‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 16 sur 179 · DISSOCIATION APRÈS MACÉRATION DANS L'ACIDE OSMIQUE · texte numérisé non relu

DISSOCIATION APRÈS MACÉRATION DANS L'ACIDE OSMIQUE

Aussi faut-il prendre les plus grandes précautions pour ne pas endommager le nerf que l'on se propose de soumettre à Taction de ce réactif, sous peine de s'exposer à des erreurs considérables, comme il est arrivé à plusieurs auteurs qui n*ont pas procédé avec assez de ménagements.

Prenons, par exemple, le sciatique de la grenouille. Nous commencerons par inciser la peau dans la direction du trajet du nerf; puis, après avoir coupé l'aponévrose, nous écarterons les muscles; quand nous apercevrons le nerf dans sa gouttière intermusculaire, nous le sectionnerons en haut et en bas avec des ciseaux fins, nous le saisirons par une extrémité avec une pince et nous le porterons dans la solution d'acide osmique.

Il n'est pas indifférent x|ue le nerf soit tendu ou relâché au moment où on le plonge dans la solution; nous verrons tout à rheure qu'il présente dans ces deux états des images notablement différentes. Si l'on ne cherche pas à obtenir l'extension du nerf, il suffit de le placer tel quel dans l'acide osmique; mais les détails de structure sont beaucoup ])lus nets loi sque le nerf a été fixé par le réactif dans son état d'extension physiologique. Pour maintenir celte extension, on porte le segment nerveux sur une petite tige de bois, une allumette par exemple, évidée sur une partie de sa longueur afin que le nerf ne touche pas au bois et ne soit pas comprimé. On en attache une extrémité par une ligature au-dessus de l'évidemcnt; puis, saisissant l'autre extrémité avec une pince, on le tend modérément, et on fait appliquer par un aide une seconde ligature de l'autre côté de révidement. Ainsi isolé et maintenu tendu, le segment nerveux est plongé avec le petit bâton qui le supporte dans un flacon ou un tube contenant la solution d'acide osmique, et cela sans avoir été aucunement altéré, sinon à l'extrémiié touchée par la pince et au niveau des ligatures.

M TUBES NERVEUX A MYÉLINE.

Ce procédé peut être appliqué à n'importe quel nerf facilement maniable; et, pourvu que celui-ci soit absolument frais, enlevé sur Tanimal vivant ou immédiatement après sa mort, on obtiendra de bons résultats.

Il me reste à vous parler du degré de la solution d'acide osmique qu'il faut employer. Je vous dirai d'abord que l'acide osmique est un corps très-irritant et très-volatil. Il attaque les substances organiques, de sorte qu'on ne peut le garder dans des flacons fermés avec des bouchons de liège ; d'autre part, la tension de sa vapeur est si considérable qu'on ne peut le maintenir dans des flacons fermés à l'émcri. Le meilleur procédé consiste à l'enfermer dans des tubes fermés à la lampe; c'est dans cet état que le livrent les marchands de produits chimiques. Il faut en faire une solution à 1 pour 100, que l'on conservera dans un flacon bouché à l'émeri, si elle doit être tout entière employée en peu de jours, ou mieux encore dans des tubes de verre d'une petite capacité que l'on scellera 5 la lampe ou avec de la cire à cacheter, mais sans interposer de bouchon de liège. Au moyen de la solution à 1 pour 100, on pourra préparer à son gré des solutions plus étendues; mais en général celles dont on fait usage dans l'étude des nerfs ne varient que de 1 pour 100 à 1 pour 200. Ce sont ces dernières dont nous allons faire usage.

Deux ou trois centimètres cubes d'une solution à 1 pour 200 sont versés dans un petit flacon, comme celui qui est représenté page 61. Le segment neneux fixé sur sa tige de bois y est placé, et l'on bouche hermétiquement. Les nerfs doivent être maintenus d'autant plus longtemps dans la solution qu'ils sont plus volumineux. Il suffit de quelques heures pour fixer un nerf de grenouille dans toute son épaisseur, mais dans un nerf scialique de lapin le même résultat n'est atteint qu'au bout de 15 à 20 heures; s'il

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