LES EDIFICES PUBLICS
Les Romains, considérant les ordres grecs comme des motifs de décoration, ont essayé de fixer, sans avoir égard à la construction, les rappc'trts des éléments qui les composent, colonnes, entablement, fronton, etc. Les mesures relevées sur les monuments anciens ont servi à établir ces rapports, qui ne sont que des moyennes, pour les diamètres et les espacements des colc>nnes. (H>ur les hauteurs des b.ises, des fûts et des chapiteaux, pour les divisions de I entablement, architrave, frise et corniche, pour la hauteur des frontons. Ainsi naissait la théorie absolument fausse de la subordination d un édifice a des proportions relatives, indépendantes de> dimensions réelles, et qui autorise le grandissement ou le rapetissement proportionnel des divers éléments qui le composent, sans tenir compte de l'échelle humaine. Cette théorie arbitraire des ordres établie par 1 architecte Vitruve. qui. croit-on. vivait au temps d'Auguste, ne pouvait avoir qu'une inHucncc fâcheuse sur r.ut romain.
LARI" ROMAIN
D'ailleurs les ordonnances grecques, et particulièrement l'ordonnance dorique, étaient complètement déformées, même au début de l'empire, ainsi qu'on le constate à Pompéi. où I influence de l'art grec était pourtant bien vivace. Les profils très étudiés de l'architecture grecque sont remplacés par des profils tracés au compas : on cherche à soumettre à un tracé géométrique
Fiii. 148. — Vue d< lj sccnc au Thcitre d'Orange (Frinct. Vauclu»*).
jusqu'aux volutes du chapiteau ionien. On lui préfère d'ailleurs le chapiteau à feuilles d'acanthe, ou à feuilles d'olivier, qu'on surmonte d'un entablement très riche oii se retrouvent les denticulcs de la corniche ionienne. Bientôt c">n associe la corbeille de feuilles d'acanthe aux volutes ioniennes : c'est le chapiteau composite, dont de beaux spécimenssubsistent aux thermcsde Caracalla. On fait mieux encore, on superpose les ordres cc>uronncs de leurs entablements, suivant la superpc>sitic>n des étages, sans souci des mélanges de style, et dans des édifices très importants comme le théâtre de Marccllus ou le Colisée de Rome, on associe les arcs des galeries aux plates-bandes des entablements, au mépris même de la théorie des c>rdres. puisque des colonnes d'ordres différents se trouvent également espacées dans des étages de ménie hauteur. Ce sont des oeuvres de barbares, comparées aux couvres grecques dont elles prétendent s'inspirer.