‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 130 sur 179 · LAMES ÉLECTRIQUES. — ACIDE OSMIQUE ET CHLORURE D'OR · texte numérisé non relu

LAMES ÉLECTRIQUES. — ACIDE OSMIQUE ET CHLORURE D'OR

qu'il n'est pas besoin de litrer bien exactement la solution dont on fait usage. Je vais vous indiquer les détails du procédé et les conditions du succès. Il importe d'abord qu'il y ait la plus grande quantité possible d'acide osmique réduit, car Tor ne se fixe que sur les points où il se trouve de Tosmium ; on doit donc se servir, pour l'injection interstitielle, d'une solution forte, à 2 pour 100. Ensuite il faut enlever des morceaux de l'organe très-petits et les laisser plongés dans la solution d'acide osmique pendant quarante-huit heures. Après avoir dissocié les lames électriques, il convient de les laver à plusieurs reprises dans de l'eau distillée; on les conserve dans de l'alcool au tiers. Il m'a semblé que les lames électriques qui ont séjourné dans ce dernier liquide pendant quelques jours donnent sous l'influence du sel d'or de meilleures préparations que celles qui sont soumises directement à, l'action de ce réactif.

Les lames électriques sont disposées sur la plaque de verre, la face ventrale en haut, et régulièrement étendues. 11 ne faut pas se servir à cet effet de la demi-dessiccation, car l'emploi de ce procédé permettrailde faire des objections sur la valeur des résultats obtenus. On verse sur la préparation quelques gouttes d'une solution de chlorure double d'or et de potassium à 1 pour 100 ou à 1 pour 200, et l'on voit presq.ue immédiatement se produire des changements de coloration. Ces changements de coloration ne sont pas constamment les mêmes : quelquefois ils sont à peine appréciables ; d'autres fois la lame prend une couleur verte plus ou moins foncée; d'autres fois encore, une teinte bleue ou violette, qui peut avoir les intensités les plus variées; enfin, lorsqu'il s'est produit, par l'action des aiguilles, une déchirure de la lame éleclrique,les lèvres de cette déchirure sont généndement verdâtres. Je vous indique tous ces détails pour vous montrer combien cette méthode est incer-

t50 flRCANE ÉLECTIilOUi: DE U TORPILLE,

taine. Les lame» qui ont pris la couleur violcllti sont les Dieilleiircs pour l'observation. Après en avoir enlevé par un lavagic à IVau le surplus du nSscliT, on les monte dans ]i) glycérine ou d»ns le baume du Caniida.

Examinons une préparation faite suivant cette mélhode, ù\ portons noire attention sur les dt^rnières ramifications nerveuses. Nous les verrons se terminer en boulons. Nous remarquerons aussi des anastomoses, mais plus rares que dans les prcparalioiis faites ù l'aide du nilrale d'argent. Nous distinguerons sur l'arborisation terminale la ponctuation que nous connaissons, et en même temps nous observei'ons des- points colorés par l'or disséminés entre les branches de l'Hi-borisatian.

Nous trouvons donc dans ces préparations la confirmation des résultais fournis par l'application du nitrate d'argent, mais elles sont encore sujettes à bien des objections. L'action des sels d'or est en effet si variable que certaines [Mflies pourraient avoir été colorées sans appartenir à l'arborisation nerveuse, tandis qu'inversement des branches nerveuses de celle-ci seraient demeurées incolores. Par conséquent, les mêmes doutes dont je vous ai parlé à propos des préparations à l'argent persistent encore, et pour les dissiper il est nécessaire d'employer d'autres méthodes.

Au lieu de continuer à me .servir des sels métalliques, j'ai eu recours à une matière colorante de laquelle j'attendais de bons résultats, parce que je connaissais l'intensité de son pouvoir colorant pour l'avoir remai-qué sur d'autres parties très-fines et délicates, les fibrilles musculaires de l'hydropliile. Cette matière est l'hômatoxyline. Je vous donnerai d'abord quelques renseignement^ sur la manière de l'employer. Dans u«e solution d'alun

LAMES ÉLECTRIOUES. — HÉMATOXYI.INE. 151

à 1 pour 200 on verse goutte à goutte une solution forte d'hématoxyline cristallisée dans Talcool absolu. Le liquide acquiert une teinte violacée, d'abord peu marquée, mais qui s'accentue de plus en plus dans les jours suivants^ en même temps qu'il s'y fait un précipité. Au bout de quel qucs jours, il est d'un beau violet. C'est alors seulement qu'il possède les propriétés colorantes les plus intenses, et qu'il agit avec le plus d'élection sur les éléments des tissus.

Vous pourrez juger de la netteté de cette élection et de l'intensité de la couleur produite sur les fibrilles des muscles de l'aile de l'hydrophile dans une des préparations que j'ai disposées sous ces microscopes. Je dois vous dire comment cette préparation a été obtenue. Les muscles de l'aile enlevés à l'animal ont été d'abord plongés dans l'alcool au tiers, où ils ont séjourné pendant 24 heures; puis ils ont été dissociés sur une lame de verre en employant le procédé de la demi-dessiccation ; ensuite, on y a versé une ou deux gouttes de la solution d'hématoxyline; après quelquesminutes la coloration a été produite. Alors, la préparation a été largement lavée à l'eau et montée, après déshydratation, dans le baume du Canada. On y distingue (voy. PI. VI, fig. 4 a) avec la plus grande netteté les disques minces et les disques épais colorés en beau violet, tandis que les espaces clairs des deux côtés du disque mince sont restés parfaitement incolores. On aperçoit également la strie médiane transversale plus claire du disque épais. Tous ces détails sont déjà nettement visibles à un grossissement de 150 diamètres, tandis que, pour les reconnaître sur des fibrilles vivantes, il fallait jadis employer de très-forts grossissements, malgré lesquels les faits n'étaient pas encore établis d'une façon indiscutable.

Ces résultais m'ont déterminé à appliquer l'hématoxyline aux lames électriques, dans l'espérance de voir cetie sub-

Kii OHOAMv t:i,Ki;TfU(JI K OE Ll TOftl'lLLE. L I

tance colorer les ramiûcations nerveusos v.n laissant incolore! les parties intermédiaires. A[)rès avoir appliqué sans succès ce réaclir aux liimes fraîches, je l'ai cm|iloyc après l'action de l'alcool au tiers, de l'alcool Tort et de solutions variées d'acide pîcriqiic, mais aucun de ces procédés ne m'a donné un résultat satisfaisant. Cela lient à ce que ces liquide;: exercent une action perturbatrice sur les dernières rami- (icatious nerveuses et allèrent la forme de ces organw délicats. Il n'y a guère que l'acide osmique qui conserve r^ïtle forme dans toute son inlé^rité. mais je n'avais pas songé d'abord à l'essayer, |)arceqiie je savais combien il est diflïcilii ensnittt de coloi'er les tissus. Depuis lor<i j'ai reconnu que, quand son aciion n'a pas été trop forte et que les élémf-nls sont simplement fixés sans être noircis, la coloration par riiématoxjline n'en esl pas empêchée.

Voici maitileuantles détails du procédé: après que l'on a pratiqué dans l'organe électrique une injection inlerslilielle d'acide osmique à 1 pour 1 00, la portion atteinte est enlevée et plongée dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100 pendant plusieurs joui-s ou plusieurs semaine.s; on peut même l'y conserver plusieurs mois. Les lames électriques conlenues dans les prismes ont élé attaquées à des degrés divers par l'acide osmique, qui a fixé et noirci le plus fortement celles qui se trouvaient immédi;ilement au voisinage de la pointe de la canule, tandis qu'au delà son action a élé affaildie progressivement. L'isolation de ces lames doit être pratiquée dans l'ean ; on sépare quelques-unes de celles qui se trouvent à la limite de la portion atteinte par l'osmium. Parmi elles il faut alors choisir, cl c'est là le point important, celles <jui sont dans de bonnes conditions pour la coloration; il est nécessaire, en effcl. que l'acide osmique les ail fixées, mais (pi'il ne les ail pas trop fortement allaqnées. Poui' le reconnaître, on dispose les la-

ARBORISATION TERMLXALE (:OIX)RÉE PAR L*HÉMATOXYLINE. !:>:>

mes électriques sur une plaque de verre, et on les exnmine avec un grossissement de 150 diamètres; celles qui présentent le granulé fin régulier caractéristique de l'arborisation terminale sont les meilleures; on les étale sur la plaque de verre, et on verse sur elles quelques gouttes de la solution d'hématoxvline. Au bout de deux à trois minutes, la coloration est généralement produite. On peut du reste juger si elle est suffisante en examinant la lame électrique après ravoir lavée avec de l'eau ordinaire; si elle ne l'est pas, il faut faire agir de nouveau la matière colorante. Finalement la préparation est montée dans la glycérine ou dans le baume du Canada, en suivant les procédés classiques. Le baume me paraît préférable à la glycérine; il conserve mieux la couleur et rend les parties plus transparentes.

A un grossissement de 500 à 600 diamètres, vous verrez l'arborisation terminale violette^ très-nettement délimitée, se détacher sur les parties intermédiaires à peine colorées (PI. V, fig. 4). En suivant les ramifications nerveuses, vous reconnaîtrez que presque toutes se terminent librement, mais vous observerez aussi quelques anastomoses. Ces dernières sont moins nombreuses que sur les préparations au nitrate d'argent, mais elles existent réellement.

Les points qui correspondent aux cils électriques vus do face sont colorés en bleu, et s'aperçoivent, de même quedans les préparations au clilorure d'or, non-seulement sur toutes les ramifications terminales, mais encore, en dehors de ces ramifications, dans la substance intermédiaire. Cette dissémination de la ponctuation dans toute l'étendue des lames électriques a une certaine importance, et s'explique si Ton rapproche cette observation de celle que nous avons faite sur des coupes transversales de ces lames. Sur ces coupes, vous vous en souvenez, les cils électriques paraissent tous à égale distance les uns des autres et donnent lieu à une image

(75 ORUAIÏK ÉUXTRIWK W U TORPIUJE.

i)crr!« mixtes, dciiU les tiltres nerveuses ue jouenl p*^ toutes 1b même rôle, Les unes ^ont motrii:es, les autres seii&itiiÊ!^; il y en a peut-être qui sout Irophiques, vaso-nioirict's, thermiques, ulc. Ë(i uu mut, elles remplissent les ronctions Is plus diverses; aussi oot-eiles ègatemeot une tr\-s-«r»D(le varicié de formes. Mais, comme nous ne savoos pas a quelle titire est dévolue telle ou telle l'onclioD, nous ne pou^om élablîr dans ces nerfs aucun rapport entre la rooction H la Forme.

UMES ËLECTRIQUES EXAMINÉES SANS AUCUN RÉACTIF. 155

applique alors à l'étude de celte lame un grossissement coU' sidérable. A cet effet, je vous recommande l'objectif n" 13 à immersion de Hartnack et Prazmowski ; un bon éclairage est nécessaire.

C'est une observation délicate ; elle exige une mise au point très-exacte, car la moindre action sur la vis micrométrique change complètement l'aspect de la préparation.

Lorsque l'on examine ainsi dans son propre plasma une lame électrique, on y >oit trèsdislinclement les branches de l'arborisation nerveuse, el on remarque qu'elles deviennent claires quand on éloigne l'objectif, obscures quand on le rapproche. Elles se comportent donc comme des corps convexes plus réfringents dans un milieu raoins réfringent. Si l'on met ensuile l'objectif exactement au point sur les branches de l'arborisation, on constate qu'elles ont une disposition .semblable à celle que nous leur avons reconnue dans les préparations faites au moyen de l'hêmatoiyHne. On y constate également l'existence de quelques anastomoses entre les terminaisons nerveuses.^orsque l'on abaisse légèrement l'objectif, la ponctuation apparaît avec une admirable netteté.

A côté de ces faits qui nous étaient déjà connus, il en est un autre dont l'importance est considérable et que l'on ne peut observer que sur les lames électriques fraîches. Les granulations, qui <e trouvent avec les noyaux dans un plan inférieur à la ponctuation, sont agrlées du mouvement brownien. Cette observation étalilit qrie la eouclic intermédiaire est liquide ou semi-liquide-, les méthodes que nous avions appliquées jusqu'ici ne nous avaient pas permis de le reconnaître, parce que toutes les substances mises en usage pour consener les lames coagulent les substances albuminoïdes qu'elles contiennent et y fixent toutes les granulations. C'est donc dans une masse liquide, qui constitue la

UftCASEÏLECntnVK K U TOUPILLE.

{4its graDtIti |)iarli(' tlt; la t-uurlie iiitcminlîaire. «jw « plongés le» ciU (Hcririques.

Avaril d'aller plus loin, j'ai è vdms parivr de dess 5»e^ lions que j'ai Ui>$''-i?» île cMé chemin Riisanl, po«r ar |a» embrouiller davanta^'e rct exposé di*ji assez complexe. Ty iwiena ici, Cdèle à nie nit'thudt-, qui eil du voas eifmn ks pniblùmis leh qu'ils exigent dans la scieiio?. ou le)» qu*îK w présentent à inuii esprit, lui-^qu'its n'ont p» rnenre élu posés dans la scienr«.

D s'agit, CD premier liuu, de ruchoirlier qui-l cal li- fmÎDl oà, après s'éire divisées, les ramifica lions nerveusirs |iênè- Irentdansla lame électrique ; en second lieu, de<U-lerminer M les dernières ramifications nen~eii»es sont libres ou «î/aii contraire, elles son) couiprise»^ dan& une mcmbrani-- ou un ciment inlermédiaire qui len unirait pour former une couche continue.

Il parait d'abord très-facile de repondre à la première de rp« f]uetti<in«. Il suffit, scmblc-t-il, d'obsorM-r les ramilic:ilions nerveuses et de les suivre dans loules leui-s division* successives, pour arriver sansdilïicullé an point où elles jh'iièlrent dans les lames éleclriqucs. Lorsque nous examinons aitenlivemcnl une de ces lames, nous voyons, il est vrai le> fibres nerveuses se diviser et se subdiviser jusqu'aux ramiflcalions en Lois de eerf de Wa^'iier, et ces dernièies se perdre peu à peu dans l'ai borisalion terminale ; mais on ne ■^aurait dire, même sur les meilleures picparalions, qiitl e-t le point précis où ces fibres soni dans la membrane, 'î e'esl au niveau de l'anneau tenniiial de la fraine secondaire, si c'est en d(.'Çà ou an delà. Nous pouvons con^laler. il est vrai, que le-^ [amificalioiis en bois de cerf sont sur un plan un peu plus superliciel que celui de l'arborisalion ter-

ARBORISATION NERVEDSE TERMINALE. 157

iiiinale, mais cela ne prouve pas qu'elles soient en dehors de la lame électrique, car elles pourraient aussi bien s'y mouler en demi-relief, et par conséquent y être comprises, tout en présentant une saillie.

D'autre part, bien que l'on reconnaisse, sur des coupes transversales, les petites fibres nerveuses qui cheminent entre deux lames, je n'ai jamais pu distinguer exactement le point où elles pénètrent.

Pour résoudre cette difûcullé, il fallait donc recourir à d'autres méthodes. Après en avoir essayé plusieurs, je me suis arrêté à la suivante : ayant isolé dans l'eau une lame électrique fixée par l'action de l'acide osmiqùe, je l'ai pliée sur sa face dorsale de manière à dégager sa face ventrale sur le bord même du pli. En examinant la préparation que j'ai faite ainsi (voy. PI. V, fig. 2), vous constaterez que toutes les ramifications nerveuses, jusqu'aux extrémités des bois de cerf de Wagner, sont en dehors de la plaque ; sur le bord lisse du pli, en effet, vous verrez des rameaux nerveux faisant saillie et séparés de ce bord par un espace transparent, et, en les suivant sur la surface de la lame, vous leur reconnaîtrez la forme caractéristique signalée par Wagner.

La seconde question que nous nous sommes posée, à sa- .voir si les arborisations terminales sont simplement appliquées sur la face ventrale de la lame électrique, ou si elles sont comprises dans un ciment qui en ferait une membrane continue, ne peut pas être résolue par des préparations d'ensemble, parce que, les différentes couches y étant superposées, il est impossible de distinguer suffisamment tous les détnis de la lamelle nerveuse. Mais on obtient souvent, sur le bord d'un fragment de la lame électrique dissociée, des régions où la lamelle nerveuse existe seule, les autres ayant été arrachées, et où elle peut dès lors être soumise à une observation exacte. 11 est nécessaire que la préparation soit

t3« ORGANE ÉLECTRIQUE DE Li TORi'ILLE ^^

ooloréc, tii-iis on ne doit pas employiT û cet efTet rhémaloxylinc, attendu que cette substance laisse irès-suuvenl une pelliRtilu que l'on prendrait à tort pour une membrane placée entre les brandies de l'arborisaliou terni inab-. Cette cause d'erreur n'existe pas loi-sque les ti>sus ont été colorés au moyen du chlorure double d'or et de poLissium après l'action de l'acide osmique. Sur la préparation quts j'ai Faite par ce dernier procédé et que vous alli>^ étudier (voy. Pi. V, flg. 7}, vous verre)! la lamelle nerveuse, isolée sur une certaine étendue, montrer ses mmificaliun5 tcrminalus colorées i>n violet; entre elles vous distinguerez une substance incolore dont lu bord bien visible unit les estrêtiiités brisées des ramifications et forme avec elles une ligne continue. Il y a donc en réalité une sorte de membrane dans laquelle se trouve comprise rnrborisalioa terminale.

Hevcnous [nainlonaul h l'une des [iréparations que jf vous ai montrées preci^dcniment, celle où la lame a été pliée sur sa face veiilrale; vouS j reconnaîlrci un fait intéressiml. A l'exception des tjuelqnes points sur lesqnel* font saillie les raineauv nerveux, la surface du pli est ab-^olument lisse, comme s'il était ['ail sur une membrane viln'r. C'est cependant à celle facede la lame électrique <jue licmak, a donne le nom de face rugueuse, mais il l'a appelée ainsi parceque,à un faible grossissement, les fibres nerveuses qui l'atteignent la fonl paraître inégale. A un foj-t giossissemenl, je le répèle, excepté dans les points oii ces fibres y arrivenl. le pli que nous examinons forme une ligne absolument droite. Celle observation vient confirmer l'existence d'une membrane qui serait comprise entre les brancbes de l'arborisation terminale. En effet, si ces brandies étaient simplement appliquées sur la face ventrale de la lame électrique, chacune d'elles devrait se dessiner sur le pli, qui

AHfiORISATION NERVEUSE TERMLNÀLË. 159

par conséquent serait rugueux*. Puisqu'il est au contraire lisse, la surface ventrale de la lame l'est également ; il faut donc, ou bien que l'arborisation soit prise dans un ciment, dans une sorte de vernis, ou bien qu'il y ait une mince membrane au-dessus de cette arborisation. Je ne puis résoudre directement ce dernier problème, mais j'ai cependant une hypothèse à vous présenter à son sujet. Lorsque nous nous sommes occupés de la terminaison en manchon de la gaine secondaire (voy. p. 125), je vous ai dit que la membrane de Schwann se continue au delà, et que sa terminaison ultime nous est inconnue. 11 serait possible que cette terminaison correspondit précisément à la portion lisse de la surface de la lame électrique, c'est-à dire que la surface ventrale de cette lame fût recouverte d'une lamelle extrêmement mince formée par l'ensemble des membranes de Schwann des différents tubes qui s'y rendent, et qui seraient étalées et soudées les unes aux autres.

' Là figure 1 et la figure 5 de la planche I du mémoire de M. ScliulUe (nous en avons fait reproduire une à la fin de ce volume, PI HI, fig. A B), qui représentent des vues de profil des lames électriques, doivent donc être considérées coimne de simples schémas, coi respondanl peut-être à la définition de Remak et certainement à la manière inexacte dont Max Schultze envisageait la lame électrique.

178 OnGANE ÉLKCTRIQUK l)E LA TOfll'ILLE.

ust si ntitlement visible que je suis actuel lemeiil parraîleriient convaincu que le cylindre-axe est un fiiisceau de fibrilles. C'est l;i une idée que Max SchulUe a si souvent émise d défendue qu'il l'a pour ainsi dire faite sienne, bien qu'il n'en soil pas l'inveciltMir; l'éliide atlenlive des faits me force de l'occepleranjourd'hui. Le faisceau de fibrilles, donll'euseniblc constitue le cylindru-a\e, a comme enveloppe la parlie réfléchie du proto|ilii8rnn du segment inlcramiulaire quu j'ai designée sous le nom de gaine de Manlhner {voy. l, 1, p. 87 cl 88).

Celte digression était nécessaire, car lorsque j'ai faitaTw vous l'étude des tubes nerveux des niammil'ères et dus l.ati-ucicns je n'avais pas résolu complètement la question de. la conslilulion du cjlindrc-ase. Mes dernières pré]araticms, que vous allez examiner, sont tout à fait démonstratÎTcs.

Je devrais maintCDnnl, continuant l'analyse des coup» transversales des petits faisceaux nerveux, vous parler de leur siluation dans la pnroi des prismes de l'organe électri(|ue; mais, avant d'y arriver, il est néiessaiie que jt; vous indique certains laits que Pou v obi-oive à l'aide d'autres méthodes.

Déjà, en 1847, R. Wagner, en enlevant avec des ciseaux courbes de petits fragminls des cloisons des i)rismcs, et en les examinant a|irès les avoir légère m en l comprimés, a reconnu que les Inbes nerveux isolés qui j cliemincînt const'ivenl le même diamètre ou même présentent un diainéliv nn peu supéiieur à celui qu'ils avaient à leur origine, puis se divisent brusi[uement en un buisson ou un fagot de branches nerveuses.

ANagiiera beaucoup insisté surcette terminaison, qui l'aviul frappe. Ce n'est pas que l'on ne connût à cette époque la

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