DESCRIPTION DE QUELQUES PILES THERMO-ELECTRIQUES
un montant latéral. Les divers plateaux circulaires sont séparés par des rondelles d'amiante, et la colonne est serrée par des boulons entre deux cadres de fonte. Le foyer est alimenté par du gaz arrivant par un tuyau central en terre réfractaire, percé d'orifices latéraux. Un régulateur à valve mobile maintient le débit du gaz constant quand la pression varie.
Par ces dispositions, les éléments ne reçoivent pas l'atteinte directe des jets enflammés, mais les soudures intérieures sont chauffées par conductibilité à travers Tenveloppe en terre réfractaire, laquelle protège aussi les soudures contre un refroidissement trop brusque lors de l'extinction du foyer. Si un excès de pression du gaz produisait une surchauffe momentanée et un commencement de fusion des soudures intérieures, l'enveloppe réfractaire servirait de moule et empêcherait la matière de couler. Lors du refroidissement, la masse reprendrait son état primitif.
Le modèle à 12 couronnes de 10 éléments donne, lorsque ceuxci sont disposés en tension, une force électromotrice de 8 volts, la résistance intérieure étant d'environ 3,2 ohms, La dépense de gaz est de 180 litres à l'heure. Si l'on admet qu'un litre de gaz est susceptible de fournir i3,2 calories, la consommation de o,o5 litre de gaz par seconde peut donner 0,66 calorie ou 0,66 X 4 200 = 2 772 watts.
Or, le maximum de puissance utile que la pile est susceptible de fournir correspond à un circuit extérieur de résistance égale à 3,2 ohms, § 271 ; elle est donc
= 5 watts.
Le rendement est 5/2772 , c'est à dire moindre que un cinq centième.
M. Clamond a essayé de réaliser des piles de grandes dimensions, à foyers au coke, capables d'alimenter des lampes électriques. Les foyers de ce genre rendent difficile une chauffe régulière et exposent les couples à recevoir des coups de feu. Pour de tels usages, les générateurs hydro-électriques et dynamo-électriques sont préférés à cause de la supériorité de leur rendement.
268. — Pile de Noé et Rebicek. — Les couples de cette pile sont formés de lames de maillechort soudées à des barreaux en alliage
zinc-antimoine. Ils sont disposés radialcment de manière à se chauffer par un foyer Intérieur unique. Les soudures chaudes sont engagées dans des cônes de cuivre dont les sommets reçoivent Faction directe de la flamme. Les soudures extérieures portent des épanouissements en tôle de cuivre noircie destinés à favoriser le rayonnement.
269. — Emploi des piles thermo-électriques. — Par suite de la simplicité de son fonctionnement, la pile thermo-électrique a tenté de nombreux inventeurs, mais, d'après ce que nous avons vu ci-dessus, le rendement obtenu avec les meilleurs systèmes actuels est peu encourageant. Ces résultats pourront sans doute être améliorés par remploi de couples donnant une plus grande force électromotrice ; mais il ne faut pas se dissimuler que, par sa nature même, ce générateur électrique a un effet utile forcément limité. La plus grande partie de la chaleur fournie passe par conductibilité des soudures chaudes aux soudures froides, et, pour maintenir une différence de température convenable, on est obligé de refroidir artificiellement ces dernières en éliminant ainsi, sans profit, la majeure fraction du calorique dépensé. M. Clamond a bien pensé à utiliser Tair ou Teau servant de réfrigérant pour alimenter un calorifère destiné au chauffage domestique d'une habitation qui utiliserait l'énergie électrique produite pour l'éclairage ; mais ce procédé n'a pas reçu de sanction pratique jusqu'à présent.
A première vue , il semble qu'on pourrait diminuer la quantité de calorique qui traverse la pile sans produire d'effet utile, en choisissant, pour former les couples, des corps présentant une faible conductibilité calorifique et en leur donnant une grande longueur. Mais il faut remarquer que, par ces moyens, on accroît la résistance intérieure de la pile. En effet, les résistances électriques augmentent avec la longueur comme les résistances thermiques et l'ordre dans lequel se rangent les corps, relativement à la conductibilité, est sensiblement le même pour la chaleur et l'électricité. Il suit de là qu'en cherchant à utiliser une quantité plus grande du calorique dépensé , on accroît la perte d'énergie électrique en chaleur à l'intérieur des couples, de sorte qu'à partir d'une certaine limite on diminue le rendement au lieu de l'augmenter.
A moins qu'on ne trouve des substances dont les conductibi-
lîtés suivent des lois différentes pour la chaleur et Télectricité et qui fournissent des pouvoirs thermo-électriques relativement élevés, il est donc peu propable qu'on arrive à faire de la pile thermique un générateur économique.
Il y a toutefois des applications pour lesquelles la question de rendement est secondaire et où Ton attache plus dUmportance à la réduction de la surveillance et de Tentretien du générateur électrique. L'analyse électrolyiique, par exemple, qui emploie des courants faibles, constants et de longue durée, tire un parti avantageux des piles thermo-électriques.