‹ Leçons sur l'exploration de l'ilChapitre 3 sur 18 · LEÇON D'INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

LEÇON D'INTRODUCTION. V

1ère et l'importance, il me faut vous montrer les phases qu'a

dû traverser l'oeulisliqne avant de se constituer scientifiquement. Ce rapide aperçu historique vous fera voir l'ophthalmologie, réduite d'abord à de grossières notions empiriques, ne se dégager que lentement de cet état d'infériorité ; car, jusqu'à une époque encore assez rapprochée de nous, jusque dans le siècle dernier, les oculistes et les médecins se préoccupent peu du diagnostic, et se bornent, soit à décrire quelques-unes des opérations qu'on pratique sur les parties extérieures de l'œil, soit à entasser formules sur formules pour laisser leur nom à quelque collyre aujourd'hui tombé dans l'oubli. Aussi constate-t-on avec regret que quelques livres publiés sur les maladies des yeux, dans le xvme siècle, ne nous en apprennent pas plus quant au diagnostic, que les descriptions de Celse qui écrivait probablement au i" siècle de notre ère. Cependant les débuts de l'ophthalmologie remontent à des époques historiques fort éloignées , et le temps n'a pas manqué aux médecins pour constituer cette partie de la science. Ainsi , nous trouvons déjà des oculistes chez les anciens Égyptiens, et la pratique des maladies des yeux y était confiée à des prêtres d'un rang inférieur; mais ce caractère sacerdotal de l'oculistique ne contribua pas à lui donner une grande valeur. Les maladies des yeux étaient, sur le sol de l'Egypte, d'une fréquence et d'une gravité extrêmes; aussi les oculistes paraissent avoir été, dans ce pays, des personnages précieux, qui faisaient presque partie de la chose publique, et qu'on ne cédait pas facilement. Hérodote (lib. III, c. i), dont la bonne foi longtemps douteuse est aujourd'hui assez réhabilitée, rapporte que Cyrus, roi des Perses , envoya un héraut d'armes à Amazis, roi d'Egypte, en le priant de lui envoyer l'oculiste le plus habile de tout

le royaume. Maintenant, messieurs, les oculistes sont plus faciles à trouver.

Les Grecs empruntèrent leurs connaissances ophtalmologiques aux Égyptiens, et nous trouvons encore parmi eux une médecine sacerdotale qui ne manque pas d'analogie avec la médecine sacerdotale de nos jours. Certes l'exercice de la médecine dans les temples n'était point spécial au traitement des maladies des yeux, mais nous avons la preuve que ces organes y étaient très-souvent traités; j'ajoute même que beaucoup de récils de maladies traitées et guéries miraculeusement dans ces lieux sacrés se rapportent à des affections des yeux. Galien nous a même conservé les formules de collyres écrites sur les colonnes d'un temple, et l'on trouve de petites figurines représentant un œil parmi les ex-voto nombreux attachés aux murs des édifices religieux de l'antiquité ; or, on sait que ces ex-voto représentaient toujours la par lie malade que l'intervention des prêtres avait guérie.

On a publié quelques inscriptions conservées sur ces exvoto; l'une d'elles, faite par un certain G. J. Frontonianus, se borne à indiquer la guérison obtenue :

Asckpio et Hi/giœ

Cœferisque Diis Deabusque

Hujusque loci suinta n b.

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