I. AIM DANS 1. ANTIQUITI
Les formes de ces tombeaux étaient très variées. Celui de Cornélius Scipio Barbatus, qui est l'un des plus anciens, avait l'aspect d'un sarcophage. La forme du tumulus adoptée par les Étrusques pour les tombeaux érigés audessus du sol ne fut pas abandonnée: cette forme subsiste à Albano au tombeau dit des Horaces. à Rome au tombeau de Cécilia Mctella, femme de
Crassus. Le sarcophage
était placé dans une tour
„ :- -1^^ cylindrique surmontée d'un
plafond conique qui donne lieu de penser qu un cône devait couronner primitivement l'édifice. Un sarcophage en forme de cuve est conservé au palais Farnèse.
Le tombeau du tribun Caïus Sextius. prés de la porte Saint -Paul, a la forme d'une pyramide. Il est construit en briques et revêtu de marbre.
Le plus considérable des monuments funéraires élevés à Rome est le mausolée d'Hadrien, connu sous le nom de château Saint- Ange. Il s'appuvait sur un soubassement de forme carrée, actuellement enfoui sous le sol. Le corps principal du monument ctait une tour cylindrique décorée de deux galeries supcvfHisccs i.lc colonnes. 11 ctait surmonte d un énorme cône de pierre portant la statue colossale Je Iciupcrcur. Cotait un sc>uvenir des monuments grecs d Orient, peut-être du célèbre tombeau de Mausole.
L'organisation (.le la t.imille romaine .i\ait nécessite, des la fin de l'empire. la construction de monuments assez vastes pour réunir, dans le caveau d'une famille, tous ceux qui. de près oii de loin, lui avaient appartenu. Tel est le tombeau collectif de la u gens Cornelia » retrouve sur la Voie Appicnnc. Sous l'empire, la clientèle attachée à de puissantes familles nécessita l'agrandissement du tombeau familial, et l'on dut établir, a proximité, des caveaux
Buste de Man;i.in.i. soriir Je Trajan. ( Louv
L ARI ROMAIN
voûtés à parois évidés « columbaria », contenant dans une série de niches demi-circulaires des urnes "olla» renfermant les cendres des défunts. Le columbanum des affranchis d'Auguste et de Livie contenait plus de trois mille de ces urnes.
Les monuments funéraires sont aussi importants dans la Gaule romaine que dans l'Italie. L'un des plus remarquables est le ttimbeau de saint Rémy. en Provence (hg. ibi). C'est un mausolée quadrangulaire d'ordonnance corinthienne, reposant sur un soubassement décoré de bas-reliefs, et surmonté d'une colonnade circulaire que couronne un dôme conique revêtu d'écaillés. Sous la colonnade et dans un demi-jour mystérieux sont les statues des défunts. Une inscription de style archaïque rappelle que le mausolée fut érigé par Sextius Lucius Marcus à la mémoire de ses parents.
Avec les mccurs orientales, se manifeste un retour à l'usage de l'inhumation dans des sarcophages en forme de cuves, décorés de basreliefs. Cette forme fut conservée dans le Midi de la Gaule au premier âge du christianisme, et c'est par des bas-reliefs interprétant les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament que les tombes chrétiennes se distinguent des tombes
païennes. Ces sarcopliages ont été recueillis en grand nombre au musée d'Arles; un autre existe dans la crypte de l'église du Mas-d'Aire (Landes). Le couvercle est décoré aux angles de masques dans le goût romain, et de part et d autre d'un cartouche attendant une inscription, sont, à droite, le sacrifice d'Abraham, à gauche, Jonas rejeté par la baleine; au centre de la cuve est Hguré le Bon Pasteur.
D'autres monuments funéraires en forme de stèles ont été recueillis au musée de Bordeaux. L'un s'élevait sur le tombeau d'un sculpteur, Amandus, qui est figuré assis dans l'attitude du travail. Sur un autre est représente un enfant tenant dans ses bras un jeune coq dont un chien mord la queue. L'expression des figures et la justesse des mouvements caractérisent ces cvuvres provinciales, qui semblent témoigner d'une influence nouvelle dans l'art romain, celle d'une civilisation celto-germanique, qualifiée barbare par
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( Mus<c de Napics.)
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L ART DANS L AN IlQUl l'ii
les Romains, mais qui fournit a l'art grec oriental, grâce sans doute a une communauté d'origine, le terrain le plus favorable a la culture et au développement de cet art en Occident.
LA SCULPTURE ET LA PEINTURE DANS L ART ROMAIN LES APPLICATIONS DE L ART AU MOBILIER
L'art grec, dès le v' siècle avant notre ère, avait brillé d un tel éclat qu'il s'était imposé à tous les conquérants, aux Romains comme aux Macédoniens, jusqu'au 11' siècle avant l'ère chrétienne, l'école de Phidias avait maintenu
PicJ. Jv t.ibU .. ^o. 1» vU
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dans la sculpture grecque des traditions d'élégance et d'harmonie: elles se continuèrent en Asie Mineure dans les petits rc^vaumcs qui se formèrent après la dissolution de l'empire éphémère d'Alexandre.
Sans doute, la sculpture s'était modifiée, s.itt.uh.int a la recherche dii caractère indi\iduel. m.ns elle conser\aiten .Attiquc. jusqu'à l'ère chrétienne.
L ART ROMAIN
les traditions des belles formes et des lignes simples. La statue d'un personnage romain, conservée au musée du Louvre, et qui parait dater du premier siècle avant notre ère, porte la signature de Cleomenes Athénien.
C'est après la conquête de la Grèce que Rome s'enrichit des œuvres de la sculpture grecque.
Les généraux vainqueurs, Marcellus après la prise de Syracuse. Fabius Maximus après la prise de Tarcnte. Flaminius après la conquête de la
Fio. i65 — Frise provcnjni du Forum Je Trajan. Mu*<c du Lalran (Rome).
Macédoine, rapportèrent a Rome des statues de marbre ou de bronze, et Mummius traita Corinthe comme plus tard lord Elgin a traité Athènes.
Mais cène furent pas seulement les œuvres d'art qui émigrèrent en Italie après la prise de Corinthe. ce furent aussi les artistes, et c'est surtout dans l'école d'Asie Mineure qu'ils étaient recrutes. On cite parmi les sculpteurs grecs attirés a Rome. Archclaos de Pricnc. et Agasias d'Ephèse. l'auteur du Gladiateur combattant. On cite encore deux sculpteurs athéniens, Apollonios et Cléoménès. auquel on attribue la Venus Je .VcJicis.
Pasitélès était originaire de la grande Grèce.
Dans sa belle étude sur l'Art antique, Rayet a mis en évidence les caractères originaux de la sculpture romaine, qui ne commencent à se développer que sous l'empire du i" au ii' siècle de notre ère. C'est par le portrait que se distingue surtout le statuaire romain. Les courtisans élevaient des statues aux empereurs; on en érigeait d'autres en l'honneur de généraux victorieux, de gouverneurs de provinces ou de bienfaiteurs de villes. Les unes, simulacra achillea. donnaient au personnage idéalise une attitude