BOURGEON CENTRAL
tube nerveux renferme fréquemment un grand nombre de groupes de ce genre. Après le troisième, le quatrième, le cinquième jour, il n'est pas rare d'observer de ces groupes qui, outre les petites granulations graisseuses, contiennent aussi des gouttes de myéline.
En étudiant ces faits avec attention et en étagcant mes préparations, de manière à en avoir à diverses phases du processus, je suis arrivé à me convaincre que ces groupes de granulations correspondent à des cellules lymphatiques. Ces cellules, qui se trouvent en abondance à l'extrémité du nerf sectionné, et qui se chargent d'une grande quantité de granulations graisseuses et aussi de gouttelettes de myéline (voy. 1. 1, p. 310), s'insinuent entre la gaîne de Schwann et le cylindre-axe, et pénètrent dans le tube nerveux jusqu'à un niveau plus ou moins élevé.
Il y a quelques années, un fait de ce genre aurait paru tout à fait invraisemblable; mais aujourd'hui que l'on connaît les nombreuses migrations des cellules lymphatiques, cette pénétration n'a plus rien de surprenant. Vous pourrez observer dans un instant, sur une de ces préparations (voy. PI. I, fig. 5), un tube nerveux dans lequel la myéline est refoulée sur un des côtés; entre elle et la gaine de Schwann sont logées à la file un certain nombre de ces cellules. A mesure que Ton examine un point du tube plus voisin de la section, on remarque que les cellules lymphatiques occupent une portion plus notable de son calibre, et, tout à fait près de son extrémité, elles le remplissent. Ces cellules sont du reste absolument semblables à celles qui sont libres entre les tubes nerveux, dans d'autres points de la préparation.
Cette observation nous conduit à une explication complète du phénomène. Les cellules lymphatiques se glissent d'abord dans les tubes nerveux et s'y étagent, puis elles
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d^jirent peu « pea b mvâÎM qui «e tiwive à leur |kort&; c'est pour œb «{ue dans m stade nltàieur le calibre d'an certain nombre de lobes csl eomplêleiiient rempli de groupes de graaubiiuns graisMoses fines au ceatre desquels il existe des noyaux.
Ibi» les eellales Ijmpluiliqaes ne sont pas les snils &^ menti qui pénètrent dan» rmiérieur des tubes nerreux; on y rcman|aL' aussi des gl»buli» rouge» du sang. Ce fait, que j'ai ohserrt' sur le bourgeon supërieur d'un nerf sdatîqoe du rat trois jours après la swtioD, m'a beaucoup ^uqtrÏK. Au premier abord, j'aî cru à une îllusïoa causée par la Miperposilion d«s ohji'l^. Tous .«avei que des erreurs de ce penre se oommfKlent «ouTcnl lorsque l'on n'a pas à sa disposition de bons objeclirs; mais, ea Taisant l'exanu^n dans de bonnes conditions, je me suis conrainca que le» globules ronges sont bien à l'intérieur M la gaine de Scbwann.
Commt^nl s'expliquer l'entrée de cps globules dans les liibes nerveux? Les globules ronges, vous le savei. ne possèdent pas de mouvements amiboTdes; ils n'ont donc pas pu s'introduire dans les gaines de Schwann par leur activité propre. J'ai pensé d'aboH, et c'était l'hypotlK-se la plus probable, qu'ils avaient clé englobés par des cellules lympha tiques et transportés par elles dans l'intérieur des gaines de Scbwann ; mais J'ai dû rcminccr, en partie du moins, à cette explication quand j'ai vu, dans certains tubes, les globules rouges disposés en série et pressés les uns contre les autres, absolument comme ils le sont dans les capillaires sanguins. Voici, selon moi, quel est le mécanisme de ce phénomène : vous avez vu qu'à l'extrémité ouverte des tubes nerveux la myéline se gonfle en absorbant le plasma; pr suite de ce gonflement, elle écarte la gaine de Schwann <lu cylindre-axe, et, lors<]u'elle s'échappe du tube, elle en