APPLICATIONS DIVERSES 5 I
sans transbordement. On utilise, à ce service, le personnel des lampisteries.
2<> Un second système consiste à charger les accumulateurs par une dynamo commandée par un moteur placé dans le fourgon de lôte du train et recevant la vapeur de la chaudière de la locomo* lîve. Celte disposition évite le retour des voitures au dépôt et permet un éclairage continu de longue durée, tel que celui exigé par les voitures effectuant des parcours étendus.
La vapeur d'échappement de la petite machine peut servir, pendant la mauvaise saison, au chauffage du train. Il faut remarquer, en effet, que si la vapeur est admise à lo atmosphères (i79«>96) et s'échappe à i atmosphère (loo®), elle n'a perdu que 4 pour loo de sa chaleur.
3** Un dernier système consiste à charger les accumulateurs en cours de route par une dynamo commandée par un essieu du fourgon. Cet essieu reçoit une poulie sur laquelle passe une courroie munie d'un tendeur et enroulée autour de la poulie de la machine électrique. Cette dernière ne peut évidemment charger les couples qu'à partir du moment où le train a acquis une vitesse déterminée. Il faut donc prévoir un commutateur automatique qui ferme le circuit de la dynamo lorsque cette vitesse est atteinte, et qui règle l'excitation lorsque l'allure du train devient trop rapide. Ce mécanisme est nécessairement assez délicat ; aussi les essais de ce système n'ont-ils pas toujours réussi.
D'après le rapport présenté par MM. E. Sartiaux et Weissenbruch au Congrès des chemins de fer , en 1889, les essais effectués par le premier système, en Europe, ont donné un prix de revient de 1,9 à 3 centimes par lampe-heure, pour des lampes de 6 à 8 bougies. Le deuxième système, essayé aux Etats-Unis, coûte de 3,5 à 5 centimes par lampe heure de 16 bougies. Enfin le troisième système est revenu, en Europe, à 4 ou 5 centimes par lampe-heure de 5 bougies.
En regard de ces prix, il est intéressant de placer le coût des autres systèmes d'éclairage. D'après le bureau impérial des chemins de fer allemands, le gaz coûte 3,764 centimes et l'huile de colza 5,636 centimes par lampe-heure de 5 à 6 bougies. La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée paie 4,37 centimes pour le gaz, et celle du Gothard 5,37 centimes.
5l6 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
En présence de ces faits , la Commission technique de l'Union des chemins de fer suisses a, dans sa séance du 2 novembre 1889, formulé la conclusion suivante :
Eu égard à l'état actuel de l'éclairage électrique, on ne peut encourager le développement de l'éclairage au gaz des voitures de chemin de fer. Il est préférable d'étudier le système de Téclairage des voitures à l'électricité et de chercher à le perfectionner par des essais pratiques.
756. — Éclairage des mines. — Lorsqu'une mine possède une distribution électrique servant à Talimentaiion des moteurs, § 597, il est naturel d'employer le courant pour l'allumage des lampes disposées à poste fixe. Dans les mines à grisou, ces lampes peuvent être rendues inoffensives, en cas de bris de l'ampoule, par une lanterne hermétiquement fermée et pourvue d'un globe en verre épais.
La propriété des lampes de mineur ordinaires de déceler la présence du grisou peut être suppléée par un avertisseur spécial basé sur la propriété que possède un filament conducteur traversé par un courant de s'échauffer davantage dans l'air que dans le grisou. Ainsi, un fil de platine porté au rouge par le courant noircit dans le grisou ou le gaz d'éclairage, par suite de la conductibilité calorifique plus grande de ces derniers qui refroidissent le filament. On peut mettre à profit la propriété de diffusion des gaz à travers des diaphragmes pour accumuler le grisou dans la cavité contenant le conducteur.
L'alimentation des lampes portatives, qui doivent contenir leur générateur électrique, présente plus de difficultés, à cause de la nécessité de donner un poids faible à l'appareil. Voici quelques renseignements extraits d'une communication de M. Watts.
La lampe Swan utilise quatre éléments secondaires groupés dans un bloc de guttapercha renfermé dans une boîte en bois. Le poids de l'appareil est de 3,2 kg. La lampe d'une intensité lumineuse de I à 1,3 bougie peut brûler pendant 10 heures. Prix : 33,75 fr. Frais d'entretien journaliers : 5 centimes.
La lampe Schanschieff comprend une pile zinc-solution de sulfate mercureux-charbon. Le tout pèse 2,5 kg et est susceptible de pro-
coÔT DE l'Éclairage électrique. 517
duire une intensité de 2 à 3 bougies pendant 9 heures. Prix : 37, 5o fr. Frais d'entretien journaliers : 6 ceniimes.
La lampe Stella à accumulateur pèse i ,4 kg et donne une lumière de I bougie. La pile secondaire est constituée de 2 éléments enfermés dans une caisse en tôle portant latéralement la petite lampe. Celle-ci est munie d'un réflecteur, de manière à projeter les rayons vers Tavant. Toute la lumière est ainsi utilisée, tandis que dans les lampes de mineur ordinaires, une faible partie seulement de la lumière de la flamme est utilisable. On estime la durée de la charge à 6,5 heures en moyenne et celle de la décharge à 1 2 heures, avec un courant de I ampère. L'amortissement de l'appareil coûtant 3o fr. s'évalue à 0,01 fr. l'heure; celui de la lampe proprement dite à 0,0026 fr. et les frais de chargement à 0,0074 fr., soit en tout 0,02 fr. par heure pour les frais d'entretien et d'amortissement.
757. — Prix des appareils et des installations (*). — Afin de permettre de dresser approximativement les devis relatifs aux dépenses d'installation et d'exploitation de l'éclairage électrique , nous donnons ci-après les prix des principaux appareils utilisés.
Ces chiffres se rapportent aux tarifs actuels des fabricants, mais il ne faut pas perdre de vue que l'extension de la concurrence et les progrès de la construction mécanique des appareils produisent d'année en année un abaissement des prix. On fera bien de vérifier soigneusement les détails de construction des appareils afin de voir si leur solidité est en rapport avec leur coût. Si Ton ne possède pas d'expérience spéciale, il est prudent de prendre l'avis de personnes expertes. En tous cas, il est bon de ne s'adresser qu'à des fabricants sérieux.
Le prix des dynamos varie avec le type et la grandeur de ces machines. Ainsi, les dynamos à grande vitesse angulaire sont plus
(*) H. FoNTAiNF, Traité d'éclairage électrique. Paris, Baudry.
économiques que les dynamos à allure plus lente, car, à vitesse périphérique égale, les premières sont plus légères et plus faciles à construire.
Les prix établis par les différents constructeurs tendent à se niveler au taux uniforme de 2 francs par kilogramme de matière totale. Il s'opérera naturellement des réductions avec les progrès effectués dans la construction mécanique des machines, mais ces réductions ne seront pas très importantes étant donné le prix du cuivre qui constitue un des éléments principaux de la construction (*). A cet égard, les machines à grand rendement, qui absorbent plus de cuivre dans leur construction, sont ks plus coûteuses.
Les dynamos de 8 kilowatts coûtent de 200 à 3oo fr. par kilowatt. ji 20 » i5oà25o » »
» 60 et au delà » 100 à 200 » »
Le prix d'une installation à vapeur complète, machine, chaudière et accessoires, s'élève de 225 à 275 fr. par cheval avec les moteurs à grande vitesse, et de 325 à 375 fr. avec les machines à faible vitesse. Il faut ajouter à ces prix ceux des fondations qui sont beaucoup plus importantes dans le second cas.
Les prix des régulateurs à arc voltaïque varient de 80 à 200 fr. suivant les types et les garnitures. Ceux des lampes à incandescence sont voisins de i fr. par unité , avec des réductions proportionnelles à la quantité acquise. Les charbons à lumière, de 6 à 14 mm de diamètre, coûtent de o,3o fr. à 0,60 fr. le mètre courant. Les charbons à mèche se paient 0,10 fr. de plus au mètre.
Le coût des accumulateurs est de o,5o fr. à 1,20 fr. par watt de puissance spécifique.
Les conducteurs sont cotés à des prix variables avec leurs diamètres et la nature des isolants. Voici un tableau extrait du prixcourant d'un des principaux fabricants belges.
(*) HospiTAiiER, Formulaire pratique de VElectricien, Paris, Masson.
COÛT DE l'Éclairage électrique.
Nombre de brins.
Section
totale
en mm^.
Fils nus.
Fils à isolement Fils à isolement ordinaire. fort.
Prix, par
hectomètre de fil^ en francs.
i5,oo
i33,oo
2o3,oo
Nous donnons dans le tableau de la page 5 20 , d'après M. Crompton, le prix de canalisations souterraines comprenant des câbles isolés et des conducteurs nus.
LMnstallation complète du matériel électrique nécessaire à un foyer à arc de i 5oo bougies décimales est estimée à 800 fr. ; pour 3o foyers de i 5oo bougies le prix est de 5oo fr. par foyer.
Le matériel électrique complet pour 60 lampes à incandescence de 16 bougies coûte de 5o à 60 fr. par lampe dans une installation domestique. Le prix est un peu inférieur dans une installation industrielle, où Ton peut faire certaines économies dans Tappareillage. Sans les dynamos et leurs accessoires, le prix est de 20 à 25 fr. par lampe.
758. — Données relatives aux distributions d'électricité urbaines. — Depuis quelques années, les compagnies concessionnaires de Téclairage électrique des villes anglaises ont commencé à publier des résultats d'exploitation qui renferment des enseignements précieux pour les ingénieurs appelés à étudier des stations centrales.
Parnii les distributions à courants alternatifs de haute tension (i 000 à 2 000 volts) qui sont entrées dans la période de rapport, nous mentionnerons celles des compagnies suivantes : Neivcastle on Tyne^NeiPcastle and District^ Metropolitan (Londres), House ta House ( Londres ) et Eastbourne.
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