‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 162 sur 179 · COMPARAISON AVEC LES LAMES ^ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

COMPARAISON AVEC LES LAMES ^ÉLECTRIQUES

hypolhèsede Franz BoU. Cet histologisle distingué^ reprenant la comparaison des terminaisons des nerfs dans les muscles avec celles des nerfs dans l'organe électrique, où il venait d'observer la ponctuation dont nous avons parlé (p. 103), a supposé qu'il devait exister une disposition ana- Ipgue dans Téminence nerveuse. Suivant sa manière de voir, l'aspect granuleux de la semelle de la plaque serait précisément dû à celte fine ponctuation. En présence de cette opinion je devais examiner très-attentivement l'éminence terminale pour voir si j'y reconnaîtrais quelque chose de semblable. C'est ce que j'ai fait, et je puis vous dire que ni dans les muscles à l'état vivant, ni après Taclion de l'acide osmique, ni après celle de l'alcool «1u tiers, je n'ai jamais rien observé qui ressemblât à la ponctuation et aux cils terminaux des lames électriques.

Cette comparaison, que l'on fait d'habitude entre les lames électriques et les prétendues plaques motrices, ne repose plus aujourd'hui que sur quelques analogies dans la forme de l'arborisation nerveuse terminale dans les unes et duns les autres. En réalité, ces terminaisons sont loin d'être semblables. Ainsi, l'arborisation de l'organe électrique est plus réfringente que le milieu qui l'entoure, puisqu'elle devient brillante et homogène quand on éloigne l'objectif (voy. p. 155); l'arborisation terminale du nerf dans le muscle est au contraire moins réfringente que son milieu. Cela pourrait tenir, il est vrai, à ce que ce milieu aurait un indice de réfraction supérieur à celui de la lame électrique, et par conséquent il ne suivrait pas nécessairement de là que les deux arborisations diffèrent de pouvoir réfringent. Mais voici une autre observation qui accentue la diflërence que je viens de signaler. Lorsque, sous l'influence de l'alcool au tiers, l'arborisation de l'éminence motrice est devenue très-nette, on aperçoit en éloignant l'ob-

526 TERH1XAB15 DES Xi:RFS DANS LES «ISaES STRfÉS. jecUf, et a(i momenl où ses brandies tlevienncnl obscure?, un contour cluJr qui les borde ^V^ly. lig. 1 1 , p. S32), Cela 'semble imliqucr que ces branches sont constiluécs par deux snlislances : l'une centrale peu refringenle, l'aulre périphérique d'un indice de réfraction plus élevé. Uîeo de pareil ne s'obsene sur les mm ifica lions nerTCiiscs des lames éleclnques de la torpille. De plus, sur les branches de l'une el de l'autre arlxinsalion nerveuse, it existe des noyaux; maïs, dans l'organe cleclrique de la torpille, ils disparaissent avec la gaine secondaire, tandis que, dans l'ëmincncc motrice, ils semblent au contraire appartenir aux dernières ramifi cal ions.

Quant à voir dans la semelle de la pbquc quelque cliose d'analogue à la couche intermédiaire et à la lamelle dorsale dû la lanii! éleclriquc, il n'y a pas à y songer, puisqu'il n'existe pas dans l'éminenre terminale des faisceaux musculaires une lame proprement dite, mais seulement une substance granuleuse dans laquelle les branches de l'arborisation sont plongées.

I)[i reste, les résultats des espérienccs f;iites snr ta torpille avi>e le curare (p. I !'i) devraient suffire à faire abandonner celle comparaison. Kn effet, comme ce poison donné à dose snflisante paralyse absolument les nerfs moteurs musculaires en laissant intacts les nerfs éleclriqties, il liénotp par là même entre ces nerfs une différence si grande qu'il n'y a plus lieu (le clierclier à (.■omparcv minutieusement leur* appareils tei'minauv.

Je dois ajouter quelques mois au sujet du mode d'action du curare. Il s'esl ré|)andu l'opinion que celle substance toxique n'agil ni sur les nerfs, ni sur les muscles, mais exclusivement sur les terminaisons motrices. Certains hisiolopistes, se fondani sur ces donnéi's, ont même soutenu que les jilai|UOs moiricts se voient plus nellcmenl chez les ani-

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