‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 131 sur 179 · CLOISONS DES PRISMES · texte numérisé non relu

CLOISONS DES PRISMES

Le programme que nous nous sommes tracé au sujet de Torgane électrique comprend, en outre, le rapport des lames entre elles et avec la paroi des prismes, la disposition des nerfs et des vaisseaux, et enfin les indications physiologiques que dans l'état de la science il est possible de tirer des faits histologiques établis. Pour le remplir, nous devrons étudier d'abord les cloisons des prismes, atteildu qu'il faut que nous en connaissions la disposition et la structure, avant de rechercher le rapport que les lames électriques affectent avec elles.

Sur une coupe horizontale de l'organe électrique frais, les cloisons se montrent sous la forme de bandes blanchâtres et opaques qui tranchent sur le contenu translucide et rosé des prismes. Lorsque l'on a pratiqué dans l'organe une injection de bleu de Prusse additionné de gélatine, on constate qu'une portion plus ou moins considérable de cet organe (cela dépend de la quantité de la masse injectée) a pris une coloration bleue. En faisant ensuite une coupe ho* rizontale au niveau des parties où la géiatice a pénétré, on reconnaît que la coloration n'est pas répartie également ; les prismes, restés à peu près incolores, sont séparés les uns des autres par des lignes bleues. La matière colorante a donc pénétré surtout dans les cloisons, et, si la substance même des prismes paraît légèrement bleuâtre, cela tient en partie à ce qu'elle est translucide et laisse apercevoir la couleur des portions situées plus profondément.

Cette observation nous apprend que les éléments connectifs qui constituent les cloisons laissent facilement passer entre eux la masse injectée ; mais elle ne nous renseigne pas sur la nature de ces éléments, et nous devons nous demander dès lors si ce sont de simples faisceaux de tissu conjonctif, ou si ce sont des lamelles membraneuses, comme celles de la gaîne des nerfs.

lUNVIER, SY8T. !<EHV., T. II.

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pour répoiHlTV à cHle qneilMa. 3 l de l'tv^M élÉscInqne. après P»

par IViioD toocasire ia bidMwaate fm gDinitM et <te l'aloool. Les a parallèle à Vaxe «les piismcs, c'a à la Cici; ttor^ale île l'ar-aoe. ttoas les |rëp>alM«i a obtenues, Toa; rvniofiaUjvi, â wi £aMe g primia avec Iran lame» amstîlalivR * la feuilli:!* d'uD li^TP. Bien que «s |tâiaa aîeal «Mile BiéBie diaméln;, iU kmh panibvol et 4 parce que Ict ans aorual él^ aUdais p0 le i leur plus grande brgear, taudis que daulrcs,aM tmOnân, anroDt été cuapés plus loin de lew av.

ÉieodoDs aoe dû eoapegi qoc bms icmb» et faiie mr nae pbque de wm et ^bsoes avec ks a%nUe» powa^ parer deui prîmes Ton de raalrr; mm» «erroBS apfarallre entre eui un «pan doisonné. Si wns exaaîacsi plus altenlnrement rrt esfate, noos iiiwiiiilliiw^ ^HuA occopc au milieu |tar une doi^o épaiâse f appHCMe hm^Ilou*»". Ae Inqtit-llc iiarVnt di-* clo'reocs scrondiîres qui vont, i-n s'aii,'i-loiiio-.:iit lf> imt"? avec le^ autrt<, rvjuin dre les ileiiT prismes voisins. En au'i?-anl plus fortemai ave*; le- ai;,'iiille-, on |>drvi(.'iit à iV>lfr l'un ou l'autre deprismes; on remarque alofs iju'il l'sl revêtu d'une gaine spét-ialc.

Celle obsertalioii nuus aulorise à di>tin;;uor dtfuï jiarli<i« dans le tissu uonjonctil iiilerprismati-iue : la eloist-n lamel- Icuse et la aaini' projire ou inliiue lies prismes.

Sur le< coup'.'S dont ji- vii.-n* de vous indiquer le mi^le Je prép.inilion, el mieux eiicuro après qu'on les a colorées avec riiémalowliiie ou le |iii-rocarniinale, on constate que CCS cloi'ons lameileuses soul constituées à leur milieu par des lames éjKii-ses, tandis que, à mesure qu'on sVloigne de

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celle partie médiane, on en rencontre de plus en plus minces. Je désignerai les premières sous le nom de lames centrales ou basales et les secondes sous celui de lames marginales.

Occupons-nous d'abord des lames centrales ou basales. J'ai placé sous un de ces microscopes une préparation dans laquelle une de ces lames est disposée à plat. Voici le procédé à l'aide duquel elle a été obtenue. Après avoir pratiqué une injection interstitielle d'acide osmique à 1 pour 1 00 dans l'organe électrique d'une torpille vivante, j'ai enlevé la portion de cet organe alteinte par le réactif et je l'ai mise dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, dans laquelle je l'ai laissée plusieurs mois. Le durcissement ayant ensuite été complété par l'action de la gomme et de l'alcool, des coupes perpendiculaires a la surface de l'organe ont été pratiquées. Ces coupes ont été placées dans l'eau distillée pendant quelques heures pour enlever la gomme, puis elles ont été colorées successivement par l'hématoxyline et l'éosine. Ensuite elles ont été dissociées avec les aiguilles, et par suite les lamelles, qui étaient de champ, se sont renversées, de telle sorte qu'elles sont maintenant Tues à plat.

Vous reconnaîtrez facilement leur structure (voy. PI. VI, fig. i). Elles sont constituées par de gros faisceaux de tissu conjonctif faiblement colorés, d'une teinte gris de lin et s'entre-croisant en tous sens ; elles possèdent en outre un réseau élastique composé de fibres volumineuses, colorées en rouge vif, fréquemment anastomosées, et le plus souvent de manière à présenter une disposition en croix. Enfin elles sont pourvues de noyaux aplatis, ovalaires ou arrondis, qui appartiennent évidemment à un endothélium.

Telle est la structure des lames les plus épaisses, qui constituent le centre des cloisons. A mesure que Ton en

ORGANE ÉLECTHIQVE BE LV TORPIIXE.

fxaiiiiiie lie pins marginales, un voit les faisceaux conjonctils chivciiir moins épais. Les filiri-s i-lasriques. de plus m plus lines, (lis|Minissent bientôl, et, ilans les parties de la cloison les plus capprochcos ties prismes (je ne parle pa* encore de leur guîiie intime) les faisceaiis conjonclirs, devunus inVminces, s'anasltnn usent pour former un réticuium à peliles mailles, analogue à celui du granti épiptwm ou à œlui de lii face inférieure du wnlre plirénique,

I.» jiJiîne inliuu' des prismes est formée par des fîlirt* conneclives fines, enlra-crciisécs de manière à produire un treillis complexe. Celle gaine s'anastomose avec les lamelle'^ marginales de la cloison, de telle sorte que, depuis la paroi du prisme jusqu'au centre de la cloison interprisniviliqur, loiiles k^ lamelles sont unies par un syst^ini? de tentes analogue i'i celui f|ui existe dans la gaïne lamelleuw des nerfs (voy. I, 1, p. ;ll(l-'JI"i).

Maintenant que nous avons une connaissance exacte de

la cimslilulion tte la cloison des pri»!nie«, nous pouvons noii^ occupi'i' des i;ipporls des l;imi's électiiipies avec ceKc cloison, ou pliiliU avec le (euillct de celle cloison qui en est le |ilus rapprodié, e'esl-à-dire avec la gaine intime du prisme.

Lorsque je vous ai parlé des rliversi's opinions qui m soiil produites dans la sciencr au sujet des lames électriques, je vous ai dit que, pour Koliiker, les cloisons horizontales (ce que nous appelons les lames élcclri<pn>s) nesont aulrechose que des expansions du lissii eonjonctirile la gaine des prismes; au niveau de cliaque laine, celle gaine émettrait dts lai-ceaux eonncclifs, (|ui en s'enlre-eiuisiinl fornieraint nnc inerniiniiie, sur la face inlérieure on ventrale de laquelltles nerfs viendraient se ratnilier. Max Schullzc, au COD-

BAPPORTS DES LAMES AVEC LES CLOISONS DES PRISMES. 1 Cr. traire, se fondant sur ce que, dans un frjgment de l'organe électrique soumis à l'ébullllion [jrulongée dans l'eati, les lames, bien conservées, s'isolent complètement, a soutenu (voy. p. d9) que ces lames ne contiennent pas de tissu conjonctir, et qu'elles sont simplement soudées par leurs bords à ta cloison des piismes.

Ni l'un ni l'autre de ces hislologisles n'a observé directement la manière dont tes lames s'attiichenl à la cloison des prismes de l'organe électrique. Celte observation peut être faite pourtant sur des coupes, mais, pour être démonstratives, elles doivent non-seulement être extrêmement minces, mats encore atteindre perpendiculairement l'une des faces latérales d'un prisme.

Avant de décrire ces coupes, je vous rappellerai que, dans chaque lame électrique, on doit distinguer la lamelle dorsale, la couche intermédiaire et la lamelle ventrale ou nerveuse ; nous allons, en effet, avoir à examiner comment ces différentes parties se comportent au niveau du point d'attache de la lame sur la cloison des prismes. Vontclles simplement se souder à celle cloison, comme le croyait Schullze, ou s'y poursuivent-elles au moyen de fibres connectivos, comme Tadmel Kolliker?

^ur la préparation que j'ai disposée devant vous (voy. fig. 6, p. 166;, vous rcconnaîlrez que la lamelle dorsale, arrivée au voisinage de la gaine intime, se l'eplie et se prolonge sur cette dernière pour se terminer brusquement au voisinage immédiat de la lame sous-jacente. La lamelle nerveuse l'accompagne et se replie avec elle. Lt'S cils qui garnissent la face profonde de celle dernière se luoiitrent encore au niveau du coude qu'elle fûtQ ment de sa portion réfléchie; ma^ sivemeni de hauteur et finissent ] inlt-rmédiaire s'amincit gradtt

ELECTRIQUE DE U TORPILLE, plus grande partie de la couclio inlermédiaii'e, ijuc simt plongés Ifs cils L'Ioctrîques.

Avanl d'aller plus loin, j'ai à vous parler de deux questions que j'ai laissi'cs de côté chemin Hiisant, pour ne |>a<i i-mbrouiller davantajîe rcl exposé déjà assez complexe. J'y re^nens ici, fidèle à ma niéthode, qui est de vous eJC[>os*'r les problèmes Icls qu'ils existent dans la science, ou teU qu'ils se présentent à mon esprit, lorsqu'ils n'ont pas encore été posés dans la scieniw.

Il s'agit, en premier lieu, de recher-clier quel est le jioînt où, après s'être divisées, les rauiilicaliom nerveuses pénf>trent dnns la lame électiique ; en second lieu,dedélcraiîner si les dernières ramifications nerveuses sont libres ou si, an contraire, elles sont comprises dans une membrane ou un cîmctil intermédiaire qtii les unirait pour former une couche continue.

Il parait d'abord très-facile de répondre à la première de rpfi queslitiiis. 11 suffit, semble-t-îl, d'obser\er les ramiOcilions nerveuses et de les suivre dans loules leure divisions successives, pour arriver sans difficulté au point où elle*; pt'nètrent dans les lames électriques. Lor'squc nous examinons attentivement une de ces lames, nous voyons, il est vrai les fibi-es nerveuses se diviser et se subdiviser jusqu'jiiix ramifications en bois de cerf de Waf.'ner, et ces dcrnièivs se perdre peu à peu dans l'ai borisation terminale ; iriais on ne saurait dire, même sur les meilleures ])téparatiuns, quel est le point précis où ces fibres sont dans la membrane, si c'est au niveau de l'anneau terminal de In ;.MMie secondaire, si c'est en deçà.ou au delà. Nous pouvons co!i>liilcr, il &si vrai, (pic les rainificalions en biii> de cerf sont sur tin plan un peu plus superficiel que celui de l'arborisation ter-

ARBORISATION NERYKUSE TERMINALE. 157

miaale^ mais cela ne prouve pas qu'elles soient en dehors de la lame électrique, car elles pourraient aussi bien s'y mouler en demi-relief, et par conséquent y être comprises, tout en présentant une saillie.

D'autre part, bien que Ton reconnaisse, sur des coupes transversales, les petites fibres nerveuses qui cheminent entre deux lames, je n'ai jamais pu distinguer exactement le point où elles pénètrent.

Pour résoudre cette difficulté, il fallait donc recourir à d'autres méthodes. Après en avoir essayé plusieurs, je me suis arrêté à la suivante : ayant isolé dans l'eau une lame électrique fixée par l'action de l'acide osmiqoc, je l'ai pliée sur sa face dorsale de manière à dégager sa face ventrale sur le bord même du pli. En examinant la préparation que j'ai faite ainsi (voy. PI. V, fig. 2), vous constaterez que toutes les ramifications nerveuses, jusqu'aux extrémités des bois de cerf de Wagner, sont en dehors de la plaque ; sur le bord lisse du pli, en effet, vous verrez des rameaux nerveux faisant saillie et séparés de ce bord par un espace transparent, et, en les suivant sur la surface de la lame, vous leur reconnaîtrez la forme caractéristique signalée par Wagner.

La seconde question que nous nous sommes posée, à sa- . voir si les arborisations terminales sont simplement appliquées sur la face ventrale de la lame électrique, ou si elles sont comprises dans un ciment qui en ferait une membrane continue, ne peut pas être résolue par des préparations d'ensemble, parce que, les différentes couches y étant superposées, il est impossible de distinguer suffisamment tous les détnils de la lamelle nerveuse. Mais on obtient souvent, sur le bord d'un fiagment de la lame électrique dissociée, des régions où la lamelle nerveuse existe seule, les autres ayant été arrachées, et où elle peut dès lors être soumise à une observation exacte. Il est nécessaire que la préparation soit

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