DISSOCIATION APRÈS MACÉRATION DANS L'ACIDE OSMIQUE
s'agit du nerf sciatique du chien, il faut plus longtemps encore. Il est nécessaire que la quantité de la solution soit en rapport avec le volume et la longueur du nerf. Avec un peu d'exercice, on arrive facilement à trouver les proportions et la durée d'action convenables.
Lorsque le nerf est sufiisamment modifié, il est enlevé avec une pince et plongé dans une soucoupe remplie d'eau, sur le fond blanc de laquelle il est nettement visible. Les aiguilles que l'on emploie pour le dissocier doivent être très-fines, très-bien polies et frottées, avant de s'en servir, avec un morceau de linge imbibé d'huile. Ces précautions ont pour but d'empêcher les fibres ou faisceaux nerveux d'adhérer aux aiguilles, ce qui ne manque, pas d'arriver dès qu'elles présentent la moindre aspérité.
Supposons que nous ayons affaire au sciatique de la grenouille, enlevé avec ses deux branches de bifurcation inférieures* Nous saisirons ces deux branches avec deux pinces, et, en les écartant dans l'eau, nous mettrons à nu les tubes nerveux dans la partie supérieure du nerf. Puis nous agirons avec les aiguilles sur un des faisceaux pour le diviser en faisceaux plus petits. Dans cette opération, il se fait souvent qu'un ou deux tubes nerveux se dégagent des autres sans avoir été touchés, et flottent dans Tcau retenus à un faisceau par une de leurs extrémités. Ce sont les meilleurs pour l'observation. Avec des ciseaux très-fins, on les sépare de leur point d'attache, de manière à les isoler complètement. En continuant la dissociation, on finit par obtenir un certain nombre de tubes ou de petits groupes de tubes légèrement dissociés.
Quand on en est arrivé à ce point, il s'agit de mettre, soit les tubes nerveux tout à fait isolés, soit les petits groupes sur la lame de verre.
Il ne faut pas. songer à se servir à cet effet du pinceau.
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comme on le fait pour les coupes; les fils nerveux s'altv cheraient aux poils du pinceau, et il ne serait pas facile ensuite de les en d^ager. Le procédé à employer consiste à glisser la lame de verre obliquement dans le liquide ; avec Taiguille on fait flotter les groupes de fibres ou les fibres isolées, et on les amène sur la lame de verre où on les dispose de façon qu'une des extrémités, touchant un point sec de la lame, y adhère. On relève alors lentement la lame de Terre, et les filaments nerveux, retenus par leur point d'adhérence, se disposent régulièrement.
La préparation n'est pas terminée, car il faut encore recouvrir avec la lamelle. Si elle est placée sans précaution, il arrive le plus souvent que les faisceaux nerveux se plissent ou même sont chassés au delà de ses limites. Pour éviter cet inconvénient, voici la méthode qu'il faut suivre : lorsque les faisceaux ont une bonne situation sur la lame de verre, l'excès de liquide est enlevé avec du papier à- filtrer, et l'on attend jusqu'à ce qu'il se produise un commencement de dessiccation ; on peut le hâter en tenant la préparation sur la main. \ ce moment, les fibres adhèrent légèrement à la lame; on dispose alors autour d'elles un cadre ou un fer à cheval do papier à cigarettes qui servira de cale pour soutenir la lamelle et empêcher la compression qu'elle exeiverait. Pendant ce temp, pour éviter que la préparation ne sèche tn>p, ce qui ahérerait les fibres, on les maintient dans un état sntVisant d*humidité en y projetant son haleine. Puis on ajoute rapidement une goutte d'eau et l'on dépose la lamelle, sans que les faisceaux neneux changent de position, (/est ce que j'appelle le tour de main de la demi-dessiecation.
Pour œnserver ces pré[\ara lions, Teau doit être remplacée par la glycérine ; mais, si ce liquide jvnètre rapidement, comme il est hygreniétrique à un haut. degré, les tubes
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nerveux lui abandonnent de l'eau et se ratatinent. Afin d'éviter cet accident, il est nécessaire que la glycérine se substitue à l'eau avec une extrême lenteur. Dans ce but, la lamelle est fixée aux quatre coins avec de la paraffine, et, tandis que Ton ajoute sur un de ses bords une goutte de glycérine, on dispose sur le bord opposé une goutte d'eau. De cette façon, la glycérine ne pénètre qu'au fur et à mesure que l'eau s'évapore. Pour que la diffusion se produise plus lentement encore, il est utile que la préparation soit mise dans une chambre humide, et, vingt-quatre heures après, on constatera que la glycérine a pénétré sans qu'il soit survenu aucune altération des tubes nerveux.
Après avoir indiqué tous les détails de la méthode à suivre, nous allons étudier les résultats qu'elle donne pour le nerf revenu sur lui-même et le nerf à l'état d'extension physiologique.
Une préparation de nerf revenu sur lui-même, exécutée avec tout le soin que nous venons d'indiquer, nous donnera l'explication de l'aspect moiré que présentent à l'œil nu ou à un faible grossissement les nerfs non tendus. Vous vous rappelez que Fontana avait attribué cet aspect à des ondulations du nerf. Nous vous avons dit (p. 25) que cette manière de voir était exacte et que nous reviendrions sur ce point.
Prenons un segment du nerf sciatique du lapin, après qu'il aura séjourné vingt-quatre heures dans l'acide osmique; isolons d'abord le plus gros des faisceaux nerveux qui le constituent et déchirons-en la gaîne avec les aiguilles; nous verrons les fibres dégagées flotter dans l'eau comme un chevelu noirâtre; séparons-en un petit groupe sans nous inquiéter d'en faire une dissociation complète, por-
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tons-le sur la lamé de verre, ajoutons une gouile d'eau, mettons une cale de papier pour éviter la compression, déposons la lamelle et examinons. Nous verrons que les tubes nerveux sont disposés en zigzag. Si nous cherchons dans la préparation un tube isolé (et il s'en trouve toujours quelques-uns séparés sur une partie de leur trajet, bien que Ton n'ait pas fait une dissociation complète) et que nous Tétudiions avec un fort grossissement, nous pourrons constater qu'au niveau des courbures la membrane de Schwann s'est plissée. Ce fait nous indique que cette membrane a une élasticité très-limitée. Nous l'avons déjà reconnu antérieurement (p. 33) en observant, sur les tubes nerveux dissociés dans l'eau, les plis qu'elle forme près de l'extrémité de section et nous nous sommes même appuyés sur cette observation, vous vous en souvenez, pour soutenir que ce n'est pas à la compression exercée par cette membrane qu'est due la sortie de la myéline sous forme de champignon.
Nous verrons également dans ces préparations les étranglements annulaires, mais ils sont plus étroits et moins distincts que sur les nerfs tendus, à l'examen desquels nous allons passer maintenant.
Les préparations de nerfs tendus sont celles qui donnent les meilleurs résultats. Je ne reviendrai pas sur la manière de les faire.
Le nerf ayant été fixé dans l'état d'extension physiologique et plongé dans la solution d'acide osmique pendant quinze à vingt heures, et la dissociation étant exécutée avec soin, on pourra juger, sur cette préparation mieux que sur toute autre, de la longueur des segments, du rapport de cette longueur avec le diamètre de la fibre et de la position du noyau relativement aux étranglements (fig. 4, PI. 1).
Un premier fait important que l'on peut reconnaître sur