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LART DANS LANI IQUITE

Dans un entablement grec, l'architrave monolithe a la hauteur qui convient à sa fonction de support; elle est indépendante de la frise, disposée pour recevoir le décor, et celle-ci, souvent évidée, est couronnée par la corniche formant la dernière assise de l'entablement. A Rome, par suite du

Gr^indi: 5;illc des Thermes de Caraealla (Rome.)

développement exagéré donné aux corniches et de la réduction excessive de l'architrave, celle-ci. ne pouvant plus iormcr une assise résistante, est incorporée à l'assise de la hisc, au grand prc|u«.lice de la logique et aux dépens de l'aspect.

Ce défaut de concordance entre la forme et la structure est absolument choquant à l'entablement du temple de Saturne, reconstruit sur le Fc>rum

Fio. 144. Cal<rics cxtcricurcs du Coliïcc • Amphiihcàtrc Flavicn • (Rome).

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après un incendie. Il n'est pas moins apparent au portique du Panthéon de Rome, attribué a Agrippa et précédant la rotonde construite postérieurement au temps de l'empereur Hadrien.

En Gaule, le type adopté soit à Nimes (fig. i 38). soit à Vienne (Isère), est celui du temple dit pseudo-périptère, dont les portiques latéraux ne sont que simulés par les colonnes engagées dans les murs.

C'est sous Hadrien que commence pour l'art romain un retour aux formes grecques archaïques. L'empereur, épris d'art grec, avait fait de sa villa

Fiu. .41. - Aqueduc de Ireju» ,1 .-lue. Vj. ,

de Tibur un musée de sculpture antique, tandis qu'il embellissait Athènes de monuments considérables. Sous son régne s y élevaient le temple de Jupiter Olympien, grand comme le temple d'Apollon à Didyme, et le théâtre d'Herode Atticus. L'emploi de la brique, qui donne une physionomie particulière à l'architecture impériale, ne s'est généralisé en Italie que lorsque les Romains, au contact des populations de 1 Asie, connurent l'emploi des petits matériaux pour la construction des voûtes, et. en tirent, pour le soutien de leur maçonnerie de blocage, une application originale. H est certain, d'après les dates des édifices voûtés, que la voûte de blocage à armature de briques ne fut guère employée en Italie avant le iT siècle.

A partir de cette époque, elle est usitée non seulement pour les édifices civils, mais encore pour les monuments religieux. Alors sont construites la

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coupole du Panthéon et les demi-coupoles du teniple de Vénus et Rome, commencé sous Hadrien et achevé sous Maxence.

Ce sont les méthodes de construction des voûtes romaines qu'il faut analyser, si l'on veut comprendre et apprécier l'architecture romaine. Le principe de la méthode est l'emploi de petits matériaux bloqués en mortier, formant non pas, comme on le croit généralement, un béton pilonné dans un encaissement, mais une mai;onnerie de blocage revêtue tantôt de briques, tantôt de petits nratériaiix cubiques, taillés avec le plus grand soin et choisis

l'ic. J42. Vue intciiourc de 1 Amphiihcairo d ArUs Frjnco. Bouche j-du-Rh6n< 1 .

parmi les meilleurs de chaque région, porphyre à Fréjus, grès arkose à Autun, etc.

Pour la voûte, le système caractéristique est l'emploi d'arcs en briques, légers, n'exigeant que de faibles cintres en charpente et se combinant avec des briques transversalement posées pour former de véritables cellules servant de soutien à la maçonnerie de pierres cassées et de mortier. Ce n'était donc pas, comme en Orient, la voûte par tranches de briques, construite sans cintre et qui exigeait des ouvriers très exercés ; c'était la voûte en blocage grossier, que tout ouvrier pouvait exécuter et qui nécessitait seulement la direction d'un chef de chantier pour l'établissement des cintres provisoires en bois et des cintres permanents en briques qui formaient l'ossature de la construction.

!-ic. 14V Vue intcricurc du Colixc A n.plwtlu ,11 0 Flavicii •• iRo

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Ainsi sont faites les voûtes colossales des Tlicrmc>. Pour celles-ci, on a utilisé des briques plates formant un cintrage continu atui de faciliter la pose du blocage. Ces cintres légers étaient formés d'une double rangée de briques ou de carreaux posés à plat, dont les traces subsistent encore dans la voûte dune des salle des Thermes de Caracalla.

Bien que ces voûtes pussent être considérées comme des monolithes, elles eussent exercé en se disloquant une poussée considérable qu'il fallait éviter. L'architecte romain pare a ce danger en établissant, de part et d'autre des grandes salles voûtées en berceau ou en arêtes, des salles secondaires dont

Vue cxtcricuic de 1 Ampliithe

les murs perpendiculaires à ceux des grandes salles sont en réalite des contreforts soutenant des voûtes transversales qui complètent la butce.

Ce système est nettement caractérisé par les voûtes de la basilique de Constantin. Les berceaux latéraux qui subsistent encore rendent compte de la construction des caissons faite à I aide d anneaux de briques entre lesquels sont ménages les defoncements d'arcs correspondant aux caissons (hg. i53).

Le plus souvent les deux systèmes d'arcs auxiliaires, formant cintres espacés, et de carrelages, constituant un cintrage continu, sont combinés. On a un exemple de cette disposition mixte dans les voûtes du Palatin.

Telle est la préoccupation d'économie dans l'emploi des cintres provisoires en charpente, cnie cette économie s'applique même aux voûtes de pierre, appareillées par claveaux et extradossécs. tllcs sont construites en anneaux parallèles sans liaison, de telle sorte que le même cintre déplacé puisse servir à la construction de chacun des arcs. En outre on pose sans cintre les sommiers et les premières assises pour lesquelles le glissement n'est pas à craindre. et on ménage, sur ces assises, une saillie à ravaler postérieurement, ahn de

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pouvoir y appuyer les cintres. Le pont du Gard est le plus remarquable exemple de cette disposition (fig. i5i).

S'il s'agit d'une voûte d'arête, on appareille les pierres d'arêtiers en besace en évitant avec soin les crossettes qui n'ont d'autre résultat que de faire casser les pierres. Ces voûtes ne se rencontrent qu'en Orient. Dans 1 art romain

Fig. 140. Galciks extcricuros et gradins au Thcitro d Orange (France. Vauilusc .

d'Occident, on évite avec soin les pénétrations des berceaux, lorsqu ils sont construits en pierre appareillée ; par exemple au Colisee et dans l'amphithéâtre de Nimes, la naissance des voûtes annulaires des galeries est relevée audessus de l'extrados des arcades extérieures ahn d'éviter toute pénétration.

A l'amphithéâtre d'Arles, c'est sur des linteaux soutenus par de fortes consoles, que sont appuyés les berceaux correspondant à chaque travée de la galerie du premier étage (fig. i3c)).

Au contraire s'il s'agit de voûtes cii bloc.igc, par exemple de celles qui

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couvrent les grandes salles de Thermes (fig. 140), on utilise la voûte d'arête qui facilite dans les murs pignons l'ouverture de haies pour l'éclairage, et les arêtiers sont renforcés par des nervures de briques. On en trouve une application aux Thermes de Caracalla et de Dioclétien.

Dans les coupoles, le blocage est soutenu sur des nervures méridiennes prenant appui sur des arcs qui reportent la charge sur les points d'appui.

1 H. ,47 TluMtrc Je Taorminc (Sicile) Vue prise des ^''-'dins sur 1j mer et lElnj

C'est la disposition employée à la rotonde du Panthéon et à celle du temple deMinerva Medica.

Les murs formant tambour de ces coupoles, si évidés qu'ils soient par des niches, conservent des parties pleines faisant office de contreforts et prises dans la construction. Au théâtre de Taorminc. les niches ont un couronnement angulaire qui utilise mieux que le couronnement en arc les matériaux fa»,onnés à épaisseur régulière.

Pendant l'époque impériale, la brique plate et la tuile forment le liaisonnement des murs en blocage. Ainsi sont construits les piles et arcs de l'aqueduc de Fréjus (fig. 141), où des assises de briques doubles alternent sur le parement avec les petits cubes de grès ou de porphyre.

Le même système est employé à l'amphithéâtre de Bordeaux, dit palais Gallien. et l'usage de voûtes rampantes pour le soutien des gradins conduit à

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une disposition de niiirs rayonnants sur lesquels s'annulent les poussées de sens contraire.

Ces méthodes de construction créées par les architectes romains ont rendu réalisables à peu de frais les édihces publics de dimension extraordinaire (-iiii ton! le mieux connaitre les moeurs de la Rome impériale, et qui assuraient a chaque empereur la faveur populaire. Chacun d'eux s'efforce de la capter en flattant les goûts du peuple pour les combats d'animaux féroces et de gladiateurs, pour les Thermes affectés non seulement aux bains, mais aux exercices du corps et aux distractions de toute sorte.

Il fallait en même temps, pour faire sentir jusqu'aux conhns de l'empire la puissance romaine, créer sur tout le territoire de grandes voies de communication, construire des ponts, élever des aqueducs pour amener jusque dans les villes les eaux de sources captées au loin, et l'organisation de la légion romaine facilitait l'exécution de ces travaux d utilité publique, pour lesquels on employait, suivant les ressources de chaque province, ici les matériaux de blocage, là les matériaux appareillés. 11 fallait encore protéger les villes par des enceintes, y ménager des portes d'aspect monumental.

Si I on songe à l'étendue de l'empire, au prestige que lui assurèrent pendant les deux premiers siècles de notre ère ses succès militaires, on s'explique le nombre et l'importance des monuments commémoratifs, arcs de triomphe ou colonnes, élevés en l'honneur des empereurs, et qui. jusque dans les [irovinccs lointaines, tcnioignaicnt de la puissance romaine.

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