LART DANS 1. ANTIQUITE
assyrienne. M. Choisy, dans son Histoire de l'Architecture, a établi que sous les mêmes influences, transmises par les mêmes intermédiaires, un art uniforme s'était développé partout ou avaient pénètre les Phéniciens, art reconnaissable aux motifs d'ornements dont l'Assyrie et l'Egypte fournissaient les thèmes. C'est l'art de la Lycie. de la Phrvgic et de la Lvdie, c'est
Fui. 67. Cortcgc d'archers. Frise en tcirt emaillec du paijis dt Darius, à Susc. ( Louvre.)
aussi l'art des cités ioniennes d'Asie Mineure, c'est encore celui des ilcs de la mer Egée, c'est enlin celui de l'Etruric. L'art persan, au temps des Achéménides. est une manifestation de cet art de transition.
Ce qui différencie les oeuvres des divers pays où s'est exercée rinHuence des arts égyptien et assyrien, ce sont les matériaux. Les forêts de cèdres du Liban et du Taurus fournissaient d'admirables bois de charpente qui dctcnuincrcMt en Perse, où abondaient les matériaux calcaires, un système de construction mixte alliant les supports lapidaires aux plafonds de bois portant terrasse.
FiG. 00. Chapiteau d un< salle du palais dArlaxtrxts Mncnion à Sus*. | Le
LES ARTS ASIATIQUES
Dans la Phrygie, la Lycie et llonie, on adoptait pour couvrir les édifices le comble à deux pentes qui, à toutes les époques, et dans tous les pays de forêts, caractérise les constructions en bois.
Le système mixte adopté en Perse entraînait une modification pour l'ordonnance et les dimensions des colonnes qui. n'étant pas chargées, comme
'fef^i^^=^i^Vi-iH^
>mf\
Fio. b8. Lions passanis. Frise en terre emiilléc du pabii d Arlaxerxes Mncmon a Suse. (Louvre.)
celles des salles hypostyles d'Egypte par de lourds plafonds de pierre. pouvaient être plus sveltes et plus espacées. Il devait en résulter un aspect différent des salles s'accordant avec leur destination.
La vie politique des Mèdes et des Perses n'a pris d'importance qu'après la ruine de l'empire assyrien. Il est donc certain que l'Asie Mineure, où s'étaient formés de petits royaumes déjà prospères, avait bénéficié avant la Perse des enseignements de l'Egypte et de l'Assyrie.
C'est seulement au vi' siècle, sous les princes achéménides. que furent élevés les premiers monuments de la Perse. Le plus ancien des palais édifies à Pérsépolis, celui de Darius 1", n'est pas antérieur à 520. Celui de Xerxès aurait été élevé quarante années plus tard. L'architecture royale des Achéménides. celle que caractérisent les salles hvpostyles cc->uvertes par des plafonds en charpente, n'a duré que deux siècles, et après la conquête d'Alexandre il
LAHI DANS 1. ANI IQUlTh
semble que les influences chakléennes aient don iné l'art de la Perse sous les dynasties arsacides et sassanides.
La variété des climats, depuis le golfe Persique jusqu'à la mer Caspienne. explique, en dehors d'influences voisines, la variété des constructions de la Perse, et la diversité des matériaux employés, terre cuite revêtue d'émail à Suse, pierre calcaire assez dure pour être polie, a Persépolis.
Les relations entretenues entre les Grec'- d lonie et les Perses antéricure-
FiG. 6ç). — GriRon en Kric cuite provenant des fouilles du palai» de Dirius i Susc . (Louvre.)
ment aux conquêtes de Cyrus expliquent les rapports entre l'art persan et l'art ionien contemporains. Hérodote et les Grecs d'Asie Mineure rendaient hommage à la supériorité morale des Perses, qui s'étaient élevés à la conception d'un Dieu suprême, bien que subsistât dans les crc>yances populaires l'idée de la lutte entre les dieux et les démons, venue peut-être de la Chaldée.
Les conquêtes de Cyrus coïncidaient avec la période de prospérité des villes ioniennes, et lorsque disparut l'empire lydien, la Grèce asiatique dut composer avec le nou\cl empire. Les succès d'Harpagos en Asie Mineure placèrent l'ionic dans la dépendance de la Perse, et elle v demeura, sauf pendant la période où les victoires maritimes des Athéniens lui rendirent son indépendance.
Les ruines des moiumients élevés par les rois achemenides sont disse-
LES ARTS ASIAI IQUES 81
minées dans la Medie. la Perse et la Susiane. C'est dans le Fars, près de Chiraz, que sont les principaux monuments, à Meched-Mourgab (peut-être Pasargade) à Istakhr, à Persépolis, à Nach-é-Roustem. Sur la terrasse de Persépolis s'élevaient les palais des souverains de la deuxième dynastie, et les tombes royales étaient creusées dans les rochers de Nach-c-Roustcm. en arrière de la terrasse.
A Suse, ce sont les palais de Darius et d'Artaxcrxcs Mncnion qui ont
•^mk^^mm
Fie. 70. -- Taureau aile pr
.u Ujiiusl Su»c . (Louv
été mis à découvert par les fouilles que dirigèrent M. et M"' Dieulafoy. La Susiane faisait partie du royaume d'Elam : séparée du plateau de l'Iran, elle avait subi directement l'influence de l'art chaldéen. Ainsi s'explique l'emploi de la brique et de l'émail dans les palais de Suse.
Bien que la pierre fût abondante dans le Fars, elle était réservée aux cléments principaux des constructions, colonnes, jambages de portes, linteaux, qui sont restés debout à Persépolis, tandis que s'effondraient sous l'action des pluies les remplissages en brique crue.
Les façades de palais sculptées en relief à Nach-è-Roustem pour fc>rmer le frontispice des tombes royales expliquent bien le mode de construction, et la disposition de ces plafonds de bois reposant par l'intermédiaire de
lARI DANS l.AMIQUITI:
poutres et d'architraves sur le chapiteau à enfourchement des colonnes de Persépohs; les entailles des antes et des piliers déterminent encore les dimensions et les saillies des pièces de bois.
Le couronnement compliqué des colonnes persanes (hg. bb) et la superposition dans le chapiteau d'éléments disparates, volutes et têtes de taureaux, semblent révéler des affinités entre l'art persan des Achéménides et 1 art hindou (.jui , lui iiussi , reçut proh.ibkniciit l'influence lointaine de l'art chaldecn.
Fu;. -I , — Lion cil bronze d'cpoqui: achemcnidi:. provenant d<s fouilUs de la mission Morgan, à Suse. (Louvre.)
mais en tit une interprétation conlusc. l'appliquant a l'expression d'idées et de croyances très différentes de celles de la Chaldée. Ces complications de fcirmcs s'accusent encore dans la base de la colonne pcrsépolitaine, base en forme de campane renversée chargée de palmettes et de feuilles. Les cannelures, qui semblent connue en Egypte continuer la tradition d'un faisceau de tiges, sont multipliées sur la colonne persane comme elle> le sont sur les colonnes ioniennes.
Les plafonds s'élevaient par superposition ou par empilage de bois. Une poutre prenait appui sur les tètes de taureaux, soutenant une architrave longitudinale SIM' laquelle reposaient les solives dont les saillies, par l'alternance des pleins et des vides, dessinaient des denticules. La terre recouvrait ce plafond de bois, et la terrasse était protégée par de grandes tuiles. Des fragments de ces tuiles ont été retrouvés à Susc. Si le couronnement de !a colonne peut paraître étrange, la forme rectangulaire donnée au chapiteau est absolument logique. C'est en effet sous la portée de l'architrave que se développe le couronnement du support. Les Ioniens ont couronne leurs colonnes
LES AirrS ASIATIQUES
parties chapiteaux de même forme, mais en évitant les superpositions et les complications qui semblent révéler dans l'art persan le j^oût des peuples de l'Asie centrale.
La salle d'apparat du palais achéménide était complètement ouverte sur une face, et fermée de murs sur les trois autres faces, auxquelles étaient adossés des portiques. Les colonnes disposées en quinconce soutenaient les
Fia. 71. Ruines du pabis de Sarvi>lan. P<rs<(i).
plafonds, et c'est par la face ouverte que la lumière pénétrait à l'intériciir de la salle du trône, de 1' « apadana ».
A Persepolis, des propylées donnent accès à la plateforme sur laquelle s'élevaient les palais; ces propylées datent du règne de Xerxès. Chaque souverain tenait à honneur d'édifier la salle du trône qui était le signe apparent de sa puissance. C'est ainsi que Xerxès avait élevé son u apadana » en avant de celui de Darius et qu'Artaxerxès en avait construit un autre à l'arrière de la plateforme.
Les appartements privés construits sans doute en briques crues n'ont laissé que des amas de terre, incomplètement explorées : leurs dispositions intérieures sont donc assez mal connues.
La décoration dans l'art persan est évidemment inspirée des thèmes en usage dans l'art égyptien et dans l'art assyrien. Certains détails, notamment les chambranles de portes ornés de rosaces, ne sont pas sans analogie avec ceux de la belle porte ionienne de l'Erechthéion. Cette analogie n'est pas
(1) Les linuic> 7:. ;> Cl 74 >oni txlrjiio Jt // 1r/ jnti^ut Je Ij l'crx- df M. M. Di<uIjlo>.