ÉTUDE DES LAMES AU MOYEN DE L'ACIDE OSMIQUE
sont situés en dehors de la lame électrique proprement dite, c'est-à-dire dans le tissu muqueux qui double sa faciB ventrale. Je vais laisser de côté aujourd'hui les vaisseaux, les nerfs et les cellules conjonctives, pour m'occuper de la lame elle-même.
Celle lame, à cause de l'extrême délicatesse des parties qui la constituent, présente de grandes difficultés techniques, tandis que, les préparations une fois obtenues, l'observation en est comparativement facile. Je serai obligé d'exposer ce sujet d'une façon assez étendue et d'entreprendre une discussion détaillée des points de structure controversés. Seulement, au lieu de discuter avec des arguments, comme on peut le faire dans d'autres branches de la science, je discuterai au moyen de méthodes qui montrent nettement les faits, ce qui est le seul procédé de discussion vraiment profitable en histologie. Il est évident, en effet, que si l'on est obligé de recourir à des arguments pris en dehors des faits observés, c'est que ceux-ci ne sont pas démonstratifs; autrement ils ne donneraient lieu à aucune discussion. C'est pourquoi j'argumenterai exclusivement en indiquant les méthodes et les résultats des méthodes qui mettent hors de doute les différents détails de la structure des lames électriques.
Revenons à la préparation dont nous avons commencé l'analyse dans la dernière leçon. Continuons l'examen d'une lame électrique fixée par injection interstitielle d'acide osmique et disposée dans une cellule remplie d'eau phéniquée, la face ventrale dirigée en haut. Observons-la avec un grossissement de cent cinquante diamètres, et suivons les branches nerveuses de ramifications en ramifications jusqu'aux figures en bois de cerf. Si nous abaissons un peu l'objectif, nous ne voyons plus au delà, comme je vous l'ai déjà dit, qu'un granulé fin. Ce granulé paraît bien avoir un certain
arraiigeincnl; mnis il soraît impossible, à ce grossissemenl, de dire en quoi il consisic, Au-dessous du gi'aiiulé fin, dii observe un granulé plus grossier et des noyaux disséminés sur Icsijuels je reviendrai tout à l'heure.
A un grossissement plus considérable, de quatre ccnls & cinq cents diamètres, vous pourrez facilement reconnaUre uvee ecrlilude que les noyaux et le granulé plus groiisier sont dans une couche inférieure au granulé lin qui parait être la continuation des ramificAlions en bois de cerf. A ce môme grossissement, ce granulé apiiarail plus distinct. et on remarque qu'il est formé d'un réseau, ou plutôt d'une sorte d'arborisalion Une et déliuiile, dont les branches % termineraient par des reuillcs d'un diamètre très-peu supérieur à celui des hrunches elles-mêmes.
C'est en observant dans ces conditions que KOlliker et Max Scbultze ont cru apercevoir un réseau. Si l'on considère que ces branches et ces feuilles, dont l'image est très-fugace, parce qu'elles n'ont qu'une très-petite épaisseur et qu'il est difficile par conséquent de les mettre et de les maintenir an poini, sont couvertes de granulations fines qui en dépassent les bords, et que Ircs-peu aji-dessous se trouvent des granulations plus grosses, on conçoit fort bien qu'un observateur qui n'est pas encore fixé sur leur forme y soit trompé. Tous ces points, tour à tour brillants ou obscurs suivant le plus léger déplacement de l'objectif, fatiguent son (L'il el ne lui permettent pîis de suivre nettement les contours des objets.
Si, de plus, l'observation est faite sur le tissu vivant sans addition d'aucun réactif (et c'est ainsi qu'ont procédé Kolliker et Max Scliultïe),uiic nouvelle cause d'erreur vient s'ajouter aux premières; toutes les grosses granulations situées au-dessous du granulé fin présentent le mouvement brownien ou mouvement moléculaire; il en résulte que