BOURGEON PÉRIPHÉRIQUE
qu'il le considère comme constitué par des portions distinctes correspondant aux segments interannulaires, et soudées les unes aux autres au niveau des étranglements. • Chacune de ces portions ferait donc partie intégrante de la cellule dans laquelle elle est logée. Il était naturel dès lors que la dégénération, entamant une de ces cellules, la comprît tout entière et s'étendît aussi bien au cylindre-axe qu'à la gaîne médullaire. Sans revenir sur la question de la continuité ou de la discontinuité du cylindre-axe, que nous avons discutée ailleurs (voy. t. J, p. 128), il nous suffira, pour réfuter Terreur d'Engelmann, de constater que, dans le premier segment au-dessus de la section, le cylindre-axe est non-seulement conservé, mais hypertrophié.
L'interprétation d'Engelmann devient encore moins soutenable en présence d'un second fait, à savoir que les altérations ne s'arrêtent pas au premier étranglement annulaire. Au-dessus de cet étranglement, en effet, il se produit encore des modifications importantes. Elles consistent en ce que le segment interannulaire situé au-dessus de cet étranglement, au lieu de contenir un seul noyau, en possède plusieurs qui sont noyés dans une masse protoplasmique commune, disposée entre la myéline et la gaîne de Schwann (PI. I, fig. 6).
Si nous examinons maintenant, en suivant exactement les mêmes méthodes, les tubes nerveux du bourgeon périphérique, nous y observerons des modifications semblables à celles des tubes du bourgeon central, avec cette différence que les cylindres-axes y ont disparu. Vers le douzième jour, la myéline, devenue granuleuse, s'est échappée sur une assez grande longueur des gaines de Schwann ouvertes, de
RÊC(!?(fiRiTI(m DES KERrS SECTlOnffiS.
tell(î sorle qne les tubes nerveux dégénérés ne contiennent plus que quelques laivs boules de mjéUne, el sont presque uniquement conslilués par des gaines vides revenues sur elles-mêmes.
Tel csl l'étal dans lequel se trouvent les différentes parties du nerf au moment où la régénération commence.
BÉCÉSÉRATIOS DES NEHKS SECTIÛ^.^ÉS
Li rt'génération dos nerfs csl un processus compliqua, d'une olMiervaùon Irès-délicale. Aussi les différenLs auteurs qui s'en sont occu|»és ont-ils eu recours à des hypolbèses pour interprétt-r les faits, qu'ils n'observaient du reste qu'im|iarfaitement. Bien plus, leur lijpotlièse elle-même leur a souvent tenu lieu d'observation; je veui dire qu'ils ont cru reoonnnilrc dans leurs préparations ce qui derût s'y trouver d'après leur Ihèorie.
I>ans l't'xposi' qiio je vni^ cnlivprendre ite cette question, je ferai soigneusement la part des fails et celle des hj'pothèses. Certains faits pourront m'échapper; mais, quant k ceux dont je vous parlerai, tous les verrez vous-mêmes el vous pourrez jugor de la lidélilé de ma description. Dans le domaine de r&\|tcnence. en effet, on ne doit fonder son opinion sur rautorilé de personne ; il ne faut admettre comme des faits démontrés que ceux dont îl est possible à chacun de constater l'etactitude.
Reprenons d'abord en quelques mois l'historique de la question. Les auteur» qui ont traité de la régénération des nerfs ont subimlonno leur manière de voir sur ce sujet è l'opinion qu'ils s'étaient faite de la dégénération, ce qui montre bien, comme je viens de le dire, que c'est la
théorie qui les conduisait, même dans Tobseryation des phénomènes.
Waller pensait (voy. t. I, p. 275) qu'à la suite de la section tous les éléments du nerf, le cylindre-axe et la membrane de Schwann aussi bien que la myéline, subissent la dégénération et disparaissent complètement; par conséquent, tout est détruit quand la régénération commence. Il suivait nécessairement de là que la régénération est radicale, c'est-à-dire que les tubes nerveux de nouvelle formation n'empruntent absolument rien aux anciens. C'est en effet l'opinion que Walfer a adoptée au sujet de la régénération ; et, s' appuyant sur ce qiie l'on savait du développement des nerfs dans l'embryon, il est arrivé à la conclusion que les nouveaux nerfs proviennent du segment central.
M. Schiff*, en étudiant le segment périphérique d'un nerf sectionné à l'aide de solutions de bichlorure de mercure, avait cru apercevoir le cylindre-axe dans l'intérieur des tubes dégénérés. Se fondant sur ce fait, il soutenait que le cylindre-axe est conservé dans les tubes nerveux du segment périphérique, et que la myéline seule y a disparu. Il ne pouvait dès lors admettre que les tubes nerveux se reforment de toutes pièces; aussi, d'après lui, toute la régénération est limitée à la reproduction de la myéUne.
ftlM. Philippeaux et Vulpian se rangèrent à la manière de voir de M. Schiff.
Neumann, d'après lequel la myéline et le cylindre-axe, loin d'être détruits dans le segment périphérique, y disparaissent seulement parce qu'ils se confondent ensemble, admet naturellement que la régénération consiste simplement en une différenciation nouvelle de ces deux éléments.
* Pour la bibliographie, voyez tome I, p. 374.
41 tttia«!f^fik'Tm m» mm îmimetÊ!'.
Id maliire du cytiodre-axe redmieol cjliodrc-aïc, la m»-
lîire lie la myt^line ri?dcf ient myéline.
Kemak ' a publié en 1S02, sur le sujet quî nous oceafK, un mi'inoirc Irfs-cuurl (îl n'a pas quatre pages), maïs qui Q^nmoins a complétctueRt diangé ta <]ireclion dans )»quelle les tiistologisk-KÛtaicnl engagés. 11 n'agît d'une simple ubsen-ation faite pour ainsi dire par hasard. In de ses anciens élèves, le docteur Behrcnd, prdti([uait pour lui des sections de nerfs, et après un temp plus ou moins luug, il loi apportait les \Àbct^ pour li^ examiner. L-i seule dont il soit question daife ce mémoire est un nerf scialique de lapin enlevé six mois a]irès la section. Rcmiik y remarqua des tubes nerveux régénifrés lieauconp plus minces que les normaux, cl qui étaient contenus Jaits les anciennes gaines de Schwann. Knlre c(» tulies el l'iincienne gaiae, il obs»-n des amas de myéline. La conséquence qu'il fallait (inr de ce fait était qu'il se produit une néo-formation de LuIrb ncnem dans rinlérieurdes anciens.
Examinons mainlenanl la théorie à laquelle Remak a élé roiidiiil ]iar celle oli^^cr'valimi. Si des Iribcs nerveux nouveaux, se dit-il, se développent dans l'intérieur des anciens, aux dépens de quoi se formenl-ils? Ce ne |>cut ùtTG qu'aux dépens du cylindre-axe. Le cylindre^xe doit donc être conservé. Vous le voyez, ce n'est pas à la suile d'une observation directe, mais par induction, que Remak se rangea à l'opinion de M. Schiff. Il alla même plus loin; comme il avait observé plusieurs tubes nerveux dans rintorieur d'une ancienne gaîne de Schwann, il en conclut que le cylindre-axe se segmenle pour les foi'mer. Par conséquent, d'après lui, non-seulement le cylindre-aie est conservé dans le segment périphérique |K!ndant la péenfaiern. Virchow's Àrch.,