‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 19 sur 179 · ÉTRANGLEMENTS INCOMPLETS · texte numérisé non relu

ÉTRANGLEMENTS INCOMPLETS

ment dans lequel elle coulait. C'est ce que démontre le gonflement toujours plus considérable de celte extrémité par rapport à celle qui lui fait face.

Les étranglements suivants ne sont pas forcés et présentent leur aspect normal et complet; quelquefois même, des deux étranglements qui se trouvent l'un au dessus, l'autre au-dessous du point comprimé, un seul est forcé, comme dans le tube que nous venons d'étudier.

Si nous examinons le segment de nerf tendu au delà du premier étranglement incomplet, nous y verrons une disposition intéressante, qui n'existe pas dans les autres segments ou qui du moins n'y est pas marquée d'une façon nette. Il présente, à distance inégale les unes des autres, des barres transversales qui, observées avec soin, se montrent formées par une ligne centrale noirâtre, limitée par deux bandes très-foncées {b. fig. 5, PI. I). Cette ligne correspond à une incisure de Schmidt. Si nous supposons que ces incisures aient fait résistance au refoulement de la myéline, nous comprendrons comment les membres qu'elles limitent, pressés les uns contre les autres, ne sont plus séparés que par les lignes en question. La compression aura dû, en outre, faire augmenter leur dimension transversale et leur donner sur la coupe optique un léger relief. C'est en effet ce que nous observons ; la portion de myéline limitée par deux de ces lignes est légèrement renflée en forme de tonnelet.

La même expérience peut être faite sur des nerfs du rat, du lapin, du cochon d'Inde, du chien, etc., et elle donne les mêmes résultats. Je l'ai faite d'une manière un peu différente : chez le lapin, après avoir dénudé le nerf sciatique par une excision pratiquée à la partie postérieure de la cuisse et en écartant les muscles, j'ai placé le membre abdominal de façon à tendre convenablement ce nerf. Puis, à

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sa partie moyenne, j'ai placé transversalement une serrefine semblable à celle qui nous a servi dans Texpérience précédente. J'ai versé alors, dans la gouttière laissée entre les muscles, au fond de laquelle le nerf sniafique était en liberté, quelques centimètres cubes d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100. J'ai renouvelé deux ou trois fois cette solution pour être bien sûr d'une action complète du réactif. Puis, le nerf a été délaché et dissocié avec le plus grand soin. Sur les tubes nerveux, au niveau des points comprimés, nous observons un amincissement semblable à celui que nous avons constaté chez la grenouille. Les étranglements annulaires les plus voisins de ces points sont forcés, quelquefois dans les deux directions, d'autres fois d'un seul côté. Dans ce dernier cas, et même en choisissant des tubes où la compression a porte à égale distance de deux étranglements, la rupture se montre tantôt dans l'étranglement inférieur, tantôt dans le supérieur, de sorte qu'il est impossible de déterminer si l'étranglement aurait plus de force de résistance dans un sens que dans l'autre.

Après les étranglements incomplets, je dois vous parler des étranglements trop complets.

Ces étranglements se produisent lorsque Ton a employé pour faire macérer les neifs des solutions très-faibles d'acide osmique, ou bien lorsque des nerfs relativement volumineux ont été placés dans une petite quantité de la solution d'acide osmique à 1 pour 100 ou à 1 pour 200. Voici en quoi ils consistent. Au lieu d'arriver jusqu'aux contours du sac que forme la gaine de Schwann, la myéline s'arrête auparavant avec une limite assez irrégulière, de sorte qu'il apparaît, au delà de son bord noir, un espace clair en forme de croissant ou de demi-lune et qui paraît

CASSURES DE Là MYÉLINE. 65

légèrement granuleux ou homogène (Gg. 7, PI. I). À première vue, rétranglement en parait agrandi d'autant; mais, en considérant la forme de la membrane de Schwann, on reconnaît qu'il a ses dimensions normales. Cet effet est dû à ce que le réactif, qui a diffusé au niveau de l'étranglement, a refoulé la myéline avant de la coaguler.

Cette disposition se rencontre encore plus fréquemment sur les nerfs dissociés directement dans la solution d'acide osmique, méthode sur laquelle je vous donnerai des détails dans ma prochaine leçon .

Il est un fait que Ton observe constamment sur les tubes nerveux traités par l'acide osmique, mais que l'on remarque surtout nettement lorsque la myéline a été refoulée comme nous venons de dire, c'est la diminution du diamètre du cylindre-axe, sur une certaine longueur à partir de l'étranglement. Il est possible que la diffusion du liquide agisse sur lui pour le réduire et le fixe seulement ensuite. Toujours est-il que ce retrait ne se montre pas sur les tubes nerveux observés directement djins le picrocarminate ou traités par le nitrate d'argent.

Je dois vous parler encore de ce qui s'observe sur les nerfs complètement fixés et durcis par l'acide osmique, et dissociés sans ménagements ou avec trop de violence. On y remarque des interruptions de la myéline, perpendiculaires à l'axe de la fibre et qui n'ont aucune analogie avec les incisures. Celte modification provient de ce que la myéline, devenue cassante, a été brisée en ces points par les mouvements imprimés aux tubes nerveux pendant la dissociation, tandis que la membrane deSchwann elle cylindre-axe, qui ont gardé leur souplesse, ont résisté. Au niveau des fractures, il est facile de voir le cylindre-axe dénude au milieu de la fibre et de distinguer sur les bords le double contour de la membrane de Schwann. La démonstration de cette mem-

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