précis , on est
isqu'à présent de recourir à des indications empiriques
létermination des meilleures conditions à remplir.
'\i précédemment que la vitesse limite de propagation des
^jgfiaia-^^ <lépend du produit de la capacité par la résistance du câble.
^' * -^^«ece a fait des expériences pour déterminer l'influence du
^od^^^t ^i^ (microfarads-ohms) sur les communications télépho-
^j^ii^s^ Il a reconnu que pour C R lo ooo, la conversation est
^^r/^ ^-x ^ -inte suj. les circuits en fil de cuivre et , pour les circuits en
^\ d^ '^^x-, lorsque CR __ 5 ooo.
\0^^p>endamment de la self-induction et de la capacité des cir- ^\^'^^ divers éléments apportent des troubles ou causent des affai- ^\\5^^^^ï\ents dans la transmission.
V^^ joints défectueux des lignes aériennes vibrant sous l'action «^"^^at font l'effet de contacts microphoniques pour les courants ^\\Mriques qui traversent les conducteurs et occasionnent dans les récepteurs un bruit de friture caractéristique.
Ce bruit est augmenté par des causes assez nombreuses : les oscillations des fils ballotés par le vent dans le champ magnétique terrestre, d'où naissent des courants d'induction, particulièrement accentués avec les fils de fer qui concentrent les lignes de force; les courants produits par les décharges atmosphériques ou par les orages magnétiques; enfin, les actions chimiques s'exerçant au contact des plaques de terre et du sol.
Les courants dérivés provenant des lignes télégraphiques ou autres situées dans le voisinage occasionnent également des perturbations. Si , par exemple , le retour se fait par le sol et si une prise
36o TÉLÉPHONIE.
de terre télégraphique est voisine de la prise de terre téléphonique, un courant dérivé passera sur la ligne téléphonique et, par suite de la sensibilité des récepteurs, sera accusé par ceux-ci.
Des communications peuvent s^établir, surtout en temps humides, entre les différents fils d'une même ligne, à travers les isolateurs. Les courants dérivés qui en résultent acquièrent, sur les lignes longues ou imparfaitement isolées, une intensité suffisante pour agir sur les téléphones. On évite cet inconvénient en employant des isolateurs à double cloche et en reliant entr'eux et à la terre, par un fil de fer, les supports métalliques des isolateurs. De la sorte, le courant électrique qui franchit un isolateur se rend directement dans le sol et non sur les fils voisins. Le conducteur en fer, qu'on a soin de prolonger au-dessus du poteau, sert en même temps de paratonnerre pour celui-ci. 11 faut avoir soin d'éviter d'enrouler ce fil en hélice autour du poteau , en vue d'éviter d'introduire de la self-induction dans le circuit de décharge vers la terre.
Enfin, une dernière cause de trouble, et non la moins grave, est Vinduction d'un fil sur l'autre. Lorsque sur un conducteur parallèle à un fil téléphonique l'on envoie un courant, il se produit deux effets distincts sur la ligne téléphonique :
10 Un courant de charge statique parcourt la ligne en entrant dans cette dernière par les deux extrémités.
2° Un courant d'induction mutuelle de sens opposé à celui du courant inducteur traverse la ligne téléphonique. Par suite de la sensibilité des récepteurs, ces courants induits permettent d'entendre sur une ligne ce qui se dit sur une autre ligne, même lorsque celle-ci est parallèle à la première sur une distance assez courte. Si la distance est considérable, on peut entendre la parole transmise aussi bien que sur la ligne directe.
Pour remédier à l'induction mutuelle, un premier moyen a été proposé par M. Hughes. 11 consiste à terminer les différents fils aboutissant à un poste par des bobines plates, disposées de telle sorte qu^en agissant par influence les unes sur les autres elles tendent à donner naissance à des courants induits de sens contraires à ceux qui se produisent sur les lignes.
Ce procédé anti-inducteur peut être efficace dans le cas de deux fils. En réglant- convenablement l'écartement des bobines
%^ aux extrémités, on annule Tinduction réciproque des ^/\\^'^^^* ^^^^ lorsque le nombre de fils augmente, le moyen J^ ^% *^oins bien , car il devient de plus en plus difficile de / '^/i ^^^ bobines de façon à ce que Tune quelconque d'entr'elles
^4p^w. ^ AdSi% une position convenable relativement à toutes
^ solution la plus satisfaisante consiste à ne pas employer la frre jp>our le retour des courants téléphoniques, mais à faire ixs'^'^^. d^ circuits entièrement métalliques. On évite de la sorte Xe.%\.ér m -visitions provenant des prises de terre voisines et les courants d^ charge électrostatique, ainsi que les bruits de friture
<^ccasion i::iés par les courants telluriques et autres, l A.es d^^jx fils constituant une ligne téléphonique doivent être
Pacés olsi^ns les mêmes conditions relativement aux lignes voi-
^^ ci ^ telle sorte que les forces électromotrices d'induction qui
/ ajss^^-^ ^ 5g détruisent dans le circuit. Dans les câbles formés de
Jsol^ ^ ^ jgs deux conducteurs composant un circuit sont tordus
•1 su ir X^autre. Dans les lignes aériennes , constituées par des fils
us, le p^^ procédé est plus difficile à appliquer. Les fils sont changés
oeplacr^ sur les poteaux de manière à être également influencés
parles £^ Is voisins.
la dépense supplémentaire , les avantages du circuit e sont tels, que ce dernier a été vivement recommandé
Mal méialli
par e cH <i>ngrès des Électriciens de 1889.
Lignes aériennes. — Les lignes téléphoniques urbaines osent de fils, de i.25 à 1,4 mm de diamètre, en bronze à 40 pour 100 de la conductibilité du cuivre pur. ^ont posés, avec les soins indiqués au § 523, sur des isoladouble cloche supportés en général par des chevalets Xies appuyés sur les toits des maisons. *'"'* ^ l es lignes interurbaines degrande longueur, les fils de bronze ~,5 à 3 mm de diamètre. Sur ces lignes, les fils téléphonent généralement voisins d'autre fils et il est indîspen- TDur les raisons signalées au paragraphe précédent, d^adopter u\ bleT ^^ ^'^^ métalliques complets, formés de deux conducteurs sem- . • ^^^ ent disposés par rapport aux fils voisins pour annuler "^ion mutuelle.
O^ fil s
teuts i
Dar^
itd nique sable, des ci
Dans le dispositif de la fig. 435, on voit un croisement de deux fils au moyen de quatre isolateurs. Le brin supérieur et postérieur devient inférieur et antérieur. En répétant ces croisements, on obtient le même résultat que par les fils isolés tordus. On se borne au nombre de croisements strictement nécessaire. Dans un faisceau
Fig. 435.
de fils invariable , il suffit d'un seul croisement des deux fils téléphoniques au milieu du parcours. Si le nombre des conducteurs influençants varie, il faut multiplier les croisements de manière que chaque fil inducteur agisse également sur les deux fils téléphoniques.
Dans les faisceaux urbains comprenant un grand nombre de fils téléphoniques aériens, on ne croise pas d'ordinaire les deux fils d'un circuit, parce que la réaction mutuelle des courants induits fait équilibre à Faction du courant inducteur.
681. — Câbles téléphoniques. — Afin de supprimer les énormes faisceaux de fîls aériens dans les grandes villes, on a réuni les conducteurs sous forme de câbles comprenant 25 à 100 circuits. Ces câbles, composés de conducteurs en cuivre de 0,7 à 0,9 mm de diamètre, peuvent être aériens ou souterrains. Les premiers sont soutenus de distance en distance par un fil métallique résistant. Dans les villes qui ne disposent pas d'un réseau d'égouts à grande section, les câbles souterrains sont habituellement tirés dans des conduites métalliques.
LMsolant employé dans les câbles est généralement le coton ou le jute imprégné de paraffine ou d'un composé équivalent de faible capacité spécifique. L'imperméabilité est assurée par un tuyau de plomb.
Pour combattre Tinduction mutuelle et le courant de charge
dans le cas de circuits à retour par la terre, M. Paterson dispose un gros fil de cuivre de 3 mm de diamètre dans Taxe du faisceau de conducteurs. Les courants induits et les courants de charge provoqués dans ce conducteur central par un fil téléphonique équilibrent en partie Teffet de ce dernier sur les fils voisins.
MM. Felten et Guilleaume, ainsi que MM. Siemens et Halske, combattent les effets signalés en enroulant autour de chaque fil isolé une mince feuille métallique qui exerce une influence analogue à celle du fil précédent. La chemise extérieure de plomb concourt au même résultat.
Mais ces moyens augmentent la capacité des conducteurs , laquelle constitue le grand ennemi des câbles, § 679.
La solution la plus favorable consiste à employer des circuits métalliques formés de deux fils tordus, les couples de fils étant ensuite câblés. On évite ainsi complètement Tinduction mutuelle et la capacité est réduite. En vue de diminuer cette dernière, on cherche, depuis quelques années, à utiliser pour les câbles téléphoniques des enveloppes isolantes poreuses contenant autant d'air que possible, Tair ayant une capacité spécifique très inférieure à celles des diélectriques solides, § 93.
Dans cet ordre d'idées, la Metropolitan Téléphone C, de New- York, emploie des conducteurs revêtus de pâte de papier séchée et consolidée par une couverture de coton. Cet isolant étant peu coûteux peut s'appliquer sous une forte épaisseur. Les doubles fils sont câblés entr'eux et le faisceau est protégé par une enveloppe de plomb. Les extrémités du câble sont soigneusement paraffinées pour éviter les rentrées d'humidité. Un tel conducteur double n'a guère qu'une capacité de 0,07 microfarad par km. L'isolement aueint 160 mégohms par km, ce qui est très suffisant.
MM. Felten et Guilleaume fabriquent un câble isolé au papier consistant, dont chaque circuit comprend deux fils de cuivre séparés par une languette de papier fort, puis tordus avec cette languette. Autour de cette torsade est enroulé un ruban de papier. Un certain nombre de circuits semblables sont disposés en faisceau, protégé par un guipage de coton, puis placés dans une enveloppe de plomb qui empêche Taccès de l'humidité. Grâce à l'intervalle entre les deux brins du câble et à la faible capacité inductive du papier et de l'air, la capacité kilométrique de ces câbles n'est que 0,08 microfarad.
364 TéLÉPHONIE.
On a effectué des transmissions téléphoniques par les câbles sousmarins, où risolant employé est la gutta-percha. C'est ainsi qu'une ligne téléphonique posée entre Buenos-Ayres et Montevideo comporte 45 km de câble, à la traversée du Rio de la Plata.
Les lignes téléphoniques de Paris à Londres comprennent la section sous-marine Calais-Douvres (37,5 km). Dans cette partie, elles sont formées de quatre conducteurs tordus deux à deux de manière à constituer deux circuits téléphoniques. On a calculé les lignes de telle sorte que le produit CR ne dépasse pas 7500. La capacité et la résistance des sections aériennes étant connues, le problème était ramené à déterminer le diamètre minimum de l'àme du câble.
Soient c la capacité des lignes aériennes, r leur résistance, C la capacité du conducteur sous-marin , R sa résistance , X le diamètre du diélectrique, x celui du conducteur enveloppé.
On a les relations
75oo = (c + C) (r + R) (i)
loge-
Une 4« relation entre C, R, X et x est donnée par la condition -j— = o correspondant au minimum de X. Le calcul définitif a conduit à
X = 9,6 mm jr = 2,35 mtn.
Les âmes isolées à la gutta-percha sont abritées par un matelas de jute tanné et revêtues d'une armature en fils de fer de 7 mm de diamètre.
TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SIMULTANÉES
682. — Procédé Van Rysselberghe. — M. Van Rysselberghe a trouvé un moyen ingénieux d'affecter les lignes télégraphiques existantes à la correspondance téléphonique ou inversement les lignes téléphoniques au trafic télégraphique.
TltLÉGRAPHIE ET TÉLKPHONIG SIMULTANÉES.
Sur une ligne télégraphique aérienne un courant de signal s'établit presque instantanément. Un tel courant agissant, soit directement, soit par induction, sur un téléphone déplace vivement le diaphragme récepteur et produit un bruit sec qui se répète au moment où le courant est interrompu. M. Van Rysselberghe a empêché la production du son, en augmentant considérablement la durée des
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Fig. 436.
périodes d'établissement et de cessation des courants télégraphiques. Pour y arriver , il reliait , dans ses premiers essais , la ligne télégraphique à Tune des armatures d'un condensateur C dont l'autre armature était à la terre, fig. 436. Sur le conseil de l'auteur, il adjoignit à ce condensateur des électro-aimants qu'il appela graduateurs et disposa en S et s.
Voici l'effet de ces appareils. Lorsqu'on abaisse le manipulateur du poste télégraphique, le courant rencontre la résistance apparente des deux graduateurs qui s'aimantent aux dépens de l'énergie fournie par la pile. En outre, une partie de cette énergie est absorbée par le diélectrique du condensateur. Ces diverses causes ne permettent au courant que de s'établir lentement, de sorte qu'un téléphone intercalé dans la ligne a son diaphragme graduellement attiré et n'émet qu'une onde grave imperceptible.
Lorsqu'on relève la clef, le courant ne cesse pas brusquement ; la décharge du condensateur et l'extra-courant du graduatcur S prolongent le courant, de manière à annuler à peu près complètement son action téléphonique.
Pour arriver à de bons résultats, on donne au condensateur C une capacité de 2 microfarads. Les électro aimants graduateurs sont formés d'un noyau revêtu d'une bobine de 5oo ohms entourée
d'un tube en fer; le circuit magnétique est fermé par deux plaques du même métal. La self-induction est de 6 quadrants.
Les courants téléphoniques ne gênent pas le télégraphe; on ne peut cependant pas intercaler les téléphones dans une ligne télégraphique, car celle-ci présente par le fait des électro-aimants qu'elle renferme, un grand coefficient de self-induction qui serait une cause d'affaiblissement considérable de la parole transmise. On ne peut davantage les placer directement en dérivation sur les postes télégraphiques, car la plus grande partie du courant émis par le manipulateur d'une station se rendrait à la terre par le téléphone voisin. M. Van Rysselberghe tourne la difficulté en coupant la communication de chaque poste téléphonique avec la ligne par un condensateur c, dit séparateur^ qui n'empêche pas la transmission des courants alternatifs.
Supposons qu*on parle au téléphone ^ Le courant ondulatoire émis trouve deux chemins : d'une part la ligne, d'autre part les installations télégraphiques voisines dont le coefficient de selfinduction lui oppose une résistance apparente énorme. Aussi presque tout le courant suit la ligne; l'expérience prouve que la dérivation à travers les appareils télégraphiques ne nuit pas d'une façon sensible à la communication téléphonique. Pour une raison semblable, les courants variables qui arrivent à l'extrémité de la ligne traversent pour la plus grande partie le condensateur et le poste téléphonique.
683. — Cas de plusieurs lignes téléphoniques. — Les connexions de la iig. 436 permettent de correspondre simultanément par télégraphe et par téléphone sur un même fil, si même ce dernier est voisin d'autres fils télégraphiques, à condition, bien entendu, que tous les fils soient pourvus d'appareils graduateurs ; sinon l'influence de l'induction mutuelle entre la ligne à double service et les courants télégraphiques non gradués empêcherait la conversation. On ne pourrait, par ce dispositif, utiliser pour la téléphonie deux fils télégraphiques voisins, car il y aurait induction téléphonique entre les fils et l'on entendrait sur une ligne tout ce qui se dirait sur l'autre. Pour éviter cette induction, il est absolument nécessaire dâ faire usage du double fil, c'est à dire
TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SIMULTANÉES
d'employer deux fils télégraphiques pour former un circuit téléphonique; encore faut-il que les accouplements soient faits d'une manière judicieuse et que les fils d'un môme circuit soient croisés en des points convenables.
C'est ainsi qu'en Belgique l'on a utilisé les fils télégraphiques directs, § 641 , pour la téléphonie interurbaine entre les bureaux principaux, en échelonnant des croisements analogues à celui de la fig. 435. Au besoin, les fils omnibus sont utilisés également, en
Fig. 437.
intercalant entre les tronçons aboutissant aux postes intermédiaires des condensateurs de o,5 microfarad, appelés connecteurs. Ces tronçons sont (U'oisés dans les bureaux où ils pénètrent, afin d'éviter les croisements spéciaux sur les poteaux.
Si Ton doit faire communiquer deux abonnés de réseaux urbains différents, deux cas peuvent se présenter.
1^ Les abonnés sont raccordés aux bureaux Centraux téléphoniques par un double fil. Dans ce cas, on connecte ces fils avec des conducteurs auxiliaires reliant les bureaux téléphoniques aux bureaux télégraphiques et l'on complète le circuit à l'aide de deux fils télégraphiques par l'injterposition de condensateurs séparateurs, comme il a été décrit ci-dessus. Ce dispositif fournit d'excellentes communications, surtout si les lignes télégraphiques sont aériennes et en fil de bronze.
2<> Dans beaucoup de réseaux urbains, les abonnés sont reliés aux bureaux téléphoniques centraux par un seul fil. Le problème devient alors plus compliqué.
La fig. 437 montre le principe de la solution suggérée par M. Bennet, dans laquelle on utilise la bobine d'induction pour passer de la ligne simple à la ligne double.
M et N sont des fils télégraphiques; C et c des condensateurs séparateurs installés au poste télégraphique B ; une bobine d'induction b^ appelée translateur phonique , est placée dans le bureau téléphonique central A. Le fil primaire de cette bobine peut être relié au poste téléphonique transmetteur par la ligne L; le fil secondaire est connecté aux condensateurs séparateurs par rintermédiaire des conducteurs auxiliaires qui unissent le bureau central téléphonique au bureau télégraphique. Les bobines secondaires comprennent un appareil a, appelé relais phonique^ dont un point communique avec la terre. Grâce à cette liaison avec le sol, les courants télégraphiques émis sur Tun des fils ne peuvent pas influencer, par induction électrostatique, les séparateurs de Tautre fil et ainsi provoquer de faux signaux sur celui-ci.
Lorsque plusieurs translateurs sont voisins les uns des autres, on les aligne en plaçant les noyaux alternativement debout et couchéç, afin quMls ne sMnfluencent pas les Uns les autres.
Les courants téléphoniques ondulatoires produits sur la ligne L provoquent des courants induits dans Tenroulement secondaire de b. Ces courants induits parcourent le circuit à double fil et, par l'intermédiaire du translateur de la ville raccordée, agissent sur le téléphone du poste récepteur correspondant.
Les translateurs sont constitués par des bobines enroulées sur des noyaux en fer, en forme de tubes fendus de 7,8 cm de longueur, I cm de diamètre et i,5 mm d'épaisseur. La bobine primaire présente 20 couches de fil de o,23 mm et de 80 ohms de résistance. L^enroulement secondaire possède également 20 couches de fils de 0,16 mm ayant 3oo ohms.
L'introduction des deux translateurs dans les communications téléphoniques amène un affaiblissement considérable de la parole.
On estime à j5 pour 100 la réduction de ce chef de la portée de la voix; aussi, l'emploi du double fil dans les réseaux téléphoniques urbains constitue-t-il à ce point de vue une amélioration notable.
684. — Relais phonique. — Les appareils avertisseurs entre les bureaux téléphoniques des villes correspondantes ne peuvent
TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SIMULTANEES
être des sonneries ordinaires qui exigent des courants assez intenses pour influencer , à travers les condensateurs séparateurs, les communications télégraphiques. Voici le principe du système d'appel adopté. Le bureau appelant A envoie sur la ligne , au moyen d'une bobine de Ruhmkorff V, appelée vibrateur, dont le primaire a 0,2 ohm et le secondaire 1000 ohms, des courants alternatifs à courte période qui n'agissent pas sur les appareils télégraphiques. Ces courants passent dans l'appel phonique a du poste correspondant.
Fig. 438.
L'appel comprend un grand téléphone électromagnétique sur le diaphragme d duquel appuie un levier a mobile autour d'un axe supérieur. Un contrepoids réglable permet de graduer la pression du levier. Ce dernier et le diaphragme sont reliés à une pile mise ainsi en court-circuit. Lorsque les courants ondulatoires du vibrateur parcourent la bobine du téléphone, dont la résistance mesure 100 ohms, les vibrations du diaphragme rendent le contact de celui-ci avec le levier défectueux, et une sonnerie dérivée sur la pile entre en mouvement. On peut aussi intercaler en dérivation un annonciateur, § Gyy^ dont la chute indique Tappel.
685. — Application du système. — Le système Van Rysselberghe peut être appliqué de deux manières différentes :
i^ 11 est possible d'affecter à la téléphonie des lignes télégraphiques existantes en graduant les courants sur ces lignes et sur les lignes télégraphiques voisines ; c'est le cas en Belgique, où,
comme on Ta va, § 646, les dépêches sont, en général transmises directement de leur point d'origine au poste de destination. lia donc fallu munir tous les postes du pays d'appareils graduateurs, ce qui, d'une part, apporte une certaine complication dans les installations des postes, multiplie les dérangements et rend leur recherche difficile, et, d'autre part, oblige à renforcer les piles de travail par suite des résistances supplémentaires que les courants ont à vaincre ; le nombre d'éléments en service a été à peu près doublé en Belgique.
20 Ces raisons ont décidé plusieurs Etats à faire des lignes téléphoniques spéciales en fils doubles, munies de croisements en nombre suffisant 'pour n'avoir rien à redouter des courants télégraphiques voisins.
Chacun des fils de ces circuits spéciaux peut être utilisé pour une communicationtélégraphiquepar le système Van Rysselberghe. Tel est le cas des lignes Paris-Bruxelles, Paris-Marseille, Buenos- Ayres-Montevideo.
L'augmentation de la durée de la période variable occasionnée par les graduateurs ne diminue pas le rendement des appareils Morse et. Hughes, mais on conçoit aisément qu'elle peut affecter des appareils plus rapides.