‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 104 sur 179 · EXTRÉMITÉS SECTIONNÉKS, A PARTIR DU SECOND JOL'R · texte numérisé non relu

EXTRÉMITÉS SECTIONNÉKS, A PARTIR DU SECOND JOL'R

Il s'est même produit une hémorrhagie au moins aussi abondante qu'après la section du nerf.

Au moment où nous pratiquons l'examen, c'est-à-dire trois jours après l'opération, il existe une inflammation légère, par suite de laquelle de nombreuses cellules lymphatiques se sont répandues dans la boîte formée par la gaîne lamelleuse et se sont trouvées en présence des gouttes de myéline et des globules rouges du sang. Comment se sontclles comportées vis-à-vis de ces derniers éléments? Elles les ont absorbés les uns et les autres, de la même manière que les cellules lymphatiques de la cavité péritonéale ont absorbé la. myéline et le vermillon que nous y avions injectés (voy, t. I, p. 305).

En examinant la préparation que je mets sous vos yeux, vous reconnaîtrez facilement les cellules dont je vous parle. Elles se montrent sous la forme de masses arrondies ou ovalaires, beaucoup plus grandes que les cellules lymphatiques normales, et sont chargées de granulations graisseuses d'un jaune-l)run (PI. IV du tome I, fig. 6). Quelques-unes contiennent des globules rouges du sang en assez grand nombre, jusqu'à dix ou quinze; d'autres sont remplies de grosses gouttes de myéline; certaines renferment à la fois.de la myéline et des globules sanguins. De plus, toutes, sans exception, présentent un piqueté brunâtre dû à la multitude des granulations graisseuses colorées par Tosmium qui sont logées dans leur intérieur. La dimension de ces cellules est si considérable que nous aurions peine à les reconnaître pour des cellules lymphatiques, si rexpéricnce que nous avons faite en injectant de la myéline dans la cavité péritonéale ne nous avait pas appris combien ces éléments sont susceptibles d'augmenter de volume.

Que deviennent ces cellules lymphatiques? Chargées de leur bagage, en train de digérer la myéline qu'elles ont ab-

UTM» PESHOIFSS Mrbi^, elles vont trouver les ganfçlions lymphntiquvs. dans lesqueU fîtes s'arrùlenl. Ces ganglions soaX en elTt^ gtmflés, comme nous avons [ni le onnslalio' ; peul-flre recuDoal' trail-»!! encore U nijétine daiiâ leur 4nlérieur, ma» c'est uDc obâcn'alion que nous n'avous pas failv, [arce c[u'dle nous aurait cttlraims au Jctà des Irmiles de nos reclicrclies.

L'écrasemi'-nt d'un nerr produit donc les mêmes effels que sa MXiion. CL-pt-ndant, pour \tfi études que nous allons poursuivi-c mainlfnanl, cl qui doivent parler sur les eilrémilés des deui si'gments, ce u'esJ pas un procédé à recomniandtT. tn efTel, quand on examine un nerf écrasé, on ne peut reconnaître au juMe In limite do la portion sur laquelle a porté direcleuitrtit l'aclion de la pince et de celle où se sont pruduite<t de» lésions secondaires. Il est donc préfétaMe de recourir à la section, et niietix encore à la l'èsection du nerf. En effet, si Ton retranche, au moyen de deux sections très- franches, une pelile Ion-tueur du cordon nerveux, les eilrémilé* du seirment inférieur et du scfimenl supérieur, écartées l'une de l'autre, seront plus faciles à enlever et à dissocier.

Réséquons un petit fragment du nerf scialique d'un rat albinos jeune adulte; attendons trois jours et sacrifions l'animal au coinmencement du quatrième. Dégageons les deux segments du nerf au mojen de petits crochets mousses, en ayant soin de ne touchera leur extrémité ni avec le scalpel, ni avec les ciscauv ou la pince, et enlevons de cliacun d'eux une portion d'un demi-centimètre environ de longueur, en prenant les plus grandes précautions pour ne pas l'altérer.

Nous remarquerons tout d'abord, au niveau de la section, aussi bien dans le bout central que dans le bout p«>riphérique, un léger rennement de couleur rosée. Cette couleur

EXTRÉMITÉS SECTIONiNÉES. — BOURGEONS TERMliNAUX. 29

est due en partie aux globules rouges répandus entre les extrémités des tubes nerveux, en partie à la congestion ou au gonilement des vaisseaux. Quant aux renflements de ces extrémités que nous nommerons désormais bourgeons terminaux, ils sont dus au gonflement de la myéline dans les tubes nerveux, et à la présence d'une grande quantité de cellules lymphatiques, qui se sont chargées de gouttes de myéline et de globules rouges du sang.

Après avoir reconnu Texistence de ces renflements terminaux, plongeons les deux segments dans une solution d'acide osmique au centième. Comme ils ne sont ni longs ni épais, il suffira d'un séjour de une à trois heures dans ce réactif pour en fixer les éléments ; il est essentiel de ne pas les y laisser plus longtemps, puisque nous nous proposons de colorer ensuite par le carmin les noyaux et les cylindresaxes. Tous les détails que je vous donne ici ont une grande importance, parce que, si l'on n'y accorde pas l'attention nécessaire, on ne réussira pas à observer les faits dont je vais vous entretenir ; c'est pour celle raison que j'y insiste et que je mets autant de soin à vous les indiquer.

Comme les éléments nerveux dans le bourgeon sont extrêmement délicats et exlrémement fragiles, même après l'action de l'acide osmique, il n'est pas possible d'y appliquer directement la pince ou les aiguilles sans les altérer profondément. Voici comment il faut procéder : si le segment nerveux a plusieurs faisceaux, on commence par les séparer les uns des autres dans l'eau en agissant avec deux pinces sur l'extrémité du segment opposée au bourgeon. Choisissant maintenant un de ces faisceaux, le plus gros par exemple, nous le trouvons entouré de tissu conjonclifet enveloppé de sa gaîne lamelleuse, dont il faut d'abord le débarrasser. A cet effet, nous le divisons sur une petite longueur au niveau de la section fraîche, soit avec des ciseaux, soit avec

les ai:niîlli» ; pab, continuant tnnjnur^ à opérer sous l'eaa, noas saisissons a\ec deui pinœs le» deux (lorlious de cette fx- Iréniîlc divisée, et, lus vcjrlant t'one de l'antre, noos arrivons, en déchîniDi la «laine Kimelleose, }t sé|iarcr l« sc'^meot ncc^ veux ut deui parties. Lorajuc orltr gniiie est ealevét;, rien n'est plus facile que d'isoler les iiïiiv^ les unes des dutrcs dans toute ta r^iou qui ne correspond pas au buur^geon terminal: mais il n'en est pas de même dan$ ce dernier, cjr l'eisudal hémorrhagiquc et l'exsudal inflammatoire y ont englobé les (ubcs nentiux dans une 9ntie de masiic résistant el élasliipie tout i la fois. Aussi \a dissociation h ce niveau est-elle longue et trùs-déltcile ; elle exige beaucoup d'adresse el une longue liabilude pwur donner un résultai convenable, puisque, je vous le réfute, il ne faut jamais toucher avec It!s inslrunienls les éléments qui nous in> léressent et que nous voûtons obsener dnns le bourgeon. Quand h préparation e$t Taile, on commence par i'examiaer dan!i l'eau; puis on la colore par le picrocarminate, auqud on substitue ensuite Irès-lenlemenl la -flycérine. C'est immédiatement après la dissiu-iation, el qii.nnd la préparation est encore dans l'ciiii, qu'elle rst la |)lu!; convenable pour l'obscrvalion de ceitains détails dont je vais vous entretenir tout d'abord.

Alin de l'cndre plus clair dans son ensemble l'exposé des faits que je dois vous décrire, j'intervertirai l'ordre <|ue nous avons suivi jusqu'ici, el, au lieu de vous parler d'abord du bourgeon périphérique, je cuiiimcncerai par déciirece que l'on observe dans le bourgeon central.

Avant lout, je dois attirer votie attention sur un plicnomijne capital vis-à-vis duquel tous les autres rentrent au second plan. Lorsque vous examinerez le bourgeon central du nerfsciatiquc d'un rat, enlevé trois jours après la section, lixé par l'acide osmiquc et dissocié avec les précautions que

Page 1