‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 52 sur 179 · INJECTIONS DES VAISSEAUX SANGUINS · texte numérisé non relu

INJECTIONS DES VAISSEAUX SANGUINS

employé pour l'injection une masse au carmin, ce durcissement doit être obtenu par l'alcool exclusivement; après J'injection de la masse bleue, on peut employer indifféremment l'alcool, l'acide chiomique ou les bichromates alcalins. Lorsque le segment nerveux a acquis la consistance voulue, il est placé pendant quelques heures dans ralcool absolu, puis éclairci au moyen de l'essence de girofle et monté dans le baume du Canada. Je vous indique lotis ces délails, afln de mettre ceux de vous qui voudront reprendre ces expériences à même de les réussir. Vous obtiendrez ainsi de bonnes préparations pour les vues longitudinales ; pour les vues transversales, il faut faire, après durcissement, des coupes que vous éclaircircz et monterez de la môme façon. Ces coupes ne sont pas difficiles à exécuter. Loin de chercher à les faire minces, il faut au contraire leur donner une certaine épaisseur, afin que l'on puisse y suivre la' disposition des vaisseaux, en examinant successivement la préparation à différents niveaux à l*aide de la vis micrométrique.

Chez la grenouille, l'injection du système vasculaire se fait avec facilité. Je vais la pratiquer devant vous. La grenouille sur laquelle j'opère a été empoisonnée par le curare, parce que la paralysie des petites artères produite par cet agent toxique aide à la pénétration de rinjeclion. Au moyen de deux coups de ciseaux, je dégage la moitié inférieure du sternum, que je relève avec une pince, de manière à roetlre le cœur à nu. Je place une ligature autour du segment du sternum ainsi relevé pour empêcher la masse de ^ce/îapper par les vaisseaux qui s y trouvent sectionnés. ^^^^y le péricarde étant incisé, je résèque la pointe du ^"r et je laisse la grenouille perdre son sang. Je la place ensuite dans ce vase qui contient de l'eau à 50% oùelleabanuonii^ encore de nouvelles quantités de sang, et où elle est

portée à la température du liquide que je vais injecter dans ses vaisseaux. La seringue étant remplie de la masse carminée à la gélatine (on opérerait de même avec la masse bleue) à la température voulue, j'introduis l'extrémité de la canule dans le cœur par l'ouverture que j'y ai pratiquée, et avec le pouce et l'index de l'autre main j'applique fortement les parois du cœur autour de la canule. Il ne me reste plus qu'à pousser le piston de la seringue poijr que l'injection se produise, et que la grenouille, par suite de la réplétion de ses vaisseaux, prenne cette teinte rosée que vous pouvez déjà apercevoir maintenant. Après l'injection de 10 à 15 centimètres cubes, je relire la canule et je pose une ligature sur le cœur. Comme vous le voyez, j'ai pu faire cette opération à moi seul et sans aucun aide, ce qui vous prouve qu'elle n'est pas très-compliquée.

Lorsque la gélatine sera prise par le refroidissement, vous enlèverez le nerf sciatique de la grenouille ; la meilleure portion pour l'élude est celle où il se divise en deux faisceaux à la partie iulérieurc de la cuisse. Vous le traiterez absolument comme nous venons de traiter le nerf sciatique du rat, de manière à le monter finalement dans le baume du Canada.

Sur les nerfs ainsi préparés, provenant d'autres grenouilles, vous reconnaîlrez que les vaisseaux sanguins y forment un réseau h mailles longitudinales. Au premier abord, ce réseau paraît semblable au réseau vasculaire des muscles; il possède, comme ce dernier, des mailles très-allongées, et ses brandies longitudinales sont également réunies par des brandies tiansversales ou obliques (fig. 2, PI. IV).

Chez le rat, les mailles du réseau sont inégales; quelquefois aussi, vous y ivnianjuerez unedisposilion qui ne se rencontre jamais dans l'épaisseur des nuiseles. Un vaisseau.

FORÏF DC BÊSEAD VASCUU'IRE SANGDTf. 215

flu lieu de conipliSler une maille, forme une anse, c'est-à-Jire qu'il se recourbe el prend après sa courbe une direction ■ inverse, sans s'élre réuni à un autre vaisseau.

Vous reconnaîtrez cette disposition sur le nerf scialiqiic du rat qui est placé sous un de ces microscopes. J'ai

soumis aussi à voire observation une- préparation du nerf wphène péronier du ciichon d'Inde, qui présente plusieurs '«sceaux de diffcrenls diamètres. Vous remarquerez que 's ailcriole.s et les veinules situées entre ces faisceaux s'a- "isloiiiosenl par des brancbcs transversales. Après avoir

constaté ce premier fait, pénétrons, en abaissant ou en élevant l'objectif, dans l'intérieur de ces faisceaux, ou au moins dans ce qui nous paraît être l'intérieur de ces faisceaux. Nous ne pouvons plus en effet en distinguer les limites, puisque le nerf tout en lier est devenu transparent, et ce n'es} que la profondeur plus ou moins grande à laquelle nous pénétrons dans la préparation au moyen de la vis micromélrique qui nous renseigne sur la situation du vaisseau que nous examinons.

Dans ces régions, c'est-à-dire entre les vaisseaux plus considérables et à l'intérieur des faisceaux nerveux, vous remarquerez un réseau capillaire à mailles allongées, qui se terminent par des anses. Du sommet de la convexité de chaque anse part un capillaire qui va former plus loin une anse semblable, ayant aussi une branche capillaire partant de son sommet. Sur certains points l'anse se recourbe sans qu'il en parle un capillaire, et après un certain trajet, le vaisseau décrit une anse en sens inverse, laquelle porte alors un capillaire ri son sommet. 11 y a ainsi, à la suite les unes des autres, une série de ces dispositions en fourche qui se succèdent, non-seul(îmenl dans le même plan, mais dans tous les plans, et leur ensemble forme une disposition que Ton pourrait appeler disposition en chaîne, et qui est tout à fait caractcristiiiue.

11 suffit de voir un réseau disposé de la sorte pour pouvoir affirmer qu'il apparti(Mit à un nerf. J'ai placé sous ce microscope binoculaire un faisceau nerveux dans lequel, grâce au relief que donne l'instrument, vous pourrez embrasser d'un seul coup d'onl les vaisseaux de différents plans et reconnaître leurs anastomoses eu profondeur.

Rien n'est plus variable du reste que la disposition des anses que nous venons de décrire. Vous observerez même, dans une des préparations qui sont placées devant vous, un

FORME DU RÉSEAU YASCULAffiE SANGUIN. 247

point OÙ une branche se détache d'un capillaire, parcourt un certain trajet sans s'anastomoser avec aucun autre vaisseau, et vient rejoindre le capillaire dont elle était partie. C'est évidemment là une disposition destinée simplement à augmenter les surfaces d'échange.

Pour nous renseigner exactement sur la situation de ces anses vasculaires, nous devons les examiner sur des coupes transversales. En faisant cet examen, vous reconnaîtrez de Ja façon la plus nette qu'il y a des vaisseaux dans l'intérieur même des faisceaux nerveux. Ces vaisseaux seront naturellement coupés en travers puisque, comme nous venons de le voir, les mailles qu'ils forment ont une direction longitudinale. Vous remarquerez d'autres vaisseaux plus volumineux dans le tissu conjonctif périfasciculaire.

Enûn, sur des coupes épaisses, vous rencontrerez des points où, observant à la surface de la préparation deux vaisseaux voisins coupés en travers, vous vous assurerez, en pénétrant dans la profondeur de la coupe, que ces deux vaisseaux se réunissent en anse. et donnent naissance à un capillaire à leur sommet. Il est donc possible, même sur des coupes transversales, d'apercevoir la disposition dont nous avons reconnu l'existence sur les nerfs examinés suivant leur longueur.

En résumé, nous pouvons constater au moyen des injections qu'il y a des vaisseaux périfasciculaires et des vaisseaux intrafascieulaires. Quant à la gaine lamelleuse, on ^e peut dire qu'elle possède des vaisseaux qui lui soient spécialement destinés. On n'y rencontre que ceux qui, partis du tissu périfasciculaire, la traversent pour pénétrer clans l'intérieur du faisceau neneux.

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