‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 10 sur 179 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

(it DÉCEMBRE 1876)

Tnbes nerveiix A myéline.

Tubes nerveux à myéline examinés dans Veau, dans le sérum iodé, dans t alcool au tiers.

Tubes nerveux à myéline étudiés avec le picrocarminate, — Coloration du cylindre-axe à rextrémité du tube. — Coloration beaucoup plus lente dans son intérieur. — Coloration du cylindre-axe au niveau des étranglements.

— Même coloration sur les points du tube contournés en anse, où le cylindre-axe est mis directement en rapport avec la gaine de Schwann.

Tubes nerveux à myéline étudiés avec le nitrate d'argent, — i* Immersion. — Nerfs thoraciques du rat. — Nerfs de la queue du rat et de la souris. — Endo- Ihélium du nerf. — Croix latines correspondant aux étranglen^ents annulaires.

— 2* Dissociation dans le réactif. — Renflement biconique du cylindreaxe et stries de Frommann. — Anneau de rétranglement, ii^diquantune soudure cellulaire.

Messieurs,

Nous continuerons aujourd'hui l'étude analytique des tubes nerveux à myéline que nous avons commencée dans la dernière leçon.

Je dois d'abord revenir en quelques mots sur les faits les plus importants que Ton observe sur les tubes à myéline examinés dans Peau. Lorsqu'un tube nerveux est isolé dans l'eau, en portant l'observalion au niveau de sa section, on voit, avons-nous dit, la myéline s'échapper par Textrémilé

38 TUBES NERVEUX A M^tUNE.

ouverte du tube, sous forme de filaments. Ce fait, que la myéline sort seulement par l'extrémité sectionnée et ne s'échappe par aucun autre point de la surface du tube, sufBl à prouver que ce tube est. entouré d'une membrane enve-* loppante. Ce qui le démontre encore mieux, c'est que, si en pratiquant la dissociation on a déchiré ou rompu cette membrane en un point quelconque, la myéline sort en ce point en formant les mêmes ligures compliquées qu'à l'extrémité du tube.

Outre les boules et les pelotons de myéline, sur la description desquels je me suis suffisamment étendu, on observe aussi quelquefois, au delà de Textrémilé de section, un cylindre transparent comme du verre et difficile à distinguer à cause de sa pAleur extrême; c'est le cylindre-axe. Souvent il faut ombrer le champ et employer de forts grossissements pour le reconnaître. Bientôt cependant, sous l'influence de l'eau, il se gonfle et présente des granulations qui le rendent un peu plus net.

Je vous ai parlé du noyau que l'on aperçoit dans une encoche de la myéline, et de la masse proloplasmique granuleuse qui l'entoure. Enfin, je vous ai dit quelques mots des étranglemenls annulaires, étranglements assez analogues comme forme à ceux que l'on produirait sur un l)Oudin en le serrant avec un fil. Nous n'en poursuivrons pas plus loin l'analyse avec ce premier réactif, car nous pourrons les distinguer beaucoup mieux à l'aide d'autres méthodes.^

Enfin, tout à fait au début de l'action de l'eau, on observe des incisures obliques, sur lesquelles Schmidt* d'aboixi, et ensuite Lanterman', ont attiré l'attention. On ne les distin-

* Schmidt, On ihe comiruclion of the dnrk or double bordered nerve-fibre, Monlhly microscopical Journal, p. 200, l"inai 1874.

* Lanterman, Veber den feineren liau der markhalliyen Nervenfater. Arch. f. micr. \nal., 1876, l. Xlll, p. 1.

EXAMEN DANS L^lî. 39

gue pas Irès-netlement sur des nerfs examinés dans l'eau, mais ce n'est pas ainsi qu'il convient de les étudier. Nous y reviendrons dans la suite.

Je vous indique tous ces faits avant de passer à d'autres méthodes, pour vous montrer que, sur une préparation extrêmement simple, telle que leshistologistes en ont toujours fait depuis que Ton a commencé à se servir du mici'Oscope, on peut distinguer la membrane de Sehwann, le cylindre-axe, les étranglements annulaires, les noyaux, et même les incisures de Schmidt et de Lanterman, en un mot tous les détails que nous allons constater dans le tube nerveux à l'aide des difTérentes méthodes dont on fait usage aujourd'hui. Mais, me direz-vous, si nous observons sans difficulté tous ces faits sur des préparations semblables à celles qu'examinaient les anciens histologistes, comment se fait-il qu'ils ne les aient pas reconnus? Cela tient simplement ace qu'ils étudiaient les fibres nerveuses sans se douter de l'existence de tous ces détails, tandis que, lorsque nous abordons cette même observation, nous en sommes déjà avertis. En effet, on ne voit bien (et cette remarque est vraie non-seulement pour l'histologie, mais pour toutes les sciences d'observation) que c^ que l'on connaît déjà. Quant aux faits que l'on ne connaît et que l'on ne soupçonne pas, fussent-ils très-visibles, très-distincts, on ne les aperçoit généralement pas. L'œil, qui n'est pas prévenu, ne s'y arrête pas, et nous passons à côté sans même nous douter qu'ils existent. 'Pour voir les choses, non pas telles que nous avons appris à les voir, mais telles qu'elles sont en réalité, il faut une qualité toute particulière, l'esprit d'observation. Cette qualité, qui est de première importance dans notre science, est assez rare, et chez ceux mêmes qui la possèdent elle est toujours fort incomplète. C'est la raison pour laquelle les découvertes de

^ TIBLS ^EKVEn A lYÊUNE.

CuU, rdaliTement faciles à observer, se font quelquefois iàUtodrt fi longtemps.

Kuminons maintenant le tube nerveux à mvéline a Taide d'uuirtê réactifs. Parmi ceux qui vont nous occuper, le premii^r est le fiérum iodé. Les tubes nerveux étant enlevés fiar un des procédés que nous avons décrits dans notre dernière leçon, ils sont placés sur une lame de verre dans une goutte de sérum iodé et y sont dissociés. Ceux que Ton a ainsi isolés oni au début des formes très-pures; au bout d'un certain temps, ils présentent des altérations semblables k celles que Teau y détermine. Ck)mme ces altérations se produisent beaucoup plus lentement, le sérum iodé con- Hlitue un bon réactif pour en suivre le développement.

Je vous dirai aussi quelques mots d'un autre réactif, Talcool au tiers (une parfie d'alcool à 56° Car lier, avec deux parties d'eau). Les détails de la fibre, et surtout le cylindreaxe, s'y distinguent bien, et, sous ce rapport, l'alcool ainsi dilué est suiMirieur au cbloroformc (Waldeyer) et au coUodion (IMlOger).

Je passe h des réactifs beaucoup plus imporU'mts, aux réiielifM colorants. Kn première ligne je placerai le picroenrniinnln, d(uitj*ai recommandé l'usage il y a plusieurs années pour Pélude des nerfs. Si Ton veut être assuré d'obhorvor ou remployant It^s détails que j'ai décrits autrefois et sur les(|uels je vais nnenir, le picrocarminate doit être préparé avec soin. Il doit étn^ solide, cristallin, entièrenuMit solnble dans Toau. On en fora une solution au cen- Ui^wwK C\'s{ j\ eo degré de dilution qu'il faut le faire agir Hur U'H nerfs si Ton >eul obtenir de Kins résultats.

Page 1