‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 53 sur 179 · SEIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEIZIÈME LEÇON

(t*i FÉVBIER 1877)

Vaisseaux saogoiiia et walaaeaax lymphatiques ûcm.mewim.

Vaisseaux sanguins des nerfs (suite). — Mailles allongées de ces Taisseaux dans le tissu pcrifasciculaire. Conséquence de cette disposition relatifeluent à la nutrition d*un nerf sectionné. — Facilité avec laquelle se constate Texistence des vaisseaux intrafasciculaires.

Structure des capillaires des nerfs : elle ne diffère pas de celle des capillaires en général. — Hapports des vaisseaux sanguins avec les tubes nerveux : les artères sont logées dans les lames intrafasciculaires. Utilité de cette disposition. Rapport direct des capillaires avec les tubes nerveux dans le jeune îige. — Hapports des vaisseaux sanguins avec les espaces intrafasciculaires. Injection au carmin dans les vaisseaux et injection interstitielle au bleu de Prusse, pour démontrer ce rapport.

Vaisseaux lymphatiques des nerfs. — Méthode à suivre pour étudier ces vaisseaux. — Injection avec une canule fine et tranchante. — Manière de procéder chez le cliicn : trajet des lymphatiques du nerf sciatique ; ils se rendent pour la plupart dans le ganglion lombaire. — Démonstration des lymp!i;itiques au moyen du vermillon placé dans le tissu conjonctif du nerf à sa partie périphérique. — Résultats : Il n'y a pas de lymphatiques à rintéricur des faisceaux. Ils prennent naissance, par des ouvertures béantes, <lans le tissu conjonctif périiasciculaire.

Voies du plasma inilritif dans l'épaisseur des nerfs. — Le plasma, partant des capillaires sanguins, remplit le faisceau, passe à travers la gaine lamelleusc; et est repris par les vaisseaux lymphatiques du tissu périfasciculaire. — Cliaque tube nerveux est placé dans un bain de plasma. Dans les tubes iici'venx à myéline, l'échange nutritif se fait au niveau des étranglements annulaires. — Expérience qui le démontre directement : Le sciatique du lapin dénudé et plongé dans un bain d'eau pendant vingt minutes perd ses pi'opriélés.

Messieurs,

Dans la dernière leçon, nous avons comnnencé l'élude du réseau yasculaire des nerfs. Nous avons reconnu qu'arrivées

VAISSEAUX INTRAFASCICULAIRES. 219

à la surface des nerfs ou entre les faisceaux qui les constituent, les artères et les veines forment, dans le tissu périfasciculaire, un réseau à mailles très-allongées. Cette disposition présente un intérêt particulier au point de Tue des conséquences de la section des nerfs; elle nous montre que, quand un nerf est coupé en travers, chacun des deux segments possède une irrigation sanguine complète.

Je n'ajoute pas d'autres détails sur ce sujet et je passe aux vaisseaux intrafasciculaires. Comme nous l'avons vu, leur existence est démontrée par l'observation de coupes transversales des fiûsceaux; elle peut en effet être reconnue sur des coupes transversales du nerf sciatique ou de tout autre gros nerf, pratiquées d^ n'importe quelle manière, après n'importe quel procédé de durcissement, dessiccation, alcool, acide chromique, etc. Les vaisseaux sont logés, soit dans les lames intrafasciculaires, soit entre les tubes nerveux; dans les plus grosses lames on rencontre des artères et des veines, tandis que les capillaires se trouvent dans les lames plus minces, ou sont simplement situés entre les tubes («g. 4, PI. II).

Ces capillaires sont parfaitement visibles sur les nerfs dissociés à l'état frais ou après l'action de n'importe quel réactif fixateur. Je dois même ajouter que les nerfs sont les organes qui conviennent le mieux pour étudier les capillaires sanguins au moyen de la dissociation, parce que, d'une part, la longueur des mailles qu'ils y forment permet d'en isoler des branches d'une assez grande étendue, et que d'autre part ils sont faiblement unis au tissu avoisinant.

Nous avons étudié déjà la disposition de leur réseau; nous allons aujourd'hui nous occuper de leur structure.

Si, après avoir fait macérer jusqu'à durcissement un nerf dans l'acide chromique à 2 pour 1000 ou dans le bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, nous y pratiquons une dissociation ménagée, de manière à ne pas bouleverser les rapports des différentes parties, et que nous colorions ensuite la préparation au moyen de Thématoxyline ou du picrocarminate, nous y trouverons des vaisseaux dont il nous sera facile d'apprécier la structure.

Fig. 10.— Vaisseau capillaire intraf.iscirulaire dusriatiqne du chien, isolé par dissor ialion apr^'s dure i^^eI^l•nl du nerf dan> l'acide chromique. — n, noyau de la jtaroi de> capillaire»; r, cellule plaie vue de prolil, semblable à celles du liàsu conjonclif voisin; s, j;lobule> rouges du sang.

Les capillaires se présenteront à nous comme des tubes» dans rinlérieur desquels nous verrons rangés ou empilés des globules rouges du sang fixés par le réactif. Dans la paroi de ces lubcs, nous observerons des noyaux, plus ou moins fortement colorés en rouge si la préparation a été traitée par le picrocarminate, et qui se présenteront soit de profil, soit de

STRUCTURE DES VAISSEAUX INTRAFASClCULAffiES. 251

face. En dehors de cette première couche, nous remarquons une seconde série de noyaux, appartenant à des cellules appliquées à la surface du tube capillaire. Tantôt ces cellules se montrent écartées de la paroi sur laquelle elles étaient vnoulées et peuvent alors être bien distinguées dans leur forme, tantôt elles y restent exactement appliquées comme pendant la vie et dans ce cas leurs noyaux seuls sont nettement distincts; ils diffèrent de ceux de la membrane du capillaire par la saillie prononcée qu'ils forment en dehors.

Ces capillaires sont donc revêtus de deux couches cellulaires : Tune connue depuis longtemps et que l'on croyait autrefois constituée par des noyaux plongés dans l'épaisseur de la membrane amorphe du vaisseau, tandis que l'on sait aujourd'hui qu'ils appartiennent à une couche endothéliale; l'autre, extérieure à la première, formée de cellules plates, absolument semblables aux cellules connectives intrafasciculaires qui sont appliquées sur les tubes nerveux et sur les faisceaux de tissu connectif. Je me suis assez longuement étendu sur la description de ces cellules pour n'avoir pas besoin d'y revenir ici.

Les artérioles et les veinules que l'on rencontre à l'intérieur des faisceaux nerveux sont presque toujours situées dans les cloisons connectives intrafasciculaires. La disposition des cellules plates à leur surface est loin d'être aussi nettement visible que sur les capillaires, parce qu'elle ne peut s'observer que sur les points de leur trajet assez limités où ces vaisseaux sont libres; dans la plus grande partie de leur parcours, en effet, les artérioles et les veinules étant contenues dans les lamelles des cloisons, les cellules plates qui sont à leur surface se trouvent pressées entre ces lamelles et la paroi des artères; elles prennent l'empreinte, en partie de la tunique adventice des vaisseaux, en partie de la

lamelle la plus interne de la cloison, et leur forme en devient plus compliquée.

Les artérioles possèdent une musculature très-développee. Quand elles sont isolées, on reconnaît que les cellules musculaires qui les enveloppent forment à leur surface un relief considérable. Mais ce n'est pas là un fait spécial aux nerfs; dans d'autres parties de l'organisme, les artérioles présentent une structure semblable. Du reste, i)Ourquoi les vaisseaux du système nerveux aiiraient-ils une disposition spéciale? Comme ceux de tous les autres organes, ils sont simplement destinés à laisser s'échapper à travers leurs parois le plasma nutritif. Ce plasma est le même dans tout l'organisme, et les différences que présentent les organes dans leurs sécrétions dépendent de leurs éléments spéciaux et non pas du liquide nutiitif qui les baigne.

Je ferai une observation analogue au sujet de la double couche cellulaire dont les capillaires sont revêtus. Cette disposition, qui paraît singulière au premier abord, est commune à tous les capillaires qui sont plongés dans le tissu conjonclif. Elle est plus facile h reconnaître dans l'intérieur des faisceaux nerveux que dans le tissu cellulaire souscutané par exemple, parce que l'isolation des vaisseaux s'y opère plus aisément.

Je passe à une seconde question : celle du rapport des vaisseaux sanguins avec les tubes nerveux. Je vous ai déjà dit que les artères et les veines ne sont pas en rapport direct avec ces éléments; elles en sont séparées par les lames inlrafasciculaircs, à Tinlérieur desquelles elles cheminent. Cette disposition n'est pas sans intérêt au point de vue physiologique. En effet, comme on peut Tobserver dans certains cas, la [mlsation cardiaque est manifeste jusque dans les

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