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Leçons sur l'histoire de l'art

■pi|HKtnE*n[^irjE9ÇV a civilisation de l'Egypte peut être considérée comme la plus ancienne .'ites' civilisations antiques. Bien que les fouilles le? plus récentes faites dans les vallées du Tigre et de l'Euphrate reculent chaque jour plus loin les origir.cs de la civilisation chaldéene, il ne parait pas uu injx époques où Ion place les premières dynasties égyptiennes, la Chaldée ait possédé un art aussi |.>«rfait que celui qu'ont révélé en Egypte les fouilles dirigées depuis un siècle par des savants français.

Au temps de l'expédition de Bonaparte dans la vallée du Nil, on rapportait tout à l'art grec et à l'art romain, et les monuments étudiés alors furent les temples élevés sous les Ptolémées. et même ceux dont la décoration fut achevée au temps de Cléopàtre, dans l'ilc de Phikc.

Plus tard, après les découvertes de Champollion, lorsque la lecture des hiéroglyphes eut fourni les premiers cléments dune chronolc>gie, les recherches se portèrent principalement sur les grandioses monuments de Thèbes. qui semblaient caractériser l'apogée de l'art égyptien. Les tombes royales, explorées par Mariette, firent connaître par la splendeur de leur mobilier fiméraire. la maitrise des artistes et des artisans.

Puis les découvertes, dans la nécropole de Memphis, de tombes comprenant des salles aux parois revêtues de sculptures peintes, firent remonter plus haut l'époque la plus brillante de l'art en Egypte. On reconnut que, sous les premières dynasties, l'art était parvenu à une perfection qu'il n'atteignit pas plus tard, que la statuaire avait déjà su créer d'admirables figures animées par

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l'email et la pciiiliirc. ciu'outrc la pierre et le j^ranit, les métaux, l'ivoire, le bois, la céramique, avaient été mis en œuvre suivant les techniques les mieux appropriées, et que, dés ces temps lointains, l'Egypte offrait le modèle unique d'une civilisation complète dans laquelle ont largement puisé toutes les civilisations iiostérieures. Actuellement, on remonte plus haut encore,

jusqu aux dynasties d'Abydos, qui précédèrent celles de Memphis, et la stèle du >< Roi Serpent " (Hg. I ). acquise pour nos collections du Lou\re, révèle, pour l'art d'une époque antérieure d'au moins cinq mille ans a l'ère chrétienne, une observation très sincère de la nature et une réelle habileté technique. Ces qualités sont aussi apparentes sur le faucon ou l'épervier surmontant la stèle que sur la porte hgurant I entrée du palais.

Telle fut la puissance de la civilisation égyptienne, qu elle résista aux conquêtes des Arabes nomades. Pasteurs ou Hvksos. des Ethiopiens, des Assyriens, des Perses et des Macédoniens, et que. même sur son dcclin. lart de l'Egypte subit a peine l'influence de l'art grec, qui s imposait alors au monde antique.

Fn Egypte et en Chaldce.

1.1 Nitu.ition lin pays. tra\ci>c par un giaïul tlcuvc. dont les alluvions contribuent à la fertilité du sol. et la douceur d'un climat particulièrement favorable au dcvcloppeineiit des premières sociétés humaines, peuvent expliquer la naissance et les progrès do ilcux ci\ ilisations waiinent créatrices qui se partagcrent 1 ancien monde.

L'Egvjile benéhcia de son isolement. Tandis que la Chaldce demeurait exposée a toutes les entreprises des peuples qui se disputèrent l'Asie, la vallée du Nil, large dans la Basse-Egypte, mais très resserrée dans la Haute-Egypte, entre les collino qui la séparent des déserts Libyque et Arabique, jouit peiulant (.le longs siècles d'une existence paisible qui aida

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certainement au développement de l'art, et qui est attestée par les scènes représentées en bas-reliefs à l'intérieur des monuments funéraires. Ce sont des laboureurs qui travaillent la terre, des paysans qui font la moisson, des céramistes qui tournent des vases, des sculpteurs qui ébauchent une figure. Ce sont même des oies domestiques, interprétées en peinture sur la paroi d'une tombe de Meïdouni, qu'on attribue à la 111' dynastie (fig. 2).

Cette civilisation primitive a si peu changé que le fellah moderne a tous les traits des Egyptiens représentés sur les bas-reliefs, et que les travaux agricoles sont encore réalisés ^__^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^— par les méthodes rudimentaires que pratiquaient jadis les populations riveraines du Nil.

Les historiens de l'Egypte distinguent trois périodes correspondant à la prospérité des cités qui furent les capitales des différentes dynasties : c'est d'abord, durant la période archaïque. Thinis (Abydos), puis Memphis jusqu'à la X' dynastie; c'est ensuite, durant la période que divise en ancien et nouvel empire l'invasion des Pasteurs, et qui s'étend de la XI' à la XX' dynasties, Thèbes. toute puissante sous les Ramessides; c'est, plus tard, de la XXI' à la XXX' dynastie. Bubaste. Tanis et Saïs. L'invasion des Perses eut lieu pendant la période saite. Après la conquête macédonienne, l'Egypte retrouva pour un temps son ancienne prospérité; mais l'art était déjà en décadence, et l'incorporation de l'Egypte à l'empire romain marque son déclin.

L'art égyptien a été. dans ses manifestations les plus importantes, mi moins à son début, l'expression d'une société religieuse et patriarcale.

Le roi, fils du Soleil, est parmi les vivants le représentant de la divinité; il est honoré comme un Dieu, après sa mort. Le respect du peuple égyptien pour ses princes, et son obéissance passive, expliquent la réalisation d'entreprises colossales, auxquelles concouraient des milliers d'hommes réunis par la (( corvée ».

Le roi concentrait en ses mains tous les pouvoirs. De lui relevaient les prêtres, qui disposaient d'importants domaines, les chefs militaires et les scribes ou fonctionnaires royaux.

Le peuple ne semble pas avoir été opprimé par l'autorité royale ; la religion égyptienne imposait comme un devoir, aux puissants, la protection des faibles. Les prêtres, les officiers royaux étaient sans doute de grands propriétaires terriens, faisant exploiter leurs terres moyennant redevances et

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subvenant en nature aux besoins des nombreux serviteurs qu'ils employaient. La division du pays en nomes ou provinces suggère l'idée d'une organisation leodale sous la suzeraineté du prince.

Les croyances religieuses durent, à leur origine, tendre a diviniser, avec les phénomènes naturels, les animaux redoutables ou utiles a l'homme, et la religion populaire conserva longtemps ses fétiches.

Mais ce qui domine toutes les croyances, c'est l'idée d'une seconde vie. nécessitant pour le défunt, sous une forme particulière, des moyens d'cxis-

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tence analogues à ceux de la vie terrestre. L'idée de l'àme se dégage peu à peu de cette conccptic>n primitive. L homme revit en effet sous une double forme. Il se divise après la mc^rt en deux parties ; lune matérielle, représentant le corps, est le Kà, le double, enferme dans le caveau ; l'autre, immatérielle, est l'àme qui parcourt les espaces célestes : c'est aussi le « lumineux ». parcelle liu Icii divin.

Les (.lescendants du défunt ont le devoir étroit d'assurer sa seconde vie, en subvenant à sa subsistance dans la demeure définitive qui remplace pour lui la maison terrestre. On compreiul >.|uc ces croyances aient exerce une influence considérable sur l'art égyptien.

LART EGYPTIEN

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