CHOIX DU NERF SUR LEQUEL IL FAUT OPÉRER
riode de dëgénération, mais encore il s'hypertrophie ; il possède alors la propriété de se multiplier par segmentation longitudinale.
Remak n'a pas poursuivi ces recherches; il est probable que son attention en a été détournée par d'autres études. Mais, s'il avait fait une seule coupe transversale du segment périphérique, du quatrième au dixième jour après la section, il aurait reconnu que les cylindres-axes n'y sont pas conservés. Je n'ai pas besoin d'insister sur ce point ; il y a peu •de jours, nous avons examiné ensemble des préparations qui nous ont permis de nous former à ce sujet une opinion exacte et définitive. (Voy. p. H, et t. I, p. 323.)
Je ne poursuivrai pas plus loin cet exposé historique; je passe de suite à l'étude expérimentale.
J'ai fait sur le sujet qui nous occupe des expériences nombreuses, il y a déjà longtemps. Plus récemment, je les ai reprises, afin de pouvoir vous montrer des préparations fraîches. C'est donc la seconde fois que je reprends cette question. Mes observations ont porté sur le lapin, le cochon d'Inde et le rat ; ces animaux conviennent tout spécialement pour les expériences de cette nature, à cause de la rapidité avec laquelle se produisent chez eux la dégénération et la régénération des nerfs.
Les nerfs sectionnés ont été le sciatique et le pneumogastrique ;»mais je préfère le pneumogastrique, et voici J30urquoi. Lorsque l'on a coupé le sciatique, la plaie guérit par première intention, si Topération a été faite avec soin et proprement, et, si l'animal est vigoureux, sa santé n'en est d'abord pas altérée ; mais bientôt il survient dans la patte paralysée des ulcérations qui s'étendent aux parties profondes et déterminent de la gangrène. On a beaucoup discuté sur le mécanisme de la production de ces altérations. Je ne m'en occuperai pas ici, parce qu'elles ne rentrent pas
46 IIÉGÉ.NÉRATIOS DKS NERFS SECTIONNÉS. ^W
directement dans notre sujet. Si je vous en parle, c'est nniqucment pour vous dire que souvent les anininus j succombent avant que les phénomènes de régénération du nerf soient suflisamment avances pour l'étude.
On pourrait éviter cet inconvénient en ne coupant qu'un ou deux des rameaux du sciatique; mais alors, les nerfs i examiner élanl Irès-gréles, il ne serait pas facile de Its dissocier; et comme la dissociation des nerfs régénérés est déjà par ello-mème très-délicate, il faut éviter d'y ajouter une nouvelle dit'tlculté.
La section du pneumogastrique se fait très-facilement; la plaie qu'elle nécessite n'est pas profonde et guérit par première intention ; si l'on ne coupe qu'un seul pi.eumogastrique, la sanic de l'animal n'en est [tas altérée, et il est possible d'attendre plusieurs mois pour faire l'ciamen du nerf régénéré.
Une autre raison qui doit encore porter à choisir ce nerf est d'ordre histologïquc. Chez les animaux qui servent à nos recherches, le pneumogastrique est fonn&d'un seul faisceau. Pur conséquent, les tubes nerveux à myéline et les fibres sans myéline dont il est composé, n'étant enveloppés que d'une seule gaine laraclleuse, seront facilement mis en liberté.
Coupons le nerf pneumogastrique d'un lapin ou d'un rat; attendons soixante à soixante-dix jours; au bout de ce temps, les phénomènes de régénération sont déjà bien marqués. Je dois vous dire de suite que mes expériences ont embiassé une plus longue période; elles se sont étendues du vingtième au cent soixantième jour; pour cerUins faits, on a intérêt à attendre jusqu'à cette époque, et même il serait bon de la dépasser, comme vous le verrez dans la suite.
Au bout de soixante jours, le nerf étant dénudé, (m