‹ Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore annexé à l'Université de LiégeChapitre 74 sur 99 · APPLICATIONS DIVERSES. 5 I I · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DIVERSES. 5 I I

au milieu desquels on dissimule des lampes qui peuvent alors avoir une grande intensité. Les facettes cristallines dispersent les faisceaux lumineux, en même temps qu'elles produisent des jeux de lumière d'un efifet agi^éable.

L'effet d'éclairement proprement dit peut s'obtenir plus économiquement par quelques grosses lampes à incandescence ou par quelques arcs suspendus au plafond , mais ce système s'écarte de nos habitudes et prête, par conséquent, à certaines critiques. En outre, la lumière des lampes à arc ne peut être graduée comme celle des lampes à incandescence pour produire les effets de crépuscule. L'éclairage de la scène , des loges d'artistes et des couloirs se fait par des lampes à incandescence. Souvent on dispose des lampes de secours alimentées par des circuits spéciaux reliés à des accumulateurs.

L'éclairage de la scène est celui qui présente la plus grande complication. La fig. 514 montre la répartition des lampes au théâtre du Vaudeville, à Paris ( ^ ). A la rampe se trouve une série de lampes fixes c. Plusieurs lignes de lampes sont suspendues à des herses f^ g^ h^ z, m, à la partie supérieure de la scène ; on fait varier la hauteur de ces lampes suivant la nature des décors. Le courant est amené aux herses par des câbles doubles qu'on fixe à des prises de courant situées au niveau du premier étage de la scène. Ces câbles flexibles sont souvent enfermés dans une gaine de cuir afin d'éviter que les frottements n'amènent l'usure des isolants et ne mettent les conducteurs à nu. Les côtés de la scène sont, en outre, éclairés par des faisceaux de lampes fixées sur des planches verticales qu'on accroche aux portants. Des conducteurs souples semblables aux précédents alimentent les lampes des portants. Ils sont reliés à des conducteurs fixes représentés en pointillé et posés sous le plancher de la scène. Toutes ces lampes sont naturellement dissimulées aux spectateurs placés dans la salle par les décors et par des réflecteurs blanchis qui projettent toute la lumière vers la scène.

(•) DiEUDONNÉ, L'éclairage des Théâtres de Paris. La Lumière Electrique, t. 29,

Il est important de protéger les circuits, particulièrement ceux qui comportent des conducteurs flexibles, par des fils de sûreté, à cause de rinflammabllité des décors.

Dans la salle des machines G se trouve un tableau de distribution d'où partent les conducteurs principaux. Les lampes de la scène et de la salle, soumises aux effets de lumière, sont raccordées à un commutateur spécial ou jeu d'orgue^ situé contre le mur sépa-

Fig. 514.

rant la salle du bas de la scène, à proximité du trou du souffleur ou dans la coulisse. Ce commutateur doit permettre d'affaiblir progressivement ou brusquement Téclat des lampes, depuis rimensiié normale jusqu'à une intensité nulle.

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Dans certaines installations très complètes, les herses et la rampe sont pourvues de trois séries de lampes qu'on peut substituer les unes aux autres. La première est formée de lampes ordinaires à ampoules incolores, la deuxième comporte des ampoules de verre rouge et la troisième des ampoules de verre bleu.

Ces deux dernières séries servent à produire des jeux de lumière spéciaux pour simuler les effets d'incendie, de jour baissant, etc.

Afin de graduer Téclairement, les circuits spéciaux qui alimentent les divers groupes de lampes de la salle et de la scène contiennent des résistances artificielles qu'on peut faire varier à Taide de leviers placés dans le jeu d'orgue. Ces divers leviers se manœuvrent séparément ou simultanément. Dans ce dernier, cas, on les embraie tous avec un arbre spécial commandé à l'aide d'une manivelle.

Les résistances artificielles nécessaires à ces jeux de lumière occupent un assez grand espace. Elles se composent de fils ou de toiles de maillechort ou de nickeline supportés par des isolateurs et tendus côte à côte sur un châssis en fer. On empêche les contacts entre les fils voisins à l'aide de séparations en carton d'amiante. Ces faisceaux de fils se placent sous le jeu d'orgue, dans le dessous de la scène. L'ensemble du commutateur et du rhéostat est protégé par une cage en tôle ou par des cloisons en briques destinées à éviter les dangers d incendie. Les touches du commutateur doivent être assez nombreuses pour que la lumière varie par degrés insen-^ sibles pendant les manœuvres.

L'installation de trois séries de lampes de colorations différentes exige que tous les circuits et les commutateurs de la scène soient disposés en triple, ce qui entraîne des frais assez élevés. Dans certains cas, on évite ces frais en n'installant qu'une seule série de lampes à ampoules incolores aux herses et à la rampe, et en amenant devant ces lampes des écrans en gélatine rouges ou bleus, selon les effets à produire.

Parfois, les effets de théâtre exigent des foyers à arc mobiles, à l'aide desquels on projette des faisceaux de vive lumière sur certains points de la scène Ces lampes, pourvues de réflecteurs paraboliques, sont maniées par des agents spéciaux. Elles sont placées sur un trépied à roulettes et pivotent sur un genou, afin que le faisceau lumineux puisse être dirigé aisément. Une lanterne munie

d'une glace enferme complètement le foyer, poiir éviter la chute de fragments de charbon incandescents.

Lorsque les théâtres contiennent leur installation motrice, on emploie deux moteurs et deux dynamos, un des groupes de machines pouvant alimenter les lampes strictement nécessaires, afin qu'en cas d'accident à l'une des machines, l'éclairage ne soit pas interrompu. L'emploi d'accumulateurs en quantité suffisante supplée à une machine de réserve.

755. — Eclairage des trains. — Depuis quelques années, de nombreux essais ont été effectués en vue d'éclairer les voitures des trains à l'aide de lampes à incandescence. Ces essais, limités d'abord aux wagons salons, tendent à s'étendre à toutes les voitures des trains. Les lampes électriques peuvent se placer au-dessus du dossier des sièges, de manière à permettre aux voyageurs de lire avec commodité. Des abat-jour et des écrans mobiles servent à voiler la lumière pour les voyageurs placés en face des lampes. Partout où les essais ont eu lieu, le nouvel éclairage a été considéré comme un progrès considérable sur l'éclairage par les lampes à gaz ou à l'huile.

Les accumulateurs ont été reconnus indispensables dans cette application, afin de régulariser la tension des lampes et d'assurer la continuité de l'éclairage pendant la formation des trains et les arrêts.

Divers systèmes sont employés pour la production de l'énergie électrique et le chargement des accumulateurs.

i^ Le système le plus généralement adopté consiste à placer sous chaque voiture, dans une ou plusieurs caisses en tôle, des boites renfermant les couples secondaires nécessaires à Talimentation des lampes du v^agon. Celles-ci ont une intensité lumineuse de 8 à 12 bougies décimales et sont soumises à une tension de i5 à 25 volts. Un commutateur ou un rhéostat permet de parer à la baisse de différence de potentiel occasionnée par la décharge des éléments, qui dure de 12 à i5 heures. Le poids d'accumulateurs pour une voiture varie de 120 à 600 kg, suivant le nombre de lampes, la longueur du wagon et le système de batterie employé.

Les accumulateurs se chargent à postes fixes, dans des dépôts où les voitures sont amenées et où les batteries sont mises en charge

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