‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 11 sur 179 · DISSOCIATION DANS LE PICROCARMINATE · texte numérisé non relu

DISSOCIATION DANS LE PICROCARMINATE

Dissocions un segment du nerf scialique du lapin sur une lame de verre dans une goulte de ce picrocarminate, en observant toutes les précautions précédemment indiquées. Nous trouverons presque toujours dans la préparation des tubes qui auront été convenablement isolés. Examinonsles au niveau de leur section et parmi eux choisissons-en un dont le cylindre-axe fait saillie au dehors. A l'extrémité du tube, nous verrons la masse de myéline s'échapper en subissant des modifications variées, mais beaucoup plus lentes que dans Teau. La portion du cylindre-axe située au dehors de la gaine de myéline se colore instantanément en rouge, de sorte qu'elle est facile à distinguer, tandis que celle qui se continue dans le tube nerveux est incolore et ne se reconnaît que vaguement. Peu à peu, cependant, la coloration pénètre dans l'intérieur du tube, de sorte qu'au bout d'une demi-heure à une heure il y apparaît un segment coloré plus ou moins long du cylindre-axe, qui dès lors s'y reconnaît nettement. Comment se fait-il que ce cylindre-axe, que nous voyons d'une manière si nette lorsqu'il est coloré, échappe à notre observation lorsqu'il est incolore? Il nous est facile de donner à cette question une réponse satisfaisante. L'indice de réfraction du cylindre-axe, bien qu'inférieur à celui de la myéline, n'en est pas assez différent pour permettre de distinguer ces deux éléments qui sont appliqués exactement l'un sur l'autre et que l'on examine par transparence. Mais, après l'action d'une matière colorante qui ne porte que sur l'un des éléments, celui-ci est suffisamment accusé par sa coloralion.

Lorsque les tubes nerveux ont séjourné vingt-quatre heures dans le picrocarminate, ils présentent, dans une portion plus ou moins considérable de leur longueur à partir de la surface de section, des cylindres-axes colorés en rouge. Pendant ce

4* TUBES .NERVErX A MTÉUNE.

mémetemps* la myéline aura subi des transfonnations importantes. Die aura donné naissance à de grands tubes qui s*aTanœnt en divers sens, s'incurrent, se rejoignent même pour constituer des réseaux. U est essentiel de bien connaître ces diflerentes formes, pour ne pas être tenté de les attribuera des éléments histologiques.

Au nireau des étranglements annulaires, il se produit aussi des modifications intéressantes. La matière colorante pénètre dans l'intérieur du tube et atteint le cylindre-axe. Elle te colore, non pas aussi rapidement que le segment dénudé qui défiasse l'extrémité du tube, mais dans le même temps environ que la portion entourée de myéline au voisinage de la section. Ce fait montre qu'au niveau des étranglements annulaires les substances cristalloîdes entrent dans le tube nerveux et y diffusent. 11 est du plus haut in* térét pour nous, parce qu'il indique comment peut se faire la nutrition du nerf. Nous y reviendrons ci-après.

J'attirerai encore votre attention sur un troisième fait. Il arrive souvent que, par la dissociation, un tube nerveux a ét4' replié en anse, et se présente ainsi dans la préparation. Le cylindre-axe se trouve alors tendu sur la concavité de l'anse, de sorlc qu'il touche directement en un point la gfiîruî de Schwann, la myéline étant à ce niveau refoulée tout cnlii'îre du l'aulre côté. En ce point, le cylindre-axe se cjolon» de la mrme façon que dans une extrémité sectionniMî. Ce fait démontre que la gaine de Schwann est pénétrabie aux substances cristalloîdes et particulièrement au picrocarminatc d'ammoniaque.

Nulle pari, en dehors des conditions que nous venons d'indicjuer, on ne voit se produire une coloration isolée ducylindro-ax(», ce qui prouve que les incisures de Schmidt et de Lnnlennaii ne sont pas des voies colloïdes pour la pénétration (les substances cristalloîdes jusqu'au cylindre-axe.

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