LARI DANS L ANTIQUITE
d'ailleiirb surprenante, puisque l'art ionien et l'art persan avaient puisé aux mêmes sources.
L'Assyrie a fourni a la Perie les éléj^ants motifs de volutes accouplées
F'G. 7!*. — Coupole sur trompe au Palais do Sarvistan. Pcrst
que 1 art v;rcc d'Asie s'était déjà appropriés. Les créneaux assyriens forment en Perse les motifs de couronnement des murs. Ils sont exécutés en pierre à Persepolis. en terre émaillec à Suse. Les ornements floraux sont, en Perse comme en Assvrie, empruntés au lotus; mais les formes sont conventionnelles, et la lleur a l'aspect d'ini ornement i:;eometrique. On sent que l'artiste persan n'a pas observé directement la tlore dont il fait usage.
LES ARIS ASIATIQUES
Il n'en est piis de incmc de l'homme et de laninial figurés en bas-reliefs sur des frises de pierre ou de terre cuite émaillée. qui. en Perse comme en Assyrie, formaient la partie principale de la décoration des palais.
74. — Paliiis lit Sarvistjn, Perse. Niclies cf colonne» sous la rciomhcc des voûtes.
La religion assyrienne avait transmis à la Perse le type composite du griffon procédant du quatrupède et de l'oiseau, et qui est représente sur les bas-reliefs de Pcrscpolis. avec le roi.
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Mais ce sont les palais de Darius et d'Artaxerxes Mnemon à Suse qui nous ont révélé, depuis les fouilles de la mission Dieulafoy. la splendeur des revêtements d'émail auxquels faisaient allusion les historiens grecs, mais que les fragments recueillis en Chaldée laissaient à peine entrevoir.
Sur l'une des frises dépendant du palais de Darius, est un cortège d'archers (fig. 67). La terre, sorte de frite siliceuse dont la composition était étudiée pour éviter les déformations pendant la cuisson, était estampée dans des moules dont les creux correspondaient aux reliefs des figures.
Le bas-relief de terre était sectionné par des joints horizontaux et verticaux en briques d'assez grandes dimensions dont l'assemblage devait reconstituer toute la décoration de la frise. A la surface de chaque brique, un cloisonné de terre, sertissant les formes et accentuant le dessin, localisait les émaux, évitant la fusion de lun dans l'autre. La variété des tons qui sont le bleu turquoise, le vert, l'orangé, le brun foncé et le blanc, évitait la monotonie qui eût résulté de la répétition des figures estampées dans le même moule.
C'est ainsi que sur la frise des archers, l'artiste fait défiler les archers blancs et les archers noirs, et dessine sur les costumes des ornements en forme de rosaces, ou de tours, simulant des broderies dont il varie les couleurs.
N'est-ce pas aux artistes chaldéens ou clamitcs qu'il faut attribuer le mérite des merveilleuses sculptures émaillées de Suse, alors que les bas-reliefs sculptés de Persépolis sont d'une infériorité manifeste? Cela ne parait guère douteux depuis la découverte parla mission de Morgan de lions émailles qui dateraient du xi' siècle avant Jésus-Christ.
Les lions de la frise du palais d'Artaxerxes Mnemon (fig. 68) sont dignes des lions de la frise du palais d'Assourbanabal.
Les muscles de l'animal, admirablement observés, sont rendus très énergiquement par les colorations de l'émail, et par les cloisons qui dessinent et accentuent les contours.
Les artistes de Suse ont poussé si loin le travail de la terre que nous aurions peine à les égaler. Ils connaissaient les difficultés de la cuisson des terres plastiques, et en évitaient le gauchissement en les dégraissant soit avec des éclats de terre cuite, soit avec du sable siliceux et en prolongeant par la paille hachée l'effet du feu à l'intérieur de la terre.
La terre cuite non revêtue d'émail, qui servit à Suse à l'exécution des magnificjucs bas-rclicfs du griffon (fig. t>c)) et du taureau ailé (fig. 70) conservés au Louvre, dillcrc de la frise siliceuse cniplovcc pour les frises émaillées.
Suivant un mot (.lu sculpcur Frciiiict, les êtres fantastiques, cvuxres de l'imagination du statuaire, doivent clic construits coninic s ils pouvaient vivre ; et c'est là lui des caractères de la sj.ulpiiiie assyrienne. Le griffon composite de Suse semble avoir ctc ctiulu: d après nature.
LES ARTS ASIATIQUES 87
En passant dans l'art grec d'Asie, l'animal composite perd ce caractère d'un être vivant : c'est le griffon des chapiteaux du temple d'Apollon Didyméen.
A Rome, c'est pis encore. Le griffon des frises du forum de Trajan est un animal en baudruche, n'ayant ni muscles, ni construction osseuse.
L'art du bronze nous est connu par des revêtements de portes découverts dans les fouilles de Suse et aussi par de remarquables ouvrages qui avaient peut-être un caractère votif; tel un lion magnifique qui a été recueilli par la mission de Morgan (fig. 72), et qu'il est intéressant de rapprocher du lion
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trouvé à Khors.jbad. Le lion persan est caractérisé par le stvle. le lion assyrien par l'expression.
La Perse était trop voisine de l'Assyrie pour n'avoir pas connu les coM)binaisons de voûtes qui facilitaient l'emploi de petits matériaux fat^onnés pour la couverture de grandes salles. En Perse comme en Chaldee, c'est toujours le palais qui est le monument principal, et les plus anciens des palais voûtés, ceux de Firouz-Abad et de Sarvistan (fig. 72), comprennent toujours les grandes divisions communes à tous les palais orientaux.
A Firouz-Abad, les trois salles d'audiences voûtées en coupole sont précédées ti'une salle de pas-perdus dont la nef centrale, voûtée en berceau, est flanquée de quatre nefs latérales voûtées de même. Tout l'édifice est couvert en terrasse. Quant aux coupoles des salles de réception, qui saillissent à peine, elles accusent dans la construction quelques tâtonnements. Ce sont des trompes d'angle qui. à Firouz-Abad comme à Sarvistan (fig. 73). forment le passage du plan carré au plan circulaire. Le pendentif en forme de trompe caractérise l'architecture persane comme le pendentif en forme de triangle sphérique caractérise l'architecture byzantine.
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La coupole s'appuie sur des arcs que maintiennent aux angles d'épais massifs. Au palais voûté de Sarvistan, on trouve un autre système de butée, celui de massifs évidés par des niches en forme de demi-coupoles, dont les arcs de tète prennent appui sur des colonnes (hg. 74). Les groupes de colonnes de brique trouvées en Bassc-Chaldée n'avaient-ils pas une destination analogue?
Ces dispositions générales des salles d'apparat librement accessibles
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Fia. 76.
Soubassement du palais ruine d< Machina, dans la Paloiinc transjordanicnnc. Epoque sassanide )?).
ctaicnt encore en usage à l'époque arsacidc. C est sur une nef centrale, large de vingt-sept mètres et voûtée en berceau, que s'appuyaient les salles secondaires du palais de Ctésiphon. Cette nef était la salle du trône, entièrement ouverte sur la façade par un arc de même largeur et de même hauteur que la voûte, et que flanquaient à droite et à gauche des murs décorés de plusieurs étages d'arcades et de colonnes faisant ofHce de contreforts (fig. j5). Les divisions en hauteur des murs latéraux contribuaient singulièrement à l'effet de grandeur de la nef centrale. Celle-ci était voûtée en briques posées par tranches, soutenant des rouleaux de brique concentriques. Le
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profil ovoïdal de la voûte de Ctésiphon est celui qui a prévalu en Perse, et qui était une conséquence de la construction par encorbellements.
Quanta la disposition des façades, elle s'est maintenue constamment en Perse et dans les pays voisins, notamment dans le Turkestan.
L'art de la Perse, sous les Achéménides, parait avoir été surtout un art royal : il a mis à profit les enseignements des civilisations antérieures, mais il n'a pas survécu à une dynastie.
Il semble en effet c|u'après la chute des Achéménides, l'art ait suivi en Perse une autre voie, celle qu'avaient tracée les artistes chaldeens. L'emploi de petits matériaux façonnés se prêtant à des combinaisons particulières de voûtes, et l'usage de l'émail resplendissant sur les parements des édifices sous la lumière éclatante du ciel d'Asie, caractérisent désormais l'art pratiqué sur le plateau de l'Iran.