‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 56 sur 179 · INJECTION DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

INJECTION DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

pratiquer l'injection. Dès lors que la matière colorée aura pénétré dans le tissu cellulaire qui environne le nerf, elle arrivera bientôt jusqu'au ganglion lombaire.

L'injection de ce ganglion peut aussi être obtenue de la façon suivante : le nerf scialique étant mis à nu sur une certaine étendue de son trajet, on y répand du vermillon broyé très-fin en suspension dans quelques gouttes d'eau. On rapproche ensuite les parties par une suture, et, le lendemain ou le surlendemain, après avoir sacrifié l'animal, on trouve le ganglion lombaire rempli de vermillon.

Cette expérience ne démontre pas d'une façon aussi nette que la précédente l'origine de vaisseaux lymphatiques dans le tissu conjonctif du nerf. En effet, en découvrant le nerf sciatique on a nécessairement coupé des vaisseaux d'autres régions, et Ton peut supposer que c'est par leur ouverture béante que le vermillon est arrivé jusqu'au ganglion. Néanmoins on peut donner à la démonstration une plus grande rigueur si l'on répand la substance colorée dans la partie inférieure du nerf seulement. On peut observer en effet le lendemain, en découvrant la partie supérieure du cordon nerveux, les vaisseaux lymphatiques qui l'accompagnent, sous la forme de traînées rouges que Ton suit aisément depuis le tissu .connectif où elles naissent jusqu'au ganglion où elles aboutissent.

C'est là, comme vous le voyez, une manière simple et facile de démontrer l'existence, la nature et le trcijct des voies absorbantes du tissu conjonctif périfasciculaire.

En résumé, les vaisseaux lymphatiques ne pénètrent directement ni dans l'intérieur des faisceaux nerveux, ni dans l'épaisseur de la gaîne lamelleuse; ils existent dans le tissu conjonctif périfasciculaire seulement, ils paraissent prendre naissance dansée tissu par des orifices béants. Nous avons vu en effet qu'il n'est pas nécessaire que la pointe de

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la canule pénètre jusqu'à un lymphatique pour qu'il s'injecte, puisque dans l'expérience dont je vous ai parlé en premier lieu il s'en est injecté à la distance de plus d'un centimètre du point où nous avons fait la piqûre. J'ajouterai même que la manière dont se fait, dans cette injection des vaisseaux lymphatiques du nerf sciatiqucdu chien, la diffusion et la pénétration de la matière colorée est une preuve, indirecte à la vérité, mais la meilleure peut-être que Ton possède aujourd'hui, de Touverturc des lymphatiques dans le tissu cellulaire.

On admet depuis longtemps comme probable cette communication des vaisseaux lymphatiques avec les interstices du tissu conjonctif diffus, en raisonnant par induction d'après ce que l'on connaît de la communication de ces vaisseaux avec les cavités séreuses. En effet, si, comme je l'ai démontré ailleurs, les cavités séreuses ne sont autre chose, au point de vue de l'analomie générale, que des mailles du tissu conjonctif démesurément agrandies, on est en droit de supposer que, dans les mailles plus petites, c'est-à-dire dans les interstices du tissu conjonclif ordinaire, la communication avec le réseau lymphatique se fait de la même façon que dans ces grandes cavités séreuses où elle a pu être observée directement.

Gomme cela ressort des faits, l'injection des lymphatiques par le tissu conjonctif porifasciculaire des nerfs vient donner un solide appui à cette manière de voir.

Nous avons maintenant à notre disposition un nombre suffisant de données anatomiques pour comprendre quelles sont les voies du plasma nutritif dans l'épaisseur des nerfs. Vous avez reconnu on effet que dans l'intérieur des Aiisceaux nerveux il existe des vaisseaux sanguins qui, se distribuant d'abord dans les lamelles intrafasciculaires, s'en dégagent après s'y être ramifiés en branches plus fines, et se dispo-

VOIES DU PLiSMA NUTRITIF DANS LES NERFS. 259

sent sous forme de réseau capillaire entre les tubes nerveux et en contact immédiat avec eux. Ces derniers se trouvent par conséquent renfermés dans un espace compris entre la gaine lamelleuse d'une part, et les vaisseaux capillaires de Tautre. Supposons, pour un moment, que les tubes nerveux soient absents de cette cavité. L'exsudat ou, si vous aimez mieux, le plasma nutritif, se dégageant des vaisseaux sanguins en passant à travers leurs parois, pénétrera dans l'espace compris entre eux et la gaîne lamelleuse, et commencera par remplir cet espace. Puis il passera à travers le système caverneux que constituent les lames de la gaîne, et, gagnant d'interstice en interstice les différents espaces séreux inlerlamellaires, il arrivera jusqu'au tissu périfasciculaire. Dans ce tissu, il sera absorbé par les vaisseaux lymphatiques qui y prennent leur origine, et ramené par les voies connues dans la circulation générale.

Reprenons maintenant l'examen des faits tels qu'ils se passent en réalité, les tubes nerveux étant en place. Nous aurons à considérer alors un espace limité par la gaîne lamelleuse d'une part, de l'autre par les tubes nerveux entourés de leurs gaînes de Schwann, par les vaisseaux sanguins et par les fibres connectives.

Cet espace est occupé par le plasma interstitiel, qui conslilue le milieu dans lequel baignent les tubes nerveux. Il circule donc constamment autour de chacun d'eux un liquide sans cesse renouvelé, dans lequel ils peuvent puiser directement les éléments nutritifs et respiratoires nécessaires â leur activité fonctionnelle.

Il nous reste à nous demander comment, dans les tubes

Nerveux à myéline, ce plasma arrive jusqu'au cylindre-axe

ï^*^ en est la partie la plus importante et la plus active.

^'^'iiie nous le savons, la myéline qui Tentoure ne se laisse

P^^ lacilement pénétrer par les liquides. Aussi, cette cou-

VOIES DU PLASMA MITIUTIF DOS LES MTlFS. clic iiniii-nL'U-aMe esl-clli; iiilenoinpue de distancu en disliiiict' au iiivea» des élranglemenls.

Le iraitement des nerfs par !« nîLrate d'ai"gt'iil et par quelques aiilres réactifs nous a montré, en effet, que ces élranglcmentscoiiNtitucnt la voie colloïde par laquelle les liquides arrivent faciiement jusqu'au cjlîndre-axc, C'osl par lotir intermédiaire que le lulie nerveux, haiguc duns la Ivmplie, subit les éciianges nécessaircsà sa vieetii son fonclioimcnienl.

Les élranglemtints annulaires ont donc, au point de vue physiologique, le rôle de faciliter la niilrilion, qui saus eux serait diilicile et (leuL-ëtre même impossible.

Les faits que j'ai eu l'oceasion de vous montrer jusqu'à présent justifient suni.samment cette assertion. Je vais y ajouter les résultais d'uno expérience intéressante dont vous allez èlre témoins.

Chez un lapin vivant, attaclit^ sur une planchette, nous dénudons le nerf scialiquc sur une étendue d'un à deux centimètres ; nons écartons les lèvres de ta plaie do manière h en former une sorte de coupe, au fond de laquelle se trouve situé le nerf. Nous dégageons ce dernier de façon àPisolerdans tout son pourtour sur une certaine longueur, Les choses étantainsi disposées, nous versons dans cet le cavité de l'eau portée à la température de l'animal, en ayant soin de ne pas la faire tomhcr directement sur le cordon nerveux. Celui-ci se trouve ainsi dans un bain d'eau que l'on renouvelle sans cesse, d'une part pour empêcher le refroidissement et écarter ainsi un clément qui compliquerait l'appréciation de l'expérience, d'autre part pour être bien assuré que le bain demeure réellement aqueux. En effet, si l'on ne versait sur le nerf que la quantité d'eau que peut contenir l'espace compris entre les parois musculaires, il s'opérerait bientôt une diffusion do celte eau dans les tissus voisins, qui céderaient en échange une partie de leur plasma, de sorte que

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